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Administration publique : Les défis de la modernisation

Moderniser l’administration publique, c’est le pari de l’État depuis les années 1970. C’est l’un des objectifs affichés et consignés dans l’axe 4 du Plan d’action du gouvernement de transition débattu cette semaine par le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga au CNT. Mais le chantier est vaste.

Moderniser l’administration, c’est adapter son organisation à l’évolution politique et institutionnelle pour accroître son efficacité, avec comme finalité de mieux servir
les populations. Cela se fait sur le plan politique, institutionnel, technique et technologique pour assurer une meilleure gestion des affaires publiques. L’avènement de la décentralisation, la déconcentration, l’amélioration des procédures de gestion des affaires publiques, ainsi que la valorisation des ressources humaines, notamment avec la gestion axée sur les résultats, émanent du premier plan. Quant au volet technique et technologique, son but est de simplifier les procédures administratives via l’utilisation des TIC. Et cela est du ressort de l’AGETIC (Agence des technologies de l’information et de la communication). Créée en 2005, cette agence gouvernementale est chargée de mettre au point des technologies pour informatiser l’administration, la doter d’outils pour simplifier les lourdeurs et la digitaliser en vue d’une totale dématérialisation des procédures. « L’idée, c’est de donner une souveraineté à l’administration publique en permettant aux structures de l’État de communiquer des informations entre elles. Aujourd’hui nous avons interconnecté plus de 600 structures de l’État sur un réseau que nous avons baptisé l’Intranet de l’administration. C’est un vaste chantier, qui est composé de fibre optique, de radios et de satellites que nous avons installés à Bamako et dans les 10 premières régions du Mali », explique Ahmed Salif Camara, Directeur général de l’AGETIC.

Plusieurs applications pour la dématérialisation des procédures transitent via l’Intranet de l’administration, à l’instar du PRED (Programme pour la relance durable du Mali) pour la gestion des dépenses publiques des directions des finances et du matériel, l’AGRH (Application de gestion des ressources humaines) pour la gestion du personnel de la Fonction publique ou encore l’application SYDONIA (Système douanier automatisé) et le SIGTAS (Système intégré de gestion des taxes de l’administration) pour les douanes et les impôts respectivement.

L’AGETIC a également mis au point le « E-Gouvernement », une application qui permet de faire le Conseil des ministres en ligne, sans papier, mais qui n’est pas effectivement utilisée.

Défis

L’administration peut s’adapter, où qu’elle se trouve, aux réformes politiques et institutionnelles. Cependant, sur le plan technique et technologique, plusieurs obstacles entravent le processus de modernisation. « Les principaux défis à relever par rapport à l’expansion du numérique, ce sont d’abord les défis de connectivité. Il y a les coûts, certes, mais il y a aussi beaucoup de zones non couvertes par les réseaux de télécommunication. Donc il y a des citoyens qui ne peuvent pas pour le moment bénéficier des services de l’administration 2.0. Il y en a aussi qui ont la couverture réseaux, mais chez lesquels les équipements et les terminaux manquent. Et, quand ces derniers sont là, les gens n’ont pas la culture du numérique. Puis quand ils ont la culture, ils n’ont pas la compétence », fait comprendre Ahmed Salif  Camara.

À la direction de l’Économie numérique, on préconise de « faire dans un premier temps l’état des lieux exhaustif de l’ensemble des procédures au sein de l’administration et dans un second temps de faire l’état des lieux exhaustif des applications métiers au sein de l’administration pour mesurer le taux d’utilisation des outils ou le taux de digitalisation ». « À terme, il s’agira de dématérialiser l’ensemble des procédures et services de l’administration, dans une démarche cohérente, intégrée et inclusive pour un E-gouvernement, comme stipulé dans le « Mali numérique 2020 », avec des répercussions énormes sur l’économie, en boostant le taux de croissance avec les services connexes liés au secteur et aussi pour améliorer nettement la transparence, l’accès à l’information et la redevabilité », explique Abdoul Kader Ky, Directeur national de l’Économie numérique.

Le plan « Mali numérique 2020 » devait positionner le Mali comme l’un des hubs technologiques en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2020. Le coût total de son plan d’action se chiffre à près de 225 milliards de francs CFA. Mais il n’a jamais pu concrètement été réalisé, faute de financements.

Boubacar Diallo

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