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Ce qui nous attend en 2022 – Front social : des trêves de circonstance

2022 commence sur fond d’incertitudes et de crispations politiques autour de la transition. Alors qu’à l’issue des Assises nationales de la refondation les autorités avaient proposé dans un premier temps un chronogramme allant jusqu’en 2026, une partie de la classe politique et des mouvements de la société civile s’y était opposés, de même que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Même si la porte du dialogue reste ouverte, le bras de fer a commencé et pourrait s’étaler sur les prochains mois.

En 2022, la situation sociopolitique exceptionnelle que traverse le pays pourrait finalement être une bouffée d’oxygène sur certains points. À l’instar de la Synergie des enseignants, qui a suspendu son mot d’ordre de grève et « toutes les actions programmées », les agents du secteur de la santé pourraient patienter.

Leur mot d’ordre de grève du 17 janvier prochain, pour exiger l’application du procès-verbal de conciliation de novembre 2020, devrait être suspendu. « Nous sommes bien conscients de la crise sanitaire et politico-sécuritaire au Mali. Cependant, les sanctions que connait le pays ont trouvé là le préavis de grève.  Rien n’a été décidé pour le moment, mais nous aurons une réunion extraordinaire afin de voir ce que nous allons faire avec la nouvelle donne. Même si avant notre préavis nous avions entamé beaucoup de démarches diplomatiques pour ne pas en arriver là », explique le Dr. Boubacar Niaré, Secrétaire général adjoint du Syndicat des médecins du Mali. Patriotisme pour certains, mais plutôt pragmatisme vue la situation. Mais la trêve pourrait être de courte durée. Dès que la situation connaîtra une amélioration, les hostilités pourraient reprendre, préviennent les enseignants, qui demandent l’application de la loi du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant, dont l’article 39 prévoit que toute augmentation sur le statut général des fonctionnaires de l’État leur sera appliquée de plein droit.

Il est peu probable que l’article 39 soit appliqué en 2022. Avec l’ordonnance du 16 juillet 2021 unifiant les grilles des fonctionnaires, le gouvernement n’est plus dans la logique d’en élaborer une pour le corps enseignant, mais est d’accord pour majorer leur indemnité spéciale de responsabilité. Si les enseignants rejettent cette proposition et maintiennent leurs revendications initiales, force est de constater qu’ils ne sont pas désintéressés. On peut donc s’attendre à ce qu’ils acceptent des primes.

En outre, le soutien à la Transition de la première centrale syndicale du pays, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), des chambres consulaires et des syndicats des administrateurs civils pourrait contribuer à apaiser le climat social, au moins pour un temps. Tout dépendra du comportement, souvent volatil, des autorités.

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