Consommer local : Entre prix élevés et faible transformation

Créer davantage de valeur en transformant sur place figure parmi les objectifs du Mois du consommer local, célébré en octobre dans l’espace UEMOA. Au Mali, cette campagne coïncide avec le Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Entre prix, disponibilité et accès aux produits, l’achat local peine encore à devenir un réflexe durable.

Les autorités veulent faire de cette campagne un levier de croissance et de souveraineté économique. Le potentiel est important avec le coton, les céréales, les fruits, les légumes et le bétail. Mais la transformation reste limitée. Selon une cartographie du PNUD publiée en 2025, la transformation agroalimentaire ne contribuait qu’à 6,1% du PIB en 2021, laissant une part de la valeur ajoutée hors du pays.

La dépendance aux achats extérieurs persiste. En 2025, les importations de produits alimentaires agricoles ont totalisé près de 495 milliards de francs CFA, d’après les bulletins de l’INSTAT. Une facture qui montre la marge disponible pour les producteurs et transformateurs maliens.

Manque à gagner

En septembre 2026, l’indice des prix à la consommation est resté stable à 109,5 par rapport à août, selon l’INSTAT. Sur trois mois, les prix ont progressé de 1,4% et de 3,4% sur un an.

La provenance fait apparaître des évolutions différentes. En septembre, les prix des produits locaux ont reculé de 0,2%, tandis que ceux des produits importés ont augmenté de 0,6%. Sur un an, la hausse atteint 3,9% pour les produits locaux, contre 2,5% pour les produits importés.

Le prix n’explique pas tout. Abdel Rahamane Sy, Président de l’Association des Jeunes pour la Valorisation du coton, cite la qualité, la présentation, la sensibilisation et les circuits de distribution parmi les conditions pour rendre les produits maliens accessibles et compétitifs.

Hélène N’Diaye, Présidente du Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne, récuse l’idée d’un produit local systématiquement plus cher. « Le produit local n’est pas cher, c’est le produit importé qui est faussement bon marché », affirme-t-elle.

Son réseau mise sur les marchés de proximité pour réduire les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. La transformation, la présentation et une meilleure valorisation des produits doivent aussi permettre d’élargir la clientèle.

Le coton résume ce décalage. Selon l’OMC, environ 98% du coton produit dans les pays du C-4+ est exporté sous forme de fibre brute. Le Mali ambitionne d’en transformer localement au moins 10% afin de conserver davantage de valeur ajoutée et d’emplois dans le pays.

Abdoulaye Yaro : « Il faut faire confiance aux jeunes »

Expert en management stratégique, en développement organisationnel et en conduite du changement, Abdoulaye Yaro vient de publier son ouvrage « Investir dans la jeunesse ». Il y défend une jeunesse plus engagée et responsabilisée. Dans cet entretien, il revient sur ses motivations, l’importance du leadership et la responsabilité des décideurs. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi

Pourquoi avoir consacré un livre à l’investissement dans la jeunesse ?

La jeunesse constitue l’essentiel de notre population. Plus de 74% des Maliens ont moins de 30 ans et l’âge moyen est de 21 ans et demi. Si nous voulons progresser, nous devons renforcer nos efforts en direction des jeunes. Ce livre s’appuie sur près de vingt ans d’engagement, d’abord comme leader d’organisations de jeunes, puis comme porteur d’initiatives destinées à valoriser leur place dans la société. L’objectif est de les encourager à construire le présent et à assumer des responsabilités pour l’avenir.

Vous insistez sur le leadership. Comment les jeunes peuvent-ils le développer ?

Tout commence dans la famille, que je considère comme la première école du leadership. C’est là que l’on découvre l’autorité. Ensuite, les jeunes doivent développer leurs capacités sur le terrain, au sein des organisations de jeunesse et des associations, ainsi qu’à travers leurs initiatives communautaires. Ces expériences renforcent leur sens des responsabilités et leur permettent de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Votre livre, édité par Bandama Éditions, a été préfacé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Comment s’est faite cette collaboration ?

Les questions relatives à la jeunesse intéressent énormément Moussa Mara. Il a donc accepté de préfacer ce livre et de donner son avis sur cette problématique. Sa contribution nourrit la réflexion que nous souhaitons susciter autour de l’investissement dans la jeunesse et de son rôle dans le développement du Mali.

Ce livre constitue un plaidoyer pour la jeunesse. Quel message adressez-vous aux jeunes et aux décideurs ?

Je m’adresse d’abord aux jeunes, car ils sont les premiers acteurs de leur développement. Je les invite à accepter de prendre des responsabilités et à défendre les valeurs évoquées dans l’ouvrage. Mais j’interpelle également les décideurs. Il ne s’agit pas uniquement des autorités publiques, mais de tous ceux qui exercent des responsabilités : directeurs d’école, chefs de famille, chefs d’entreprise, entre autres. Je leur demande de faire confiance aux jeunes et de leur donner la possibilité d’assumer des responsabilités. C’est ainsi qu’ils pourront démontrer leurs capacités. Je reste convaincu qu’ils sont capables de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

 

Algérie : Un tournant militaire au Niger

L’Algérie s’apprête à envoyer certaines unités de son armée au Niger, une première depuis plus d’un demi-siècle. Présentée par Alger comme une mission de protection d’intérêts énergétiques et économiques communs, la décision marque un tournant dans la manière dont le pays envisage sa sécurité hors de ses frontières.

Le Président Abdelmadjid Tebboune a confirmé le 26 octobre l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à Madama, dans l’extrême nord du Niger, près de la frontière libyenne. Le Parlement algérien avait approuvé la veille cette projection militaire, demandée par Niamey. Les effectifs, la durée et le calendrier précis du déploiement n’ont pas été rendus publics.

Le choix de Madama ajoute au symbole. La France y avait installé en 2014 une base avancée de l’Opération Barkhane, destinée notamment à surveiller les routes reliant le sud libyen au Sahel. Cette position, mise en sommeil en 2019, permettait de contrôler des flux d’hommes, d’armes et de trafics dans une zone stratégique entre Libye, Niger, Mali et Algérie.

Située à une centaine de kilomètres de la Libye, elle donne accès aux routes qui descendent du Fezzan vers Agadez et les espaces sahéliens plus au sud.

Doctrine

Pendant des décennies, Alger a privilégié la défense de son territoire et s’est montrée réticente aux interventions militaires étrangères dans son voisinage sahélien. Sa Constitution, révisée en 2020, autorise toutefois l’envoi de troupes hors du pays après approbation des deux tiers de chaque Chambre. Le dispositif juridique existait. Madama lui donne une traduction militaire majeure.

Le rapprochement avec Niamey repose aussi sur des intérêts économiques précis. Sonatrach poursuit des activités d’exploration dans le bloc de Kafra, tandis que le projet de gazoduc transsaharien doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger. La sécurisation du nord nigérien touche ainsi directement des investissements et des corridors que l’Algérie considère comme stratégiques.

La décision intervient après une période de relations tendues avec Niamey, notamment après le coup d’État de 2023 et les différends régionaux liés à la sécurité sahélienne. Les échanges politiques et militaires ont depuis repris, jusqu’à cette nouvelle étape.

Le contraste est saisissant. Une ancienne base avancée française, symbole d’une présence militaire occidentale souvent regardée avec méfiance par Alger, pourrait servir aujourd’hui au premier déploiement extérieur algérien depuis 1973. La doctrine de retenue n’a pas disparu, mais elle s’accompagne désormais d’une capacité assumée à se projeter chez un voisin lorsque des intérêts sécuritaires, économiques et énergétiques sont directement concernés.

