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Salif vs Seydou : lequel des deux Keïta est le meilleur footballeur malien ?

« Domingo », premier Ballon d’or africain, et « Seydou Blen », meilleur buteur de la sélection nationale, ont marqué à des époques différentes le football malien. Suivant l’analyse des périodes, des compétences et des palmarès, lequel a plus impacté le football au Mali ?

Entre premier ballon d’or africain et le footballeur le plus titré de l’histoire du Mali, entre le triple champion de France et le triple champion d’Espagne, entre le double finaliste des Jeux africains 1965 et de la CAN 1972 et le double vainqueur de la Ligue des champions d’Europe (2009 et 2011), lequel est le meilleur joueur de tous les temps du Mali ? Difficile de faire une comparaison, saugrenue diront certains, car comment mettre face à face dos deux époques différentes, deux postes de jeu distincts et des coéquipiers au talent divers ? Le débat est néanmoins générationnel.

En off, pour les plus anciens observateurs du football malien,  « il n’y a pas de débat. Salif est le meilleur ». A contrario, pour les plus jeunes, « l’élève Seydou Blen a dépassé son maitre Domingo ». « Il est difficile de comparer les deux. Ils étaient tous de grands joueurs », relativise Kidian Diallo. Pour cet ancien capitaine des Aigles du Mali (1967 à 1975), la différence est que « Salif a appris le football sur le tas. Il n’y avait personne pour l’initier au jeu, alors que Seydou est passé par des centres de formation et a joué à une époque où le football était plus collectif. D’où la difficulté à  les comparer », explique M. Diallo, ancien coéquipier de Salif.

Au firmament

Les atouts de l’ancien de Saint-Étienne ? « Son agilité, sa rapidité et sa technique », témoignent ses anciens partenaires. En 1972, l’attaquant a conduit le Mali à sa première finale de CAN. Même si le match s’est soldé par une défaite, aucune génération après lui n’a pu attendre ce niveau dans cette compétition.

Autant d’atouts qui convainquent Moctar Sow, Président de l’Union nationale des anciens footballeurs du Mali (UNAFOM), que « Salif, au-delà du Mali, surtout en Afrique, fait partie des trois meilleurs joueurs de tous les temps ».

Plus fort, le journaliste sportif Alassane Souleymane, ancien candidat à la présidence de la FEMAFOOT, affirme que Salif est ancré « aux premières loges de l’histoire des footballeurs noirs avec Pelé ».

Seydou, recordman des sélections (102) avec les Aigles, a aussi des arguments à faire valoir. Avec la qualité technique de son pied gauche, il a mené le Mali à la troisième place de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 1999. Il terminera la compétition meilleur joueur, devant un certain Ronaldinho.

Plus de 10 ans plus tard, en tant que capitaine, il aidera le Mali à obtenir deux médailles de bronze aux CAN 2012 et 2013. Meilleur buteur de l’histoire des Aigles avec 25 réalisations, l’ancien joueur du FC Barcelone est aussi auréolé pour sa capacité a joué défensif et offensif au milieu de terrain. C’est dire la difficulté de mettre l’un des Keïta au firmament du football national.

Pour Alassane Souleymane, l’équation est simple : « pour le palmarès en club, Seydou l’emporte, en sélection, Salif gagne. Seydou a certes remporté l’un des plus prestigieux trophées du monde (la Ligue des champions) mais Salif, quant à lui, a donné à l’équipe nationale du Mali sa plus belle médaille en compétition : celle en argent à Yaoundé en 1972 ».

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