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Diabète : Décentraliser la lutte

Maladie chronique se traduisant par une concentration excessive de sucre dans le sang, le diabète concerne de plus en plus de personnes au Mali, où on estime entre 3 et 9%, soit entre 200 000 et 1 000 000, le nombre de personnes atteintes. Si les moyens de lutte s’améliorent, leur efficacité reste liée à plusieurs facteurs.

« La forme la plus répandue est le diabète de type 2, dû aux habitudes alimentaires et au mode de vie. La lutte s’oriente donc vers cette forme, qui représente environ 80 à 90% des cas », explique le Docteur Ibrahim Niantao, spécialiste en endocrinologie – diabétologie et coordinateur scientifique et médical de l’ONG Santé Diabète, opérationnelle au Mali depuis 2005.

S’il n’existe qu’un centre spécialisé dédié à la prise en charge, situé à Bamako, celle-ci s’effectue aujourd’hui à travers tout le pays dans les structures publiques, privées et communautaires de santé. Le pays compte actuellement une quarantaine de spécialistes, formés grâce aux actions de l’ONG, du ministère de la Santé et de celui de l’Enseignement supérieur.

Améliorer la prévention

La lutte contre la maladie consiste aussi à prévenir les cas, à travers notamment des journées de sensibilisation et de dépistage et la formation des agents de santé.  Malgré cette amélioration des ressources pour la lutte, l’augmentation des cas est aussi une réalité. Elle s’explique, selon le spécialiste Niantao, par 2 facteurs : l’augmentation du dépistage et les changements de comportement (habitudes alimentaires, sédentarité, …).

C’est pourquoi les chiffres sont inquiétants, parce que le nombre de lits dans les services spécialisés est insuffisant pour faire face aux besoins, ne serait que des 10% de la plus faible estimation du chiffre des malades.

Si la prise en charge de la maladie est efficace, elle « est principalement liée à 3 piliers, qui peuvent faire défaut », explique le Dr Niantao. Tandis que deux sont liés au comportement du malade (l’alimentation et la pratique d’activités physiques), le traitement médical, le troisième pilier, est complémentaire des deux premiers. Mais  est souvent inaccessible pour de nombreux malades, selon M. Adama Moussa Diallo, Président de l’Association des malades du diabète du Mali, créée en 1991.  Pour améliorer la situation des malades, les efforts dans la lutte doivent surtout s’étendre à l’intérieur du pays, afin que des centres appropriés s’y installent pour répondre aux besoins des patients, espèrent les acteurs.

Fatoumata Maguiraga

 

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