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Gao : Le CICR mobilise les moyens pour l’approvisionnement de la ville en eau potable

Le Comité international de la Croix rouge (CICR) a présenté, jeudi 23 juin, les résultats d’une étude visant à évaluer et améliorer les besoins en eau potable de la ville de Gao et environnants. Le but est d’estimer un plan d’investissement aux opérations nécessaires en vue du renforcement des installations d’eau potable de la ville  pour les horizons 2030-2040. C’était en présence du ministre des mines, de l’énergie et de l’eau et du représentant du ministère de la solidarité.

La ville de Gao avec ses 10 quartiers fait face depuis fort longtemps à un grand déficit d’alimentation en eau potable bien qu’elle dispose de deux types de ressources hydriques potentiellement mobilisables. Elle a le fleuve Niger qui est à ce jour non exploité et les nappes souterraines qui alimentent aujourd’hui la commune avec un champ captant de 14 forages.

La Société malienne de gestion de l’eau potable de la ville, SOMAGEP-Gao, produit, traite et distribue environ 7900 m3/ jour, avec un taux de couverture inférieure  à 40%. L’opérateur rencontre trois défis majeurs : la pollution de la ressource souterraine par le manganèse et le fer qui rend l’eau distribuée impropre à la consommation, une dégradation constante des infrastructures et du réseau, un besoin en eau non satisfait, en constante augmentation avec l’accroissement de la population. Le déficit de la production en eau potable est estimé à 20 000 m3 jour d’ici à 2040 si rien n’est fait en tenant compte de la croissance démographique.

C’est dans cette optique que le CICR a initié des études permettant d’évaluer la situation actuelle pour estimer les plans d’investissements ainsi que les opérations nécessaires au renforcement des installations d’eau potable pour les horizons 2030-2040. L’objectif est de mobiliser les partenaires financiers afin de couvrir les besoins immédiats, dont la tranche des travaux est prévue sur 2023-2025,  et la demande en eau pour les horizons 2030 et 2040. «De par sa situation géographique, la ville de Gao titille le Sahara avec une démographie notable qui impacte sur les ressources disponibles en eau potable. Ce déficit s’est accru avec l’arrivée massive de nouvelles populations y compris des déplacés internes qui ont fui les zones de conflit pour s’installer de façon parfois temporaire ou définitive. C’est ainsi que mon département, à travers la SOMAPEP SA, a souhaité et obtenu du CICR un financement pour mener des études permettant la mise en place d’installations d’eau potable à l’horizon 2030-2040. Ces études sont l’espoir de toute la population de Gao et environs en matière d’accès en eau potable », a expliqué Lamine Traoré, Ministre de l’énergie, de l’eau et des mines.

Pour le chef de la délégation du CICR au Mali, ce qui est important avec ces études, « c’est qu’elles  donnent une vue d’ensemble sur une longue période et non une vue partielle sur une courte période comme c’était le cas par le passé. C’est une initiative innovante pour la ville de Gao et pour le Mali dans son ensemble. D’abord le projet permettra à terme d’assurer un accès en eau potable à tous les hommes, femmes et les enfants de la ville de Gao. Il va aussi permettre pour le CICR d’explorer la frontière entre l’humanitaire à court terme et le développement à long terme », a déclaré Antoine Grand.

Le coût global du projet se chiffre à près de 26 milliards de francs CFA pour des populations bénéficiaires estimées à 225 000 en 2021 dont 182 000 dans la ville de Gao. Ces chiffres sont projetés à 474 000 en 2040. Le  Ministère de l’énergie, de l’eau et des mines est impatient de la concrétisation du projet et a appelé à « faire en sorte d’aller très vite vers l’avant-projet détaillé pour qu’on puisse avoir le financement» nécessaire pour cela.

Boubacar Diallo

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