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Mobilisation de fonds sur le marché financier : Modes d’emploi

Depuis 2003, le Mali intervient sur le marché financier de l’UEMOA pour financer les investissements nécessaires à sa croissance ou répondre aux besoins ponctuels de trésorerie.  En augmentation régulière, comment sont mobilisés ces fonds et le Mali dispose-t-il d’atouts particuliers ?

Alors qu’en 2019 le Mali avait mobilisé 543,87 milliards de FCFA sur le marché financier régional, à travers 20 émissions de titres publics, il s’apprête à en mobiliser au total 667 milliards pour le compte de l’année 2020,  selon la note sur le calendrier des émissions de titres publics.

La souscription primaire des Bons et Obligations du Trésor est réservée aux établissements de crédit, aux sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) ainsi qu’aux organismes financiers régionaux disposant d’un compte de règlement dans les livres de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest(BCEAO).

Les autres investisseurs, personnes physiques ou morales, quel que soit l’Erat sur le territoire duquel ils sont établis, peuvent également souscrire aux Bons et Obligations du Trésor sur le marché primaire, par l’intermédiaire d’établissements de crédit et de SGI implantés sur le territoire de l’Union.

La valeur nominale des Obligations du Trésor est de 10 000 FCFA et celle des Bons du Trésor est de 1 000 000 FCFA.

Perspectives à revoir ?

Plutôt coté sur ce marché sous-régional, le Mali se targue « d’une croissance économique soutenue en 2019 », avec un taux estimé à 5,1%, après 4,7% en 2018. Même si l’inflation, ressortie à 2,7%, est supérieure à celle enregistrée en 2018 (1,7%), elle reste dans la norme communautaire de 3%.

Cette « bonne tenue des finances publiques en 2019 » s’explique par une mobilisation accrue des recettes fiscales (14,6%) en 2019, contre 11,8% en 2018. Le déficit budgétaire global est estimé à 2% du PIB, contre 4,7% en 2018 et le ratio de l’encours de la dette rapporté au PIB s’établissait à 37,4% fin 2019.

Mais les perspectives macroéconomiques qui annoncent « un taux de croissance robuste en 2020 », à 5%, semblent remises en cause avec l’inquiétude exprimée par les dirigeants de la zone UEMOA suite à la pandémie du coronavirus. Ils estiment à -2,7% le déficit prévisionnel pour les États, alors que le Mali prévoyait un solde budgétaire global de -3% du PIB.

L’insuffisance de la diversification économique et la dépendance à l’exportation de matières premières, comme l’or, dont la production est en croissance continue, demeurent des contraintes importantes pour la croissance économique.

Fatoumata Maguiraga

Chiffres :

667 milliards FCFA : Montant des émissions de titres en 2020

37,4% du PIB : Encours de la dette en 2019

5% : Croissance estimée pour 2020

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