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Afrique de l’Ouest: Le lait local entre précarité et covid-19

Campagne "Mon lait est local" - Burkina-faso - les 24, 25, 26 juillet 2019
Campagne "Mon lait est local" - Burkina-faso - les 24, 25, 26 juillet 2019

Le 1er juin est la journée mondiale du lait.  Pour l’occasion, plus de 55 organisations de producteurs et productrices de lait local de six pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre-Ouest, membres de la campagne « Mon lait est local » ont lancé un appel à l’endroit des dirigeants pour la promotion du lait local. Celui-ci est fortement concurrencé par celui importé et vit également des jours difficiles en ce temps de covid-19. C’était lors d’une téléconférence sous régionale lundi 1er juin.  

 « C’est une  journée de célébration certes, mais aussi une journée de plaidoyer », prévient d’entrée de jeu  Hindatou Amadou, coordinatrice régionale de la campagne « Mon lait est local ». L’occasion se prêtait à mettre sous les projecteurs la demande des acteurs de la campagne auprès des Etats de la sous-région  pour mettre en œuvre et financer la stratégie et le plan d’offensif lait de la CEDEAO. Ce plan vise à assurer la sécurité alimentaire dans la région, mettre fin à la dépendance des importations et lutter contre la pauvreté.

Les difficultés de développement du lait local résident dans le fait qu’il s’asphyxie sous le poids du lait européen importé. Ce lait en poudre est engraissé à l’huile végétale, notamment l’huile de palme, et bénéficie de tarifs douaniers avantageux (5 %) permettant de le vendre 30 à 50 % moins cher que le lait local. Un phénomène qui fait perdre des emplois aux productrices et producteurs de lait local tout en privant les consommateurs des éléments nutritifs que l’on retrouve dans le vrai lait. « La Commission européenne investit des centaines de millions d’Euros pour soutenir les pays du Sahel et lutter contre les inégalités, mais elle ne doit pas reprendre d’une main ce qu’elle donne de l’autre », prévient Adama Coulibaly, directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest.

Les 55 organisations engagées dans la campagne « Mon lait est local » demandent à la CEDEAO de relever les taxes à l’importation des produits laitiers et de prendre des mesures ciblées d’exonération de TVA sur le lait local.

Conséquences du covid-19

C’est dans cet écosystème difficile que vient s’ajouter l’impact du covid-19. A cause des mesures de confinement, des difficultés d’accès aux marchés urbains et transfrontaliers pour l’écoulement des produits, aux pâturages et aux points d’eau pour l’alimentation du bétail sont de plus en plus croissantes. Cela a des conséquences pour les producteurs laitiers au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Ils enregistrent des pertes financières importantes et de cheptel en raison de la pandémie du COVID-19. Pour le mois de mars 2020 par exemple, la laiterie Kossam de l’Ouest au Burkina Faso a enregistré une perte de six millions de francs CFA. 

Les organisateurs de la campagne ont  rappelé la signature d’une pétition dont l’objectif est d’atteindre 55 000 signatures afin de protéger et promouvoir véritablement le secteur du lait local. Actuellement, 36 201 signatures sont enregistrées.   

La campagne « Mon lait est local » a été lancée en janvier 2018.  La diva du Wassoulou, Oumou Sangaré, est l’ambassadrice régionale de la campagne et va bientôt sortir une chanson de plaidoyer en faveur du lait local. 

Boubacar Diallo

 

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