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50 Maliennes inspirantes – Ami Yerewolo : le rap au féminin

Elles résistent, brisent le plafond de verre, dirigent des entreprises, s’engagent pour faire bouger les lignes, font briller le Mali sur le plan sportif ou artistique. Par leur courage ou leur créativité, ce sont des femmes qui inspirent. Une édition spéciale en ce mois de la femme, rend hommage à 50 figures féminines qui portent les couleurs du Mali au delà de ses frontières. Parmi elles, Ami Yerewolo.

« Tout est fait pour que j’arrête, mais moi je suis du genre à me dire : c’est ma vie, c’est mon choix. Malgré les obstacles, les coups durs, c’est à moi de créer mon histoire et je ne laisserai personne me décourager », dit-elle, sereine.

Parce que femme etrappeuse, Ami est confrontée d’un côté à la pression familiale et de l’autre aux regards clivants de la société et au scepticisme de l’industrie musicale. Mais il en faut plus pour démoraliser celle qui se définit comme têtue et persévérante.

« Je n’aime pas qu’on me dicte ce que je dois faire et quand j’entame quelque chose, je vais jusqu’au bout. D’ailleurs, c’est pourquoi je continue à faire du hip-hop en tant que femme au Mali. Beaucoup ont commencé avant moi, sans pouvoir tenir », raconte-t-elle, fière de sa longévité sur scène.

Native de Mahina, dans la région de Kayes, Aminata Danioko à l’état-civil, se fait connaître dans le rap en 2014, après avoir obtenu sa Licence en Finance – comptabilité à Bamako. La même année, elle sort, « avec beaucoup de peine », son premier album auto produit Naissance.« J’ai sorti cet album en me disant les études sont finies, je peux enfin montrer au monde entier que c’est le rap qui me plaît et que c’est de ça que j’ai envie de vivre », conte-t-elle.

Suivrons deux autres albums, en 2018 Mon Combat (2e album) et AY, sorti en 2020, ainsi que de nombreux singles et featurings. Sa discographie est couronnée par des tournées mondiales, dont la dernière en 2021 en Europe.

Ami Yerewolo, 31 ans, est une visionnaire. Vu les difficultés et le manque d’accompagnement auxquels elle a dû faire face, l’artiste a lancé en 2018 le festival « Le Mali a des rappeuses », visant à promouvoir le rap féminin. « Pour que les jeunes filles qui viennent après moi ne subissent pas les mêmes injustices et les mêmes difficultés », se justifie-t-elle.

Journal du Mali 

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