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Covid-19 : Mesures d’accompagnement en demi-teinte pour les acteurs culturels

La pandémie de la Covid-19 a fortement impacté les opérateurs culturels maliens. Pour édulcorer l’hémorragie, le gouvernement annonce plusieurs mesures d’accompagnement, insuffisantes par rapport au manque à gagner occasionné par la pandémie.  

Après une reprise qui tenait le pas, c’est un nouveau couperet qui est tombé sur la tête de l’industrie culturelle malienne le 19 décembre dernier. Au regard de la situation sanitaire qui se dégradait, le gouvernement a institué l’état d’urgence, occasionnant la suspension de toutes les activités artistiques, culturelles et touristiques. Cette décision fait suite à une première, prise le 18 mars dernier, où elles avaient été interdites et les lieux de loisirs et restaurants fermés pour finalement reprendre cinq mois plus tard.

Selon le ministère de la Culture, le manque à gagner, de mars à septembre 2020, des acteurs de la culture est estimé à 21 milliards de francs CFA. Les démarches du département afin de mobiliser des mesures d’accompagnement ont été vaines jusqu’à cette deuxième interdiction. « Lors de la première interdiction, on avait demandé autour de 5 milliards comme mesures d’accompagnement. Malheureusement, on n’a pas eu d’écho favorable et finalement on a attendu cette fois-ci. Le gouvernement met aujourd’hui à la disposition du département un milliard de francs CFA », explique Yamoussa Fané, Chef de cabinet du ministère de la Culture.

Il poursuit qu’une commission a été mise en place le 28 décembre dernier et qu’elle a en charge de « définir les critères d’attribution des mesures d’accompagnement et d’identifier les bénéficiaires des trois types de mesures, c’est-à-dire le fonds alloué au ministère de la Culture, les allègements fiscaux et le fonds des filets sociaux Jigisèmèyiri ».

Ce dernier est une forme d’appui qui se concrétisera par des dépôts cash de 90 000 francs CFA à un million de Maliens faisant partie des couches les plus vulnérables.  Et certains artistes qui n’ont pas réellement de structures bien organisées pourraient en bénéficier. Cependant il concerne toutes les couches vulnérables, pas seulement les acteurs culturels. D’ores et déjà, plusieurs faîtières de la culture font la queue pour bénéficier de ces mesures d’accompagnement. La dernière en date, la fédération des artisans et des artistes du nord, venue le 7 janvier dernier « solliciter l’assistance sociale du département pour soulager la souffrance des acteurs ».

Pour le fonds d’accompagnement du département de la Culture, ce sont les opérateurs culturels qui sont en règle avec les impôts et qui les paient régulièrement  qui en bénéficieront. « Ce n’est pas du tout facile. C’est une tâche très délicate », reconnaît Yamoussa Fané.

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