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Ethiopie : le cessez-le-feu «conditionné» des rebelles

Dans un communiqué signé par le « Gouvernement du Tigré » dimanche, les Forces de défense du Tigré (TPFL ) acceptent le « principe » d’un cessez-le-feu sous certaines conditions.Les rebelles du Tigré restent favorables à la proposition de l’Organisation des Nations unies (Onu) et des chancelleries occidentales d’observer une trêve dans la région. Mais celle-ci ne sera effective sur le terrain qu’à travers le respect de plusieurs conditions posées, dont les plus urgentes sont le retrait des forces érythréennes et amhara qui soutiennent l’armée éthiopienne ainsi que la restauration des autorités locales, considérées comme dissidentes par Addis-Abeba.

Deux conditions parmi tant d’autres, qui rendent difficile voire impossible la matérialisation de ce cessez-le-feu sur le terrain. Dans le document publié dans la soirée de dimanche, le « Gouvernement du Tigré » exige aussi des « comptes » au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Issaias Aferworki pour les crimes « horribles » commis depuis novembre au Tigré sur la base d’une enquête de l’Onu.

Ils demandent aussi le « libre accès de l’aide humanitaire, le rétablissement des télécommunications, de l’électricité, des opérations bancaires, des lignes aériennes » entres autres. Après avoir conquis de nombreux territoires ces derniers mois, les rebelles du TPFL veulent imposer le rapport de force à Abiy Ahmed en demandant « la reconnaissance de la légitimité et des droits du gouvernement du Tigré, ainsi que du cadre de la Constitution fédérale pour tenir un dialogue politique ». En outre, ils exigent la libération des prisonniers tigréens et la fin du harcèlement des Tigréens dans le pays, et enfin la mise en place d’une « entité internationale indépendante » pour superviser le cessez-le-feu ».

C’est seulement à ces conditions «sous réserve» d’avoir «une garantie à toute épreuve que la sécurité» des Tigréens «ne sera pas compromise par une deuxième série d’invasions » que les rebelles vont accepter un cessez-le-feu décrété avec effet immédiat par le gouvernement éthiopien le 29 juin 2021.

Le Tigré, situé au nord d’Ethiopie, est peuplé à 95% de chrétiens orthodoxes. Il est devenu depuis novembre 2020, le théâtre de combats meurtriers entre l’armée éthiopienne soutenue par l’Erythrée et les Forces de défense du Tigré (TPFL). Dans un système politique basé sur le fédéralisme ethnique, le TPLF qui est issu de la minorité tigréenne (6% de la population), a longtemps réussi à monopoliser le pouvoir en Ethiopie pendant plusieurs décennies.

Jadis considéré comme le chef d’orchestre de la politique éthiopienne sous les magistères des Premiers ministres Haile Mariam Desalegn et surtout de Méles Zenawi, ancien membre de la guérilla tigréenne, le TPFL s’estime « exclu » des réformes politiques entreprises par Abiy Ahmed arrivé au pouvoir en 2018. Le Prix Nobel de la paix de 2019, issu de l’ethnie majoritaire «Oromo», une première dans l’histoire du pays, a pris de nouvelles décisions qui marquent la rupture avec l’ancien régime dominé par le TPLF.

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