Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
DDR-I : 37 ex-combattants rejoignent les rangs des FAMa
37 ex-combattants, principalement originaires de la région de Kidal, ont officiellement intégré les Forces armées maliennes, le 2 septembre 2026 à Anefif, dans le cadre du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration (DDR-I)
Après six mois de formation militaire, les 37 nouvelles recrues ont achevé leur parcours d’intégration au camp d’Anefif. Lors de la cérémonie de sortie, elles ont prêté serment devant le commandement de la 7ème Région militaire, s’engageant à servir et défendre la Patrie.
La formation a été dispensée au Centre d’instruction mixte de Kidal et a notamment porté sur la tactique, le règlement du service des armées, l’instruction du soldat ainsi que l’éducation physique et sportive.
Elle a également permis aux recrues d’acquérir les fondamentaux du métier des armes et de renforcer l’esprit de camaraderie.
S’exprimant au nom de ses camarades, le soldat de 2ème classe Mohamed Ag Alassane a réaffirmé l’engagement des nouveaux incorporés à servir sous le drapeau national.
Un processus d’intégration qui se poursuit
Cette incorporation s’inscrit dans le processus du DDR-I, piloté par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale. Le dispositif prévoit notamment l’intégration d’ex-combattants dans les Forces de défense et de sécurité ainsi que la réinsertion socio-économique d’autres bénéficiaires.
Lors du lancement d’une nouvelle phase du processus en février 2025, les autorités avaient fixé l’objectif d’intégration de 2 000 ex-combattants dans les forces armées et la réinsertion socio-économique de 1 000 autres.
Le bilan présenté par le ministère de la Réconciliation en juin 2026 faisait état de 1 617 ex-combattants intégrés dans les FAMa et de 1 760 démobilisés au cours de l’année 2025.
Le processus s’est poursuivi cette année dans plusieurs régions. Le 4 août 2026, 648 ex-combattants avaient rejoint les FAMa à l’issue de leur formation. À Tombouctou, 394 recrues originaires des régions de Tombouctou et de Taoudéni avaient prêté serment, tandis qu’à Soufouroulaye, 254 autres, principalement originaires de Ségou, Mopti et Bandiagara, avaient également achevé leur formation.
La sortie de la promotion d’Anefif prolonge ainsi ces opérations d’intégration. Pour les 37 anciens combattants concernés à Kidal, elle marque désormais le passage du statut de bénéficiaires du DDR-I à celui de militaires appelés à servir au sein des Forces armées maliennes.
Mohamed Kenouvi
Mali–ONU : 173 millions de dollars, dont 77 % restent à mobiliser
Les programmes 2027-2031 du PNUD et du FNUAP ont été approuvés à New York. Leur budget cumulé est ambitieux, mais seule une part minoritaire relève des ressources ordinaires déjà prévues par les deux agences.
Permis d’or : trois ans pour transformer les indices en preuves
Quatre sociétés minières obtiennent une prolongation de leurs travaux de recherche dans les régions de Bougouni, Sikasso, Koulikoro et Kayes. Les renouvellements autorisent de nouvelles investigations, mais ne prouvent encore ni l’existence de réserves exploitables ni l’ouverture prochaine de mines.
Le gouvernement a renouvelé, mercredi 2 septembre, quatre permis de recherche d’or et de substances minérales du groupe 2. Les périmètres concernés se trouvent à Ourounia, dans le cercle de Bougouni, à Dézébéla, dans le cercle de Sikasso, à Faladiè-Nord, dans le cercle de Kangaba, et à Liberta-Sud, dans celui de Kéniéba.
Agriculture : le Mali reçoit 1 000 tonnes d’engrais DAP du Maroc
Le Maroc a remis au Mali 1 000 tonnes de phosphate diammonique, plus connu sous le sigle DAP, destinées à soutenir la production agricole et la sécurité alimentaire. La cérémonie officielle s’est tenue mercredi 2 septembre à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), en présence de responsables maliens et de l’ambassadeur du Maroc au Mali.
