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Don de sang : une nécessité vitale

Le 14 juin de chaque année est célébrée la Journée mondiale du don de sang pour sensibiliser l’opinion à la nécessité de dons de sang réguliers. Au Mali, des efforts restent encore à consentir pour atteindre cet objectif et permettre de sauver plus de vies.

L’OMS se fixe comme objectif d’avoir 90% de dons de sang volontaires, le reste devant provenir de dons familiaux. Mais au Mali le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) constate le contraire. 70% des dons proviennent des familles contre 30% seulement des volontaires. Une tendance que le CNTS souhaite inverser, mais les faibles connaissances sur le don du sang font que cette visée est très ardue. Il s’évertue à fidéliser ses donneurs. Car parmi les 30%, certains sont des habitués et viennent régulièrement donner leur sang pour « aider ». Les hommes sont autorisés à donner leur sang 3 fois dans l’année, en respectant un espacement de 3 mois entre chaque don. Pour les femmes, il est de 4 mois. Les donneurs réguliers reçoivent des cartes qui font qu’eux ou des membres de leurs familles sont prioritaires en cas de besoin urgent de sang.

Pas pour tous

Bien que louable, le don n’est pas pour tout le monde. Il faut être âgé de 18 à 60 ans et peser au minimum 55 kilogrammes. Une bonne santé est également nécessaire. Mais sang donné ne veut pas dire sang utilisé. Les agents qui effectuent les prélèvements font des analyses pour s’assurer qu’il répond aux critères d’acceptation. « Dès que le sang est prélevé, des analyses sont réalisées pour déterminer le groupe sanguin et le statut par rapport au VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis », explique Zakaria Konaté, attaché de recherche au Centre national de transfusion sanguine.

Redistribution questionnée

Une fois que le sang passe les tests requis, deux antennes mises en place au CNTS se chargent de redistribuer les poches dans des hôpitaux ou certaines cliniques. 13 structures de santé bénéficient actuellement du sang qui provient du CNTS. Mais de nombreuses personnes se posent des questions sur cette redistribution, qu’elles trouvent opaque. Certains font état de leurs mésaventures sur les réseaux sociaux, dénonçant une marchandisation du sang ou le non respect de la priorisation. Le département de la Santé assure que des mesures sont prises pour y mettre fin. En attendant qu’elles portent fruits, le CNTS mise sur la sensibilisation et le Dr Konaté invite les populations à venir donner leur sang. Car sauver une vie ou redonner le sourire à un enfant à travers ce geste est un « inestimable trésor ».

Aissata Thiam

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