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Bocary Tréta : une riposte en gestation

La « guéguerre » n’en finit plus entre les deux camps antagonistes du Rassemblement pour le Mali (RPM). Après la « victoire » début juin du Collectif pour la défense des statuts et règlement intérieur du parti, conduit par le Secrétaire général Me Baber Gano, le clan du président, Dr. Bocary Tréta, ne semble pas avoir dit son dernier mot.

La décision de la Cour d’appel de Bamako du 1er juin, annulant la décision du Tribunal de Première instance de la Commune II du District de Bamako rendue en mars, qui validait la tenue du Comité central du RPM fin décembre 2021, a tout relancé au sein du parti des Tisserands. Mais Bocary Tréta n’a pas tardé à annoncer la tournure que les évènements vont prendre. Dans la foulée de la décision de justice, il a décidé de « formuler pourvoi contre ladite décision aux fins de cassation par la Cour suprême ». Trois semaines après, le 21 juin, les choses n’ont guère évolué, même si la décision de pourvoi en cassation reste inéluctablement actée. « La Cour d’appel n’a pas encore donné de papier qui montre les arguments fondés ayant conduit à sa décision. Jusqu’à présent nous n’avons rien reçu. Mais nos avocats travaillent, ils sont préparés et ils n’attendent que cela pour introduire officiellement le pourvoi en cassation », nous confie Abdoulaye Magassouba, Secrétaire général du Bureau national des jeunes. « La Cour d’appel est en retard en ce qui concerne le délivré de la grosse (copie exécutoire de la décision, ndlr). Il y a beaucoup d’interprétations autour de la décision et tant que nous n’avons pas la grosse, ces interprétations ne font pas foi », renchérit Sékou Niamé Bathily, chargé de communication du parti.

Rétablir le Comité central La Cour d’appel, dans sa décision, a non seulement constaté la fin du mandat du Bureau politique national (BPN) sur la base de l’article 32 et renvoyé les parties à l’organisation d’un congrès, mais a également annulé la résolution du Comité central et la recommandation spéciale accordée au président du parti pour en être le candidat à la prochaine élection présidentielle. Bocary Tréta et ses soutiens ne s’opposent pas au constat de la Cour en ce qui concerne la fin du mandat du Bureau politique. C’est contre l’annulation des décisions du Comité central qu’ils s’insurgent. Le pourvoi en cassation sera donc introduit uniquement pour rétablir les résolutions et les recommandations spéciales accordées au Président Bocary Tréta lors de ce comité. « Nous ne sommes pas d’accord avec l’annulation de la Cour parce que nous pensons que nous l’avons fait en respectant les textes. Mais la Cour dit le contraire. C’est la raison principale du pourvoi en cassation », se défend Sékou Niamé Bathily.

Vers le congrès M. Bathily l’affirme, de leur côté, ils ont « depuis longtemps » constaté la fin du mandat du BPN. C’est d’ailleurs, avance le chargé de communication, ce qui explique le processus de renouvellement des bureaux en cours, dont le but premier est d’aboutir à l’organisation d’un nouveau congrès. « Dans les partis politiques, on construit de la base vers le haut. On ne peut pas mettre en place un Bureau national alors que les bureaux des sections ne sont pas renouvelés », clame-t-il, comptabilisant à 69% l’avancée du processus de renouvellement des sections. À l’en croire, ce processus sera clos « dans un ou deux mois », ce qui ouvrira alors la voie pour la tenue du congrès à cet horizon. « Qu’il y ait Cour d’appel, jugement ou pas, le renouvellement des instances fait partie du fonctionnement normal d’un parti. Nous allons donc continuer », assure pour sa part Abdoulaye Magassouba.

Mohamed Kenouvi 

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