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Mali: des bouchers demandent le respect de l’accord signé avec le gouvernement

Des bouchers brandissant leurs factures impayées, Bamako, le 05 août 2021, entrée cité administrative

Depuis quelques jours, des bouchers se retrouvent en face de l’entrée de la citée administrative. Interrogés, ils disent leur mécontentement face au retard du respect de l’accord signé avec le gouvernement sur la commercialisation de la viande à Bamako et Kati. 

C’est au mois de février dernier que les denrées alimentaires ont commencé à grimper comme dans une foire aux enchères. D’abord la miche de pain vendue à 200 F CFA augmente de 50 F CFA. Du côté des bouchers, le prix de la viande oscille entre 2400 et 3000 en février. Raisons de cette situation, la hausse du prix de l’aliment bétail, justifiée par la cherté de l’élevage et de l’entretien.

Le 06 juillet 2021, le gouvernement à travers le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould MOHAMED, et les Syndicats des bouchers , ont signé un protocole d’accord qui prend en compte la commercialisation de la viande à Kati et à Bamako. Dans cet accord qui devait entrer en vigueur six jours plus tard c’est – à – dire le 12 juillet dernier, les autorités à travers le Ministère ont pris l’engagement de payer aux bouchers une subvention à la consommation de 45 000 FCFA par carcasse de bœuf abattu. Une entente qui permettrait aux bouchers de céder la viande bovine avec os à 2 300 F CFA et la viande bovine sans os à 2 800 FCFA.

L’accord ainsi signé après 20 jours de négociations avec les autorités s’est présenté comme un ouf de soulagement. Seulement, pendant trois jours (début août 2021), même si certains poursuivent leurs activités dans des abattoirs et différents  points de vente, certains bouchers ont pris d’assaut dans une discrétion indescriptible et sans actes de violence, le jardin en face de la cité administrative dès le matin pour demander aux autorités de respecter l’accord signé avec eux début juillet.

Des bouchers brandissant leurs factures impayées (photo)

La viande, un aliment cher payé 

C’est en allant à la rencontre de ces derniers que, Bakary Coulibaly, boucher au quartier Sans fil de Bamako donne sa version des faits « Nous nous étions mis d’accord avec le gouvernement pour une diminution du prix de la viande. Le gouvernement du Mali s’était engagé à subventionner à hauteur de 45 000 francs CFA chaque bœuf tué. On a commencé ce travail le 12 juillet dernier. Et aujourd’hui le gouvernement nous doit 5 jours de subvention. Et la somme globale fait environ 140 millions de francs CFA tout abattoir distingué. On a pris des bœufs à crédit chez des peuls qui exigent également qu’on les rembourse. Que le gouvernement s’acquitte de ce qu’il nous doit pour qu’on puisse vraiment reprendre le boulot. Chaque matin vers 7 heures nous venons nous asseoir ici pour  réclamer notre argent. »

Abdoul Karim Konaté  lui aussi boucher au marché de Sogoniko  explique « il y en a qui ont tué 30 voire 60 bœufs et ils n’ont toujours pas reçu les subventions promises par l’Etat. »

Cette situation ne facilite pas la tache au panier de la ménagère de moins en moins rempli. Sira Doumbia, commerçante  et femme foyer exprime son exaspération: « la viande demeure toujours chère. Le kilogramme sans os coûte 4000 francs CFA et celui avec os 3000 francs CFA. Malgré cette cherté on l’achète. Que l’Etat trouve vite une solution par rapport à cette situation. On n’en peut plus, tout devient cher au marché maintenant. Quant au poisson, le prix varie entre 1000 et 1500 francs CFA. »

Pour être situé sur l’évolution de la concrétisation de l’accord de commercialisation du 6 juillet signé avec les bouchers, nous avons pris contact avec le Secrétaire général du syndicat national des bouchers, Amassoulaye Diallo. Il explique que depuis depuis lundi de la semaine en cours, la procédure administrative de paiement est en cours de traitement. Selon les informations qu’il a reçu des autorités, « l’argent prévu (à cet effet) qui devait sortir du trésor » n’a pas encore été débloqué pour cause des lenteurs administratives. Mais  il a été rassuré que la situation va être décantée sous peu, avant de préciser que les « bouchers ne sont pas en grève ». Cependant certains bouchers ont décidé d’observer trois jours d’arrêt de travail étant donné qu’ils ne sont pas payés.

Idelette BISSUU

 

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