Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Ligue 1 Pro Orange : Le championnat reprend ses droits
Initialement prévu le 10 octobre 2026, le coup d’envoi de la Ligue 1 Pro Orange 2026-2027 sera donné ce samedi 31 octobre. Après un premier report demandé par les clubs, les quatorze formations de l’élite s’apprêtent à retrouver la compétition, avec plusieurs affiches intéressantes dès la première journée.
Quatorze ans après la dernière participation d’un club de Kayes au championnat national, la ville retrouve l’élite du football malien. Cette fois, elle sera représentée par l’AS Kayes, qui découvre la Ligue 1 pour la première fois de son histoire. Le promu accueillera l’US Bougouba le 31 octobre en match d’ouverture de la saison.
La reprise intervient trois semaines après la date initialement retenue. Le report, officialisé le 6 octobre par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), avait été sollicité par les clubs, dont plusieurs joueurs étaient mobilisés pour le tournoi UFOA-A U20 organisé à Bamako.
Des affiches relevées d’entrée
Sur le plan sportif, le Djoliba AC abordera l’exercice dans la peau du Champion sortant. Sacrés avec 59 points la saison dernière, les Rouges tenteront de conserver leur couronne face à une concurrence emmenée par le Stade malien, deuxième avec 50 points, et l’AS Réal, troisième avec 49 unités. Le FC Diarra, quatrième du précédent championnat, voudra également confirmer sa progression.
Le calendrier de la première journée réserve d’ailleurs deux oppositions de premier plan. L’AS Réal accueillera le Stade malien le 1er novembre dans un duel entre prétendants au titre. Le lendemain, le FC Diarra sera opposé au Djoliba AC pour des retrouvailles après leur confrontation en Supercoupe, remportée par les Rouges début octobre.
Les autres rencontres mettront aux prises Binga FC et l’USFAS, ainsi que l’AS Bakaridjan et Afrique Football Élite, le 1er novembre. L’ASKO affrontera Derby Académie le 2, tandis que les Onze Créateurs de Niaréla recevront l’autre promu, le Centre sportif de Bamako.
Pour les deux promus, l’enjeu sera surtout de réussir leurs premiers pas dans l’élite. L’AS Kayes et le Centre sportif de Bamako devront rapidement trouver leurs repères face à des adversaires plus expérimentés, avec pour première ambition d’assurer leur maintien.
Outre les résultats, cette reprise s’accompagne de nouvelles attentes sur le plan organisationnel. La FEMAFOOT a porté de 25 à 40 millions de francs CFA la subvention annuelle accordée à chaque club. Ce soutien supplémentaire intervient alors que la professionnalisation continue de soulever des questions de financement, d’infrastructures et de gestion.
Mohamed Kenouvi
Pakenzy : Un rap métissé sur la scène malienne
De son vrai nom Moriba Coulibaly, Pakenzy a fait ses premiers pas dans la musique en 2016, au sein du groupe ACI Gang (AG), avant d’entamer une carrière solo en 2019. Depuis, il enchaîne les singles, de Société en mars 2024 à Loloni en octobre 2026, avec notamment Diarabi, Mankan, Kolo Kolo et Oh My Baby. Il construit ainsi son répertoire et son public.
Dans une scène malienne où les jeunes artistes doivent se distinguer face à une offre musicale abondante, Pakenzy mise sur un positionnement hybride. Ses titres naviguent entre hip-hop, rap et afrobeat sur les plateformes. Lui revendique aussi des influences R&B, amapiano, afro-mandingues et traditionnelles. Sa particularité tient à cette combinaison, pensée pour toucher un public jeune sans rompre avec les références maliennes.
Cette ouverture nourrit sa manière de composer. Pakenzy cherche des morceaux accessibles et dansants, mais attachés aux réalités de sa génération. Son titre Oh My Baby a même franchi les frontières maliennes en apparaissant en octobre dans le classement Shazam en Côte d’Ivoire. Une présence encore modeste, mais qui traduit un début d’audience hors du Mali.
Des collaborations pour avancer
Le rappeur s’est aussi rapproché d’autres artistes pour élargir son univers. Il a enregistré Diarabi avec Sadio Sidibé en juillet 2024, puis FAMA en janvier 2025. Il compte également des collaborations avec Dr Keb et MS2. « Cette expérience m’a appris la patience, la persévérance et l’importance de la constance. J’ai compris que construire une carrière demande du temps, de la passion et une véritable connexion avec les gens », confie-t-il.
Pakenzy évolue aujourd’hui de manière indépendante, sans être rattaché à un label. Il travaille étroitement avec le beatmaker Wippa Beat et son équipe. Cette autonomie lui laisse sa liberté artistique mais lui impose aussi de construire sa visibilité dans un secteur où les sorties se multiplient rapidement.
L’image et la scène comptent également dans son approche. Le jeune artiste soigne ses apparitions, privilégiant l’élégance et une attitude maîtrisée. À l’heure où clips, réseaux sociaux et performances participent à la carrière musicale, il cherche à installer une identité reconnaissable sans forcer son personnage.
Ses chansons parlent surtout de jeunesse, de relations amoureuses, de séduction, de passion et de trahison. Pakenzy veut y raconter les comportements et les contradictions de son époque. « Cela peut nous rendre heureux, nous faire rêver, mais aussi nous enseigner de grandes leçons de vie », résume-t-il.
