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Le Zouglou dans tous ses états

Originaire de Côte d’Ivoire, le Zouglou se définit comme une danse, une musique, une philosophie, une façon d’être, de penser et de s’habiller. Cette expression culturelle voyage à travers le monde, avec des noms comme Magic System, Petit Yodé, Yabongo ou Espoir 2000.

Logée dans les habitudes culturelles et sociétales, cette façon de traduire sa joie, sa colère ou sa tristesse à travers des pas de danse et des paroles à la fois apaisantes et engagées fait tout simplement partie du quotidien ivoirien. Le Zouglou est devenu une expression culturelle populaire dans les années 90, grâce aux étudiants, qui ont exprimé leur ras-le-bol en dénonçant leurs conditions de vie sur les campus. Si le pays, sur le plan culturel est connu pour son Coupé décalé, il l’est tout autant pour le Zouglou, qui a ouvert la voie à beaucoup d’artistes ivoiriens à l’international. Le Mali va d’ailleurs abriter son tout premier Festival Zouglou de Bamako, les 13, 14 et 15 mars 2020, sur la Place du Cinquantenaire.

Les organisateurs annoncent quatre grands spectacles, avec un village gastronomique et un maquis du Zouglou, car Bamako, la capitale du Zouglou va vibrer au rythme d’Abidjan. Le promoteur de l’événement, Auguste Dah, annonce la présence d’Espoir 2000, du groupe Magic Diezel, qui s’affirme comme le Zouglou de la nouvelle génération, les groupes Zouglou de Bamako ou encore Roseline Layo, qui va revisiter les classiques du genre.

                                                                                                                   

Zouglou…l’autre pan de l’histoire

Au-delà du fait que le Zouglou soit un genre musical populaire et urbain de Côte d’Ivoire, sa philosophie prône le vivre ensemble, l’amour, la fraternité, la paix, l’amitié et la justice. Elle est véhiculée à travers des textes riches et engagés. Des messages qui ont contribué et qui contribuent encore à rassembler et à « enjailler » les Ivoiriens, au-delà des vicissitudes de la vie quotidienne.

L’histoire remonte à l’année scolaire 1984 – 1985, sans exactitude, certains évoquant plutôt le souvenir de 1986, au lycée moderne de Gagnoa, quand Christian Gogoua, alias Joe Christy, a commencé ses esquisses de pas de danse. Cette expression chorégraphique adoptée par son cousin Serge Bruno Porquet, alias Opokou N’Ti, a été améliorée et nommée Zouglou par ce dernier.

Le style musical, par ailleurs pratiqué pendant les années antérieures à cette période, était appelé l’Ambiance facile ou le Wôyô. Côté rythmique, « c’est un mélange de tous les rythmes du terroir », explique Jérémie Poudiougo, un amateur de Zouglou. On y retrouve donc des pas de danse et des rythmes bétés, avec un peu de dioula, comme Soumbil, ou un peu de baoulé, comme Espoir 2000…

Le Wôyô, c’est trois tam-tams et un grelot : un tam-tam d’accompagnement, un tam-tam solo, un dundun et un grelot, c’est ce qui fait l’ambiance, explique Jérémie Poudiougo. À cela, poursuit-il, s’ajoute un lead vocal et une deuxième voix qui l’accompagne, ou très souvent un chœur. « C’est ce qu’on appelle l’école du Zouglou ».Une école par laquelle la plupart des grands noms connus à l’international sont passés dans différentes communes d’Abidjan, à l’instar de Magic System. Les Patrons, qui se sont affirmés à Marcory, Espoir 2000, qui a fait ses preuves à Koumassi, les Garagistes ou Soum Bill, qui n’ont plus rien à prouver à Yopougon, l’un des grands fiefs du Zouglou, sans oublier Yodé et Siro, sont aussi emblématiques.

Cette danse philosophique, au départ, qui permettait à l’étudiant de s’amuser et d’oublier ses problèmes, a évolué en rythmique et en chorégraphie. L’école du Zouglou, en s’adaptant au contexte actuel, perdure toujours dans sa transmission du savoir et de la technique dans les rues et les maquis de Côte d’Ivoire.

Idelette BISSUU

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