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Fake News: Le parfum des mensonges

TIDIANE, Libre penseur du Petit Sahélien

Communiquer, informer sont entre autres incontournables pour le développement d’un pays. Sauf que dans cette sphère géante et obèse qu’est internet, il devient difficile de distinguer l’ivraie du blé. Le fake news s’y plaît bien dans cet environnement où les posts et autres partages sont maîtres. Des informations vérifiées en passant par les rumeurs, l’infox se propage à une vitesse exponentielle. Un partage parfois avec des intentions de manipuler l’opinion ou de distraire plus d’un. Le Mali, notre pays n’en est pas en reste et fait face à cette situation par la voie la plus grossière des « fake news ». 

Force est de constater qu’avec l’avènement d’internet et des réseaux sociaux, les « infox » semblent avoir le vent en poupe. En effet, si la rumeur existe depuis la nuit des temps, elle prend de nos jours une proportion plus importante et, malheureusement, plus dévastatrice, avec l’explosion des réseaux sociaux. 

Adhérer aux « fakes news » ou « Infox » (une information mensongère délivrée dans le but de manipuler ou tromper un auditoire), en se basant sur des fait sortis de leur contexte, en la fabriquant de toutes pièces ou en la relayant, revient à manipuler et à leurrer les individus et leurs opinion. 

Tantôt, les auteurs desdites infox, dont les mauvaises intentions sont à la hauteur de leurs bassesse, n’hésitent pas à aller jusqu’à usurper l’identité de personnalités maliennes pour faire passer leurs mensonges et messages, bien souvent au dehors du Mali et au profit d’intérêts étrangers.

Voici quelques exemples récents ; 

-En date 21 novembre 2019, le footballeur international Frédéric Omar Kanouté  a été victime de fausses allégations. En effet, selon certains médias locaux, ou encore des pages Facebook comme Faso News, Frederic Oumar Kanouté, aurait déclaré que la France était complice des djihadistes au Mali, et l’accuse d’être le « pays le plus criminel du monde ».

Mais rapidement, le joueur a démenti d’avoir eu de tel propos  « Des déclarations que j’aurais faites circulent sur les réseaux sociaux à propos de l’ingérence de la France au Mali. Ces déclarations sont fabriquées et bien entendu si je souhaite en faire elles viendront de mon compte certifié. »



           Le démenti

 

 – Autre cas, plus récent, le 2 décembre 2019, sur les réseaux sociaux, de nombreuses publications affirmaient que la France aurait livré des motos à des groupes djihadistes au Mali. Encore une fois, un fake news. Peu de temps après la diffusion de ces fausses informations, sur Twitter, le compte officiel de l’ambassade de France au Mali et le compte twitter officiel des groupes armés malienne, ont démenti cette INFOX.

Démentis sur twitter

Dans le premier cas comme dans le second les propos ont été transformés, décontextualisés.  Les démentis publiés pour mettre fin à la fausse information n’ont pas été autant repris. 

La viralité et l’anonymat des réseaux sociaux sont souvent vecteurs des pensées saugrenues et déshonorantes, le plus souvent à des fins manipulatrices.

Ces réactions sur la toile ne sont pas sans conséquence, car, la division semée par ces mensonges n’aide pas notre pays à se construire. Ces déclarations souvent fantaisistes nous plongent dans une crise intérieure où les différends, quand ils ne sont pas inventés, sont instrumentalisés pour monter les Maliens les uns contre les autres. De plus, il est d’autant plus désolant que ces instrumentalisations sont dépourvues de tout débat de fond.

Dans ce contexte, s’il appartient aux journalistes de pouvoir faire correctement leur travail d’investigation pour disposer de sources sérieuses, il convient également au citoyen que nous sommes de faire preuve de sens critique, du recul nécessaire face à l’information avant consommation et partage. En d’autres termes, la chasse à la désinformation doit être une affaire de tous. 

Enfin, souvenez-vous, « les mensonges donnent des fleurs mais pas de fruits ». Aussi, bien que le parfum des mensonges puisse être enivrant, c’est du bon sens malien dont nous avons besoin aujourd’hui plus que jamais !

Une contribution de Tidiane du Petit Sahélien

 

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