Ali Sankaré
Dominique KOUADIO: « À la date du 23 octobre, le nombre de nouveaux déplacés enregistrés avait atteint environ 3 500 personnes ».
Environ 3 500 nouveaux déplacés avaient été enregistrés à Macina au 23 octobre, selon Médecins Sans Frontières (MSF). Dans cet entretien écrit daté du 26 octobre 2026, le chef de mission OCP de l’organisation, Dominique KOUADIO, décrit les conditions d’accueil, les besoins sanitaires et les interventions de ses équipes.
Dr Traoré Aminata Simpara : « Le sous-financement de la réponse humanitaire a des conséquences directes sur la capacité collective des acteurs à couvrir les besoins ».
Présente à Macina à travers une équipe mobile intégrée, AMSODE intervient auprès des personnes déplacées et des communautés d’accueil. Dans cet entretien à Journal du Mali, Dr Traoré Aminata Simpara, coordinatrice Santé et Nutrition de l’organisation, détaille les interventions menées, les contraintes de l’assistance humanitaire et les besoins qui restent à couvrir.
Consommer local : Entre prix élevés et faible transformation
Créer davantage de valeur en transformant sur place figure parmi les objectifs du Mois du consommer local, célébré en octobre dans l’espace UEMOA. Au Mali, cette campagne coïncide avec le Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Entre prix, disponibilité et accès aux produits, l’achat local peine encore à devenir un réflexe durable.
Les autorités veulent faire de cette campagne un levier de croissance et de souveraineté économique. Le potentiel est important avec le coton, les céréales, les fruits, les légumes et le bétail. Mais la transformation reste limitée. Selon une cartographie du PNUD publiée en 2025, la transformation agroalimentaire ne contribuait qu’à 6,1% du PIB en 2021, laissant une part de la valeur ajoutée hors du pays.
La dépendance aux achats extérieurs persiste. En 2025, les importations de produits alimentaires agricoles ont totalisé près de 495 milliards de francs CFA, d’après les bulletins de l’INSTAT. Une facture qui montre la marge disponible pour les producteurs et transformateurs maliens.
Manque à gagner
En septembre 2026, l’indice des prix à la consommation est resté stable à 109,5 par rapport à août, selon l’INSTAT. Sur trois mois, les prix ont progressé de 1,4% et de 3,4% sur un an.
La provenance fait apparaître des évolutions différentes. En septembre, les prix des produits locaux ont reculé de 0,2%, tandis que ceux des produits importés ont augmenté de 0,6%. Sur un an, la hausse atteint 3,9% pour les produits locaux, contre 2,5% pour les produits importés.
Le prix n’explique pas tout. Abdel Rahamane Sy, Président de l’Association des Jeunes pour la Valorisation du coton, cite la qualité, la présentation, la sensibilisation et les circuits de distribution parmi les conditions pour rendre les produits maliens accessibles et compétitifs.
Hélène N’Diaye, Présidente du Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne, récuse l’idée d’un produit local systématiquement plus cher. « Le produit local n’est pas cher, c’est le produit importé qui est faussement bon marché », affirme-t-elle.
Son réseau mise sur les marchés de proximité pour réduire les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. La transformation, la présentation et une meilleure valorisation des produits doivent aussi permettre d’élargir la clientèle.
Le coton résume ce décalage. Selon l’OMC, environ 98% du coton produit dans les pays du C-4+ est exporté sous forme de fibre brute. Le Mali ambitionne d’en transformer localement au moins 10% afin de conserver davantage de valeur ajoutée et d’emplois dans le pays.
Abdoulaye Yaro : « Il faut faire confiance aux jeunes »
Expert en management stratégique, en développement organisationnel et en conduite du changement, Abdoulaye Yaro vient de publier son ouvrage « Investir dans la jeunesse ». Il y défend une jeunesse plus engagée et responsabilisée. Dans cet entretien, il revient sur ses motivations, l’importance du leadership et la responsabilité des décideurs. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi
Pourquoi avoir consacré un livre à l’investissement dans la jeunesse ?
La jeunesse constitue l’essentiel de notre population. Plus de 74% des Maliens ont moins de 30 ans et l’âge moyen est de 21 ans et demi. Si nous voulons progresser, nous devons renforcer nos efforts en direction des jeunes. Ce livre s’appuie sur près de vingt ans d’engagement, d’abord comme leader d’organisations de jeunes, puis comme porteur d’initiatives destinées à valoriser leur place dans la société. L’objectif est de les encourager à construire le présent et à assumer des responsabilités pour l’avenir.
Vous insistez sur le leadership. Comment les jeunes peuvent-ils le développer ?
Tout commence dans la famille, que je considère comme la première école du leadership. C’est là que l’on découvre l’autorité. Ensuite, les jeunes doivent développer leurs capacités sur le terrain, au sein des organisations de jeunesse et des associations, ainsi qu’à travers leurs initiatives communautaires. Ces expériences renforcent leur sens des responsabilités et leur permettent de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Votre livre, édité par Bandama Éditions, a été préfacé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Comment s’est faite cette collaboration ?
