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Abdoulaye Idrissa Maiga: Koulouba ? Pas maintenant !

Après sa démission formelle du RPM, en septembre 2018, l’ancien Premier ministre a attendu près de 3 ans pour remonter dans l’arène politique, avec le lancement en mars dernier de son parti la « Convention pour la République » (CR). Sept mois après, comment se positionne ce parti ?

À 63 ans, le natif de Gao fait figure de potentiel candidat pour la conquête prochaine du fauteuil présidentiel. D’ailleurs, certains observateurs ont vu son retour dans l’arène politique, avec la création de son propre parti après de longs mois de silence, un premier pas vers ce dessein.

Mais pour Ahmadou Touré, son ancien Directeur de cabinet à la Primature, le fait qu’il ait lancé son mouvement à un tel moment de l’histoire du Mali montre qu’il n’a pas le même agenda que d’autres leaders politiques. Il était plus préoccupé par le devenir du Mali que par les futures élections, assure ce proche.

Ambition présidentielle ?

« On voit bien à travers certains actes qu’il pose qu’il ne vise pas la Présidence de la République à court terme », juge l’ancien collaborateur de l’ex Premier ministre. Et même si « Koulouba ne se refuse pas », il pense que son ancien patron a un autre handicap dans cette conquête : celui des moyens financiers.

« Le Président de la République sera toujours élu sur la base de l’argent. Et lui il n’a pas cet argent. Et, non seulement il ne l’a pas, mais, de ce que je sais, il a refusé de s’allier avec des gens qui pourraient lui apporter cet argent », affirme M. Touré. « Ce qui le caractérise, c’est la rigueur, les principes et la droiture. Il est rigoureux avec les autres mais d’abord avec lui-même », insiste-t-il.

Au sein de la CR, la question de la candidature de l’ancien Premier ministre à la prochaine élection présidentielle n’est pas encore à l’ordre du jour, soutient-on, parce que le Président est préoccupé par d’autres questions relatives aux besoins immédiats des Maliens.

« Ce n’est qu’après que nous jugerons opportune sa candidature si nous estimons qu’elle est incontournable. Mais, pour le moment, cela n’est pas au premier plan pour nous », tranche le Pr. Ilo Bella Diall, 1er Vice-président du parti.

Défini comme un « homme de rigueur au compromis très difficile », Abdoulaye Idrissa Maiga est, sur autre plan, favorable à ce que les dossiers de corruption et de délinquance financière sur la période 2000-2021 soient purgés.

Au moment où justement la justice se saisit de la plupart de ces dossiers et que des anciens responsables du régime IBK sont interpellés, l’ancien baron du RPM ne devrait pas s’inquiéter, selon M. Touré. « La nature même des dépenses dont il est question dans le rapport du Vérificateur général montre clairement que nous n’étions plus aux affaires. On peut tout reprocher à ce Monsieur, sauf une relation malsaine avec l’argent public », clame-t-il.

Implanter le parti

La Convention pour la République travaille pleinement à son implantation et a des points focaux à travers le pays. À en croire le Pr. IIo Bella Diall, le parti tient régulièrement les réunions politiques du directoire tous les mois et échange également des points de vues avec différentes autres formations politiques.

« C’est un parti qui vient de naitre, qui est en train de tracer son chemin, mais qui compte participer pleinement aux actions politiques sur le terrain. Nous sommes en position de nous apprêter pour prendre activement part aux Assises de la refondation qui doivent se tenir bientôt. Nous pensons qu’il faut soutenir la Transition pour que nous sortions de cette situation », déclare le 1er Vice-président.

Mais pour autant, depuis sa création à partir de la plateforme Un Mali d’avenir le 20 mars 2021, le parti de l’ancien Directeur de campagne d’Ibrahim Boubacar Keita en 2013 se fait discret par rapport aux questions politiques liées à la conduite de la Transition.

Un « choix politique » qui n’est pas de l’indifférence vis-à- vis de la situation actuelle, explique le Pr. Diall, qui assure que le parti discute à l’interne et qu’il ne faut pas « parler juste pour parler ». « Nous observons ce qui se fait, nous l’analysons et au moment opportun nous donnerons notre point de vue», conclut-il.

Mohamed Kenouvi

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