Foncier : Mettre fin au désordre

La dissolution du Conseil communal de la Commune I remet une vieille plaie au centre de l’actualité : le foncier. Morcellements irréguliers, reconnaissances contestées de droits, documents délivrés en dehors des règles, chevauchements de titres… Les griefs reviennent avec une constance inquiétante.

Le problème dépasse pourtant cette seule mairie. Depuis des années, le foncier figure parmi les principales sources de réclamations adressées au Médiateur de la République. Il mobilise maires, services des Domaines, autorités administratives, tribunaux et citoyens, souvent au terme de procédures longues, coûteuses et éprouvantes.

Les textes existent pourtant. Les compétences des collectivités sont encadrées, le Titre foncier demeure la référence en matière de propriété et les abus peuvent être sanctionnés. Le Mali vient même de franchir une nouvelle étape avec la mise en place d’un Pôle spécialisé en matière foncière, conçu pour mieux traiter des contentieux dispersés entre plusieurs juridictions.

Il faudra maintenant que cet outil fasse la différence sur le terrain. Car le vrai problème n’est plus seulement l’absence de règles. C’est leur application, leur respect par les administrations concernées et la capacité de la justice à trancher au plus vite.

Le citoyen qui achète une parcelle ne devrait pas découvrir des années plus tard qu’elle a été attribuée deux fois, qu’elle empiète sur un domaine public ou que le document qui lui a été remis n’a pas la valeur qu’il croyait.

Mettre fin au désordre foncier, c’est d’abord rendre la règle claire, la décision traçable et la responsabilité effective. À ce prix, la confiance pourra revenir dans un secteur où trop de familles ont tout perdu.

Ouganda : Aider aussi ceux qui accueillent

En Ouganda, le programme DRDIP a financé des écoles, des centres de santé et des activités économiques pour les réfugiés et leurs communautés d’accueil. Une seconde phase, annoncée pour octobre 2026, doit prolonger ces investissements.

Dans le district de Moyo, Leya, réfugiée sud-soudanaise et mère de cinq enfants, a développé une activité de couture grâce à une formation et à une subvention de 6 000 dollars. Ses revenus lui ont ensuite permis d’acheter une terre agricole pour contribuer à nourrir sa famille, rapporte la Banque mondiale.

Son parcours s’inscrit dans le programme DRDIP, lancé en 2017 par le gouvernement avec l’appui de l’institution. Déployé dans quinze districts accueillant des réfugiés, le dispositif associe les réfugiés et les communautés locales au choix des investissements et au suivi des réalisations.

Les activités soutenues comprennent l’agriculture, l’élevage, la formation professionnelle et les petites entreprises. Des groupes d’épargne et des fonds villageois facilitent également l’accès aux ressources. Selon le bilan publié le 19 mars 2026, les ménages participants ont enregistré des revenus annuels supérieurs de plus de 17% à ceux des non-participants.

Services sociaux de base

Les investissements concernent aussi les équipements utilisés quotidiennement. Entre 2017 et 2024, 290 écoles ont été construites ou améliorées, au bénéfice de plus de 490 000 élèves. La construction ou la réhabilitation de 130 centres de santé a également renforcé l’offre de soins.

La Banque mondiale rapporte une progression de 47% des inscriptions dans le primaire dans les zones ciblées et une diminution de 36% des dépenses annuelles de santé des bénéficiaires. Les infrastructures servent aux réfugiés comme aux populations locales.

D’autres financements ont accompagné l’intégration des services dans les dispositifs publics. Un programme de transferts budgétaires aux collectivités a notamment permis de rattacher 51 écoles primaires et 15 centres de santé, auparavant gérés par des partenaires humanitaires, aux systèmes nationaux. Les populations réfugiées ont été intégrées à la formule de financement local de ces services.

Un mécanisme suit aussi les nouveaux afflux de réfugiés pour financer les écoles, les centres de santé et les points d’eau les plus sollicités.

Des chantiers restent toutefois inachevés, ont souligné des parlementaires le 15 septembre. Le pays subit également les coupes de l’aide alimentaire rappelées par le Programme alimentaire mondial le 2 octobre.

Prévue sur cinq ans, la deuxième phase du DRDIP dispose d’une enveloppe annoncée de 328 millions de dollars. Elle cible trois millions de réfugiés et de membres des communautés d’accueil dans quatorze districts, avec des investissements dans les services publics, les activités économiques et l’environnement.

Déplacés : L’aide reçue ne suffit pas

Après les attaques de septembre, Médecins sans frontières (MSF) a alerté le 20 octobre 2026 sur les besoins des déplacés de Macina. Les témoignages et les réponses recueillis par Journal du Mali racontent une assistance confrontée au manque de ressources, aux difficultés d’accès et à la persistance des besoins.

À Ségou, Mama Follé et Ba Oumou Diarra ont reçu des vivres et des kits non alimentaires. Originaires de Founou, dans le cercle de Ké-Macina, elles racontent avoir fui l’insécurité sans pouvoir emporter leurs biens. L’alimentation et les abris restent leurs priorités. Toutes deux saluent les autorités et les humanitaires, particulièrement la Croix-Rouge malienne, tout en décrivant une aide encore insuffisante.

Elles évoquent de nombreuses femmes et des enfants parmi les déplacés, ainsi que des arrivées récentes. Certaines familles sont installées depuis quelque temps, d’autres viennent de rejoindre les localités d’accueil. Selon les deux femmes, les possibilités de reprendre une activité restent limitées.

L’alerte publiée par MSF le 20 octobre, actualisée le lendemain, décrit l’urgence à Macina. Après les attaques contre Souleye le 1er septembre et Touara le 15, plus de 3 400 personnes ont rejoint une ville qui accueillait déjà plus de 5 000 déplacés. L’organisation signale le retrait de plusieurs acteurs internationaux de cette zone, faute de financements.

La majorité des déplacés sont hébergés par des familles d’accueil, tandis que d’autres vivent dans la rue, rapporte MSF. Ces ménages doivent partager des ressources déjà limitées. L’accès à l’eau, les latrines et les abris figurent parmi les besoins signalés par l’organisation.

Pour les arrivées enregistrées du 30 juillet au 16 septembre, Modibo Diarra, Coordinateur du projet humanitaire d’ALPHALOG, fait état de 475 ménages, soit 2 586 personnes, recensés par les services sociaux. Parmi elles figurent 439 enfants de moins de 5 ans. Ces familles, venues de Mérou-Daga, Souleye, Kèllè et Touara, se sont installées dans la ville de Macina.

Financement largement déficitaire

À l’échelle nationale, le Plan des besoins et de la réponse humanitaire 2026 cible 3,8 millions de personnes sur 5,1 millions ayant besoin d’assistance. Selon les données OCHA citées par AMSODE, le plan nécessitait l’équivalent d’environ 338,7 milliards de francs CFA. Au 28 septembre, 79,5 milliards avaient été mobilisés, soit 23,5%. Il restait donc 259,2 milliards à trouver.

Les conséquences sont déjà décrites par le Programme alimentaire mondial. Dans sa réponse d’urgence, le PAM indique que les contraintes financières l’ont empêché d’assister plus de 200 000 personnes vulnérables en 2026. La durée de l’aide a également été ramenée de 6 à 3 mois.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) signalait pour sa propre opération au Mali un financement de 22% au 30 septembre, dans son bilan publié le 20 octobre.

