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Conseil national de transition : la présidence de toutes les questions

Le visage concret du Conseil national de la transition (CNT) se dessine, avec la clé de répartition de ses membres désormais connue. Avec 22 représentants des Forces de défense et de sécurité, le plus gros quota, l’armée se taille une place de choix au sein de cette institution, qui sera l’organe législatif de la transition. Une situation qui vient renforcer les fortes suspicions autour du CNSP, accusé de vouloir « offrir » la présidence du CNT à son premier Vice-président, le colonel Malick Diaw.

Les 121 sièges du Conseil national de transition ont été répartis entre ses différentes composantes par un décret signé du Président de la transition, Chef de l’État, Bah N’Daw, le 9 novembre 2020. Il a été publié le lendemain au Journal officiel.

Après les Forces de défense et de sécurité, ce sont, entre autres, les partis et regroupements politiques, les organisations de la société civile, le M5, les ordres professionnels, les syndicats libres et autonomes et les Maliens établis à l’extérieur qui auront le plus de représentants au CNT. Une répartition, qui, à en croire la plupart des regroupements membres, a été faite unilatéralement par les autorités de la transition, sans consultations préalables.

« Nous n’avons pas été consultés pour quoi que ce soit. Nous l’avons appris au même moment que tout le monde, sur les réseaux sociaux, alors que le ministère de l’Administration pouvait écrire aux différents partis politiques et associations pour leur soumettre un document officiel d’une telle envergure », s’indigne Mamadou Traoré du parti Union, membre de la Coalition des forces patriotiques (COFOP).

Même son de cloche au M5-RFP, où l’imam Oumarou Diarra, membre du comité stratégique, déclare que ce dernier n’a été approché « ni de près ni de loin » par rapport au CNT.

Malick Diaw aux commandes ?

L’article 14 de la Charte de la transition stipule que « le Conseil national de Transition est présidé par une personnalité civile ou militaire élue en son sein ». Le colonel Malick Diaw du CNSP, même s’il n’a pas officiellement déclaré son intention de diriger le CNT, est vu comme un potentiel candidat, d’autant plus qu’il est le seul parmi les militaires responsables du CNSP à ne pas encore assumer de fonction officielle dans la transition.

Mais, entrave de poids, le M5-RFP revendique aussi cette présidence et un consensus parait difficile à être obtenu entre les deux grands camps. À en croire l’Imam Oumarou Diarra, le colonel Malick Diaw a convoqué, puis annulé par la suite, il y a moins d’un mois, une réunion avec le Comité stratégique du M5, pour « rapprocher les lignes entre le M5 et le CNSP ».

« Je ne doute pas des compétences du Colonel Malick Diaw, mais je pense qu’aujourd’hui le Mali a beaucoup plus besoin de lui à un autre poste, beaucoup plus stratégique que la présidence du CNT », glisse Oumarou Diarra.

En revanche, le premier Vice-président du CNSP bénéficie déjà de quelques soutiens. Au Mouvement populaire et démocratique (MDP) du Dr. Oumar Mariko, aucune éventualité n’est écartée.

« Malick Diaw, c’est quelqu’un que nous respectons beaucoup. Nous ne savons pas pour le moment qui serait en face de lui s’il se présentait, mais si nous devions choisir entre lui et quelqu’un d’autre, et si cette personne n’atteint pas le même degré d’intégrité que lui, nous n’allons pas hésiter à choisir Malick », clame Dora Cheick Diarra, membre du Secrétariat permanent du MDP.

« Nous soutiendrons l’éventuelle candidature de Malick Diaw. Nous ne voulons en aucun cas qu’un politique préside aux destinées de cette institution », martèle également Hama Ag Mohamed, Secrétaire général de la Coordination des chefs traditionnels et coutumiers touareg du Mali. « Le CNT est plutôt politique et les militaires ne sont pas des politiques », rétorque Mamadou Traoré

Dans tous les cas, avec un système de désignation du Président du CNT identique à celui du Président de l’Assemblée nationale, élu à la majorité absolue des députés, le numéro 2 du CNSP a, a priori, la voie dégagée pour prendre les rênes de l’institution, s’il se positionne pour ce poste.

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