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Africa Mia : L’aventure continue

Après près de 2 décennies de tournage,  une sortie française en septembre 2020  et déjà plusieurs prix, le film sur la « Fabuleuse histoire des Maravillas de Mali » fait escale à Bamako. C’est un hommage au parcours contrarié de jeunes Maliens partis étudier la musique à Cuba au milieu des années soixante.

Africa Mia est un film de 90 minutes tourné entre 2000 et 2018. D’abord avec les compagnons de Boncana Maïga, seul survivant de l’aventure, alors en France. De Bamako à Paris, en passant par Abidjan et Niamey, le documentaire est devenu « un film sur le temps qui passe », raconte Richard Minier, son réalisateur. « Le tournage a parfois été long et incertain, mais le fait de revenir dans les mêmes villes, filmer les mêmes endroits et retrouver les mêmes personnes à des années d’intervalle m’a permis d’entretenir un rapport très particulier avec ce j’ai filmé », poursuit-il.

Notamment Boncana et ses 5 compagnons. Ce documentaire musical retrace «  l’histoire des premiers étudiants envoyés par le Président Modibo Keïta à Cuba pour étudier la musique », se souvient Boncana Maïga. Lui et ses camarades n’avaient alors que 22 ans et sont rentrés au pays 10 ans après. Mais le coup d’État de 1968 ne leur donnera guère l’occasion de mettre en œuvre leurs ambitions.

« Nous sommes revenus pour former des techniciens maliens, mais nous avons trouvé des grosses pierres devant nous ». Visiblement, la culture n’était pas « une préoccupation majeure ».

 

Boncana et ses camarades se sentent très vite abandonnés. Si ces derniers choisissent de rester, Boncana, qui ne tardera pas à devenir le « Maestro », se rendra en Côte d’Ivoire où son talent sera reconnu.

Poursuivre l’aventure

« L’idée du film, c’est Richard Minier qui l’a eu, avec l’espoir de rassembler les musiciens et de remonter Las Maravillas de Mali », explique Boncana Maïga. L’orchestre sera remonté, mais avec d’autres musiciens, parce que ceux revenus de Cuba sont tous morts, relate-t-il avec amertume. L’orchestre reconstitué fera plusieurs concerts et autant de succès.

S’il apprécie ce film, qui est un hommage à ses camarades, Boncana ne peut s’empêcher d’avoir le « sentiment d’un regret profond, pour n’avoir pas cru à ces jeunes professeurs revenus avec des connaissances musicales énormes ». « Je revois nos difficultés, les idées que l’on avait pour le Mali ». Le film, qui a déjà remporté 6 trophées, dont le prix SACEM du meilleur documentaire 2020, a été projeté en avant-première bamakoise le 6 avril à l’IFM.

Fatoumata Maguiraga

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