ALPHALOG a vécu une interruption suivie d’une reprise. Selon Modibo Diarra, l’arrêt des financements de l’USAID a entraîné la suspension du projet le 25 janvier 2025. Les distributions et les activités de protection ont été interrompues. Les interventions ont repris le 1er avril grâce à un financement du gouvernement américain passant par son ambassade à Bamako.

Dans le cadre de son partenariat avec CECI Mali, dont la dernière période d’intervention s’est achevée le 31 mars 2026, l’ONG a réalisé d’autres distributions. À Macina, 558 ménages ont notamment reçu en janvier des rations couvrant 3 mois. Des kits de cuisine ont été distribués en février dans les communes de Macina et de Kokry.

Accès difficile

Les difficultés d’accès renchérissent aussi les interventions. ALPHALOG décrit les obstacles rencontrés pour atteindre les villages situés hors de Macina. Des activités ont été déplacées vers la ville et des distributions organisées dans les chefs-lieux de commune jugés plus sûrs. Faire venir les bénéficiaires occasionne des coûts supplémentaires, initialement absents du budget.

Pour maintenir le lien, l’organisation utilise des radios partenaires et des jeunes points focaux formés dans les villages difficiles d’accès. Les déplacements des équipes suivent un protocole de sécurité.

Un nouveau projet multisectoriel pour 2026 – 2027 doit soutenir les déplacés et les communautés d’accueil de Macina. Financé par le Fonds humanitaire régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, géré par OCHA, il a déjà donné lieu au versement d’une première avance de 40%, précise Modibo Diarra. Les préparatifs sont achevés. L’organisation dit attendre l’avis de non-objection de l’Administration territoriale pour démarrer.

Soins médicaux cruciaux

À Macina, AMSODE intervient avec une équipe mobile intégrée. Dr Traoré Aminata Simpara, Coordinatrice Santé et Nutrition, explique que ce dispositif rapproche les services des populations, pour lesquelles l’accès aux structures de soins est difficile.

La clinique mobile de MSF a de son côté pris en charge 2 131 personnes du 23 septembre au 7 octobre. Les équipes décrivent notamment des infections respiratoires et des cas de paludisme, dans un environnement marqué par le manque d’abris et d’équipements sanitaires.

Entre février et septembre 2026, une intervention d’AMSODE a permis d’assurer 13 269 consultations curatives gratuites dans 7 régions, de Tombouctou à Ségou. Elle a également appuyé 272 urgences obstétricales et néonatales et dépisté 1 545 enfants pour la malnutrition.

L’appui financier peut aussi permettre un suivi médical auparavant inaccessible. Dans un témoignage transmis par AMSODE, Boura Guindo explique avoir reçu 105 000 francs CFA pour accompagner sa grossesse. Cette somme lui a permis de réaliser 3 échographies et d’autres analyses. « Sans cette somme, je n’aurais pas pu assurer correctement le suivi de ma grossesse », témoigne-t-elle.

Alimatou Karembé, dont le témoignage a également été transmis par l’organisation, a reçu le même montant. Elle explique avoir réalisé 3 échographies pendant sa dernière grossesse, alors qu’elle n’avait jamais pu bénéficier d’un suivi médical lors des précédentes.

La Coordinatrice rappelle toutefois qu’« une assistance peut également prendre fin alors que les ménages concernés n’ont pas encore retrouvé leur autonomie ». Elle insiste aussi sur les familles d’accueil, qui partagent leurs ressources et peuvent elles-mêmes vivre dans la précarité.

Mobilisation tous azimuts

La Croix-Rouge malienne indique assister actuellement plus de 300 ménages déplacés dans les zones de Macina et de l’interfleuve entre Mopti et Ségou. Originaires notamment de Macina et de Niono, ils reçoivent des kits d’hygiène et d’assainissement, des kits de dignité et des moustiquaires.

Les interventions s’étendent à d’autres foyers de déplacement. À Ménaka, 600 ménages ont récemment reçu une assistance financière. À Diré, dans la région de Tombouctou, 2 000 ménages ont bénéficié de transferts de 50 000 francs CFA chacun, pour une enveloppe totale de 100 millions.

Nouhoum Maïga, Directeur général de la Croix-Rouge malienne, annonce plus de 10 milliards de francs CFA mobilisés sur des besoins estimés à 12 milliards pour 2026. Parmi les appuis cités figure une contribution américaine de 3 millions de dollars au troisième trimestre, soit environ 1,8 milliard de francs CFA. Les démarches de mobilisation se poursuivent auprès de partenaires en Europe et dans les pays arabes.

Avec plus de 10 200 volontaires, l’organisation s’appuie sur ses branches et ses unités locales pour maintenir sa présence. Son Directeur plaide pour des financements prévisibles et souples, adaptés à l’évolution des besoins, ainsi que pour un soutien accru aux acteurs nationaux présents auprès des communautés.

Pour AMSODE, l’accompagnement doit aussi couvrir la protection et le soutien psychosocial. Les pertes de biens et de revenus, les séparations familiales et les difficultés d’accès à l’école prolongent les conséquences du déplacement. La Coordinatrice demande de soutenir les familles d’accueil autant que les nouveaux arrivants.

Le soutien aux moyens d’existence figure également parmi les demandes d’AMSODE. À Ségou, les deux déplacées rencontrées évoquent l’appui à la scolarisation et les petites activités que certaines femmes tentent de développer grâce aux organisations. Elles saluent ces soutiens. Mais, pour leur quotidien, elles citent toujours les mêmes priorités : des vivres et des abris.

Massiré Diop

Coupe CAF : l’AS Réal fixée sur son sort

L’AS Réal de Bamako connaît désormais ses adversaires pour la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine 2026-2027. Le tirage au sort, effectué ce mercredi 28 octobre au Caire, en Égypte, a placé les Scorpions dans le groupe D, composé de deux anciens vainqueurs de la compétition et d’un représentant mozambicain.

L’USM Alger, le CS Sfaxien et les Black Bulls : voilà les trois adversaires que l’AS Réal devra affronter pour tenter de poursuivre son aventure continentale. Un tirage qui promet des confrontations exigeantes pour le représentant malien, de retour à ce niveau de la compétition pour la première fois depuis la saison 2022-2023.

Les Scorpions retrouveront notamment l’USM Alger, tenant du titre. Le club algérien, également sacré en 2023, fait figure de sérieux prétendant aux premières places du groupe. Son expérience des compétitions africaines et son statut de champion en titre en font l’un des principaux obstacles sur la route des Réalistes.

Autre adversaire de taille, le CS Sfaxien possède un palmarès continental particulièrement fourni. Le club tunisien a remporté la Coupe de la Confédération à trois reprises, en 2007, 2008 et 2013. Habitué aux joutes africaines, il dispose d’une expérience qui pourrait peser dans cette phase de groupes.

Les Mozambicains de Black Bulls complètent la poule. Moins prestigieuse sur le papier que les deux formations nord-africaines, cette équipe ne devra pas être sous-estimée. Ses confrontations avec l’AS Réal pourraient notamment jouer un rôle important dans la course aux deux premières places.

L’AS Réal a décroché sa qualification après avoir éliminé l’ES Zarzis de Tunisie. Vainqueurs à l’extérieur au match aller (3-1), les Bamakois ont confirmé leur avantage au retour en obtenant un match nul (2-2). Un résultat suffisant pour valider leur billet sur un score cumulé de 5-3.

