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Restriction des activités : Que font les jeunes pour meubler le temps ?

Bars et boîtes de nuits fermés, rideaux sur les cinémas, annulation des festivals et un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin. Pour lutter contre la pandémie du coronavirus, le gouvernement a pris de nombreuses mesures, qui, d’une certaine manière, privent la jeunesse d’activités distractives. Comment les jeunes maliens meublent-ils leur temps ?

Devant le désert distractif actuel, qu’ils doivent traverser, les jeunes, plus que jamais, ont pris d’assaut les réseaux sociaux. Les temps de connexion s’allongent, les groupes fleurissent, les statuts s’enchainent. Les majeures parties des débats sur les réseaux sociaux sont d’ordre politique. Mais le quotidien n’a pas encore été modifié plus que cela pour certains d’entre eux. Du moins dans la journée. Chilling (détente) au grin autour d’un thé et avec une chicha, narguilé dont la consommation se poursuit pour les « hiboux » jusqu’au-delà des heures de couvre-feu dans la concession de l’un des leurs. En cette période de forte chaleur et au vu de la conjoncture actuelle, le choix est vite fait pour un certain nombre de jeunes. Les piscines des hôtels. « Il nous arrive de cotiser et d’y aller en groupe plusieurs fois par semaine. En plus de profiter de l’eau, ça nous fait des statuts à partager sur nos réseaux », confie Mohamed Sissoko, un jeune sans emploi.

Devant les écrans

Couvre-feu oblige, le soir les regards sont souvent scotchés sur les écrans. Pour voir des films ou des séries la plupart du temps. Djenebou Sylla, étudiante, affirme avoir durant les quatre premiers jours du couvre-feu regardé les trois saisons entières de la très populaire série Game of Thrones, soit 30 épisodes. « Pas de cours en ce moment et je ne suis pas non plus astreinte à certaines tâches à la maison », ajoute-t-elle pour expliquer son « binge watching » (visionnage marathon).

Pour les passionnés de sport, pour lesquels cette période est tout aussi difficile, matches de football entre amis, en dépit des risques, et retour vers le passé s’imposent désormais comme le quotidien. « Je me suis surpris à regarder en entier un match de la CAN 2017 que j’avais déjà suivi, mais aussi des finales de conférence NBA. Mon intérêt télévisuel se résume désormais à cela », se lamente Oumar Doumbia, pour qui ne plus pouvoir sortir la nuit l’a persuadé de revoir ses classiques.

Aminata Keita

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