ATT: « Je suis fatigué de me taire! »

La gestion du pouvoir à  la malienne Le président de la République a présidé ce jeudi à  la Maison de…

La gestion du pouvoir à  la malienne Le président de la République a présidé ce jeudi à  la Maison de la presse la cérémonie d’ouverture de la 3ème réunion biannuelle du Forum des Editeurs Africains. Le thème de cette rencontre : « Médias et le Défi de la paix en Afrique » a semple-t-il beaucoup inspiré ATT. Ainsi, pendant près de 50mn, il a donné son point de vue sur la gestion politique du Mali, puis de la rébellion au Nord et enfin la question du terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Des propos à  l’endroit des journalistes étrangers présents ou mise au point pour la presse malienne ? On peut dire que les germes des conflits sur le continent résident dans le mauvais partage du pouvoir. Et C’’est ce à  quoi le Mali a échappé grâce à  son système inédit de partage du pouvoir. C’’est ainsi qu’on peut résumer le propos du président de la République. «La philosophie essentielle de l’expérience proposée aux politiques maliens après mon élection se résume en cette formule. Gouverner ensemble dans le respect de nos différences. Et je ne le regrette pas du tout. La singularité de cette expérience résidait dans le fait qu’elle ne découlait d’aucune crise post-électorale. Nous n’en connaissons pas ! Je souhaitais que le pouvoir soit un facteur de cohésion et non de division. […]Seul, personne ne peut gérer le Mali ». Je suis soldat, je sais ce qu’est la guerre Evoquant la mutinerie de mai 2006 au nord du Mali et l’attaque de Kidal, ATT dira ceci qu’en ce moment-là , seul l’intérêt majeur du pays a guidé ses choix. « Ils étaient nombreux à  se demander quelle serait ma conduite face à  une telle crise après avoir prôné la modération et la retenue sur les autres théâtres d’opération. […] La plupart n’était pas d’accord avec ma vision. On disait on ne sait pas ce que Amadou veut, ou bien il est trop trop bon…Ce qui est certain, C’’est que je ne suis pas bête, ça je vous le garantis!». Et d’ajouter « lorsqu’on doit résoudre un problème de sécurité intérieure aussi important, on ne peut pas le faire sur la place du marché de Dabanani. On n’est pas obligé d’informer tout le monde». Il conclura sur ce sujet en disant qu’étant soldat, il sait comment la guerre peut détruire un pays et que l’enjeu pour lui était de protéger les maliens des passions qui pouvaient transformer un conflit minoritaire en guerre nationale. Tous les touaregs ne sont pas des rebelles En ce qui concerne l’insurrection du 23 Mai 2006, ATT dira que C’’est une petite minorité de touareg qui s’est mise à  l’écart de la communauté et pris les armes. « Il ne faut pas faire d’amalgame. Ce n’est pas tous les Touaregs. Ce n’était pas généralisé et il fallait garder les proportions dans cette crise parce que sinon ça aurait favorisé la petite rébellion, parce que avec les effets collatéraux et la mauvaise interprétation, tous ceux qui se sentiront exclus iront grandir les rangs de la rébellion ». «Le dessin caché de ceux qui ont décidé de prendre les armes est de provoquer la fracture entre le nord et le sud. […] Dans mon adresse à  la nation, J’ai mis en exergue la diversité du Mali. Au Mali, les blancs ne sont pas au nord et les noirs au sud. Au Mali, nous sommes au nord et au sud ; le peuple malien est à  la fois noir et blanc. Mais à  l’époque, vous avez tellement parlé, tellement interprété. Si on avait fait un référendum J’aurai échoué, parce que les gens ne comprenaient pas ou J’allais. […] Il fallait éviter à  tout prix un conflit dont le peuple malien serait sorti seul perdant. » Le Mali n’est pas le maillon faible ! En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, ATT a mis les points sur les i. Pour lui, le point le plus négatif dans la gestion de cette zone « C’’est le déficit de coopération sous régionale. Chacun parle, certains essaient de faire quelque chose mais nous ne faisons absolument rien ensemble. » Les terroristes ne sont pas maliens, « mais nous ne refuserons pas nos responsabilités. Mais qu’on ne vienne pas me dire que dans tous les cas, le Mali est le maillon faible de la lutte. Je crois qu’après notre défilé les gens se sont rendu compte que nous sommes loin d’être le maillon faible. Le problème, C’’est qu’il n’y a pas de chaà®ne, o๠voulez-vous qu’il y ait maillon ? ». « Dans cette lutte, nous avons essayé pendant deux ans, mais nous étions seuls. Je ne peux pas vous dire le nombre d’hommes que nous avons perdu…Alors que si nous avions pris ensemble, on aurait coupé les apports humains, bouché les flux de logistiques et nous tenions le nord… Le Mali a la mauvaise part dans cette histoire. Nous sommes au milieu du dispositif. Nous avons 650 milles de km2 de désert, des de 80km montagnes, des millions de kilomètres carrés de dunes, [..] et les terroristes y sont parce que nous n’y sommes pas ! ». Et ATT de refuser le classique « les terroristes sont au nord du Mali ». « C’’est une position confortable mais ce n’est pas vrai. Ces gens-là  bougent beaucoup. Et puis le nord du Mali, C’’est le sud d’un autre et l’est d’un autre pays ![…] Ces gens-là  ne sont pas des maliens, aucune de ces menaces ne vient du Mali ! ». « Il faut obligatoirement qu’on se mette ensemble, pour planifier, programmer et mettre en œuvre, le Mali est prêt ! » dira-t-il pour finir.