Un défi sportif à relever

Désormais seule représentante malienne encore engagée dans les compétitions interclubs africaines, après l’élimination du FC Diarra face à l’ASKO de Kara, l’AS Réal pourra s’appuyer sur les bonnes dispositions affichées contre l’ES Zarzis pour aborder cette nouvelle étape. Les Scorpions devront toutefois confirmer ces performances face à des adversaires plus expérimentés sur la scène continentale.

La régularité sera déterminante dans une poule où chaque formation disputera six rencontres, trois à domicile et autant à l’extérieur. Les résultats obtenus à Bamako, mais également la capacité des Réalistes à ramener des points de leurs déplacements, pèseront dans le classement final.

La phase de groupes se disputera du 27 novembre 2026 au 24 janvier 2027. Pour l’AS Réal, l’enjeu sera de terminer parmi les deux premiers du groupe D afin de décrocher une qualification pour les quarts de finale, contrairement à sa précédente participation en 2022-2023, achevée à la troisième place.

Mohamed Kenouvi

Tagadayat : l’armée annonce la découverte de 54 corps

Une patrouille a retrouvé 54 corps dans un campement situé au sud-est de Ménaka, selon l’état-major général des Armées. Neuf rescapés ont été évacués vers la ville pour recevoir des soins.
L’état-major général des Armées a annoncé samedi 24 octobre la découverte de 54 corps dans un campement de Tagadayat, à environ 35 kilomètres au sud-est de Ménaka.
La patrouille avait été envoyée dans la zone après des informations faisant état d’attaques contre des populations civiles. Les victimes ont été inhumées sur place. Neuf personnes retrouvées vivantes ont été transportées à Ménaka et confiées aux services chargés de leur prise en charge.
L’armée affirme que les premiers témoignages recueillis attribuent les tueries à l’État islamique au Grand Sahara. Cette attribution constitue la version officielle communiquée par l’état-major. Les comptes rendus consultés ne font état d’aucune revendication authentifiée du groupe.
Un bilan actualisé après les premières alertes
L’attaque avait été signalée le dimanche 18 octobre. Le lendemain, le bureau exécutif de la communauté Idaksahak avait annoncé la mort d’au moins 48 civils à Tagadayat. Il faisait également état de blessés et de déplacements de familles vers Ménaka.
Le chiffre de 54 annoncé par l’armée correspond aux corps découverts pendant les recherches sur le terrain. Il actualise le premier bilan communautaire de 48 victimes. Les deux nombres concernent la même attaque et ne doivent pas être additionnés.
Les informations publiées permettent désormais de retenir plusieurs éléments précis. L’attaque remonte au 18 octobre, la découverte annoncée porte sur 54 corps, neuf rescapés ont été évacués et les recherches se sont déroulées dans un campement situé à 35 kilomètres de Ménaka.
L’identité complète des victimes et la répartition entre hommes, femmes et enfants restent absentes des comptes rendus publics. Le nombre de familles ayant quitté les campements voisins n’a pas davantage été chiffré.
Des habitants déplacés vers Ménaka
L’état-major indique avoir renforcé les mesures de protection et facilité le déplacement vers Ménaka des habitants de campements exposés. Des patrouilles et des opérations de sécurisation se poursuivent dans le secteur.
La communauté Idaksahak avait demandé une assistance urgente pour les personnes déplacées. Les besoins cités concernent l’accueil, l’alimentation, les soins et la protection des civils. Leur évaluation locale repose maintenant sur le recensement des familles arrivées à Ménaka et sur la situation des campements encore occupés.
L’annonce du 24 octobre apporte ainsi un bilan officiel issu des recherches menées à Tagadayat. Elle confirme l’ampleur des pertes civiles signalées six jours auparavant et fait état de mouvements de populations vers Ménaka. Les prochains bilans des services locaux devront préciser le nombre de déplacés et l’assistance effectivement déployée.

Sommet Russie–Afrique : Assimi Goïta est arrivé à Moscou

Le président de la Transition a quitté Bamako dimanche 25 octobre pour participer au troisième sommet Russie–Afrique. La rencontre est prévue les 28 et 29 octobre dans la capitale russe.
Assimi Goïta a quitté Bamako dimanche 25 octobre à destination de Moscou. Le gouvernement malien confirme qu’il participera au troisième sommet Russie–Afrique, organisé les 28 et 29 octobre à l’invitation du président russe Vladimir Poutine.
Cette annonce établit le départ effectif du chef de l’État et l’objet principal de son voyage. Le programme rendu public dimanche porte uniquement sur le sommet. La composition de la délégation, les audiences bilatérales et les documents susceptibles d’être signés devraient être précisés au fil du séjour. Pour autant, des sources indiquent que plusieurs personnalités prennent part à ce déplacement dont le ministre de l’Économie et des Finances, le ministre délégué en charge de la Défense et des anciens Combattants et le chef de la diplomatie malienne.
Le président Assimi Goïta avait déjà participé au deuxième sommet Russie–Afrique en juillet 2023 à Saint-Pétersbourg. Son nouveau déplacement intervient seize mois après sa première visite bilatérale officielle en Russie, effectuée du 23 au 26 juin 2025.
Trois accords signés en 2025
La visite de juin 2025 avait donné lieu à une rencontre avec Vladimir Poutine au Kremlin et à la signature de trois accords.
Le premier a créé une commission intergouvernementale chargée de la coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Le deuxième porte sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique, en partenariat avec l’entreprise publique russe Rosatom. Le troisième fixe un cadre général aux relations bilatérales, notamment dans les domaines politique, diplomatique et sécuritaire.
Les échanges de 2025 avaient également concerné les investissements, les transports, la formation, les infrastructures, les ressources minières et l’énergie. Le chef de l’État avait ensuite poursuivi son séjour à Kazan, dans la République du Tatarstan, où il avait rencontré des responsables publics et des entreprises russes.
Ces engagements fournissent le principal cadre de lecture du voyage actuel. Le sommet permettra aux délégations de reprendre les discussions engagées lors de la visite bilatérale, tout en les inscrivant dans une rencontre réunissant la Russie et plusieurs pays africains.
Sécurité, énergie et échanges économiques
La défense demeure l’un des principaux domaines de coopération entre Bamako et Moscou. Le Mali reçoit du matériel militaire russe et accueille des personnels russes engagés dans la formation et l’appui aux forces nationales.
La coopération énergétique couvre plusieurs projets à des niveaux d’avancement différents. L’accord conclu avec Rosatom établit un cadre juridique pour l’usage civil de l’énergie nucléaire. Sa mise en œuvre peut concerner la formation de spécialistes, les applications médicales et agricoles, la recherche ainsi que d’éventuelles infrastructures énergétiques.
La commission intergouvernementale constitue, pour sa part, le mécanisme chargé d’organiser les discussions économiques et techniques. Elle couvre le commerce, les investissements, les mines, l’énergie, les sciences et les projets associant les administrations ou les entreprises des deux pays.
Le sommet des 28 et 29 octobre doit maintenant préciser les thèmes effectivement inscrits à l’agenda malien. Les communiqués publiés à Moscou permettront d’identifier les rencontres réalisées, les accords conclus et les projets assortis d’un calendrier.

OCLEI : treize dossiers transmis à la justice en 2024

L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite a remis au président de la Transition ses rapports annuels 2021 et 2024. En 2024, l’Office a examiné 48 dossiers et approfondi ses investigations dans 22 affaires.

Le président de l’OCLEI, Modibo Sacko, a remis jeudi 22 octobre les rapports annuels 2021 et 2024 au président de la Transition, Assimi Goïta. La cérémonie s’est tenue au palais de Koulouba.

