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Transition : le Premier ministre défend son PAG devant le CNT

Choguel Kokalla Maïga a défendu, jeudi 21 avril, le bilan d’exécution de son Programme d’action du Gouvernement (PAG) devant le Conseil national de transition (CNT). L’organe législatif avait convié le Premier ministre pour répondre aux interrogations quant au retard accusé dans l’exécution du PAG.

Le Plan d’action du Gouvernement de Choguel Kokalla Maïga comporte 4 axes: le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales et la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité sociale. Ces axes sont déclinés en 9 objectifs, 64 actions et 108 indicateurs pour un coût estimé à plus de 2 050 milliards de francs CFA.

Son exécution devait normalement prendre fin au plus tard au mois de mars dernier. Selon un document transmis par la Primature au CNT, le PAG a fait l’objet de trois évaluations trimestrielles qui font ressortir que sur les 64 actions programmées, « 22 ont été entièrement réalisées, soit un taux d’exécution de 34,38%. 32 actions sont en cours de réalisation et 10 actions n’ont pas été réalisées. » Sur le coût estimé de plus de 2 050 milliards de francs CFA pour l’exécution du PAG, 1181,40 milliards de francs CFA de réalisations financières ont été décaissés, soit un taux d’exécution financière de 57,63%.

Bilan mitigé

Pour expliquer le faible taux d’exécution de 34,38% du PAG, le Premier ministre a déclaré aux parlementaires de la transition que l’ambition du Gouvernement a été confrontée à de multiples contraintes, dont « les investissements massifs dans la sécurité du fait du vide sécuritaire laissé par la France qu’il fallait occuper. » En outre, il a pointé du doigt « la situation économique et financière difficile du pays, exacerbée par les sanctions politiques de la CEDEAO, les sanctions économiques et financières de l’UEMOA et celles de l’Union européenne. »

L’ensemble des parlementaires qui ont interpellé Choguel Kokalla Maïga ont reconnu et salué les « énormes » efforts du Gouvernement par rapport au premier axe de son PAG, à savoir le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Pour le renforcement des capacités des forces armées et de sécurité, 6000 éléments ont été recrutés, 9 aéronefs acquis, 11 500 patrouilles de sécurité réalisées, la construction et l’opérationnalisation de 43 postes de sécurité, etc.

Au titre de l’axe 2, les réformes politiques et institutionnelles, le peu d’actions réalisées concernent surtout la tenue des Assises nationales de la refondation et l’adoption du projet de loi électorale qui consacre la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections. Les membres du CNT n’ont pas manqué de demander au Premier ministre où il en est avec la relecture de l’ensemble des textes  régissant le processus électoral, la mise à jour du fichier électoral et la mise en disposition de la carte d’identité nationale biométrique qui tiendra également lieu de carte d’électeur.

Par rapport à la promotion de la bonne gouvernance, le Premier ministre a mis en exergue la réalisation de plusieurs audits de dépenses, dont notamment celui de la loi de programmation et de sécurité intérieure, du fonds Covid-19, de l’Assemblée nationale, du Haut conseil des collectivités, de la Haute cour de justice, etc. Plusieurs dossiers judiciaires sont également instruits pour soupçons de corruption.

Parlant de l’adoption d’un pacte de stabilité sociale, Choguel Kokalla Maïga  a souligné la réduction du train de vie de l’Etat, notamment la réduction des fonds de souveraineté de la présidence et de la primature dont 2/3 ont été réaffectés aux œuvres sociales. Cependant, la tenue de la conférence sociale et d’un pacte de stabilité sociale se fait toujours attendre alors que plusieurs mots d’ordre de grève sont suspendus et peuvent être déclenchés de nouveau en cas d’évolution de la situation politique avec la CEDEAO et l’UEMOA.

Nouveau départ

Le Premier ministre a annoncé le début de deux ans de transition « incompressible », et ce en dépit du fait qu’aucun accord n’a encore été trouvé avec la CEDEAO. Ce nouveau délai sera mis à profit pour rattraper le temps perdu. Choguel Kokalla Maïga a esquissé un chronogramme sur deux ans. Dans les six premiers mois, il y aura l’élaboration de la nouvelle constitution ainsi que les autres textes connexes liés à la préparation des élections. Dans les huit premiers mois, le Gouvernement pense pouvoir rendre opérationnel l’organe unique de gestion des élections s’il est voté par le CNT dans les meilleurs délais. Durant la deuxième année, Choguel Kokalla Maïga et son équipe tiendront quatre périodes électorales : le scrutin référendaire, la présidentielle, les législatives, les élections territoriales.  « L’ordre de la tenue  de ces élections n’est pas encore arrêté au niveau du Gouvernement et on est toujours en train de réfléchir au fait de savoir s’il faut coupler certaines élections ou pas », a-t-il précisé.

Il a par ailleurs déclaré que le mandat de la MINUSMA sera bien renouvelé au mois de juin prochain malgré l’appel de certains à y mettre fin.  « Bien qu’il ne faut pas s’attendre à un changement notable de son mandat, certains pays contributeurs de troupes laissent entendre qu’ils vont réévaluer le niveau de leur participation en raison du retrait de la Force Barkhane. Ce ne sont pas les forces étrangères qui vont amener la paix au Mali. Seule notre armée équipée et bien formée peut le faire de façon définitive. »

A l’issue de son grand oral, le Conseil national de la transition, par la voix de son président, le Colonel Malick Diaw, s’est engagé à accompagner  Choguel Kokalla Maïga et son gouvernement. A ceux qui l’ appellent à démissionner, le Premier ministre a déclaré que son sort est entre les mains du Président de la transition et du peuple malien. « Le jour où mon temps finira, je partirai la tête haute. Mais cela, c’est le président de la transition et les Maliens qui vont le décider. Je ne suis pas dans les calculs, je ne suis pas dans la ruse. Moi, je ne confonds pas la ruse et l’intelligence. Il y a des hommes politiques qui les mélangent. C’est deux choses différentes.»

 

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