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Partis politiques : rassemblements de circonstance

Le coup d’État du 18 août semble avoir donné un nouveau souffle aux partis politiques. Ballet de rencontres où on « discute de l’actualité nationale » et prône des valeurs d’unité, soutiens à la réussite de la transition, communiqués sur la conduite des affaires publiques : les différentes formations sont de plus en plus animées. Quête d’électorat ou réelle volonté de rassemblement ?

Les FARE qui rencontrent le PARENA, l’ADEMA qui reçoit Yelema, l’ARP et l’UM-RDA, Benkan qui va voir le RPM, les partis politiques ne chôment pas depuis le coup d’État d’août 2021. Principaux acteurs du jeu politique, ils avaient perdu de leur superbe avec l’irruption des militaires. Pour encore être de la partie, une reprise en main s’imposait, d’où ces différentes rencontres, explique Ballan Diakité, analyste politique. « Aujourd’hui nous sommes dans une période de transition qui est dominée par les militaires, qui ont mis les partis politiques à la touche depuis les premières heures de leur pouvoir. Ces rencontres expliquent quelque part leur inquiétude de se voir déposséder d’une prérogative qui leur revient de droit dans le cadre de la démocratie. Aujourd’hui, soit ils mutualisent leurs forces pour faire face à certaines décisions des militaires, soit chacun restera dans son coin et ils n’auront aucun poids », explique-t-il. Mais, au-delà des communiqués conjoints qui sanctionnent ces rencontres, une réelle volonté d’œuvrer de concert peine à se dégager entre ces partis. Si on déclare « discuter des questions brûlantes de la Nation » et assure trouver une convergence d’idées par rapport aux dites questions, c’est bien des ambitions électoralistes qui se cachent en dessous des différentes rencontres, pense l’analyste politique Salia Samaké. « Ce sont des rencontres d’animation des partis. Ils sont toujours dans des positions stationnaires et ce n’est qu’à la veille des échéances électorales qu’ils se réveillent ». Les formations politiques essaient de tâter le terrain pour voir les types d’alliances qu’elles pourront nouer. C’est dans ce sens que les rencontres sont pour la plupart initiées, même si « en filigrane on évoque une volonté de rassemblement qui n’est pas toujours vraie. Sinon il n’y aurait pas beaucoup de divisions. Les partis politiques n’arrivent pas à se mettre d’accord autour de l’essentiel » ajoute l’analyste. Certains regroupements demandent une prolongation de la transition, tandis que d’autres, la grande majorité, veut qu’elle prenne fin en février 2022 avec les élections.

Boubacar Diallo

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