Politique › Sécurité & Terrorisme

Ce qui nous attend en 2022 – Sécurité : de nouveaux partenaires

2022 commence sur fond d’incertitudes et de crispations politiques autour de la transition. Alors qu’à l’issue des Assises nationales de la refondation les autorités avaient proposé dans un premier temps un chronogramme allant jusqu’en 2026, une partie de la classe politique et des mouvements de la société civile s’y était opposés, de même que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Même si la porte du dialogue reste ouverte, le bras de fer a commencé et pourrait s’étaler sur les prochains mois.

Wagner déjà au Mali ? En dépit de la dénégation des autorités maliennes, qui ont fin décembre réclamé des preuves fournies par des indépendants, des Occidentaux continuent d’affirmer la présence du groupe russe dans le pays. Le Mali ne reconnait que la présence d’instructeurs, dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles des FAMa, et les rares officiers qui acceptent de s’exprimer sous couvert d’anonymat ne dévient pas de cette ligne.

Mais une chose est sûre toutefois, sur le terrain, le maitre-mot est réorganisation. Barkhane, qui intervient dans le pays depuis près de 10 ans, a cédé ses emprises de Kidal, Tessalit et Tombouctou aux militaires maliens et courant 2022 cette réorganisation va se poursuivre avec la réduction des effectifs de la force, qui à terme, en 2023, doit passer de 5 100 aujourd’hui à quelque 2 000 éléments. La France assure toujours que ce n’est ni un retrait ni un abandon, mais selon certains observateurs la présidentielle d’avril prochain pourrait rebattre les cartes.

Les autorités de la transition ont déjà annoncé avoir pris des mesures face à la situation nouvelle. « Avec la réorganisation de Barkhane, nous avons eu des discussions autour de la situation sécuritaire. Nous allons nous adapter et continuer à sécuriser nos emprises », a affirmé le ministre de la Défense Sadio Camara à l’issue d’un Conseil de défense, le 24 décembre 2021. Selon une source proche du sommet de l’État, qui se confie sans donner de précisions, plusieurs simulations ont été effectuées. Il semble que ce qui retient le plus l’attention est de renforcer le partenariat militaire avec la Russie tout en manœuvrant pour ne pas complètement se mettre à dos les Occidentaux, et donc se couper de leurs aides. Un numéro d’équilibriste sur une corde raide en soi!

Boubacar Sidiki Haidara

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