Culture › Musique

« Cantatrices » maliennes : ces chanteuses qui font la gloire du pays

De Tata Bambo à Oumou Sangaré en passant par Nâ hawa Doumbia, Khaira Arby… Le Mali a de tout temps eu des grandes divas de la musique. A l’occasion de la fête de la musique, Journal du Mali rend hommage à quelques voix féminines. 

Né en 1950 à Bamako, Fatoumata Kouyaté dit Tata Bambo est l’une des plus anciennes chanteuses du Mali. Devenue célèbre à l’âge de 12 ans grâce à sa chanson « Bambo »  en 1962, une alerte contre les mariages forcés, la fille de Djeliba Kouyaté débute la musique dans les cérémonies de mariage et de baptême.

Ce tube devenu son surnom est l’une des chansons les plus populaires du Mali. Elle l’a chanté pour la première fois en public lors d’un sommet des chefs d’Etats africains à Bamako. Remarqué par le Président Modibo Keita, elle est intégrée dans l’Ensemble instrumental National du Mali. Chevalier de l’ordre National du Mali, Initiatrice de la nuit du comédien au Mali, précurseur de la maison des cinéastes au Mali, Tata Bambo a rendu l’âme le 14 juin dernier.

De part le monde entier, Oumou Sangaré n’est plus à présenter : Prix Unesco, Grammy de la meilleure collaboration pop avec vocal, ambassadrice de bonne volonté de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, commandeur des arts et des lettres de la république française. Depuis 2016, la diva organise le Festival international du Wassolou à Yanfolila, dans la région de Sikasso, pour contribuer à la promotion de la culture de ce milieu. Elle représente le Mali avec brio depuis son ascension. Sa carrière internationale, enclenchée en 1992-1993 après sa signature sur le label anglais World Circuit, va de succès en succès.  Désormais, Oumou Sangaré porte le son du Wassoulou jusqu’aux oreilles du Japon, du Canada et des États-Unis, au Maroc. Elle fait partie des artistes maliens qui ont une grande audience en occident. La jeunesse qu’elle a d’ailleurs marqué à l’instar de Aya Nakamura lui rend hommage à travers un feat à succès. 

A plus de 60 ans dont 40 ans de carrière musicale, Nâ Hawa Doumbia ne se lasse pas. L’originaire de Bougouni a lancé son dernier album Kanawa ‘’ne part pas’’ au mois de janvier 2021. Ce nouvel album de huit titres aborde des thèmes comme l’immigration, la cohésion sociale, la tolérance, le mariage et est le quinzième disque de la discographie de l’artiste qui des souvenirs et des moindres avec les Maliens. Ces centres d’intérêts abordés dans ses chansons, l’amour, la condition de la femme malienne, la polygamie, le mariage précoce et forcé, le respect de la tradition entre autres. 

Khaira Arby (1959-2018) est l’une des rares chanteuses maliennes à chanter dans différentes langues : Songhaï, Tamachek, bambara et arabe. Sublime voix de la ville des 333 saints (Tombouctou), elle commence la musique depuis l’âge de 11 ans dans la troupe musicale de Tombouctou. Avec sa voix robuste, elle dénonce dans ses chansons, entre autres, l’excision, les rebellions et prône la paix, les droits des femmes à l’épanouissement et à l’autonomie.

Ces artistes qui, ont commencé à chanter pour aider sa mère à nourrir la famille comme Oumou Sangaré, qui, a débuté dans les fêtes traditionnelles et mariages pour gagner de l’argent comme Khaira Arby ou Tata Bambo, ont toujours œuvré pour le développement social, économique et culturel du Mali. Avec leur musique, elles éduquent, sensibilisent, informent la population depuis des décennies. 

Aly Asmane Ascofaré

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut