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Boubacar S. Traoré: « La CEDEAO dispose d’un certain nombre de leviers »

Via un communiqué, le 25 octobre 2021, le gouvernement a déclaré « persona non grata » M. Hamidou Boly, le représentant de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), « au vu de ses agissements incompatibles avec son statut ». Dans des relations déjà tendues avec l’organisation ouest africaine, à quelles conséquences s’attendre ? M. Boubacar Salif Traoré, analyste politique et Directeur d’Afriglob Conseil, nous répond.      

Quel impact la décision du gouvernement aura-t-elle sur les relations Mali-CEDEAO ?

La CEDEAO dispose d’un certain nombre de leviers, allant de la suspension du pays à des actions ciblées contre certains dirigeants. Ses 15 pays membres ont des relations économiques, sécuritaires et politiques avec le Mali. Si le pays est suspendu, les conséquences peuvent s’avérer graves à certains niveaux. Mais ce que la CEDEAO doit comprendre, c’est que le Mali est un très grand pays, avec sept frontières. Se passer de lui pourrait voir un impact sur les pays de la CEDEAO.

Déjà en tension diplomatique avec la France, le Mali a-t-il les moyens de tenir France ?

Tout dépend de l’angle qui sera privilégié. En général, quand on parle de diplomatie, il s’agit d’abord de négociations tenant compte des intérêts du pays. Il y a clairement une manière de faire les choses. On n’a pas intérêt, que ça soit le Mali ou les autres pays, à entrer dans une situation de bras de fer. Parce qu’il ne faut pas oublier que dans tout ce processus le pays fait face aux groupes terroristes. Ces groupes ne souhaitent qu’une seule chose : voir la coalition qui a été formée contre eux se défaire. En agissant ainsi, on peut se donner en spectacle et on peut quelque part leur rendre service. Donc il est très important que ces crises n’aillent pas loin et que chacun revienne à la raison.

Comment juger la stratégie des autorités maliennes sur le plan diplomatique ?

Il y a une méthode et une manière à privilégier. Il est vrai que le Mali a beaucoup souffert. Depuis une dizaine d’années, de nombreux enfants ne vont pas à l’école et la crise sécuritaire ne cesse d’évoluer. Donc on peut comprendre une certaine frustration et un certain agacement de la part des autorités maliennes, mais j’appelle à beaucoup de retenue et de diplomatie, car l’équilibre est très fragile. Le Mali est un pays en voie de développement largement dépendant de l’extérieur. En ce sens, je pense qu’il faut faire preuve de diplomatie pour arriver à défendre les intérêts du pays sans entrer dans certains excès.

Propos recueillis par Aly Asmane Ascofaré 

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