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Processus budgétaire 2021 : Les besoins des populations examinés pour plus d’inclusion budgétaire

C’est ce lundi 17 février 2020 que s’est tenue à Bamako la conférence sur le lancement du processus budgétaire 2021. Après les civilités protocolaires, la rencontre s’est ouverte avec la présentation la plateforme web de la Direction générale du Budget. Déployé ce lundi, cet outil de communication et de transparence budgétaire va donner des informations au public sur des documents de finances classés par année comme des textes de loi, des notes conjointes, un onglet pour les commentaires du public ou des suggestions sur le rendu et bien d’autres.

La conférence s’est tenue sur quatre panels. Le premier panel modéré par le coordinateur de la cellule technique du cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté, Mamadou Zibo Maiga, s’est penché sur les réponses relatives à l’amélioration de la programmation budgétaire pour l’atteinte du dividende démographique. Le dividende démographique est perçu comme l’accélération de la croissance économique liée au changement de la proportion de la population. Selon que la population soit en hausse ou en baisse, il est primordial de l’adapter aux besoins économiques pour la croissance du pays.

A côté de l’accélération de la transition démographique, le dividende démographique pour qu’il soit effectif a besoin de la réalisation d’investissements dans les secteurs prioritaires comme l’éducation des jeunes avec des adaptations selon les besoins du pays, la santé de la population car un peuple en bonne santé est dynamique et participe de façon active au développement,  à cela, il faut ajouter l’emploi. La lutte contre le chômage avec l’adéquation formation-emploi est une réponse adaptée et efficace pour un développement durable.

A côté de la gouvernance  ou du mode de gestion des ressources qui doit être interrogée et recadrée en cas de besoin, il est aussi important de mettre un accent particulier sur les jeunes et les femmes points d’ancrage et incontournables pour l’atteinte des objectifs de part la densité de cette tranche de la population; leur rôle dans la chaîne de développement est d’autant plus important qu’il donne du sens à notre société. Aller vers ces populations pour identifier les besoins et les adapter en projets pour les objectifs la croissance d’une nation s’inscrit dans l’ordre des priorités de l’Etat et de ses partenaires techniques.

Selon Moussa Sidibé, le coordinateur national du SWEDD ( le Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique du Sahel), un projet mis en œuvre avec le soutien de la Banque Mondiale et l’accompagnement technique du Fonds des Nations Unies  pour la Population et l’organisation Ouest africaine de la Santé, le gouvernement du Mali travaille en tenant compte du dividende démographique. Au Mali, l’accent a été mis sur deux stratégies : la scolarisation accélérée et le maintien des filles à l’école.

En ce qui concerne la scolarisation accélérée 7500 enfants de cinq à neuf ans, ont été enrôlés dans le système formel de l’éducation après avoir vécus et subis les conséquences désastreuses de l’insécurité dans certaines zones du pays, amenant parfois les parents à se déplacer pour plus de sécurité.  Aussi en ce qui concerne le maintien des filles à l’école, 30 000 filles ont pu avoir le DEF (Diplôme d’Etude fondamental) dans des parties du pays où le taux d’abandon du cursus scolaire était de 53%.

Aujourd’hui avec ce programme qui écoute les besoins de ces jeunes filles et met en œuvre des actions pour faciliter l’accès à l’école le taux d’abandon a considérablement chuter pour s’établir à seulement 2%, avec une augmentation considérable du taux d’inscription à 20%. A côté de la scolarisation, d’autres actions comme assurer une meilleure santé à ces populations éloignées sont en train d’être élargies.

Pour sortir de cet engrenage, les autorités et les partenaires techniques créent des programmes pour favoriser les investissements dans le capital humain notamment dans la santé et l’éducation, mais aussi pour renforcer la prise en compte du genre dans les programmes publics afin de résorber les inégalités et profiter du potentiel des filles et des femmes.

Le deuxième panel dirigé par Sidi Al Moctar, directeur national du Trésor et de la comptabilité publique porte sur la mise en œuvre de la période transitoire du budget-programmes. Depuis janvier 2018, le Mali a basculé en gestion budgétaire en mode programmes à travers la préparation, le vote et l’exécution du budget d’Etat.

En 2020, un accent particulier va être mis sur le renforcement des capacités des ressources humaines, des voyages d’études et des services d’appui. C’est un panel qui s’est penché sur les difficultés rencontrée lors de la mise en œuvre du budget programmes depuis 2018 dans sa phase transitoire. Selon Djélitié Michel, Directeur national du Contrôle financier, « le rôle du contrôleur financier est à redéfinir en fonction de l’avènement du budget programmes ».

Dans le cadre de l’appui conseil, trois types d’état nominatifs (les engagements du salaire) ont été retenus à savoir : l’état nominatif au niveau communal, cercle et régional. Comme avantage, les contrôleurs financiers sont tous spécialisés, donc une ressource humaine de qualité, comme limites, il a été noté le manque de moyen financier et l’effectif réduit avec recommandation de « l’actualisation de la nomenclature budgétaire » notamment « le chapitre sur la participation au fonctionnement ».

Le troisième panel a mis l’accent sur la problématique de la gestion des investissements en mode Autorisation d’Engagement (AE)/Crédits de Paiement (CP). Les difficultés rencontrées ont été énumérées. Il s’agit entre autres de l’insuffisance dans l’inscription des AE, des délais de traitement des AE et des CP assez long soit un mois. Comme recommandations de la Direction des Finances il faudra doter suffisamment en AE des projets retenus dans la programmation, faire preuve de diligence dans le traitement des demandes afin de réduire le temps de traitement, activer l’ouverture des crédits des projets en cours conformément au plan annuel de travail…

Les défis et les enjeux de budgétisation sensible au genre c’est le point abordé par le quatrième panel. Parmi les défis à relever, l’on peut compter l’intégration des préoccupations genre dans l’analyse, la planification, l’élaboration des politiques, des programmes et projets de développement.

La promotion de l’égalité des sexes dans tous les domaines professionnels et instances de décision, la prise en compte des besoins prioritaires des femmes et des hommes dans les budgets sectoriels et locaux. Plusieurs actions sont mises en place à travers des projets inclusifs.

Même si les progrès se font au compte goutte, la conférence sur le processus budgétaire et d’autres travaux pour ressortir l’adéquation entre besoins-demandes-objectifs-priorités et le budget global se font à la veille de chaque année budgétaire afin de contribuer au développement du pays et à l’épanouissement de la population. Le Mali dans sa démarche avance dans ce sens pour assurer le développement durable de la nation.

Idelette BISSUU

 

 

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