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École du Taman : Cheicknè Sissoko veut former la jeune génération

L’école du Taman, c’est l’initiative de Cheicknè Sissoko dit 5 Tamans pour promouvoir la culture du taman et transmettre les savoirs ancestraux et la symbolique de cet instrument de musique traditionnel par initiation.

À l’École du Taman, c’est Cheicknè Sissoko qui mène la danse. Assis en arc-de-cercle autour de lui, des élèves particuliers pour une instruction unique. À son aisselle, un instrument de musique traditionnel membranophone d’Afrique de l’Ouest. Au Mali, on l’appelle communément taman ou tamani.

Selon certains observateurs de la scène culturelle malienne et africaine, la symbolique du taman s’évanouit au fil du temps. Dans les grandes villes, c’est un instrument festif, de réjouissance, qui ne respecte plus forcément les codes d’antan. Mais pour les hommes de culture, si le métissage culturel n’est pas une aberration, « il faut ne pas perdre de vue l’origine et l’essence de son existence ».

Aujourd’hui, à l’École du Taman, c’est une restitution. Cheicknè Sissoko 5 Tamans, héritier d’une grande famille de culture malienne, fait de son mieux pour pérenniser l’utilisation de l’instrument.

En attendant de voir se hisser majestueusement le futur « Centre de formation de taman » au Mali, c’est chez lui que Cheicknè Sissoko transmet son savoir à la jeune génération, ainsi qu’à de nombreux volontaires, depuis une dizaine d’années. Sa maison transformée en atelier de travail initie au taman des enfants dès l’âge de quatre ans.

Pour les mineurs, l’apprentissage des techniques est gratuit. La formation la plus courte dure une semaine, journée de restitution incluse. Pour ceux qui ont plus d’abnégation, elle peut aller jusqu’à cinq mois.

Des jeunes maliens et des volontaires écoutent attentivement les instructions de Cheicknè Sissoko, avant d’imiter chaque geste du professeur.

À l’École du Taman, il y a les plus petits, les adolescents et les majeurs, dont l’âge peut aller jusqu’à 40 ans. Les apprenants sont maliens, africains, américains et européens. En fonction des objectifs ou des besoins, Cheicknè adapte le message et la technique pour qu’au sortir de la formation la pratique soit ce qui va parfaire l’œuvre.

À travers l’apprentissage, il ambitionne de « valoriser le taman, d’assurer la relève » et de promouvoir davantage la culture malienne.

L’homme, à l’origine du Festival international du Taman, est toujours à pied d’œuvre. À travers le projet de formation artistique 55 Tamans Hits Hop, une combinaison d’instruments traditionnels maliens et d’ailleurs, il envisage avec son groupe de faire un mix de sonorités avec en trame de fond la musique urbaine d’ici fin 2021.

Idelette Bissuu

Cet article a été publié dans Journal du Mali l’Hebdo n°329 du 29 au 04 août 2021 

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