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Cinéma en Afrique : Enjeux et perspectives

Le dimanche 23 mai 2021 à Bamako, une discussion s’est tenue autour des questions cinématographiques en Afrique. Présents à ce rendez-vous, des acteurs, des réalisateurs, des scénaristes et surtout ceux qui rêvent d’intégrer le monde du septième art, avec pour invitée spéciale Kalista Sy, la scénariste de la célèbre série sénégalaise à succès ”Maîtresse d’un homme marié”.

L’objectif principal de cette discussion entre Hommes de culture et amateurs était de pointer du doigt les problèmes et les difficultés que rencontrent les séries dans notre continent. Bien que nombreuses, rares sont celles qui rencontrent un véritable succès.  Parmi celles-ci, nous avons : “Maîtresse d’un homme marié”, une série qui a eu une grande audience au Sénégal et dans certains pays de l’Afrique francophone. 

D’abord lancée sur le web en Wolof, une langue nationale du Sénégal, avant la version française, le succès de la série sénégalaise lui a valu des diffusions sur des chaînes internationales. La qualité de l’intrigue et son lien avec la réalité sociétale sont venus rompre avec les rumeurs, pour dire tout haut ce qui se vit et se pense tout bas dans des foyers.   

Il faut dire que derrière ce succès se cache un départ difficile et d’énormes sacrifices. Kalista Sy, scénariste de la série évoque ces moments avec un mélange d’humilité et de fierté. Elle raconte que “ tout a débuté avec des chroniques sur Facebook, les gens aimaient et partageaient”. 

La scénariste s’est alors dit que ça pouvait avoir plus d’impact. Durant quatre longues années, toutes les portes auxquelles elle cognait se fermaient à peine entre-ouvertes. “Une traversée du désert”, a-t-elle expliqué, avant d’ajouter qu’elle a  donné  le script à une de ses tantes, qui “ l’a jeté dans la poubelle et a sous-entendu qu’elle (ndlr: la scénariste) devrait plutôt aller chercher du travail”.

Les difficultés qu’elle a rencontrées avant le succès de cette série lui ont permis de comprendre qu’il est temps pour notre continent de déployer ses ailes pour davantage se raconter. Ça aussi été un moment de persévérance qui lui a permis de mettre en application la ténacité, mais surtout de croire en ses choix, en ses rêves afin de “trouver une façon de universaliser notre histoire et de raconter notre Afrique”.

ATT Junior, humoriste et acteur malien, a aussi évoqué des difficultés telles que la barrière que peut constituer la langue au cinéma pour intéresser au-delà des frontières nationales, le manque d’écoles de formation dans nos pays. Il dénonce aussi le fait que les opportunités ne sont pas toujours données aux nouveaux acteurs pour faire leurs preuves, car, généralement ce sont les anciens qui restent toujours au devant de la scène.

Pour l’humoriste malien, créer des écoles de cinéma, adapter les normes et les règles du cinéma au contexte socio-culturel, déléguer et partager les rôles, produire des contenus de qualité, créer des cadres de dialogue, vont entre autres contribuer à la promotion du cinéma africain. 

Yehiya Boré

 

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