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Drogues et substances illicites: le Mali un pays de transit et de consommation?

La drogue, on en parle dans les rues parfois sans grande connaissance du domaine. Au Mali, les douze derniers mois, les autorités en ont saisi une quantité considérable au niveau des postes frontières.

Au moins 10 tonnes de cannabis ont été saisies en 2020 selon le directeur de l’Office central des stupéfiants du Mali, le magistrat colonel Adama Tounkara. En ce qui concerne la quantité de cocaïne saisie, elle est estimée à cinq kilogrammes, le hachich « va dans les deux tonnes ». En ce qui concerne les comprimés, les chiffres par unité n’étant pas disponibles, les autorités parlent « de milliers de comprimés de Tramadol saisis» dans le pays l’année précédente.

Et la sensibilisation dans tout çà?

Malgré les efforts des autorités pour sensibiliser la population sur les conséquences néfastes des drogues  sur la santé, les objectifs atteints restent insuffisants. Pour être en phase avec les nouvelles politiques des Nations unies sur cette réalité, il s’agit aujourd’hui au niveau des pays « de considérer des consommateurs ou ceux qui ont une addiction comme des malades ». Cette première étape franchie va permettre d’instaurer une prise en charge de ces personnes. Le hic au Mali, est que rendre effective ces nouvelles dispositions, il faudra réunir certaines conditions comme la « relecture du cadre juridique ». Il ne faut pas perdre de vue que pour une prise en charge effective il faudra passer par l’identification de certaines substances ou drogues et les classées selon leurs effets sur l’organisme.

Sur le marché, il y a des produits de substitution qui ont pratiquement les mêmes effets que les drogues dures qui sont autorisées. C’est pourquoi une relecture de la loi s’impose afin d’adopter une nouvelle politique nationale ou stratégie nationale de lutte contre la commercialisation et la consommation illicite des drogues au Mali.

Pour tendre vers cet objectif, l’opérationnalisation d’une mission interministérielle de lutte contre la drogue a été mise sur pieds.  La drogue est devenue un problème transversal qui touche l’économie, la santé, l’éducation ainsi que la sécurité. C’est pourquoi conjuguer les efforts pour lutter contre ce phénomène qui envahit nos sociétés est devenu un  objectif commun. A côté de ces actions, la veille citoyenne est aussi un élément non négligeable dans la lutte contre les substances illicites dans notre pays.

La recommandation au niveau mondial est de mettre l’accent sur la répression des trafiquants et la prise en charge des consommateurs. En ce qui concerne la première partie de cette recommandation, les autorités s’activent et s’illustrent à travers des descentes de terrain et des saisies importantes. Sur le plan juridique, après l’interpellation, l’identification de présumés trafiquants, ces derniers sont mis à la disposition de la justice.

Directeur de l’Office central des stupéfiants du Mali, le magistrat colonel Adama Tounkara

 

Le Mali, pays de consommation et de transit ?

Les drogues saisies et connues au Mali selon l’importance des saisies sont le cannabis qui se classe au rang de la drogue la plus utilisée. Cependant, les autorités expliquent que  de plus en plus de consommateurs se tournent vers les psychotropes comme du Tramadol, le Diazépam retrouvés parmi les médicaments frauduleux ou contrefaits. La cocaïne et l’héroïne se positionnent presque au bas de l’échelle à cause du pouvoir d’achat pour l’instant au dessus de bon nombre de consommateurs.

Le Mali est considéré comme un pays de transit au regard des quantités de drogues et des informations enregistrées par l’Office central des stupéfiants du Mali. La nature de certaines drogues comme la cocaïne qui coûte chère, saisie en quantité importante (deux tonnes voire plus) sur le territoire, n’est pas destinée à la consommation locale. Ces drogues selon le directeur de l’Office central des stupéfiants, passent par le Mali pour des pays de la sous-région comme le Niger ou le Burkina vers la Libye avant parfois de poursuivre leur route vers l’Europe. Cette situation qui fait du Mali un « pays de transit et de consommation des drogues ».

Idelette BISSUU

 

 

 

 

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