Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Coumba Bah : « la priorité reste l’éducation et la sensibilisation citoyenne »
Dans cet entretien, Coumba Bah, productrice de l’émission « Musoya » et spécialiste des questions liées aux droits des femmes, dresse un état des lieux de la condition féminine au Mali. Elle souligne les avancées juridiques enregistrées ces dernières années, mais aussi les nombreux défis qui persistent dans la réalité quotidienne. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi
Secteur culturel : vers une meilleure régulation des festivals et des centres
Le ministère de la Culture a réuni les acteurs du secteur lors d’un atelier consacré à la classification et à la catégorisation des centres culturels et des festivals. Cette initiative vise à mieux structurer et professionnaliser un domaine marqué ces dernières années par une forte expansion mais aussi par un manque d’encadrement.
Chine – Japon : Taïwan nouveau point de friction
La question taïwanaise revient au centre des tensions entre Pékin et Tokyo. Une visite politique remarquée et des décisions militaires japonaises ont ravivé les crispations entre les deux puissances asiatiques.
Solidarité : Canal+ Mali offre des vivres au Service social des armées
Canal+ Mali a procédé, jeudi 12 mars 2026, à une remise de vivres alimentaires au profit du Service social des armées. La cérémonie s’est tenue dans l’enceinte de la Direction du service social à Dar Salam, en présence de responsables militaires, de représentants de l’entreprise et de bénéficiaires.
Zéro VBG : une application malienne contre les violences faites aux femmes
Au Mali, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) s’appuie désormais sur le numérique. L’application Zéro VBG, conçue par l’association Musodev, se veut un outil d’information, de sensibilisation et de dénonciation face à un phénomène toujours préoccupant.
Paix et réconciliation : le nouvel observatoire entre espoirs et défis
La mise en œuvre de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale franchit une nouvelle étape avec la nomination, le 2 mars 2026, des membres de l’Observatoire chargé de suivre son application. Cette nouvelle instance, appelée à jouer un rôle stratégique dans la consolidation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble dans le pays, fait également face à d’importants défis.
Maladies rénales : l’urgence de la prévention
À l’occasion de la Journée mondiale du rein, célébrée le 12 mars, les acteurs de la santé rappellent l’importance de la prévention face à la progression des maladies rénales. Malgré l’extension des centres de dialyse, l’accès aux soins et la prise en charge des patients restent confrontés à plusieurs défis.
Mines : l’état renforce la lutte contre l’exploitation illégale
Le Conseil des ministres du mercredi 11 mars 2026 a adopté des textes portant création d’une Brigade spéciale des Mines chargée de lutter contre l’exploitation minière illégale. L’objectif est de mieux sécuriser un secteur qui représente plus de 70 % des exportations et près de 10 % du PIB du Mali.
Leadership féminin : les femmes toujours sous-représentées
L’Union interparlementaire (UIP) et ONU Femmes ont publié, le 11 mars 2026, de nouvelles données sur la place des femmes dans les instances de pouvoir. Les résultats montrent que les femmes restent largement minoritaires dans la direction politique des États.
Rwanda : les leçons d’un pays enclavé
Situé au cœur de l’Afrique de l’Est et dépourvu d’accès à la mer, le Rwanda partage avec de nombreux pays africains les contraintes liées à l’enclavement. Pourtant, malgré cette dépendance aux corridors commerciaux et aux importations, le pays a progressivement mis en place des stratégies économiques qui lui permettent d’atténuer les effets des crises internationales.
Conflits internationaux : l’onde de choc économique
Les tensions internationales sur l’énergie, le transport et les marchés agricoles se répercutent désormais sur l’économie des pays enclavés. Hausse des coûts, pression sur les finances publiques et fragilité des approvisionnements illustrent l’exposition du Mali aux chocs mondiaux.
Réunification nationale et Résilience Etatique : Contribution à l’analyse des mécanismes de stabilité au Mali face aux défis continentaux.