Les deux documents rendent compte des activités de prévention, du contrôle des déclarations de biens et des investigations conduites par l’Office.

En 2021, l’OCLEI a contrôlé les 968 déclarations de biens transmises par la Cour suprême. Douze dossiers ont ensuite été envoyés à la justice. L’Office indique également avoir sensibilisé plus de 1 400 personnes et réalisé une étude sur les méthodes d’enrichissement illicite relevées dans l’administration publique.

Quarante-huit dossiers examinés en 2024

Pour l’exercice 2024, l’OCLEI a examiné 48 dossiers. Vingt-deux ont donné lieu à des investigations approfondies et treize ont été transmis à la justice.

La transmission signifie que les éléments réunis ont été adressés aux autorités judiciaires compétentes. Elle ne constitue ni une condamnation ni une déclaration de culpabilité. Le compte rendu public ne précise pas la suite donnée par la justice aux treize dossiers.

L’Office a organisé 21 actions de prévention ayant réuni 2 025 personnes, parmi lesquelles 761 femmes. Son numéro vert a reçu 168 appels et recueilli 34 dénonciations citoyennes.

Les deux rapports correspondent à des exercices distincts. Les chiffres de 2021 et de 2024 ne représentent donc pas un total continu des activités conduites pendant les quatre années.

Un quart des recommandations entièrement appliqué

Selon le président de l’OCLEI, 25,49 % des recommandations formulées entre 2017 et 2023 avaient été entièrement appliquées. Ce chiffre constitue le principal indicateur présenté sur le suivi des mesures demandées aux administrations et structures concernées.

Modibo Sacko a également signalé des difficultés d’accès aux documents fonciers, un manque d’équipements et l’absence d’un siège propre à l’Office.

Assimi Goïta a rappelé la création d’un pôle national spécialisé dans les affaires foncières. Il a demandé l’accélération de la numérisation des procédures administratives, la modernisation des outils de contrôle et la création d’un dispositif national de mesure de l’enrichissement illicite.

Les données publiées permettent de connaître le nombre de déclarations contrôlées, de dossiers examinés et de transmissions à la justice. Le suivi judiciaire de ces dossiers et l’application des recommandations relèvent désormais des institutions chargées de leur traitement.

Budget 2026 : les dépenses portées à 3 993,3 milliards de FCFA

Le Conseil national de Transition a adopté jeudi le projet de loi de finances rectificative avec 121 voix favorables. Les dépenses augmentent de 415,1 milliards de FCFA et le déficit prévisionnel progresse de 100 milliards.

Le Conseil national de Transition a adopté, jeudi 22 octobre, le projet de loi modifiant le budget de l’État pour 2026. Le texte avait été approuvé en Conseil des ministres le 3 juillet avant sa transmission à l’organe législatif.

Les dépenses budgétaires passent de 3 578,217 milliards à 3 993,319 milliards de FCFA. Cette augmentation de 415,103 milliards représente une progression de 11,6 %.

Les recettes sont relevées de 3 057,792 milliards à 3 372,895 milliards de FCFA. Leur hausse atteint 315,103 milliards, soit 10,3 %. La différence entre les recettes et les dépenses porte le déficit prévisionnel à 620,425 milliards de FCFA, contre 520,425 milliards dans le budget initial.

Trois nouvelles sources de recettes

Le projet de loi attribue 100 milliards de FCFA de recettes supplémentaires à l’amélioration du produit de la taxe ad valorem appliquée au secteur minier. Cette progression est liée à l’évolution du cours de l’or, selon la note de présentation du ministère de l’Économie et des Finances.

La taxe sur les gains des paris sportifs doit apporter 50 milliards de FCFA. Les contributions destinées aux fonds miniers représentent 165,103 milliards supplémentaires.

Quatre comptes spéciaux du Trésor sont concernés. Le Fonds minier de développement local doit recevoir 18,436 milliards de FCFA. Le fonds consacré aux infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport représente 121,573 milliards. Le financement de la recherche géologique, de la formation et du renforcement des capacités atteint 24,475 milliards. Une enveloppe de 619 millions de FCFA est affectée à la promotion du secteur minier.

Du côté des dépenses, le texte inscrit 200 milliards de FCFA de crédits de paiement supplémentaires pour les opérations de sécurisation du territoire. Il prévoit également une subvention exceptionnelle de 50 milliards de FCFA à la Compagnie malienne pour le développement des textiles. Un prêt de 30 milliards de FCFA à la CMDT figure parmi les charges de trésorerie.

Quinze établissements sanitaires concernés

Le programme sanitaire présenté devant le CNT prévoit la transformation des centres de santé de référence des six communes de Bamako en hôpitaux de district modernes.

Deux hôpitaux de district doivent être construits à Kangaba et à Bla. Sept hôpitaux régionaux sont également annoncés à Koulikoro, San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro et Bandiagara.

Ces quinze opérations seront financées sur le budget national, selon le compte rendu de la séance. Le montant affecté séparément à chaque établissement et le calendrier des travaux n’ont pas été communiqués.

La Commission des finances du CNT a par ailleurs demandé au gouvernement de l’informer de toute ouverture de crédits par décret d’avance. Elle recommande également la publication périodique des ressources obtenues grâce à la cession de bâtiments appartenant à l’État.

Le vote du 22 octobre approuve ainsi la nouvelle enveloppe budgétaire et les changements de recettes et de dépenses. L’exécution des crédits consacrés aux hôpitaux, à la sécurité, à la CMDT et aux fonds miniers apparaîtra dans les prochains états d’exécution du budget.

Situation sécuritaire : l’armée dresse un nouvel état des lieux

Selon la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), les Forces armées maliennes (FAMa) ont mis hors d’état de combattre plus de 4 880 combattants de groupes armés, détruit plus de 162 bases, 315 véhicules pick-up et 1 300 motocyclettes entre mai et le 20 octobre 2026. Lors d’un point de presse tenu ce vendredi 23 octobre 2026, la DIRPA a également fait état de la consolidation du dispositif militaire à Kidal et de la poursuite des opérations sur les trois théâtres d’intervention.

La Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a tenu son traditionnel point de presse consacré à la situation sécuritaire, aux opérations menées et à celles en cours sur l’ensemble du territoire. La consolidation des positions militaires à Kidal constitue l’un des faits marquants de la période. Selon le Directeur de la DIRPA, le Colonel-major Bakary Bocar Maïga, l’offensive lancée le 6 octobre dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko » a permis aux FAMa de renforcer leur dispositif dans la ville et ses environs. Cette opération s’inscrit dans une campagne visant à consolider les points d’appui, acheminer les moyens nécessaires aux unités et empêcher les groupes armés de se réorganiser.
Le responsable a également fait état du maintien des positions de l’armée à Anéfis, considéré comme un point d’appui pour la poursuite des opérations. Dans cette partie du pays, les actions de sécurisation et de ratissage se poursuivent à Kidal, Talhandak, Tessalit, Inafarak et Ménaka. Selon la DIRPA, l’état-major poursuit la sécurisation des zones concernées et des services sociaux de base, avec pour objectif de favoriser le retour progressif des populations déplacées par les violences.
Sur le plan aérien, le bilan présenté fait état de 1 887 missions de surveillance et de suivi ainsi que de 791 frappes sur l’ensemble des théâtres entre mai et septembre 2026. Du 1er au 20 octobre, plus de 65 frappes supplémentaires ont été recensées par la DIRPA.
Dans la zone centrale, les opérations combinent frappes aériennes, reconnaissances offensives et patrouilles terrestres. Au total, 16 frappes ont été menées dans le cadre de trois actions aériennes dans les secteurs de Sofara, au nord-est de San, et de N’Daki. Selon le bilan communiqué, plus de 200 combattants ennemis ont été mis hors d’état de combattre, tandis que dix véhicules et 95 motocyclettes ont été détruits.
Des missions d’escorte et d’assistance aux populations ont également été conduites, notamment à Saye et au profit de l’école fondamentale de Mondoro.
Au Sud, l’effort militaire porte notamment sur la sécurisation des axes routiers et la protection des approvisionnements. Sur l’axe Kadiana-Bamako, 2 556 citernes ont été escortées les 13, 20 et 27 septembre. À Bafoulabé, les FAMa déclarent avoir assuré 656 passages de véhicules.
Le renforcement des effectifs constitue un autre volet du bilan présenté par l’institution militaire. L’École des sous-officiers de Banankoro a formé 548 nouveaux sous-officiers, tandis que près de 2 700 recrues issues des formations communes de base ont rejoint les rangs de l’armée.
Par ailleurs, 2 400 jeunes, dont 800 femmes, ont achevé six mois de formation militaire et civique dans le cadre de la septième cohorte du Service national des jeunes.
Joseph Amara Dembélé

