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Inde : New Delhi suffoque

C’est une urgence de santé publique, qui a entraîné la fermeture d’écoles et de chantiers. Lundi matin, une brume nauséabonde et écœurante emprisonnait toujours New Delhi. Ce nuage de pollution s’infiltre dans les voies respiratoires et les poumons, cache les bâtiments et s’immisce dans les foyers, les bureaux et les galeries souterraines du métro, selon une description de l’AFP.

Le pic de ces derniers jours est l’un des plus violents épisodes de pollution atmosphérique qu’ait connu la mégapole ces dernières années, elle qui est souvent qualifiée par des responsables indiens de « chambre à gaz ». Dans la matinée de lundi, l’ambassade américaine enregistrait une concentration de particules fines pm 2,5 de 469 microgrammes par mètre cube d’air.

Un niveau de pollution « sévère », considéré comme dangereux pour les patients souffrant de maladies pulmonaires. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser une concentration de 25 en moyenne journalière. L’agence gouvernementale Safar, qui mesure la qualité de l’air, ne prévoyait aucune amélioration au cours des 24 à 48 prochaines heures, compte tenu notamment du niveau d’humidité dans l’air. La capitale indienne connaît chaque année, au début de l’hiver, des épisodes très violents de pollution.

Ils sont dus à la fois à la densité de la circulation automobile, aux nombreux rejets industriels et aux fumées des brûlis agricoles, qui battent leur plein dans les régions voisines. Les autorités fédérales et locales se renvoient la responsabilité. Le chef de l’Exécutif local, Arvind Kejriwal, demande aux gouvernements des États voisins du Punjab et de Haryana d’agir. « Delhi est devenue une chambre à gaz, à cause des brûlis dans les États voisins », a-t-il affirmé. Le ministre fédéral de l’Environnement, Prakash Javadekar, a de son côté accusé Arvind Kejriwal de politiser le problème et de faire de ses voisins les boucs émissaires de la crise.

Des mesures qui ne convainquent pas

La circulation alternée est entrée en vigueur lundi dans la capitale indienne jusqu’au 15 novembre. Les véhicules ne peuvent rouler qu’un jour sur deux, selon que leur plaque d’immatriculation finit par un chiffre pair ou impair. Cependant, les experts sont très circonspects sur l’efficacité de ce dispositif, utilisé plusieurs fois depuis 2016, notamment en raison des très nombreuses exemptions, pour les deux-roues ou pour les conductrices par exemple. Pour réduire les effets néfastes de la pollution sur le corps, le ministre de la Santé a seulement recommandé, le dimanche 3 novembre, aux Indiens de « manger des carottes ».

Boubacar Sidiki Haidara

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