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Disparitions d’enfants: un phénomène qui inquiète

Il se passe rarement un jour sans une disparition d’enfant à Bamako. Un phénomène courant qui prend de l’ampleur et inquiète. Au-delà d’une négligence coupable de certains parents, il révèle aussi la situation précaire d’enfants exposés à plusieurs risques.

Le 5 novembre 2021, N’tji Diarra, fils du chef de quartier de Fadjiguila en Commune I du District de Bamako, publie sur les réseaux sociaux la photo d’un jeune écolier disparu 2 jours plutôt sur le chemin de l’école. Venant de Konatébougou, dans la même commune, l’enfant a été retrouvé par un habitant de Fadjiguila non loin de la maison du chef de quartier, où il fut présenté.

N’tji  Diarra déclare recenser au minimum une dizaine de cas mensuellement et quelques fois jusqu’à 3 par jour. Son constat est sans appel. « Cela fait mal de voir ce phénomène. Les parents ont failli à leur rôle. Les mamans, très souvent occupées à regarder les réseaux sociaux », sont pointées du doigt.

Cette période de rentrée est particulièrement propice, avec des « enfants qui se retrouvent dans une grande masse », comme les périodes de fête, mais aussi celles des élections, ajoute M. Diarra.

Si les enfants conduits chez le chef de quartier finissent toujours par retrouver leurs familles, d’autres parents désespérés continuent à chercher les leurs.

Même si recueillir ces enfants est « devenue une tradition », N’tji Diarra s’inquiète de la multiplication des cas. « Rien n’est plus comme avant, parce que souvent ces cas tournent au drame », s’alarme t-il.

Précarité

Dans le cadre de la lutte contre l’exclusion sociale, le SAMU social Mali va vers les enfants et assiste ces derniers, avec lesquels le contact est facilité. Ce qui permet à l’équipe de rencontrer des enfants souvent en situation de rupture. En fonction de leur situation, ils sont orientés  vers des centres d’hébergement accompagnés pour un retour en famille sont accompagnés.

Le SAMU social appuie les structures comme la Brigade chargée de la protection des enfants, dans le cadre des « enfants égarés » et des « enfants trouvés », pour la recherche des parents et pour faciliter leur remise aux familles.

« Nous recevons des demandes pour des enfants disparus. Nous sommes souvent sollicités pour les retrouver », explique M. Youssouf Traoré, chargé des opérations. Traoré estime que beaucoup d’enfants « trouvés » n’ont pas de répondants. Une situation qui révèle des abandons d’enfants dans des centres d’hébergement, dont les capacités sont largement dépassées.

Fatoumata Maguiraga

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