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Mali – Violences Basées sur le Genre : un phénomène qui inquiète

Au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), a lieu, ce jeudi 1er juillet 2021, une session de plaidoyer de haut niveau sur les violences basées sur le genre à l’endroit des leaders religieux et des réseaux de défense des droits de la femme. Une initiative de Plan International en partenariat avec le Programme National pour l’abandon des Violences Basées sur le Genre, Spotlight Initiative et du Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Sous le thème « Non à la violence basée sur le genre ; oui à la promotion du bien-être familial ». 

« Avant l’adoration de Dieu celui de l’Homme d’abord », scande Thierno Hady Thiam. Homme avec grand H, précise le président de l’Alliance des religieux du Mali. « Nous, fils d’Adam, sommes les mêmes : homme comme femme. Les femmes-nos mamans, filles et épouses-dans les zones de conflit ont beaucoup souffert par les conséquences de la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays et des violences basées sur le genre. Il faut que ça cesse ! », plaide le leader religieux, qui rassure que son regroupement (constituant de musulmans et chrétiens) luttent d’arrache-pied pour le respect des droits de femme. 

L’objectif de cette rencontre, en croire, le Directeur de Plan International Mali, M. Constant Tchona est d’œuvrer pour l’abandon des Violences Basées sur le Genre pour permettre aux filles et aux femmes de réaliser leur plein potentiel.  A cet effet, il ambitionne d’agir pour que 100 millions (dont 3 millions pour le Mali) de filles puissent apprendre, diriger, décider et s’épanouir, dans un environnement protecteur contre les nombreuses formes des discriminations et de stéréotypes à leur égard. 

Les VBG, une pratique qui préoccupe, d’autant plus que, selon le rapport de l’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDS), de 2018 : 9,6% de filles âgées de 15 à 19 ans et 13,6% de 20-24 ans ont déclaré avoir subi des violences sexuelles ; 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physiques ou sexuelles. Parmi les survivantes de VBG 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à personne. 88% des survivantes nécessiteuses n’ont pas pu accéder à des services de prise en charge.

Le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines concernent respectivement 52% et 85% des filles et des femmes au Mali.  Un phénomène, « contre lequel le gouvernement ne ménagera aucun effort », promet, le représentant du Ministère de la femme, de l’enfant et de la famille, M. Chaka Magassa, d’après qui les hommes et les femmes sont égaux en droit, « même dans le Coran ».

Aly Asmane Ascofaré

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