San : la contre-saison face au manque d’eau
La Direction régionale de l’Agriculture appelle les producteurs à développer le maraîchage après un hivernage jugé insuffisant localement. La contre-saison peut protéger les revenus et l’alimentation, mais elle dépend d’une ressource déjà fragilisée.
Mali-Algérie : Une nouvelle ère pour la coopération régionale
La récente visite du Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, à Alger marque un tournant décisif dans les relations entre deux pays liés par une histoire commune et une frontière de plus de 1 300 kilomètres. Après quinze mois de tensions diplomatiques, ce rapprochement ouvre la voie à une coopération renouvelée, fondée sur le respect mutuel et la souveraineté, pour répondre aux défis communs du Sahel.
Un réchauffement diplomatique stratégique
La visite du 24 août 2026, à l’invitation du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, concrétise une volonté partagée de dépasser les différends qui ont marqué la période récente. Porteur d’un message du Président de la Transition malienne, le Général d’Armé Assimi Goïta, Abdoulaye Maïga a été reçu par le Président Abdelmadjid Tebboune, scellant ainsi la normalisation engagée en juillet avec le retour des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens .
Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la « stratégie des 3P » (Présence, Patience, Persévérance) prônée par l’Algérie, qui a su privilégier le dialogue et la concertation pour surmonter une crise dont les racines remontent à la dénonciation par Bamako de l’Accord d’Alger en janvier 2024. Comme l’a souligné le Président Tebboune, « le Mali restera toujours un pays voisin. Les dirigeants changent, chacun avec ses idées, mais, au final, c’est la réalité qui s’impose ».
Des enjeux sécuritaires et économiques majeurs
La coopération sécuritaire constitue l’un des piliers de ce rapprochement. Dans un contexte régional marqué par la résurgence des groupes terroristes et les défis posés par la sortie du Mali de la CEDEAO, les deux pays partagent des intérêts stratégiques convergents. L’Algérie, qui a historiquement joué un rôle de médiateur dans la crise malienne, entend désormais renforcer son engagement opérationnel, comme en témoigne la livraison récente d’hélicoptères d’attaque au Niger et l’appui militaire au régime Nigérien lors de la mutinerie du 28 Aout 2026 .
Sur le plan économique, le potentiel de coopération est considérable. La réactivation de la Grande Commission mixte et du Conseil bilatéral stratégique permettra de donner une impulsion nouvelle aux échanges dans des secteurs clés : hydrocarbures, télécommunications, formation professionnelle et transport. La route transsaharienne, réalisée à plus de 90%, constitue un levier majeur pour faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays.
Une vision partagée pour le Sahel
Au-delà de la dimension bilatérale, cette réconciliation contribue à la stabilisation de l’ensemble de l’espace sahélien. Les deux pays affichent leur volonté commune de « bâtir une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme et de toute prétention hégémonique ». Cette vision partagée repose sur des principes fondamentaux : respect de la souveraineté des États, non-ingérence dans les affaires intérieures et promotion du dialogue comme seul moyen de résoudre les crises.
Alors que le Mali fait face à des défis sécuritaires croissants dans le nord du pays, la coopération avec l’Algérie apparaît comme une nécessité stratégique. La libération récente de plusieurs militaires maliens détenus par des groupes armés, à laquelle Alger a contribué, illustre la pertinence de ce partenariat.
La visite du Premier ministre malien à Alger ne se limite pas à une simple réconciliation diplomatique. Elle ouvre une nouvelle page dans les relations entre deux pays frères, unis par des liens historiques, géographiques et humains indéfectibles. Dans un Sahel en pleine recomposition géopolitique, la coopération Mali-Algérie apparaît comme un facteur de stabilité et de développement partagé, bénéfique non seulement aux deux peuples mais à l’ensemble de la région.
