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Mali – Crise scolaire : Vers une année blanche ?

Education - Gossi - Image d'archives

Le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) a rencontré, mardi 1er septembre au Prytanée militaire de Kati, les syndicats de l’éducation en arrêt de travail pour exiger l’application de l’article 39. Les discussions se sont soldées par un échec car le délai de l’application, prévu pour septembre par le procès-verbal de conciliation du 17 juin, a été considéré comme intenable par les départements de l’économie et de l’éducation. Et le nouveau calendrier proposé pour l’application, décalée de deux mois, semble ne pas faire l’affaire des enseignants.

Quelle sera la couleur de l’année scolaire 2019-2020 ?  C’est la grande question du moment qui taraude les esprits. Alors que les épreuves du Diplôme d’Etudes Fondamentales et du baccalauréat devraient débuter respectivement les 7 et 14 septembre, les enseignants de ces deux ordres d’enseignement sont en arrêt de travail depuis le 17 août pour exiger l’application de l’article 39.

Après la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta, c’est le CNSP  qui conduit  le bateau Mali. C’est ainsi qu’il a rencontré les syndicats de l’éducation ce premier septembre, après une première en date du 28 août dernier, pour une reprise des cours. Cependant la date d’application des dispositions de l’article 39 pose problème. Les enseignants tiennent à l’application de l’article au mois de septembre, selon l’accord conclu avec  le gouvernement déchu, et le CNSP, conseillé par les départements de l’éducation et de l’économie, veut un décalage au mois de novembre. « Pendant ces quelques jours de discussions, le comité a souhaité décaler l’application. Nous, syndicats de l’éducation,  avons souhaité l’alignement simple sur le mois de septembre et discuter sur comment avoir les arriérés plus tard. Je pense que le comité n’est pas dans cette logique et les syndicats sont dans la dynamique du mois de septembre 2020 par rapport à l’application de l’article 39. Nous sommes dans une phase de concrétisation et non de négociation. Avant la tombée du régime, l’argent était disponible pour l’application de l’article 39 sur les salaires du mois de septembre et le paiement aussi des arriérés de l’année 2020 », explique Adama Fomba, porte-parole des syndicats de l’éducation.

A ses dires, le CNSP va rendre compte à son président, Assimi Goïta, qui prendra une décision qui sera communiqué aux enseignants. Mais en attendant, « le mot d’ordre de boycott de toutes les activités pédagogiques continuent ».

L’article 39 des enseignants dispose que  «Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement fondamental, secondaire, de l’éducation préscolaire et spéciale». En janvier 2019 le gouvernement a octroyé 20% d’avantage salarial aux autres fonctionnaires du statut général et a refusé, prétextant des difficultés budgétaires,  d’en faire de même pour les enseignants. Cela a conduit à plusieurs mois de grèves sanctionnés par un accord entre les enseignants et le gouvernement déchu le 17 juin dernier. Depuis le 17 août, les classes sont de nouveau fermées après que les syndicats de l’éducation ont « constaté des tripatouillages du procès-verbal de conciliation et d’une tentative d’abrogation de l’article 39 ».

Boubacar Diallo

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