Les questions relatives à la jeunesse intéressent énormément Moussa Mara. Il a donc accepté de préfacer ce livre et de donner son avis sur cette problématique. Sa contribution nourrit la réflexion que nous souhaitons susciter autour de l’investissement dans la jeunesse et de son rôle dans le développement du Mali.
Ce livre constitue un plaidoyer pour la jeunesse. Quel message adressez-vous aux jeunes et aux décideurs ?
Je m’adresse d’abord aux jeunes, car ils sont les premiers acteurs de leur développement. Je les invite à accepter de prendre des responsabilités et à défendre les valeurs évoquées dans l’ouvrage. Mais j’interpelle également les décideurs. Il ne s’agit pas uniquement des autorités publiques, mais de tous ceux qui exercent des responsabilités : directeurs d’école, chefs de famille, chefs d’entreprise, entre autres. Je leur demande de faire confiance aux jeunes et de leur donner la possibilité d’assumer des responsabilités. C’est ainsi qu’ils pourront démontrer leurs capacités. Je reste convaincu qu’ils sont capables de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.
Algérie : Un tournant militaire au Niger
L’Algérie s’apprête à envoyer certaines unités de son armée au Niger, une première depuis plus d’un demi-siècle. Présentée par Alger comme une mission de protection d’intérêts énergétiques et économiques communs, la décision marque un tournant dans la manière dont le pays envisage sa sécurité hors de ses frontières.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a confirmé le 26 octobre l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à Madama, dans l’extrême nord du Niger, près de la frontière libyenne. Le Parlement algérien avait approuvé la veille cette projection militaire, demandée par Niamey. Les effectifs, la durée et le calendrier précis du déploiement n’ont pas été rendus publics.
Le choix de Madama ajoute au symbole. La France y avait installé en 2014 une base avancée de l’Opération Barkhane, destinée notamment à surveiller les routes reliant le sud libyen au Sahel. Cette position, mise en sommeil en 2019, permettait de contrôler des flux d’hommes, d’armes et de trafics dans une zone stratégique entre Libye, Niger, Mali et Algérie.
Située à une centaine de kilomètres de la Libye, elle donne accès aux routes qui descendent du Fezzan vers Agadez et les espaces sahéliens plus au sud.
Doctrine
Pendant des décennies, Alger a privilégié la défense de son territoire et s’est montrée réticente aux interventions militaires étrangères dans son voisinage sahélien. Sa Constitution, révisée en 2020, autorise toutefois l’envoi de troupes hors du pays après approbation des deux tiers de chaque Chambre. Le dispositif juridique existait. Madama lui donne une traduction militaire majeure.
Le rapprochement avec Niamey repose aussi sur des intérêts économiques précis. Sonatrach poursuit des activités d’exploration dans le bloc de Kafra, tandis que le projet de gazoduc transsaharien doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger. La sécurisation du nord nigérien touche ainsi directement des investissements et des corridors que l’Algérie considère comme stratégiques.
La décision intervient après une période de relations tendues avec Niamey, notamment après le coup d’État de 2023 et les différends régionaux liés à la sécurité sahélienne. Les échanges politiques et militaires ont depuis repris, jusqu’à cette nouvelle étape.
Le contraste est saisissant. Une ancienne base avancée française, symbole d’une présence militaire occidentale souvent regardée avec méfiance par Alger, pourrait servir aujourd’hui au premier déploiement extérieur algérien depuis 1973. La doctrine de retenue n’a pas disparu, mais elle s’accompagne désormais d’une capacité assumée à se projeter chez un voisin lorsque des intérêts sécuritaires, économiques et énergétiques sont directement concernés.
Foncier : Mettre fin au désordre
La dissolution du Conseil communal de la Commune I remet une vieille plaie au centre de l’actualité : le foncier. Morcellements irréguliers, reconnaissances contestées de droits, documents délivrés en dehors des règles, chevauchements de titres… Les griefs reviennent avec une constance inquiétante.
Le problème dépasse pourtant cette seule mairie. Depuis des années, le foncier figure parmi les principales sources de réclamations adressées au Médiateur de la République. Il mobilise maires, services des Domaines, autorités administratives, tribunaux et citoyens, souvent au terme de procédures longues, coûteuses et éprouvantes.
Les textes existent pourtant. Les compétences des collectivités sont encadrées, le Titre foncier demeure la référence en matière de propriété et les abus peuvent être sanctionnés. Le Mali vient même de franchir une nouvelle étape avec la mise en place d’un Pôle spécialisé en matière foncière, conçu pour mieux traiter des contentieux dispersés entre plusieurs juridictions.
Il faudra maintenant que cet outil fasse la différence sur le terrain. Car le vrai problème n’est plus seulement l’absence de règles. C’est leur application, leur respect par les administrations concernées et la capacité de la justice à trancher au plus vite.
Le citoyen qui achète une parcelle ne devrait pas découvrir des années plus tard qu’elle a été attribuée deux fois, qu’elle empiète sur un domaine public ou que le document qui lui a été remis n’a pas la valeur qu’il croyait.
Mettre fin au désordre foncier, c’est d’abord rendre la règle claire, la décision traçable et la responsabilité effective. À ce prix, la confiance pourra revenir dans un secteur où trop de familles ont tout perdu.
