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Pratiques religieuses : Un encadrement timide dans la sous-région

L’encadrement des cultes religieux est un sujet sensible dans la plupart des pays voisins du Mali. Au Sénégal ou en Mauritanie, pays à forte dominance musulmane, même si certaines dérives d’imams ou de prêcheurs ne sont pas totalement impunies, les lois encadrant les cultes sont quasi inexistantes. Seul le Niger a réussi en 2019 à adopter un cadre juridique relatif à la pratique religieuse.

Début octobre 2015, les autorités sénégalaises s’engageaient dans une campagne contre les imams et prêcheurs qui faisaient l’apologie du terrorisme. Cette campagne, qui s’inscrivait en droite ligne d’une vaste opération de prévention de l’extrémisme religieux avait  permis l’arrestation d’une trentaine d’imams et de prêcheurs.

Parmi ceux-ci, trois, accusés d’actes de terrorisme, de menace de complot, de financement du terrorisme, de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs avaient été arrêtés et placés sous mandat de dépôt le 6 novembre 2015.

Inculpés pour leur proximité avec des milieux djihadistes, il leur fut également reproché d’avoir tenu des propos incitant au terrorisme au cours de prédications hebdomadaires, après la prière du vendredi.

Ces arrestations avaient permis de remettre de l’ordre dans la pratique du culte musulman au Sénégal, même si elles avaient fait l’objet de vives critiques à travers le pays.

Au Burkina Faso, en 2017, le gouvernement, voulant encadrer la pratique religieuse dans le pays, avait initié un projet de loi relatif à la liberté religieuse. Mais, suite à de nombreuses oppositions, notamment celle de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), le projet de loi n’avait pas abouti et avait été tout simplement retiré.

« La FAIB pense qu’au lieu de pacifier davantage les rapports entre les populations, le nouveau projet de loi, s’il est appliqué en l’état, constituerait une réduction des libertés religieuses et de culte et une source potentielle de conflits », avait déclaré El hadj Abdoul Rahmane Sana, Président de la fédération.

L’exemple nigérien

Décidé à se donner les moyens d’un plus grand contrôle des pratiques religieuses, face au développement de tendances fondamentalistes et extrémistes, dans un environnement sous-régional marqué par l’apparition d’organisations terroristes se réclamant de l’Islam, l’État du Niger a promulgué en 2019 un cadre juridique relatif à la pratique du culte, adopté le 17 juin par le Parlement.

« C’est dans l’intérêt de la population. Par exemple, pour être imam, il faut au moins avoir un niveau bac plus 3 dans une université islamique. Le Prophète nous a dit aussi qu’il fallait connaitre un certain nombre de Hadiths pour prétendre être imam. Donc les prêches ne se font pas n’importe comment, ni par n’importe qui », avait expliqué  Moustapha Ahamadou, rapporteur de la Commission du Conseil islamique.

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