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Mali – Transport aérien : Mauvais temps pour les acteurs

Selon l’International air transport association (IATA), les compagnies aériennes ont perdu 4,4 milliards de francs CFA, depuis le début de l’épidémie de Coronavirus, en Afrique. Au Mali, la suspension jusqu’à nouvel ordre des vols commerciaux en provenance des pays touchés par le virus, entrée en vigueur le 20 mars, est une véritable « catastrophe » pour les acteurs. Compagnies, aéroports, agences de voyage, beaucoup sont concernés et les conséquences encore difficiles à estimer.

« L’aviation est sûrement l’un des secteurs les plus touchés, avec la suspension des vols commerciaux en provenance de pays touchés par le Covid-19 », affirme un acteur. L’arrêt de ces mouvements signifie en effet pour les compagnies aériennes, les agences de voyage et les différentes sociétés travaillant sur les aéroports un ralentissement, voire un arrêt, de leurs activités.

L’interdiction des vols commerciaux en direction du Mali affecte environ 99,99% du trafic à l’Aéroport international Modibo Kéïta Sénou, explique M. Mohamed Diallo, Directeur commercial de la société Aéroports du Mali. Pratiquement tous les pays étant maintenant atteints, l’impact de la mesure « est catastrophique », parce qu’elle  concerne aussi les « vols affrétés » dès qu’il s’agit de pays touchés, ajoute M. Diallo. Et le manque à gagner ne se limite pas aux vols. Les commerces qui profitent de la présence des passagers, dont le parking automobile, alimenté par le flux des accompagnants, sont également arrêtés et les tarifs des locations vont devoir être revus à la baisse. Un scénario jamais imaginé, s’alarme le responsable commercial. Les pertes pourraient être de 900 millions d’ici à un mois, précise M. Diallo, surtout que les charges perdurent, même s’il note une diminution de la consommation d’électricité et d’eau, 80% du personnel étant en congé.

Emplois menacés

Cette suspension, qui n’est pas limitée dans le temps, est une véritable inconnue. Difficile, pour les responsables de compagnies aériennes notamment, de savoir si la décision prise est la bonne. En effet, alors que dans un premier temps quelques agents ont été mis en chômage technique, actuellement « on ne sait pas s’il n’est pas nécessaire d’aller au-delà », s’interroge le responsable d’une compagnie de la place.

L’heure est grave et les décisions à prendre doivent l’être au moment opportun, car c’est la survie même des compagnies qui en dépend, ajoute t-il. Elles n’ont pas encore pris de décision commune et doivent se réunir d’ici la semaine prochaine pour envisager de nouvelles mesures.

Fatoumata Maguiraga

Quelques chiffres 

80% : Agents en congés à Aéroports du Mali

900 millions FCFA : Pertes estimées d’ici à 1 mois

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