Ouganda : Aider aussi ceux qui accueillent
En Ouganda, le programme DRDIP a financé des écoles, des centres de santé et des activités économiques pour les réfugiés et leurs communautés d’accueil. Une seconde phase, annoncée pour octobre 2026, doit prolonger ces investissements.
Dans le district de Moyo, Leya, réfugiée sud-soudanaise et mère de cinq enfants, a développé une activité de couture grâce à une formation et à une subvention de 6 000 dollars. Ses revenus lui ont ensuite permis d’acheter une terre agricole pour contribuer à nourrir sa famille, rapporte la Banque mondiale.
Son parcours s’inscrit dans le programme DRDIP, lancé en 2017 par le gouvernement avec l’appui de l’institution. Déployé dans quinze districts accueillant des réfugiés, le dispositif associe les réfugiés et les communautés locales au choix des investissements et au suivi des réalisations.
Les activités soutenues comprennent l’agriculture, l’élevage, la formation professionnelle et les petites entreprises. Des groupes d’épargne et des fonds villageois facilitent également l’accès aux ressources. Selon le bilan publié le 19 mars 2026, les ménages participants ont enregistré des revenus annuels supérieurs de plus de 17% à ceux des non-participants.
Services sociaux de base
Les investissements concernent aussi les équipements utilisés quotidiennement. Entre 2017 et 2024, 290 écoles ont été construites ou améliorées, au bénéfice de plus de 490 000 élèves. La construction ou la réhabilitation de 130 centres de santé a également renforcé l’offre de soins.
La Banque mondiale rapporte une progression de 47% des inscriptions dans le primaire dans les zones ciblées et une diminution de 36% des dépenses annuelles de santé des bénéficiaires. Les infrastructures servent aux réfugiés comme aux populations locales.
D’autres financements ont accompagné l’intégration des services dans les dispositifs publics. Un programme de transferts budgétaires aux collectivités a notamment permis de rattacher 51 écoles primaires et 15 centres de santé, auparavant gérés par des partenaires humanitaires, aux systèmes nationaux. Les populations réfugiées ont été intégrées à la formule de financement local de ces services.
Un mécanisme suit aussi les nouveaux afflux de réfugiés pour financer les écoles, les centres de santé et les points d’eau les plus sollicités.
Des chantiers restent toutefois inachevés, ont souligné des parlementaires le 15 septembre. Le pays subit également les coupes de l’aide alimentaire rappelées par le Programme alimentaire mondial le 2 octobre.
Prévue sur cinq ans, la deuxième phase du DRDIP dispose d’une enveloppe annoncée de 328 millions de dollars. Elle cible trois millions de réfugiés et de membres des communautés d’accueil dans quatorze districts, avec des investissements dans les services publics, les activités économiques et l’environnement.
Déplacés : L’aide reçue ne suffit pas
Après les attaques de septembre, Médecins sans frontières (MSF) a alerté le 20 octobre 2026 sur les besoins des déplacés de Macina. Les témoignages et les réponses recueillis par Journal du Mali racontent une assistance confrontée au manque de ressources, aux difficultés d’accès et à la persistance des besoins.
À Ségou, Mama Follé et Ba Oumou Diarra ont reçu des vivres et des kits non alimentaires. Originaires de Founou, dans le cercle de Ké-Macina, elles racontent avoir fui l’insécurité sans pouvoir emporter leurs biens. L’alimentation et les abris restent leurs priorités. Toutes deux saluent les autorités et les humanitaires, particulièrement la Croix-Rouge malienne, tout en décrivant une aide encore insuffisante.
Elles évoquent de nombreuses femmes et des enfants parmi les déplacés, ainsi que des arrivées récentes. Certaines familles sont installées depuis quelque temps, d’autres viennent de rejoindre les localités d’accueil. Selon les deux femmes, les possibilités de reprendre une activité restent limitées.
L’alerte publiée par MSF le 20 octobre, actualisée le lendemain, décrit l’urgence à Macina. Après les attaques contre Souleye le 1er septembre et Touara le 15, plus de 3 400 personnes ont rejoint une ville qui accueillait déjà plus de 5 000 déplacés. L’organisation signale le retrait de plusieurs acteurs internationaux de cette zone, faute de financements.
La majorité des déplacés sont hébergés par des familles d’accueil, tandis que d’autres vivent dans la rue, rapporte MSF. Ces ménages doivent partager des ressources déjà limitées. L’accès à l’eau, les latrines et les abris figurent parmi les besoins signalés par l’organisation.
Pour les arrivées enregistrées du 30 juillet au 16 septembre, Modibo Diarra, Coordinateur du projet humanitaire d’ALPHALOG, fait état de 475 ménages, soit 2 586 personnes, recensés par les services sociaux. Parmi elles figurent 439 enfants de moins de 5 ans. Ces familles, venues de Mérou-Daga, Souleye, Kèllè et Touara, se sont installées dans la ville de Macina.
Financement largement déficitaire
À l’échelle nationale, le Plan des besoins et de la réponse humanitaire 2026 cible 3,8 millions de personnes sur 5,1 millions ayant besoin d’assistance. Selon les données OCHA citées par AMSODE, le plan nécessitait l’équivalent d’environ 338,7 milliards de francs CFA. Au 28 septembre, 79,5 milliards avaient été mobilisés, soit 23,5%. Il restait donc 259,2 milliards à trouver.
