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Le dernier refuge : quelles chances aux Oscars ?

Déjà auréolé de 7 prix internationaux, Le dernier refuge peut-il triompher aux Oscars, qui récompensent les œuvres cinématographiques depuis 1929 aux États-Unis ? C’est ce qu’espère son réalisateur, le Malien Ousmane Samassekou, depuis le 6 décembre dernier, jour de la présélection du film dans la catégorie Documentaire long métrage. Sorti en mars 2021, le film nous plonge au plus près de migrants en quête d’Europe ou sur le chemin du retour qui vivent dans un foyer à Gao. C’est l’unique long métrage africain présent cette année.

 

Pour le réalisateur, c’est « un rêve d’enfant » qui se réalise. À l’en croire, cette présélection est une joie personnelle et collective, car c’est un espoir qui nait pour les jeunes qui s’adonnent au cinéma et rêvent d’aller dans les plus grandes instances mondiales. « Ça leur montre que c’est possible », se réjouit-il.

De présélectionné à lauréat, le chemin est encore long pour le cinéaste formé au Conservatoire des arts et métiers multimédia de Bamako, car son film est en compétition avec une dizaine d’autres. Mais il est confiant. « Remporter les Oscars, pourquoi pas? Le rêve est permis ! On y tient et on y croit. On croise les doigts et on essaye de se donner les moyens d’y arriver ».

Fausses illusions

C’est en février 2022 que la liste des films sélectionnés par les cinq membres du département Documentaire de l’Académie des Oscars sera publiée. Pour les spécialistes du 7ème art, Le dernier refuge à ses chances.

Primo, outre les 7 récompenses glanées dans de grands festivals du monde, notamment à Copenhague (Danemark) ou à la Rochelle (France), il pourrait obtenir une 8ème distinction au Festival du film documentaire de Saint-Louis, au Sénégal, du 14 au 18 décembre 2021.

De deux, le thème du film, l’immigration, est d’actualité. Et le documentaire est apprécié des critiques. « En art, particulièrement dans le champ du cinéma, on se réfère à la chair de l’œuvre en parlant des segments les plus puissants, révélateurs et capitaux d’un film, par opposition au remplissage, c’est-à-dire aux parties qui constituent le reste de la durée. Le dernier refuge, qui a fait sa première mondiale au Festival international du film documentaire de Copenhague et décroché le 1er prix, n’est que chair », affirme le Serbe Vladan Petkovic, journaliste et critique de cinéma, sur le site cineuropa. Selon lui, sa force réside dans la manière dont sont présentes et ordonnancés les histoires, avec des hommes tellement traumatisés qu’ils semblent à peine présents ou profondément enfouis dans leurs fausses illusions ou leur paranoïa.

Aly Asmane Ascofaré

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