Benson Diakité, une grande voix des médias s’éteint

Le journaliste et communicant  Abdoulaye Benson Diakité est décédé ce vendredi 23 octobre 2026 à Bamako. Ancien animateur de Radio France Internationale (RFI), il laisse derrière lui plusieurs décennies de présence dans les médias, la communication institutionnelle et la culture.

Ses obsèques sont prévues ce vendredi après la prière à Missabougou. Sa disparition marque celle d’une figure connue de plusieurs générations de professionnels des médias au Mali et au-delà.
Parcours
Natif de Bancoumana, dans le Mandé, Abdoulaye Benson Diakité avait d’abord embrassé l’enseignement avant de rejoindre les médias. Son parcours radiophonique commence au Gabon, où il passe par Africa N°1 avant de travailler à la Radio Télévision Gabonaise. Il poursuit ensuite son chemin en France, entre médias et communication culturelle.
C’est surtout à RFI que sa voix devient familière à un large public africain. Journaliste-animateur de 1994 à 2009, il participe notamment à *Plein Sud*, aux côtés d’Amobé Mévégué, et présente plusieurs programmes consacrés aux sociétés africaines, à la culture et aux diasporas. En juillet 2009, RFI retraçait son parcours, de Bancoumana aux studios parisiens de la radio internationale.
Communication
De retour au Mali, Benson Diakité met aussi son expérience au service de la communication institutionnelle. Il est nommé conseiller technique au Secrétariat général de la Présidence de la République en janvier 2010, puis conseiller spécial du Président Amadou Toumani Touré en août 2011. Il occupera également, quelques années plus tard, les fonctions de conseiller à la communication du Président de l’Assemblée nationale.
Il n’avait pourtant jamais véritablement quitté les médias. Ces dernières années, TM1 constituait l’un des espaces où il continuait à partager son expérience et son regard sur l’actualité. Présent dans des émissions de débat de la chaîne, il y apportait le recul d’un journaliste ayant connu aussi bien les grandes rédactions internationales que les réalités politiques, sociales et culturelles maliennes. Pour les plus jeunes professionnels, sa présence représentait aussi une forme de transmission d’une expérience accumulée au fil de plusieurs décennies.
Benson Diakité était également resté actif dans le domaine culturel. En 2014, il avait notamment porté le Festi’Bazin, projet destiné à promouvoir le bazin malien, ses créateurs et les métiers qui l’entourent. Il expliquait alors avoir retrouvé sa « famille d’origine », le journalisme et les activités culturelles.
De Bancoumana à RFI, de la communication présidentielle aux plateaux de TM1, Benson Diakité aura ainsi traversé plusieurs époques du paysage médiatique sans se détourner de ce qui avait façonné son parcours à savoir transmettre, donner la parole et partager son expérience.
À l’occasion de cette douloureuse disparition, Journal du Mali rend hommage au parcours exceptionnel de Benson Diakité, à son engagement dans les médias, la communication et la culture, ainsi qu’à sa contribution à la transmission du métier. La rédaction présente ses condoléances les plus attristées à sa famille, à ses proches, à ses confrères et à tous ceux qui l’ont côtoyé. Nos pensées pieuses et émues les accompagnent en ces moments de deuil.

Yelen : La plateforme qui met les petits commerçants francophones en ligne

Vendre sur WhatsApp, Tiktok ou Instagram est devenu courant en Afrique francophone, mais encaisser les paiements et suivre les commandes reste compliqué. C’est de ce constat qu’est née Yelen, une jeune entreprise lancée en juin 2025 par Ibrahima Sylla, avec son cofondateur Christian Okoth.

L’idée est venue de conversations avec des vendeurs qui évoquaient leurs difficultés à encaisser leurs paiements et à gérer leurs ventes entre WhatsApp, Tiktok et Instagram. Yelen propose donc de créer une boutique en ligne sans écrire une ligne de code. Le besoin est réel. En Afrique francophone, les PME représentent plus de 90% des entreprises, mais moins de la moitié vendent en ligne, selon TechCabal.

Pour la livraison, les commerçants gèrent eux-mêmes les envois locaux, tandis que l’expédition internationale passe par un partenariat avec DHL. La plateforme prend aussi en charge les paiements mobiles transfrontaliers et s’intègre aux systèmes de paiement locaux, un gage de confiance pour les acheteurs comme pour les vendeurs. Son modèle économique combine abonnements et frais sur les transactions.

Les premiers résultats sont encourageants. Depuis son lancement, Yelen affirme avoir intégré plus de 3 000 vendeurs et traité environ 40 000 dollars de transactions. Elle s’appuie surtout sur la Côte d’Ivoire, où le commerce en ligne a généré 534 millions de dollars de revenus en 2024 et où se concentrent 70% de ses utilisateurs.

Selon Techpoint Africa, la start-up opère dans des régions francophones comme le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Mali, le Bénin, le Niger et le Gabon, et ses utilisateurs se répartissent sur dix marchés, dont la République démocratique du Congo.

Ibrahima Sylla n’en est pas à son premier projet. Techpoint Africa le présente comme un ancien de Google et d’Anka, et rapporte qu’un produit précédent avait gagné une certaine traction avant qu’il ne juge le marché pas prêt. Le média décrit Yelen comme un Shopify pour les vendeurs des réseaux sociaux, mais le fondateur assure que la plateforme s’en distingue fondamentalement.

Son ambition affichée est de devenir l’infrastructure du commerce en ligne pour les vendeurs sociaux. Dans une région où le commerce passe beaucoup par les discussions en ligne, Yelen entend bâtir les rails qui soutiendront la croissance du secteur.

Ibrahim Baby

UFOA-A U20 : Un échec aux causes multiples pour les Aiglons

Éliminés après seulement deux rencontres du tournoi UFOA-A U20 2026, les Aiglons ne participeront pas à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de la catégorie. Au-delà des insuffisances constatées sur le terrain, cette désillusion suscite des interrogations sur les choix techniques et les critères de sélection des joueurs.

