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Issa Kaou N’djim : Assurément Dicko

Lorsque l’Imam Mahmoud Dicko quitte la présidence du Haut conseil islamique du Mali (HCI), en avril 2019, peu d’observateurs croient à une « retraite anticipée » du sexagénaire. Ils ne tarderont pas à être édifiés avec la création de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam (CMAS). À sa tête, Issa Kaou N’djim, son ancien fidèle porte-parole. Celui qui revendique haut et fort les idées et la vision de Dicko entend jouer pleinement sa partition dans l’édification d’un Mali nouveau, même si ce rôle reste encore à définir.

« Ce serait un gâchis que de voir une grande personnalité, avec toutes ses  capacités et ce qu’elle a apporté au pays », devenir juste l’ancien Président du HCI, se justifiait M. N’djim à  la création de la CMAS, en décembre 2019. Le mouvement a été mis en place sous le leadership et avec « la bénédiction et l’adhésion » de Dicko, qui « a inspiré très tôt » Kaou N’djim.

Au-delà de ses « très bonnes relations » avec l’Imam, qu’il a connu il y a environ 20 ans et dont il est le gendre depuis 2, Kaou N’djim décrit le rôle important que peut jouer le leader religieux. Outre ses connaissances théologiques, il connaît la société et son fonctionnement.

Une expérience dont il profitera après la création de son association, Allah Kamaton, en 2006. Elle œuvre dans l’enseignement de l’Islam, surtout en faveur des femmes et des enfants, afin de leur donner « les moyens d’être de bons pratiquants ». Une activité qui n’est pas du tout alimentaire, tient-il à préciser.

Conviction politique

N’djim n’aura pas l’occasion de poursuivre ses études au-delà du secondaire, en 1991, suite aux grèves estudiantines et sous la pression de son oncle, qui l’initie au commerce et dont il devient l’aide-comptable. Il continue néanmoins à se former en autodidacte et voyage à travers le monde. Afrique centrale, Europe, États-Unis ou Arabie Saoudite, il ramène de ses voyages une autre façon de voir et surtout d’envie « d’apporter sa modeste contribution ».

Même s’il dit y être entré par effraction et contre le gré de ses parents, son engagement en politique est de conviction et son tempérament sera peut-être plus modéré avec l’âge, estime M. Mohamed Kimbiri, qui l’a côtoyé au HCI.

À 54 ans, ce polygame, marié à 4 femmes et père de 23 enfants, est convaincu que les choses doivent et peuvent changer. Il affirme que son mouvement a pris position vu « les urgences », mais que la forme de son combat reste à déterminer. Sans doute à l’issue de la Conférence nationale la CMAS, prévue pour décembre 2020.

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