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Djiguiba Keïta: « Le pouvoir en place est venu par la rue et veut s’éterniser par la ruse »

Le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) est en désaccord avec les autorités de la Transition sur certaines questions politiques-clés. Dans cet entretien, son Secrétaire général, Djiguiba Keïta dit PPR, évoque les raisons de cette divergence de points de vue.

Pourquoi le Parena n’est-il pas pour la tenue des Assises nationales de la refondation (ANR).

Nous estimons que le pouvoir qui est en place est venu par la rue et veut s’éterniser par une ruse à multiples facettes. L’une des facettes de cette ruse c’est justement l’organisation de ces assises. Ce sera grosso modo la répétition du DNI. Puisqu’eux même disent que les résolutions du DNI sont bonnes, maintenant qu’ils sont aux affaires ils n’ont qu’à les appliquer ! Ce sera une répétition et une débauche d’argent et d’énergie pour le Mali. Nous n’en avons pas besoin.

Voyez-vous ces assises comme un moyen de légitimer une prolongation de la Transition ?

Clairement. Pour nous, d’ailleurs, la raison fondamentale de l’insistance de la tenue des assises est qu’ils veulent prolonger la Transition. Nous, nous avons vu venir cela de loin et nous ne sommes pas d’accord. Ils ne prendront aucune résolution qui n’ait pas été déjà prise par le DNI. Ils font juste du dilatoire.

Ne craignez-vous pas de vous tirer une balle dans le pied en boycottant ces assises ?

Non. Nous ne sommes pas seuls. Il y a une bonne frange de la classe politique qui est contre la tenue des assises. Et si jamais elles devaient aboutir à la prolongation de la Transition, ce sera une nouvelle bagarre que nous allons mener. Le Parena n’est pas seul.

Vous êtes également contre la mise en place de l’organe unique…

Il faut préciser que nous sommes contre lui tel qu’il est conçu par le gouvernement. Cet organe ne peut pas se faire sans une révision de la Constitution, or nous sommes contre parce que le temps ne le permet pas. Pour nous, c’est là aussi une autre astuce pour prolonger la Transition. Puisque le temps n’est pas notre meilleur allié, nous avons proposé au Premier ministre un organe médian, où la Cour constitutionnelle va garder ses prérogatives, ainsi que la Ceni recomposée et la DGE. Cela peut se faire en 3 mois pour faire les élections législatives et présidentielle.

On vous taxe, avec certains autres partis, « d’opposition » à la Transition. Qu’en est-il en réalité ?

Nous n’avons jamais été dans une telle posture. Nous avons fait plusieurs propositions au Premier ministre. Nous critiquons, certes, mais nous avons toujours dit que nous voulions une Transition consensuelle et inclusive. Si cela n’est pas, ce n’est pas de notre faute.

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