Les conséquences sont déjà décrites par le Programme alimentaire mondial. Dans sa réponse d’urgence, le PAM indique que les contraintes financières l’ont empêché d’assister plus de 200 000 personnes vulnérables en 2026. La durée de l’aide a également été ramenée de 6 à 3 mois.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) signalait pour sa propre opération au Mali un financement de 22% au 30 septembre, dans son bilan publié le 20 octobre.
ALPHALOG a vécu une interruption suivie d’une reprise. Selon Modibo Diarra, l’arrêt des financements de l’USAID a entraîné la suspension du projet le 25 janvier 2025. Les distributions et les activités de protection ont été interrompues. Les interventions ont repris le 1er avril grâce à un financement du gouvernement américain passant par son ambassade à Bamako.
Dans le cadre de son partenariat avec CECI Mali, dont la dernière période d’intervention s’est achevée le 31 mars 2026, l’ONG a réalisé d’autres distributions. À Macina, 558 ménages ont notamment reçu en janvier des rations couvrant 3 mois. Des kits de cuisine ont été distribués en février dans les communes de Macina et de Kokry.
Accès difficile
Les difficultés d’accès renchérissent aussi les interventions. ALPHALOG décrit les obstacles rencontrés pour atteindre les villages situés hors de Macina. Des activités ont été déplacées vers la ville et des distributions organisées dans les chefs-lieux de commune jugés plus sûrs. Faire venir les bénéficiaires occasionne des coûts supplémentaires, initialement absents du budget.
Pour maintenir le lien, l’organisation utilise des radios partenaires et des jeunes points focaux formés dans les villages difficiles d’accès. Les déplacements des équipes suivent un protocole de sécurité.
Un nouveau projet multisectoriel pour 2026 – 2027 doit soutenir les déplacés et les communautés d’accueil de Macina. Financé par le Fonds humanitaire régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, géré par OCHA, il a déjà donné lieu au versement d’une première avance de 40%, précise Modibo Diarra. Les préparatifs sont achevés. L’organisation dit attendre l’avis de non-objection de l’Administration territoriale pour démarrer.
Soins médicaux cruciaux
À Macina, AMSODE intervient avec une équipe mobile intégrée. Dr Traoré Aminata Simpara, Coordinatrice Santé et Nutrition, explique que ce dispositif rapproche les services des populations, pour lesquelles l’accès aux structures de soins est difficile.
La clinique mobile de MSF a de son côté pris en charge 2 131 personnes du 23 septembre au 7 octobre. Les équipes décrivent notamment des infections respiratoires et des cas de paludisme, dans un environnement marqué par le manque d’abris et d’équipements sanitaires.
Entre février et septembre 2026, une intervention d’AMSODE a permis d’assurer 13 269 consultations curatives gratuites dans 7 régions, de Tombouctou à Ségou. Elle a également appuyé 272 urgences obstétricales et néonatales et dépisté 1 545 enfants pour la malnutrition.
L’appui financier peut aussi permettre un suivi médical auparavant inaccessible. Dans un témoignage transmis par AMSODE, Boura Guindo explique avoir reçu 105 000 francs CFA pour accompagner sa grossesse. Cette somme lui a permis de réaliser 3 échographies et d’autres analyses. « Sans cette somme, je n’aurais pas pu assurer correctement le suivi de ma grossesse », témoigne-t-elle.
Alimatou Karembé, dont le témoignage a également été transmis par l’organisation, a reçu le même montant. Elle explique avoir réalisé 3 échographies pendant sa dernière grossesse, alors qu’elle n’avait jamais pu bénéficier d’un suivi médical lors des précédentes.
La Coordinatrice rappelle toutefois qu’« une assistance peut également prendre fin alors que les ménages concernés n’ont pas encore retrouvé leur autonomie ». Elle insiste aussi sur les familles d’accueil, qui partagent leurs ressources et peuvent elles-mêmes vivre dans la précarité.
Mobilisation tous azimuts
La Croix-Rouge malienne indique assister actuellement plus de 300 ménages déplacés dans les zones de Macina et de l’interfleuve entre Mopti et Ségou. Originaires notamment de Macina et de Niono, ils reçoivent des kits d’hygiène et d’assainissement, des kits de dignité et des moustiquaires.
Les interventions s’étendent à d’autres foyers de déplacement. À Ménaka, 600 ménages ont récemment reçu une assistance financière. À Diré, dans la région de Tombouctou, 2 000 ménages ont bénéficié de transferts de 50 000 francs CFA chacun, pour une enveloppe totale de 100 millions.
Nouhoum Maïga, Directeur général de la Croix-Rouge malienne, annonce plus de 10 milliards de francs CFA mobilisés sur des besoins estimés à 12 milliards pour 2026. Parmi les appuis cités figure une contribution américaine de 3 millions de dollars au troisième trimestre, soit environ 1,8 milliard de francs CFA. Les démarches de mobilisation se poursuivent auprès de partenaires en Europe et dans les pays arabes.
Avec plus de 10 200 volontaires, l’organisation s’appuie sur ses branches et ses unités locales pour maintenir sa présence. Son Directeur plaide pour des financements prévisibles et souples, adaptés à l’évolution des besoins, ainsi que pour un soutien accru aux acteurs nationaux présents auprès des communautés.
