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Mali – Crise sociopolitique : Pour le M5, il n’y a pas eu coup d’Etat

A l’appel du M 5-RFP, plusieurs milliers de personnes étaient à la Place de l’Indépendance, vendredi 21 août, pour « fêter la victoire du peuple », cela trois jours après la démission du président Ibrahim Boubacar Kéîta le 18 août à la suite d’un coup de force de plusieurs militaires de la garnison militaire de Kati. Pour le M5, les forces de défense et de sécurité ont juste « parachevé la lutte du peuple malien » et n’ont pas fait de coup d’Etat. 

Alors que la communauté internationale pense qu’Ibrahim Boubacar Kéïta a été chassé du pouvoir par un putsch militaire, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques n’est pas de cet avis. Le Mouvement contestataire pense qu’après plusieurs combats pour le départ d’IBK,  l’armée est intervenue en responsable afin d’éviter d’autres bains de sang. « C’est votre combat et celui des Maliens de l’extérieur qui a été parachevé par les forces armées et de sécurité de la République du Mali. Ce parachèvement s’est opéré dans une parfaite synchronisation entre l’ensemble des corps de nos forces armées et de sécurité. Ce parachèvement de la lutte du peuple malien, certains sont en train de s’évertuer à le transformer en un coup d’Etat classique. Il n’en est pas un. C’est la lutte du peuple malien », a précisé Choguel Kokalla Maïga, porte-parole du M 5.

Le Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) était également à la place de l’Indépendance. A côté des manifestants, les militaires ont étayé le point de vue du M5 en reconnaissant l e peuple comme acteur véritable de la démission d’IBK.  « Notre travail à consister à parachever votre combat. Nous sommes là pour vous », a déclaré le colonel-major Ismael Wagué, porte-parole du CNSP. 

Leçons à la CEDEAO

Une délégation de la CEDEAO, conduite par l’ancien président du Nigeria Goodluck Jonathan, est attendue à Bamako ce 22 août dans le cadre de la « mise en œuvre des décisions du sommet extraordinaire du 20 août » dernier. L’organisation sous-régionale avait demandé le rétablissement de  l’ordre constitutionnel et d’Ibrahim Boubacar Kéïta comme président de la République du Mali. Elle a également fermé ses frontières avec le Mali tout en demandant la montée en puissance de la force en attente de la CEDEAO. Pour le M 5, ces décisions de sanctions « violent allègrement » le protocole de la convention de la CEDEAO.  Le Mouvement contestataire dit vouloir accueillir « chaleureusement » l’organisation ouest-africaine tout en demandant à ses fonctionnaires  d’aller  « réviser leur leçon de droit international ».

« Nous allons les accueillir pour les démontrer que les décisions qui ont été prises ne sont pas des décisions qui respectent les textes de la convention des protocoles de la CEDEAO. Pour mobiliser une force d’attente contre un Etat, fermer ses frontières, il faut que la conférence des chefs d’Etat le décide et qu’il soit approuver par le conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui n’a pas été le cas. Nous allons leur démontrer que la convention sur le droit des mers, signée le 10 décembre 1982, ne permet pas de prendre des sanctions contre un pays qui n’a pas de débouché sur la mer. Elle a été ratifiée par le Mali le 18 juillet 1985. Elle ne permet pas à la CEDEAO de fermer ses frontières », a expliqué Choguel Kokalla Maïga.

L’ancien ministre de la justice, Mohamed Aly Bathily, a déclaré que bientôt une plainte visant la CEDEAO sera déposée  à la cour africaine de justice pour « violation de textes ».

Boubacar Diallo

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