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Commerce équitable : Une dynamique à soutenir

C’est lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement de 1964 que l’accent a été mis pour la première fois sur le « juste commerce ». Une revendication des pays en développement, qui réclamaient une contrepartie équitable pour leurs produits plutôt que la charité. Malgré l’intérêt que peut révéler un tel concept, la dynamique est encore timide au Mali en particulier et en Afrique en général, surtout faute d’un appui conséquent des autorités.

Dès son lancement, la dynamique a créé quelques sensibilités dans les pays occidentaux, dont la France, l’Allemagne et les États-Unis, où «  le commerce a été perçu comme un outil pouvant aider les pays faibles à se développer », explique le Dr Abdramane Tamboura, agro-économiste.

Des consommateurs ont donc été sensibles à la cause de ces « petits producteurs n’ayant pas un accès facile au marché international. Ce commerce équitable, qui peut être appréhendé comme un mouvement social, est aussi une pratique commerciale, où des milliers d’entités favorisent, à travers des sensibilisations et même des appuis à l’organisation, une visibilité des petits producteurs ».

Environ 80% des producteurs du commerce équitable sont membres d’une organisation de petits producteurs, en Afrique, en Asie et en Amérique latine. 1 400 organisations professionnelles dans 75 pays évoluent dans ce commerce. À travers le monde, 10 millions de personnes en bénéficient du commerce équitable et la vente des produits a représenté en 2015, 7,3 milliards d’euros, contre moins d’un milliard en 2003.

Au Mali, la dynamique est née à partir du SIAO 2006 et a été appuyée par le programme Équité de l’Association Vétérinaires sans frontières (AVSF). Elle est portée par une dizaine d’organisations et animée par un collège. Le commerce équitable concerne les filières karité, mangue, anacarde, sésame et l’artisanat. Il compte 74 494 personnes, dont 82% de femmes.

Malgré les avantages que sont les prix rémunérateurs, le système de préfinancement et la prime équitable, le secteur n’a pas encore atteint ses objectifs. C’est pourquoi le collège a lancé en 2019 une campagne et sollicité l’implication des autorités, notamment les ministères concernés (Agriculture, commerce, artisanat et promotion féminine). Il faut « amener les autorités à comprendre le commerce équitable et lfaire bénéficier des appuis » nécessaires, explique le Dr Tamboura. Même si les perspectives peuvent être bonnes, elles passeront par un programme pour appuyer les organisations paysannes à se certifier, impulser une dynamique du commerce équitable à l’échelle du continent et soutenir des acteurs « abandonnés à eux-mêmes », conclut-il.

Fatoumata Maguiraga

Quelques Chiffres 

9 organisations locales : Collège pour le commerce équitable 

250 organisations : Association des organisations professionnelles paysannes 

10 millions de personnes : Bénéficiaires du commerce équitable

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