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Vaccinations : Un rempart contre les épidémies

Le diagnostic des premiers cas du nouveau coronavirus à la fin du deuxième semestre 2019 dans la ville de Wuhan, en Chine, a créé la panique dans le monde entier. Le virus a défié les frontières, assiégeant tous les continents. Cette crise sanitaire nous transporte dans un passé lointain, où épidémies et pandémies faisaient la guerre à l’Homme. Il a poussé la connaissance au delà de ses limites pour se sauver et préserver des vies avec les vaccins. 

La vaccination ! Les experts de la santé disent que son administration immunise le corps humain contre les maladies infectieuses. C’est une pratique devenue presque banale et tout à fait normale de nos jours. Pourtant, sa naissance a souffert de contractions paralysantes. Au XVIIIème siècle, par exemple, lorsque la variole, une maladie virulente et contagieuse, frappa les États-Unis, 10 à 50% des personnes atteintes en moururent. La découverte empirique de la pratique vaccinale et son perfectionnement ont permis que cette maladie soit aujourd’hui déclarée éradiquée du globe terrestre. En injectant la forme atténuée de la maladie à un jeune patient, en juillet 1796, l’Américain Edward Jenner venait de découvrir empiriquement la vaccination, nom donné à cette pratique en 1800 par Robert Dunning. Au fil du temps, les gestes qui accompagnent la vaccination et les formulations scientifiques ont évolué. Pendant que de grandes campagnes de sensibilisation et de vaccination étaient lancées à travers le monde pour l’éradication de la variole, l’Europe souffrait de la grippe espagnole, qui a fait plus de 50 millions de morts en 1918. 

La science, dans sa quête de vérité objective, connaît des moments de doute, de confrontation de savoirs. Dans cette bataille, des chercheurs dont les mérites sont aujourd’hui vantés ont vu leurs expérimentations échouer ou répondre partiellement aux attentes du moment. 

C’est par exemple avec la rage, une maladie touchant le système nerveux central, que les travaux de Louis Pasteur ont pu s’appliquer à l’Homme. Grâce à cette avancée, 29 millions de personnes à travers le monde sont vaccinées chaque année après avoir été mordues par un chien, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais la rage tue encore 59 000 personnes par an, principalement en Afrique et en Asie.  L’autre pandémie toujours en cours est le VIH, avec 33 millions de décès à nos jours. Fin 2019, 38 millions de personnes vivant avec le VIH avaient été identifiées.

Le nouveau coronavirus, dans son long voyage, tel une abeille à la recherche du nectar a contaminé plus de 14 millions d’humains. Même si les guérisons suscitent de l’espoir chez les scientifiques, un décès reste une éternelle souffrance au sein des familles. La course vers un vaccin est donc toujours au centre des préoccupations.

Le Programme élargi de vaccination

C’est en 1986 que le Programme élargi de vaccination a été lancé au Mali. Dans son évolution, il est subdivisé en trois phases, la phase coup de balai, qui s’est étalée de 1986 à 1991, a essentiellement mis l’accent sur les enfants de 0 à 6 ans et les femmes enceintes ; la phase d’entretien (1992 – 1996), avec des vaccins orientés vers les femmes enceintes ou en âge de procréer et les enfants de 0 à 23 mois a suivi et la phase de consolidation, mise en œuvre depuis 1997, à côté des femmes en âge de procréer et des femmes enceintes cible les enfants de 0 à 11 mois. Cette cible est en train d’être élargie aux enfants de 0 à 23 mois.

Dans le cadre de ce programme, les vaccinations de routine sont gratuites. La styliste pour enfants Esther Dougnon, une habituée, précise « au premier vaccin, lorsque tu achètes le carnet, l’État prend en charge les vaccins de l’enfant jusqu’à 9 mois ». À partir de un an, le parent achètera des vaccins hors programme jusqu’à l’âge de 6 ans, pour le bien-être et la santé future de l’enfant.

Réalisations

L’introduction du vaccin MenAfriVac dans la lutte contre le méningocoque du sérogroupe A, dans plus de 16 pays de la ceinture africaine de la méningite, a permis, en partenariat avec l’Alliance du vaccin (GAVI), de réduire considérablement le risque de cette maladie. Le Mali n’a depuis plus enregistré de cas de méningite à méningocoque A. Un progrès important, qui n’exclut par la lutte contre d’autres formes de méningites. Le fait qu’il n’y ait plus de poliovirus au Mali est aussi un acquis à conserver, mais les autorités attirent l’attention sur une nouvelle forme de polio qui est en train de se développer dans la sous-région et anticipent un nouveau vaccin afin de tenir le pays à l’abri. Depuis janvier 2014, le Mali est devenu le 20ème; sur plus de 30 pays en Afrique à avoir introduit le vaccin contre le rotavirus, afin de réduire le nombre de décès des enfants de moins de cinq ans, estimé à plus de 7 000 par an. Des avancées considérables ont ainsi été enregistrées.

Difficultés

Au Mali, la pandémie de Covid-19 a impacté la couverture vaccinale. Après les premiers cas, il y a eu une chute drastique dans l’administration des vaccins en mars et en avril, à cause de la rumeur relative à l’introduction d’un vaccin test Covid-19 dans certains pays africains. Cette rumeur a eu un impact négatif sur la vaccination en stratégie avancée, car les agents de santé qui se déplaçaient pour vacciner des enfants à domicile n’étaient pas bien accueillis par la population. La problématique d’accès aux zones d’insécurité liée aux conflits armées et à la crise humanitaire ne facilite pas non plus la couverture vaccinale. À cela s’ajoute la réticence des populations à la vaccination, à cause de l’absence d’informations sur son objectif. 

Les programme de vaccination national prend en compte des vaccins pour les enfants jusqu’à 23 mois et les femmes enceintes. Les vaccins spécifiques pour les enfants sont : le BCG (lutte contre la tuberculose), le vaccin contre la poliomyélite, avec deux variantes, la forme orale et la forme injectable), le Pentavalent, qui regroupe cinq vaccins (contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et les infections à haemophilus influenzae type b),  entre autres. En dehors des produits inscrits dans le programme élargide vaccination, tous les autres vaccins sont payants.

Coordination mondiale

À travers des stratégies coordonnées, l’éradication de certaines maladies est envisagée à moyen et à long terme dans de nombreux pays. De grandes avancées ont été réalisées avec l’introduction de nouveaux vaccins. Selon les informations recueillies au Centre national d’immunologie, « le Mali injecte chaque année plus de trois milliards de francs CFA dans l’achat et le cofinancement des vaccins». À côté des nouveaux vaccins, comme ceux contre la diarrhée à rotavirus ou la fièvre jaune, co-financés par l’Alliance mondiale du vaccin GAVI et d’autres partenaires, le pays achète sans aucune subvention les vaccins traditionnels, ceux contre la polio, la rougeole, le tétanos ou la tuberculose. Les autorités maliennes et leurs partenaires internationaux en matière de santé envisagent pour bientôt l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans le pays.

La science continue ses recherches au profit de la santé de l’Homme. Mais, avec l’émergence de nouveaux virus, donc le dernier en date est le coronavirus, avec plus de 14 millions de personnes contaminées, les progrès n’ont pas fini d’être nécessaires. Malgré le développement de la vaccination de masse, la cherté des produits est une limite pour l’accès de tous à l’immunisation. Développer les infrastructures pour permettre aux chercheurs d’avancer dans leurs travaux reste un défi pour la promotion d’un accès facilité aux soins médicaux et à la prévention des maladies dans notre pays. 

Idelette Bissuu

 

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