Mohamed Abdellahi Elkhalil
Ecrivain Spécialiste des Questions
Sociales et Sécuritaires du Sahel
PMU–FEMAFOOT : 500 millions, pour quels résultats ?
Le PMU-Mali devient partenaire de la Fédération malienne de football avec un engagement annoncé de 500 millions de FCFA. Le montant ouvre des possibilités importantes, mais ses objectifs, son calendrier et les garanties d’intégrité doivent être rendus lisibles.
Paludisme : Bamako au cœur de la recherche d’un traitement en une prise
Le programme WANECAM3 doit tester trois nouveaux composés contre le paludisme non compliqué. Dirigée scientifiquement depuis Bamako, cette recherche pourrait simplifier la prise en charge, mais aucun nouveau médicament n’est encore disponible.
Jeunesse AES : le volontariat cherche son terrain
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont institutionnalisé leur coopération autour de la jeunesse et du volontariat. Après le premier forum de Ouagadougou, la réussite dépendra moins des rencontres annuelles que de missions concrètes, protégées et reconnues dans les trois pays.
Routes locales : le transfert attend ses moyens
Le gouvernement a redéfini les responsabilités des communes, des régions et du District de Bamako en matière de routes et de transports. La clarification juridique ne produira des résultats que si les collectivités reçoivent les financements et les compétences techniques nécessaires.
Niger : la mutinerie qui a visé le cœur du pouvoir
Pour ses adieux au Mali, Rachna Korhonen mise sur les solutions locales
Au terme de sa mission, l’ambassadrice des États-Unis a consacré l’une de ses dernières rencontres publiques à l’initiative locale et au rôle de la jeunesse dans le développement du Mali. Accueilli dans les locaux de Garden Grid, le dialogue a également permis de présenter un projet d’agriculture numérique encore en phase de test.
Kangaba : 97 millions de FCFA à rendre visibles
Les huit communes du cercle ont retenu des projets scolaires, hydrauliques et routiers financés par les recettes minières. La sélection est terminée, mais les habitants attendent désormais les décaissements, les marchés et les réalisations.
Gao : l’explosion qui impose un inventaire des risques
Une explosion a tué cinq personnes et grièvement blessé deux autres, samedi 29 août, dans le quartier d’Anoura. La piste d’un obus manipulé doit encore être confirmée, mais le drame rappelle la présence durable d’engins explosifs au milieu des populations.
Samedis à Sogonafing : le conte, une école de la vie
La deuxième édition des « Samedis à Sogonafing – Ziri Naamu » s’est achevée le 29 août 2026, après neuf semaines d’activités consacrées aux contes, comptines, jeux, chants et savoir-faire traditionnels. Placée sous le thème « Célébrer la culture à travers l’éducation et l’éducation à travers nos contes et comptines », la manifestation entendait transmettre aux enfants des repères culturels, historiques et citoyens par l’éducation et la pratique artistique.
Du pâturage aux étals, le parcours difficile de la viande au Mali
La 6ᵉ Assemblée générale ordinaire de l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali (IFBV-Mali) s’est tenue jeudi 27 août 2026 au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. Elle a porté sur les difficultés de la filière et les moyens d’améliorer l’approvisionnement des marchés.
Excision : l’appel à la loi revient au premier plan
La Commission nationale des droits de l’Homme demande aux autorités d’adopter une loi spécifique contre les mutilations génitales féminines. Les dernières données disponibles montrent que la pratique recule trop lentement pour être combattue par la seule sensibilisation.
Budget : l’avance des recettes à confirmer
L’État a mobilisé 1 814,2 milliards de FCFA de recettes au premier semestre, contre 1 507,5 milliards de dépenses exécutées. Cet écart favorable ne constitue toutefois ni un excédent annuel acquis ni la preuve que tous les services publics ont reçu leurs crédits à temps.