Pour AMSODE, l’accompagnement doit aussi couvrir la protection et le soutien psychosocial. Les pertes de biens et de revenus, les séparations familiales et les difficultés d’accès à l’école prolongent les conséquences du déplacement. La Coordinatrice demande de soutenir les familles d’accueil autant que les nouveaux arrivants.
Le soutien aux moyens d’existence figure également parmi les demandes d’AMSODE. À Ségou, les deux déplacées rencontrées évoquent l’appui à la scolarisation et les petites activités que certaines femmes tentent de développer grâce aux organisations. Elles saluent ces soutiens. Mais, pour leur quotidien, elles citent toujours les mêmes priorités : des vivres et des abris.
Massiré Diop
Coupe CAF : l’AS Réal fixée sur son sort
L’AS Réal de Bamako connaît désormais ses adversaires pour la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine 2026-2027. Le tirage au sort, effectué ce mercredi 28 octobre au Caire, en Égypte, a placé les Scorpions dans le groupe D, composé de deux anciens vainqueurs de la compétition et d’un représentant mozambicain.
L’USM Alger, le CS Sfaxien et les Black Bulls : voilà les trois adversaires que l’AS Réal devra affronter pour tenter de poursuivre son aventure continentale. Un tirage qui promet des confrontations exigeantes pour le représentant malien, de retour à ce niveau de la compétition pour la première fois depuis la saison 2022-2023.
Les Scorpions retrouveront notamment l’USM Alger, tenant du titre. Le club algérien, également sacré en 2023, fait figure de sérieux prétendant aux premières places du groupe. Son expérience des compétitions africaines et son statut de champion en titre en font l’un des principaux obstacles sur la route des Réalistes.
Autre adversaire de taille, le CS Sfaxien possède un palmarès continental particulièrement fourni. Le club tunisien a remporté la Coupe de la Confédération à trois reprises, en 2007, 2008 et 2013. Habitué aux joutes africaines, il dispose d’une expérience qui pourrait peser dans cette phase de groupes.
Les Mozambicains de Black Bulls complètent la poule. Moins prestigieuse sur le papier que les deux formations nord-africaines, cette équipe ne devra pas être sous-estimée. Ses confrontations avec l’AS Réal pourraient notamment jouer un rôle important dans la course aux deux premières places.
L’AS Réal a décroché sa qualification après avoir éliminé l’ES Zarzis de Tunisie. Vainqueurs à l’extérieur au match aller (3-1), les Bamakois ont confirmé leur avantage au retour en obtenant un match nul (2-2). Un résultat suffisant pour valider leur billet sur un score cumulé de 5-3.
Un défi sportif à relever
Désormais seule représentante malienne encore engagée dans les compétitions interclubs africaines, après l’élimination du FC Diarra face à l’ASKO de Kara, l’AS Réal pourra s’appuyer sur les bonnes dispositions affichées contre l’ES Zarzis pour aborder cette nouvelle étape. Les Scorpions devront toutefois confirmer ces performances face à des adversaires plus expérimentés sur la scène continentale.
La régularité sera déterminante dans une poule où chaque formation disputera six rencontres, trois à domicile et autant à l’extérieur. Les résultats obtenus à Bamako, mais également la capacité des Réalistes à ramener des points de leurs déplacements, pèseront dans le classement final.
La phase de groupes se disputera du 27 novembre 2026 au 24 janvier 2027. Pour l’AS Réal, l’enjeu sera de terminer parmi les deux premiers du groupe D afin de décrocher une qualification pour les quarts de finale, contrairement à sa précédente participation en 2022-2023, achevée à la troisième place.
Mohamed Kenouvi
Tagadayat : l’armée annonce la découverte de 54 corps
Sommet Russie–Afrique : Assimi Goïta est arrivé à Moscou
OCLEI : treize dossiers transmis à la justice en 2024
L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite a remis au président de la Transition ses rapports annuels 2021 et 2024. En 2024, l’Office a examiné 48 dossiers et approfondi ses investigations dans 22 affaires.
Le président de l’OCLEI, Modibo Sacko, a remis jeudi 22 octobre les rapports annuels 2021 et 2024 au président de la Transition, Assimi Goïta. La cérémonie s’est tenue au palais de Koulouba.
Les deux documents rendent compte des activités de prévention, du contrôle des déclarations de biens et des investigations conduites par l’Office.
En 2021, l’OCLEI a contrôlé les 968 déclarations de biens transmises par la Cour suprême. Douze dossiers ont ensuite été envoyés à la justice. L’Office indique également avoir sensibilisé plus de 1 400 personnes et réalisé une étude sur les méthodes d’enrichissement illicite relevées dans l’administration publique.
Quarante-huit dossiers examinés en 2024
Pour l’exercice 2024, l’OCLEI a examiné 48 dossiers. Vingt-deux ont donné lieu à des investigations approfondies et treize ont été transmis à la justice.
La transmission signifie que les éléments réunis ont été adressés aux autorités judiciaires compétentes. Elle ne constitue ni une condamnation ni une déclaration de culpabilité. Le compte rendu public ne précise pas la suite donnée par la justice aux treize dossiers.