Deux matchs, deux défaites sur le même score (0-1) et aucun but inscrit. Le bilan des Aiglons dans le tournoi qualificatif organisé à Bamako est loin des ambitions affichées. Battus par la Guinée le 15 octobre, puis par la Gambie trois jours plus tard, les hommes de Mamoutou Kané dit Mourlé ont prématurément abandonné leurs espoirs de qualification.

Sur le terrain, les difficultés offensives ont particulièrement pesé. Face aux Guinéens comme face aux Gambiens, les Juniors maliens ont éprouvé des difficultés à construire leurs actions et à déséquilibrer les défenses adverses. Malgré les changements opérés par le staff technique, l’équipe n’a jamais réussi à trouver la solution.

Des choix qui interrogent

Outre les insuffisances techniques et tactiques, cette élimination ravive le débat sur la composition des sélections nationales de jeunes. Certains observateurs s’interrogent sur les critères de choix des joueurs et sur la place accordée aux performances individuelles en clubs et dans les académies.

Toutefois, les résultats décevants ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que les meilleurs éléments ont été écartés. La constitution d’une sélection répond également à des exigences de complémentarité, d’équilibre entre les postes et d’adaptation au projet de jeu du sélectionneur.

Après la défaite contre la Gambie, Mamoutou Kané a assumé sa responsabilité dans l’élimination, tout en défendant ses choix. « Oui, je suis le principal responsable de cette élimination du Mali. Je ne regrette pas mes choix, l’équipe avait toute ma confiance », a déclaré le technicien qui avait conduit le Mali au sacre à la CAN U20 2019.

Cette contre-performance lui a finalement coûté son poste. Dans un communiqué publié le 20 octobre, la FEMAFOOT a annoncé avoir reçu sa démission, à l’issue d’échanges avec le Président du Comité exécutif. L’instance prévoit également une réorganisation de l’encadrement technique et du processus de sélection des équipes nationales de jeunes.

Cette nouvelle désillusion, quelques semaines après l’élimination des U17, appelle une réflexion sur les méthodes de détection et de sélection, mais aussi sur la capacité des encadrements techniques à tirer le meilleur parti des talents maliens disponibles.

 

Finances publiques : le budget 2026 ajusté pour soutenir la santé

Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté à l’unanimité, ce jeudi 22 octobre 2026, le projet de loi modifiant le budget de l’État pour l’exercice 2026. Le texte doit notamment contribuer au financement du programme de construction et de transformation de 15 infrastructures sanitaires à travers le pays.

Le budget rectifié doit permettre de renforcer le dispositif sanitaire à travers des investissements financés sur ressources nationales. Réunis en séance plénière au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les membres du Conseil national de Transition ont approuvé à l’unanimité le projet de loi modifiant la Loi de finances 2026, par 121 voix pour.
Défendu par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, le texte, adopté en Conseil des ministres le 3 juillet dernier, intègre notamment le financement d’un programme portant sur 15 infrastructures sanitaires.
Le programme prévoit la transformation des centres de santé de référence (CSRéf) des six communes de Bamako en hôpitaux de district modernes. Deux nouveaux hôpitaux de district sont également prévus à Kangaba et à Bla.
La liste comprend aussi sept hôpitaux régionaux à Koulikoro, San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro et Bandiagara. Ces investissements doivent renforcer les capacités d’accueil et améliorer l’accès aux soins dans plusieurs localités du pays.
Le financement de ces infrastructures est assuré sur le budget national. Toutefois, aucune précision n’a été donnée lors de la séance sur le montant global consacré à ces projets ni sur le calendrier de réalisation des travaux.
Des exigences de suivi
Au cours de l’examen du texte, la Commission des Finances, de l’Économie, du Plan, de la Promotion du Secteur privé et des Industries a formulé deux recommandations à l’endroit du gouvernement.
La première porte sur les crédits supplémentaires ouverts par décrets d’avance. La Commission demande aux autorités d’informer sans délai le Parlement de ces ouvertures de crédits, puis de soumettre un projet de loi de finances portant ratification dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire, conformément à la loi organique relative aux lois de finances du 15 août 2025.
La seconde recommandation concerne les recettes issues de la cession des bâtiments de l’État. La Commission souhaite que la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGABE) produise des états périodiques permettant de suivre les ressources générées par ces opérations.
Présidée par Malick Diaw, cette séance plénière s’inscrit dans les travaux de la session ordinaire d’octobre du CNT. L’adoption du texte permet les ajustements budgétaires nécessaires à la poursuite des investissements prévus, notamment dans le secteur de la santé.
Joseph Amara Dembélé

AES – CEDEAO : Quel avenir pour la coopération ?

Le dialogue engagé à Dakar le 17 octobre doit donner un cadre durable aux relations entre l’AES et la CEDEAO. La circulation des personnes, le commerce et la sécurité appellent des engagements concrets entre les deux ensembles.

La séparation institutionnelle n’a pas effacé les interdépendances. Depuis le retrait effectif du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, le 29 janvier 2025, les pays des deux ensembles continuent de partager des corridors commerciaux, des mouvements de populations et des défis sécuritaires. Il s’agit désormais d’organiser cette proximité dans un cadre différent de celui qui prévalait avant la rupture.

Dans le prolongement des consultations du 22 mai 2025 à Bamako, les ministres réunis à Dakar le 17 octobre ont décidé de constituer des groupes de travail thématiques conjoints, chargés de préparer un accord-cadre de coopération. Leurs conclusions seront soumises aux Exécutifs. Le communiqué conjoint renvoie la date et le lieu de la prochaine rencontre à des consultations diplomatiques.

Changement de méthode

Pour l’analyste politique Amadou Haidara, cette évolution marque le passage progressif « d’une logique de rupture et de confrontation politique à une logique de coexistence institutionnelle et de coopération pragmatique ». Il y voit aussi un changement dans l’approche de la CEDEAO, désormais appelée à définir ses relations avec une organisation distincte.

Cette analyse est partagée par Bakary Sambe, Président-fondateur du Timbuktu Institute. Le chercheur évoque « un tournant de méthode plus que de fond ». À ses yeux, les divergences sur les transitions politiques, l’architecture sécuritaire et les questions monétaires demeurent, mais le dialogue s’inscrit désormais dans un processus formalisé.

Des divergences à surmonter

Les obstacles sont d’abord politiques et institutionnels. La CEDEAO est attachée à la défense de l’ordre constitutionnel et aux règles communautaires, tandis que l’AES met en avant la souveraineté des États et l’autonomie des choix stratégiques.

Selon M. Haidara, ces orientations « ne sont pas nécessairement incompatibles », mais elles peuvent compliquer les discussions sur la gouvernance régionale, la sécurité et les partenariats internationaux.

S’y ajoute la question du statut de la Confédération. Lors des concertations préparatoires du 16 octobre à Ouagadougou, l’AES a insisté sur la reconnaissance de sa personnalité juridique et institutionnelle. La reconstruction de la confiance, affectée par les tensions autour des transitions politiques et des sanctions, constitue un autre défi.

Intérêts convergents

Les interdépendances économiques et humaines offrent un terrain d’entente. Les échanges avec les États côtiers restent essentiels aux économies sahéliennes. Le 18 octobre à Dakar, des représentants de la diaspora de l’AES ont évoqué les difficultés liées aux documents administratifs et aux passages aux frontières. Pour Amadou Haidara, les facilités de circulation et de commerce maintenues après le retrait doivent être transformées en engagements réciproques, stables et juridiquement encadrés.

La sécurité offre également un terrain de coopération. « La sécurité de l’un est indissociable de celle de l’autre », souligne Bakary Sambe, qui préconise notamment une coordination des États-majors et un meilleur partage du renseignement.