À la fin du mois de juin, les recettes du budget général avaient atteint 1 814,240 milliards de FCFA, soit 61,82 % de l’objectif annuel retenu dans le périmètre du rapport d’exécution. Les dépenses s’établissaient à 1 507,502 milliards, correspondant à un taux de 43,63 %.
La mobilisation des ressources apparaît donc plus rapide que l’exécution des dépenses. Les recettes avaient augmenté de près de 976 milliards de FCFA entre la fin du premier trimestre et celle du deuxième, tandis que les dépenses avaient progressé d’environ 748 milliards sur la même période.
Le service des Domaines présente le taux le plus spectaculaire, avec 123,98 % de son objectif annuel déjà mobilisé à mi-parcours. Une telle performance appelle cependant des explications détaillées sur l’origine des encaissements. Des recettes exceptionnelles tirées du foncier, des mines ou de régularisations anciennes ne possèdent pas la même solidité qu’un rendement fiscal appelé à se répéter chaque année.
Les données publiées font également apparaître la place dominante de la défense et de la sécurité. Les montants rapportés atteignent environ 314 milliards de FCFA pour la défense et près de 95 milliards pour la sécurité. L’éducation aurait mobilisé 195 milliards, la santé 151 milliards, l’agriculture 45 milliards, l’énergie et l’eau 33 milliards et la sécurité alimentaire 9,8 milliards.
Lecture
La différence de 306,7 milliards entre recettes et dépenses au 30 juin ne doit pas être présentée comme un excédent budgétaire définitif. Elle décrit une situation à une date donnée, dans un périmètre comptable déterminé. Les recettes et les dépenses n’arrivent pas au même rythme au cours de l’année, tandis que certains investissements et paiements s’accélèrent traditionnellement au second semestre.
Cette différence ne tient pas non plus compte, à elle seule, de l’ensemble des opérations de financement, des engagements contractés, des dépenses restant à ordonnancer ou des remboursements de dette. Pour mesurer le solde budgétaire, il faut rapprocher toutes les recettes, les dons et les dépenses selon le cadre fixé par la loi de finances.
La comparaison doit aussi intégrer la rectification budgétaire adoptée en juillet, après la clôture du semestre. Les prévisions de recettes ont été portées à 3 372,89 milliards de FCFA et les dépenses à 3 993,31 milliards. Le déficit annuel attendu a ainsi été relevé de 520,42 à 620,42 milliards.
Le taux de 61,82 % cité dans la situation d’exécution correspond au périmètre et aux références utilisés par ce document au 30 juin. Il ne peut être appliqué mécaniquement au montant global de la loi rectificative adoptée ensuite, qui intègre notamment de nouvelles contributions aux fonds miniers et des comptes spéciaux du Trésor.
Services
Le retard relatif des dépenses peut traduire une gestion prudente, mais aussi des lenteurs dans les marchés publics, les décaissements ou l’exécution des projets. Un faible taux de consommation devient préoccupant lorsqu’il reporte des routes, retarde l’équipement d’un centre de santé ou empêche une administration régionale d’assurer ses missions.
La qualité d’un budget se mesure moins à l’argent conservé dans les comptes qu’aux services effectivement délivrés. Pour l’éducation, la santé, l’agriculture, l’eau et l’énergie, la publication des taux d’exécution physique permettrait de savoir si les montants engagés correspondent à des écoles équipées, des médicaments disponibles, des périmètres aménagés ou des ouvrages mis en service.
Le deuxième semestre devra absorber une part importante des crédits tout en préservant la qualité de la dépense. Une accélération mal préparée en fin d’exercice peut favoriser des engagements précipités. À l’inverse, une sous-exécution persistante prive les populations de prestations déjà votées et peut reporter les projets sur l’année suivante.
La mobilisation des recettes constitue un résultat encourageant. Sa portée dépendra de la régularité des ressources, de la maîtrise du déficit, du coût du financement et surtout de la capacité de l’État à convertir ces recettes en réalisations vérifiables.
Massiré Diop




