L’Office a organisé 21 actions de prévention ayant réuni 2 025 personnes, parmi lesquelles 761 femmes. Son numéro vert a reçu 168 appels et recueilli 34 dénonciations citoyennes.
Les deux rapports correspondent à des exercices distincts. Les chiffres de 2021 et de 2024 ne représentent donc pas un total continu des activités conduites pendant les quatre années.
Un quart des recommandations entièrement appliqué
Selon le président de l’OCLEI, 25,49 % des recommandations formulées entre 2017 et 2023 avaient été entièrement appliquées. Ce chiffre constitue le principal indicateur présenté sur le suivi des mesures demandées aux administrations et structures concernées.
Modibo Sacko a également signalé des difficultés d’accès aux documents fonciers, un manque d’équipements et l’absence d’un siège propre à l’Office.
Assimi Goïta a rappelé la création d’un pôle national spécialisé dans les affaires foncières. Il a demandé l’accélération de la numérisation des procédures administratives, la modernisation des outils de contrôle et la création d’un dispositif national de mesure de l’enrichissement illicite.
Les données publiées permettent de connaître le nombre de déclarations contrôlées, de dossiers examinés et de transmissions à la justice. Le suivi judiciaire de ces dossiers et l’application des recommandations relèvent désormais des institutions chargées de leur traitement.
Budget 2026 : les dépenses portées à 3 993,3 milliards de FCFA
Le Conseil national de Transition a adopté jeudi le projet de loi de finances rectificative avec 121 voix favorables. Les dépenses augmentent de 415,1 milliards de FCFA et le déficit prévisionnel progresse de 100 milliards.
Le Conseil national de Transition a adopté, jeudi 22 octobre, le projet de loi modifiant le budget de l’État pour 2026. Le texte avait été approuvé en Conseil des ministres le 3 juillet avant sa transmission à l’organe législatif.
Les dépenses budgétaires passent de 3 578,217 milliards à 3 993,319 milliards de FCFA. Cette augmentation de 415,103 milliards représente une progression de 11,6 %.
Les recettes sont relevées de 3 057,792 milliards à 3 372,895 milliards de FCFA. Leur hausse atteint 315,103 milliards, soit 10,3 %. La différence entre les recettes et les dépenses porte le déficit prévisionnel à 620,425 milliards de FCFA, contre 520,425 milliards dans le budget initial.
Trois nouvelles sources de recettes
Le projet de loi attribue 100 milliards de FCFA de recettes supplémentaires à l’amélioration du produit de la taxe ad valorem appliquée au secteur minier. Cette progression est liée à l’évolution du cours de l’or, selon la note de présentation du ministère de l’Économie et des Finances.
La taxe sur les gains des paris sportifs doit apporter 50 milliards de FCFA. Les contributions destinées aux fonds miniers représentent 165,103 milliards supplémentaires.
Quatre comptes spéciaux du Trésor sont concernés. Le Fonds minier de développement local doit recevoir 18,436 milliards de FCFA. Le fonds consacré aux infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport représente 121,573 milliards. Le financement de la recherche géologique, de la formation et du renforcement des capacités atteint 24,475 milliards. Une enveloppe de 619 millions de FCFA est affectée à la promotion du secteur minier.
Du côté des dépenses, le texte inscrit 200 milliards de FCFA de crédits de paiement supplémentaires pour les opérations de sécurisation du territoire. Il prévoit également une subvention exceptionnelle de 50 milliards de FCFA à la Compagnie malienne pour le développement des textiles. Un prêt de 30 milliards de FCFA à la CMDT figure parmi les charges de trésorerie.
Quinze établissements sanitaires concernés
Le programme sanitaire présenté devant le CNT prévoit la transformation des centres de santé de référence des six communes de Bamako en hôpitaux de district modernes.
Deux hôpitaux de district doivent être construits à Kangaba et à Bla. Sept hôpitaux régionaux sont également annoncés à Koulikoro, San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro et Bandiagara.
Ces quinze opérations seront financées sur le budget national, selon le compte rendu de la séance. Le montant affecté séparément à chaque établissement et le calendrier des travaux n’ont pas été communiqués.
La Commission des finances du CNT a par ailleurs demandé au gouvernement de l’informer de toute ouverture de crédits par décret d’avance. Elle recommande également la publication périodique des ressources obtenues grâce à la cession de bâtiments appartenant à l’État.
Le vote du 22 octobre approuve ainsi la nouvelle enveloppe budgétaire et les changements de recettes et de dépenses. L’exécution des crédits consacrés aux hôpitaux, à la sécurité, à la CMDT et aux fonds miniers apparaîtra dans les prochains états d’exécution du budget.
Situation sécuritaire : l’armée dresse un nouvel état des lieux
Selon la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), les Forces armées maliennes (FAMa) ont mis hors d’état de combattre plus de 4 880 combattants de groupes armés, détruit plus de 162 bases, 315 véhicules pick-up et 1 300 motocyclettes entre mai et le 20 octobre 2026. Lors d’un point de presse tenu ce vendredi 23 octobre 2026, la DIRPA a également fait état de la consolidation du dispositif militaire à Kidal et de la poursuite des opérations sur les trois théâtres d’intervention.
