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Mali : des manifestations monstres pour dénoncer les sanctions de la CEDEAO

Des milliers de personnes ont manifesté, vendredi 14 juin, à travers le pays pour dénoncer les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA et afficher leur soutien aux autorités de la transition. A Bamako, s’est tenue la mobilisation la plus importante à la place de l’Indépendance. Le premier ministre de la transition et son gouvernement étaient présents ainsi que les présidents des institutions, les leaders religieux et de la société civile.

« Impressionnant », « énorme », « très énorme », les  commentaires vont bon train sur les réseaux sociaux pour qualifier la mobilisation monstre de la ville de Bamako contre les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA.

« A l’appel du Mali », ils sont des milliers à prendre d’assaut le Boulevard de l’Indépendance de Bamako. Vu du ciel, le Monument blanc, symbole de l’Indépendance du pays, a été envahi de long en large par une foule sombre. « A bas la France », « A bas la CEDEAO », « Vive Assimi et Choguel », « Vive Assimi et Poutine », scandent les manifestants sous des cris assourdissants de vuvuzelas.

Pour le ministre de l’administration territoriale, porte-parole du gouvernement, le chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta, aspire à un retour à l’ordre constitutionnel, mais « qui est gage de bonne gouvernance, de paix et de sécurité. » Il a également insisté sur la nécessité de procéder à des réformes politiques et d’atteindre un minimum sécuritaire avant toute élection.  « Les réformes politiques et institutionnelles ont été recommandées par les Assises nationales de la refondation. Ensuite le retour à l’ordre constitutionnel ne peut se faire sans un niveau de sécurité qui permettrait à la population malienne de participer aux différentes élections », a-t-il souligné.

Le premier ministre Choguel Kokalla Maïga a rappelé que le Mali reste toujours ouvert au dialogue avec la CEDEAO. Il a également tenu un discours anti-néocolonialiste et lancé des remerciements à la Guinée, à l’Algérie, à la Mauritanie, à la Russie et à la Chine pour « leur soutien ».  « Il est important que la communauté internationale comprenne qu’il ne faut pas se tromper de peuple, d’interlocuteurs et d’époques. Il y a des choses qui ne peuvent pas se passer en République du Mali. Le colonisateur a occupé certains pays en six mois, mais il a fait 38 ans de guerre pour pouvoir occuper notre territoire par les armes », a-t-il rappelé.

Choguel Kokalla Maïga a aussi souligné les récents succès des Forces armées maliennes sur le théâtre des opérations militaires et fait montre de l’effort déployé pour les équiper. « En sept mois seulement, les FAMa ont reçu plus d’équipements que durant les 20 dernières années », a-t-il déclaré.

Le premier ministre a également fait savoir que le gouvernement dispose d’ores et déjà d’un « plan de riposte et de résistance »  afin de garder la souveraineté nationale.

Les manifestants ont approuvé par acclamation une transition de cinq années, à l’image de l’émissaire du Chérif de Nioro qui l’attribue à son envoyeur.

Au-delà de Bamako, de grandes manifestations se sont tenues à l’intérieur du pays, « dans toutes les régions administratives.»

Boubacar Diallo

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