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Lutte contre le paludisme au Sahel: une nouvelle approche qui intègre le vaccin RTSS

Campagne de vaccination contre le paludisme à la maternité de l'Ewin Polyclinic à Cape Coast, au Ghana, le 30 avril 2019. CRISTINA ALDEHUELA / AFP

Le Programme national de lutte contre le paludisme et le Centre de recherches pour le paludisme, (MRTC), la (FAPH) Faculté de pharmacie, la Faculté de médecine et de d’odontostomatologie (FMOS), l’Université des sciences techniques et technologiques des Bamako (USTTB) ont organisé ce 6 septembre 2021 une séance de restitution de recherches sur le paludisme au Mali face à la presse.

L’objectif de cette rencontre informative qui a vu la présence de plusieurs acteurs de la santé qui œuvrent dans la recherche et la lutte contre le paludisme au Mali était de présenter les derniers résultats relatifs aux recherches sur le paludisme en Afrique subsaharienne.

En effet, selon les scientifiques, le vaccin RTSS a été développé par GSK en collaboration avec PATH’s Malaria vaccine initiative. Selon le centre de recherches pour le paludisme, c’est non seulement le premier, mais le seul vaccin disponible à cette date qui a prouvé son « efficacité en phase 3 à réduire les cas de paludisme chez les enfants ».

Pour la petite histoire, c’est en 2016 que l’Organisation mondiale de la santé avait demandé des évaluations complémentaires de ce vaccin avant même de pouvoir envisager son utilisation à grande échelle. Les travaux se sont accentués depuis pour proposer une solution plus ou moins satisfaisante. Après 25 ans de recherches, le premier vaccin contre le paludisme a vu le jour en Afrique subsaharienne.

Du coup, dans la nouvelle approche de lutte contre le paludisme au Sahel, présentée à la Presse, la vaccination saisonnière contre la maladie semble être adaptée pour prévenir le paludisme chez les enfants de 5 à 17 mois., avec une dose de rappel chaque année. Mais les spécialistes après études insistent sur le fait que mener une campagne simultanée de vaccination combinée à la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) est d’une efficacité satisfaisante.

Depuis presque 30 ans, le MRTC s’investit sur des principaux notamment la formation et les recherches sur le paludisme ainsi que les différentes maladies infectieuses au Mali et dans la sous-région. Près de 75% des activités du centre sont focalisées sur le paludisme. Médicament anti-paludisme, prévention sur la femme enceinte, les études fondamentales pour améliorer la compréhension du vecteur du paludisme : objectif comprendre comment ces vecteurs qui rendent malades.

L’étude sur l’application du vaccin a été réalisée au Mali à Bougouni, Koumatou et Ouelessebougou ainsi que Burkina Faso notamment à Houndé.

Dans ces localités, les enfants ont été suivis sur trois ans. En termes de résultats séparés, par rapport au vaccin et à la CPS, ils ont été identiques dans chacun des lieux testés.

Cependant l’addition du vaccin RTSS à la CPS a réduit considérablement de 70% des cas d’hospitalisation grave au sein de ces populations cibles, ainsi que de 73% des décès liés au paludisme. Ces résultats ont été publiés dans la revue scientifique américaine le « New England Journal of medecine » le 25 août 2021.

Le paludisme est la première cause de morbidité et de mortalité au Mali. Au niveau mondial, le Mali fait partie des dix pays où le nombre de cas et de décès du paludisme est le plus élevé (3 % des cas et des décès dans le monde, et 6 % des cas d’Afrique de l’Ouest). Entre 2016 et 2019, le nombre de cas a chuté de 13 %, passant de 384 à 334 pour 1 000 de la population à risque, tandis que le nombre de décès chutait de 21%, passant de 0,76 à 0,59 pour 1 000 de la population à risque rapporte severemalaria.

L’impact du paludisme sur les enfants de moins de cinq ans au Mali est élevé. Le Mali présente le 2e niveau le plus élevé d’anémie grave chez les enfants de moins de cinq ans. La prévalence du paludisme varie d’une région à l’autre, de 1 % à Bamako à 30 % dans la région de Sikasso. La prévalence de la maladie chez les enfants de moins de cinq ans s’élevait à 19 % en 2018.

Un nouveau programme de lutte contre le paludisme a été mis au point pour la période 2018-2022, avec pour principal objectif de réduire la mortalité et la morbidité dues au paludisme de 50 % par rapport aux niveaux de 2016. Un objectif à plus long terme du Plan national de lutte contre le paludisme (PNLP) du Ministère de la santé (MDS) consiste à éradiquer le paludisme d’ici à 2030.

Idelette BISSUU

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