Benson Diakité, une grande voix des médias s’éteint
Le journaliste et communicant Abdoulaye Benson Diakité est décédé ce vendredi 23 octobre 2026 à Bamako. Ancien animateur de Radio France Internationale (RFI), il laisse derrière lui plusieurs décennies de présence dans les médias, la communication institutionnelle et la culture.
Yelen : La plateforme qui met les petits commerçants francophones en ligne
Vendre sur WhatsApp, Tiktok ou Instagram est devenu courant en Afrique francophone, mais encaisser les paiements et suivre les commandes reste compliqué. C’est de ce constat qu’est née Yelen, une jeune entreprise lancée en juin 2025 par Ibrahima Sylla, avec son cofondateur Christian Okoth.
L’idée est venue de conversations avec des vendeurs qui évoquaient leurs difficultés à encaisser leurs paiements et à gérer leurs ventes entre WhatsApp, Tiktok et Instagram. Yelen propose donc de créer une boutique en ligne sans écrire une ligne de code. Le besoin est réel. En Afrique francophone, les PME représentent plus de 90% des entreprises, mais moins de la moitié vendent en ligne, selon TechCabal.
Pour la livraison, les commerçants gèrent eux-mêmes les envois locaux, tandis que l’expédition internationale passe par un partenariat avec DHL. La plateforme prend aussi en charge les paiements mobiles transfrontaliers et s’intègre aux systèmes de paiement locaux, un gage de confiance pour les acheteurs comme pour les vendeurs. Son modèle économique combine abonnements et frais sur les transactions.
Les premiers résultats sont encourageants. Depuis son lancement, Yelen affirme avoir intégré plus de 3 000 vendeurs et traité environ 40 000 dollars de transactions. Elle s’appuie surtout sur la Côte d’Ivoire, où le commerce en ligne a généré 534 millions de dollars de revenus en 2024 et où se concentrent 70% de ses utilisateurs.
Selon Techpoint Africa, la start-up opère dans des régions francophones comme le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Mali, le Bénin, le Niger et le Gabon, et ses utilisateurs se répartissent sur dix marchés, dont la République démocratique du Congo.
Ibrahima Sylla n’en est pas à son premier projet. Techpoint Africa le présente comme un ancien de Google et d’Anka, et rapporte qu’un produit précédent avait gagné une certaine traction avant qu’il ne juge le marché pas prêt. Le média décrit Yelen comme un Shopify pour les vendeurs des réseaux sociaux, mais le fondateur assure que la plateforme s’en distingue fondamentalement.
Son ambition affichée est de devenir l’infrastructure du commerce en ligne pour les vendeurs sociaux. Dans une région où le commerce passe beaucoup par les discussions en ligne, Yelen entend bâtir les rails qui soutiendront la croissance du secteur.
Ibrahim Baby
UFOA-A U20 : Un échec aux causes multiples pour les Aiglons
Éliminés après seulement deux rencontres du tournoi UFOA-A U20 2026, les Aiglons ne participeront pas à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de la catégorie. Au-delà des insuffisances constatées sur le terrain, cette désillusion suscite des interrogations sur les choix techniques et les critères de sélection des joueurs.
Deux matchs, deux défaites sur le même score (0-1) et aucun but inscrit. Le bilan des Aiglons dans le tournoi qualificatif organisé à Bamako est loin des ambitions affichées. Battus par la Guinée le 15 octobre, puis par la Gambie trois jours plus tard, les hommes de Mamoutou Kané dit Mourlé ont prématurément abandonné leurs espoirs de qualification.
Sur le terrain, les difficultés offensives ont particulièrement pesé. Face aux Guinéens comme face aux Gambiens, les Juniors maliens ont éprouvé des difficultés à construire leurs actions et à déséquilibrer les défenses adverses. Malgré les changements opérés par le staff technique, l’équipe n’a jamais réussi à trouver la solution.
Des choix qui interrogent
Outre les insuffisances techniques et tactiques, cette élimination ravive le débat sur la composition des sélections nationales de jeunes. Certains observateurs s’interrogent sur les critères de choix des joueurs et sur la place accordée aux performances individuelles en clubs et dans les académies.
Toutefois, les résultats décevants ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que les meilleurs éléments ont été écartés. La constitution d’une sélection répond également à des exigences de complémentarité, d’équilibre entre les postes et d’adaptation au projet de jeu du sélectionneur.
Après la défaite contre la Gambie, Mamoutou Kané a assumé sa responsabilité dans l’élimination, tout en défendant ses choix. « Oui, je suis le principal responsable de cette élimination du Mali. Je ne regrette pas mes choix, l’équipe avait toute ma confiance », a déclaré le technicien qui avait conduit le Mali au sacre à la CAN U20 2019.
Cette contre-performance lui a finalement coûté son poste. Dans un communiqué publié le 20 octobre, la FEMAFOOT a annoncé avoir reçu sa démission, à l’issue d’échanges avec le Président du Comité exécutif. L’instance prévoit également une réorganisation de l’encadrement technique et du processus de sélection des équipes nationales de jeunes.
Cette nouvelle désillusion, quelques semaines après l’élimination des U17, appelle une réflexion sur les méthodes de détection et de sélection, mais aussi sur la capacité des encadrements techniques à tirer le meilleur parti des talents maliens disponibles.




















