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Bréhima Mamadou Koné : « Il n’y a aucun leader au RPM qui fasse l’unanimité »

Le Président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Bocary Tréta, a, dans une récente lettre adressée aux Secrétaires généraux des fédérations et des sections du parti, lancé un appel au réarmement moral des militants, en vue de relancer les activités du RPM après les évènements du 18 août 2020. Dans cet entretien, le politologue Bréhima Mamadou Koné livre son analyse sur ce « nouveau départ » du parti des Tisserands.

Quel est votre regard sur la reprise annoncée des activités du RPM ?

Ces activités s’inscrivent dans le cadre de la vie du parti. Il faut faire vivre le RPM et cela passe par l’organisation de certaines activités, pour être en contact avec les cellules de base. Il est important que le parti se retrouve aujourd’hui pour discuter de certaines questions de fond concernant la vie du RPM, mais aussi concernant la vie de la Nation. Malgré le départ d’IBK, ce n’est pas la fin du RPM. Le parti doit continuer à vivre et continuer l’animation du paysage politique.

Doit-on craindre des entraves politiques à cette relance ?

Au sein du RPM, il y a trois tendances. Celle qui est aujourd’hui au niveau de l’animation politique est celle de Tréta, Diarassouba et autres. Mais la tendance IBK, Timbiné, Camara et autres n’est aujourd’hui pas visible sur la scène politique. Il y a aussi celle de l’ancien Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga, dans l’ombre elle aussi actuellement. Le RPM a donc plusieurs problèmes. Un problème de structuration et de représentativité en termes de responsabilité, mais aussi le souci de la légitimité et du charisme de ses dirigeants. Aujourd’hui, il n’y a aucun leader au sein du parti qui fasse l’unanimité et bénéficie de la confiance et de l’investiture de l’ensemble des membres du RPM pour porter les couleurs du parti aux prochaines élections. Il faut s’attendre à une fracture du RPM, à un effritement en fonction des trois tendances citées ci-dessus.

Le RPM risque-t-il une traversée du désert ?

Malheureusement, le Dr. Bocary Tréta, n’est pas un homme charismatique, ni de cohésion, parce qu’il n’a pas su faire régner l’union au sein du parti. C’est un homme de clan et non un leader éclairé. Le RPM risque de devenir comme l’Adema. À chaque fois qu’ils vont choisir un candidat issu du Bureau politique national pour représenter le parti, il y aura d’autres membres qui risqueront de travailler au détriment de ce dernier et de soutenir d’autres candidats. On risque de voir le RPM accoucher de trois ou quatre autres partis politiques dans les années à venir.

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