De nos jours, les défis sont macro et continentaux. Qu’il s’agisse des pressions géopolitiques, des chocs économiques globaux ou des crises sécuritaires et climatiques, ces phénomènes transcendent les frontières et testent la résilience fondamentale des États. Dans ce contexte, analyser la vulnérabilité d’une nation revient à ausculter ses fractures internes.
Les frustrations sociales, l’injustice ou pire, le simple sentiment d’injustice lorsqu’il est
ignoré agissent comme un puissant solvant sur la cohésion nationale. Ils renforcent nos fragilités intérieures et nous rendent poreux aux ingérences comme aux tempêtes extérieures. Un peuple divisé est un peuple vulnérable. Face à ce constat, un geste fort s’impose. Il serait non seulement appréciable, mais stratégiquement indispensable, que nos autorités fassent grâce aux différents détenus politiques et d’idéologie. Loin d’être un acte de faiblesse, cette amnistie constituerait un levier politique de premier ordre : le geste qui désamorce les frustrations les plus cristallisées. Elle enverrait un signal clair, à l’intérieur comme à l’extérieur, que la priorité nationale n’est pas à la répression des oppositions, mais à la consolidation de la maison commune. C’est le prérequis indispensable pour s’engager dans un véritable processus de réunification nationale. Et c’est ce processus, et lui seul, qui constituera le rempart ultime de la nation face aux défis externes.
Car il faut oser regarder la réalité en face : le centralisme militaire peut être persuasif à court et moyen terme, mais à long terme, il n’est pas infranchissable. La force, si elle semble efficace pour maintenir l’ordre immédiat, n’est qu’une digue qui finit toujours par céder sous la pression constante des eaux. Pour paraphraser Clausewitz, la contrainte n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens, et non son substitut. La force doit donc être encadrée, guidée et légitimée par une vision politique claire. Le dernier rempart d’une nation n’est pas sa force militaire, c’est son peuple unifié et réconcilié. Une armée sans peuple uni derrière elle n’est qu’une force d’occupation de son propre territoire. Notre pays gagnerait donc à s’élever au-dessus des luttes intestines et des considérations partisanes pour s’inscrire dans une dynamique de réconciliation et de construction nationale profonde, irriguée par une justice sociale inclusive. L’analyse des grandes puissances mondiales est, sur ce point, édifiante : toutes sont adossées à des institutions fortes et à des valeurs républicaines ou nationalistes solides. Leur légitimité ne se décrète pas dans des soutiens populaires apparents et médiatiques ; elle se construit sur un socle où la justice et l’égalité ne sont pas dissociables de l’autorité. Sans ce contrat social clair, le soutien populaire reste un effet de masse, volatile et dépendant des résultats à court terme. C’est pourquoi la refondation nationale exige une feuille de route systémique et ambitieuse. Il faut :
- De vraies perspectives de retour à l’ordre constitutionnel, pour que la boussole soit visible de tous et rassure sur les règles du jeu.
- Une ouverture à un renouveau politique, pour injecter du sang neuf et éviter l’asphyxie des systèmes verrouillés.
- Une diplomatie équilibriste et souverainiste, capable de naviguer entre les puissances sans s’aligner, pour préserver notre marge de manœuvre.
- Un développement orienté de bas en haut, pour que les politiques publiques répondent enfin aux réalités du terrain.
- La réhabilitation des infrastructures routières, comme lien physique et symbole du désenclavement.
- Une décentralisation effective, avec une autonomie budgétaire et décisionnelle des collectivités locales, pour les transformer en véritables pôles politiques et économiques. Il s’agit de créer des poumons à la nation, pour qu’elle ne dépende pas d’un seul cœur, souvent congestionné.
En définitive, la réunification nationale n’est pas un luxe de temps de paix, ni un simple vœu pieu. Elle est l’armure la plus solide pour les temps de crise. Elle est le soubassement indispensable sans lequel toute politique étrangère ou de défense repose sur du sable. L’appel lancé ici est un appel au sursaut, un plaidoyer pour un patriotisme de la réconciliation, le seul qui puisse tenir la distance face aux défis continentaux qui nous attendent.
Alassane Maïga




















