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Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro

Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des…

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Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.

La 9ᵉ Conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’Éducation surveillée a rassemblé cadres centraux, régies pénitentiaires, responsables régionaux et acteurs judiciaires pour dresser le bilan 2025 et définir les priorités de 2026. Dans un environnement marqué par les violences armées et l’augmentation du nombre de détenus liés au terrorisme, les autorités ont rappelé la nécessité de renforcer les méthodes de travail, la coordination entre services et la capacité de réponse interne face aux situations sensibles.
Le thème choisi – « L’administration pénitentiaire à l’épreuve du terrorisme, du radicalisme et de l’extrémisme violent » – reflète les pressions auxquelles sont confrontés les établissements carcéraux. Plusieurs prisons du pays accueillent désormais un nombre important de détenus pour faits de terrorisme, ce qui modifie les équilibres internes, accroît les risques de tension et impose une vigilance renforcée des équipes.
Des orientations pour 2026
Les participants ont examiné les conditions de détention, l’organisation du travail pénitentiaire, la gestion des incidents, la formation des agents et la coordination avec la justice. Ils ont également partagé les expériences de terrain liées à la surveillance, au suivi des profils sensibles et à la prévention de l’influence idéologique entre détenus.
Les travaux ont insisté sur la nécessité d’améliorer les capacités opérationnelles du personnel, de renforcer les équipements de sécurité, de moderniser les procédures internes et de mieux protéger les agents exposés. La question du renseignement pénitentiaire, devenue indispensable dans la gestion des détenus radicalisés, a été abordée comme un axe de consolidation institutionnelle.
Des défis structurels qui persistent
Si la conférence a permis d’identifier des pistes d’amélioration, elle a aussi dévoilé les défis profonds du secteur : effectifs insuffisants, infrastructures vieillissantes, surcharge dans certains établissements, besoins importants en formation spécialisée et forte pression liée aux profils dangereux. Dans un contexte institutionnel sensible, où les priorités sécuritaires occupent une place importante dans l’action publique, la question de l’articulation entre sécurité, garanties fondamentales et transparence du secteur pénitentiaire appelle une approche mesurée et rigoureuse.
Les conclusions des travaux alimenteront les orientations pour 2026, avec l’objectif de rendre l’appareil pénitentiaire plus robuste, mieux préparé et davantage capable de répondre aux nouvelles formes de criminalité et de radicalisation.

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