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Sahel : des armes serbes utilisées selon Amnesty International

Le processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit régler la question des combattants des groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plateforme

Des experts en armements d’Amnesty International ont identifié des armes serbes dans des vidéos publiées par des groupes armés opérant dans le Sahel, a annoncé l’organisation de défense des droits de l’homme, mardi 21 août. Amnesty International déclare avoir « recueilli et analysé plus de 400 contenus numériques en provenance du Burkina Faso et du Mali, dont des photos et des vidéos authentifiées, publiées sur les réseaux sociaux par des membres de groupes armés entre janvier 2018 et mai 2021 ». Les images montrent des stocks d’armes et des fusils entre les mains des combattants de l’Etat islamique, le GSIM, les Dozos, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), les Koglweogo au Burkina Faso et Dan Ambassagou au Mali.

Amnesty International déclare que les armes tombées entre les mains des combattants armés étaient de fabrication serbe d’origine burkinabè. « Les nouveaux fusils, certains étant les modèles les plus récents qui existent, correspondent à des transactions entre la Serbie et le Burkina Faso, ce qui laisse à penser que ces armes ont été vendues récemment au gouvernement burkinabé avant de tomber entre les mains de groupes armés. »

S’il a été impossible de retracer précisément la chaîne de responsabilité, « il est fort probable que ces armes aient été détournées vers des groupes armés, soit par des canaux illicites soit par des prises sur les sites des affrontements. »

Risques

En outre des armes serbes identifiées, Amnesty International affirme qu’il y a des risques de voir d’autres armes européennes tombées entre les mains des combattants armés.

D’après les données officielles du rapport annuel de l’Union européenne, depuis 2013, les États membres de l’UE ont accordé 506 licences pour des équipements militaires, pour un montant de 205 millions d’euros, au Mali et au Burkina Faso.

La Slovaquie a indiqué avoir livré au Mali 1 000 armes d’assaut, 2 460 fusils et carabines, 550 mitrailleuses, 680 pistolets et revolvers, et 750 pistolets mitrailleurs. La République tchèque a indiqué avoir livré au Burkina Faso 3 500 fusils d’assaut et 10 pistolets mitrailleurs, et la France a livré au Mali 1 164 pistolets et revolvers à chargement automatique, 4 fusils et carabines, ainsi que 13 véhicules blindés de combat.

« Les armes serbes que nous avons identifiées prouvent une nouvelle fois que les armements vendus à des gouvernements de la région du Sahel risquent de tomber entre les mains de groupes armés violents et d’alimenter un conflit qui ne cesse de s’aggraver, a déclaré Patrick Wilcken, responsable du programme Entreprises, sécurité et droits humains à Amnesty International.

Boubacar Diallo

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