À Dakar, Mamadou Tangara, Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a défendu une « coopération fonctionnelle » concernant notamment la sécurité, le commerce, la transhumance et le climat.

Perspectives de rapprochement

Trois trajectoires se dessinent pour l’après Dakar, selon Amadou Haidara. La première repose sur une coopération sectorielle, avec des accords pratiques sur la mobilité, le transit ou la sécurité frontalière. Les deux organisations pourraient ainsi répondre aux besoins immédiats des populations sans attendre de surmonter l’ensemble de leurs désaccords politiques.

Le deuxième scénario serait celui d’un partenariat plus structuré, encadré par un accord-cadre instituant des mécanismes permanents de concertation, de suivi et des réunions régulières. Une telle formule permettrait, selon M. Haidara, de stabiliser les relations tout en préservant l’autonomie des deux ensembles.

Enfin, l’analyste n’exclut pas un ralentissement des négociations, en raison des divergences sur les compétences respectives, les engagements sécuritaires ou la gouvernance régionale. Les groupes de travail pourraient alors prolonger les discussions sans parvenir rapidement à des décisions applicables.

Pour notre interlocuteur, la mise en place de ces groupes de travail ne préjuge pas de l’issue des négociations. « C’est une avancée procédurale, mais les véritables compromis restent à construire », souligne-t-il.

Mohamed Kenouvi 

Microfinance : Financer l’économie au plus près

Ouverte le 20 octobre au CICB, la 9ème Semaine de la Microfinance se poursuit jusqu’au 23. Derrière les chiffres se pose la question concrète du financement d’une boutique, d’une campagne agricole ou d’un petit atelier lorsque les banques classiques restent difficiles d’accès.

Kafa Traoré, Directeur général de Nyeta Musow Mopti, résume l’ambition du secteur en affirmant que « toute personne qui a une bonne idée peut se faire financer ». Dans la pratique, l’idée doit aussi devenir un projet viable, capable de supporter les échéances, le coût du crédit et les garanties demandées.

Le secteur pèse déjà dans l’économie. Fin 2025, le Mali comptait 116 systèmes financiers décentralisés et environ 1,6 million de clients. Les dépôts avaient atteint 184,4 milliards de francs CFA, en hausse de 11,7% sur un an, tandis que l’encours des crédits s’était établi à 209,9 milliards, en progression de 2,4%, selon les données présentées par l’APSFD-Mali. Les créances en souffrance avaient reculé de 13,7%, à 13,2 milliards. En 2025, plus de 40 000 nouveaux membres avaient rejoint ces institutions financières.

Cette évolution révèle un contraste. L’épargne augmente près de cinq fois plus vite que le crédit. L’écart ne signifie pas que l’argent reste immobile, puisque les institutions utilisent aussi des ressources de refinancement. Cet écart invite à examiner comment les institutions de microfinance peuvent transformer davantage de ressources en crédits productifs sans se fragiliser.

Des produits adaptés aux activités

Le panel du 21 octobre devait précisément examiner le financement de l’agriculture, des PME-PMI et du secteur informel. Pour un producteur, un crédit utile doit suivre le calendrier de la campagne. Pour une commerçante, les remboursements doivent rester compatibles avec des recettes souvent irrégulières.

Aïssata Dicko Diallo, Directrice générale de Nyogondèmè Soba, souhaite que la rencontre permette de « trouver des solutions » et des « produits adaptés » avec les clients. Cette écoute peut aider à éviter des offres standardisées, mal ajustées aux revenus ruraux ou aux petites activités.

Les discussions du 22 octobre porteront sur la continuité des services dans les zones d’insécurité et sur la digitalisation. Les opérations mobiles peuvent réduire les déplacements et les coûts, mais nécessitent réseau, sécurité informatique et accompagnement des usagers.

La feuille de route attendue devra répondre aux questions de refinancement, de garanties et de tarification. Son utilité se vérifiera dans la capacité des institutions à rendre le crédit plus accessible sans exposer l’épargne de leurs clients.

 

Octobre Rose : des réseaux sociaux au dépistage

Après une campagne numérique consacrée aux cancers féminins, Solidaris223 a réuni professionnels de santé et associations à Bamako. La rencontre a également permis de dépister 48 femmes et de vacciner 30 filles contre le HPV.

La 7ᵉ conférence annuelle de Solidaris223 s’est tenue le 17 octobre 2026 à l’Azalaï Hôtel Bamako. Les communications sur la prévention ont été accompagnées d’une séance gratuite de dépistage du cancer du col de l’utérus et d’une vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).
Parmi les 48 femmes dépistées, trois ont présenté des résultats nécessitant des examens complémentaires. Elles ont été orientées vers les services de santé pour un suivi. Trente filles âgées de 10 ans ont, de leur côté, reçu le vaccin contre le HPV.
Présidente de Solidaris223, Amina Dicko a présenté le bilan de la campagne numérique menée du 1er au 15 octobre avec SankoréLabs et le Collectif des associations de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Selon les chiffres communiqués, les contenus ont touché 954 955 personnes, enregistré près de 1,9 million de vues et suscité plus de 80 000 interactions. La campagne a circulé au Mali et dans plusieurs autres pays africains.
Les cancers du sein et du col de l’utérus restent les plus fréquents chez les Maliennes. Selon les estimations de GLOBOCAN 2024, le pays aurait enregistré 2 554 nouveaux cas de cancer du sein et 1 217 décès. Pour le cancer du col de l’utérus, 2 042 nouveaux cas et 1 242 décès sont estimés sur la même période. Ensemble, ces deux maladies représentent un peu plus de la moitié des nouveaux cancers recensés chez les femmes.
Vaccination
Les échanges ont largement porté sur la vaccination contre le HPV, introduite dans le Programme élargi de vaccination en novembre 2024. Elle est gratuite pour les filles de 10 ans et disponible dans les centres de santé. Des agents de santé peuvent également se déplacer dans les écoles et les communautés.
Cette gratuité facilite l’accès à un vaccin dont une dose était estimée à environ 150 000 francs CFA dans les officines privées lors de son introduction, selon Gavi. Entre janvier et septembre 2025, plus de 145 000 filles de 10 ans avaient été vaccinées. Parmi elles figuraient environ 32 400 filles non scolarisées.
Le professeur Ibrahim Téguété a expliqué le rôle du HPV dans l’apparition du cancer du col de l’utérus et l’intérêt de vacciner les filles avant une éventuelle exposition au virus. Une dose est administrée à la plupart des bénéficiaires. Les filles immunodéprimées doivent en recevoir une seconde six mois plus tard. La vaccination ne remplace toutefois pas le dépistage à l’âge adulte.
Proximité
Une partie des discussions a concerné les réticences de certains parents, les fausses informations sur le vaccin et les difficultés à atteindre les filles qui ne fréquentent pas l’école. Les organisations de la société civile ont été invitées à travailler avec les agents de santé, les familles et les responsables communautaires pour mieux expliquer la vaccination.
Amina Dicko a insisté sur la continuité de ce travail. « Aucune femme ne devrait affronter la maladie seule », a-t-elle déclaré. Elle souhaite que les associations participent davantage à l’information, à l’orientation des malades et à l’accompagnement des familles.
Solidaris223 annonce la poursuite de ses activités de sensibilisation, de dépistage et de vaccination dans plusieurs localités. Une nouvelle séance de suivi est prévue en février 2027.

Corruption en Afrique : Une lutte entravée

En Afrique, la lutte contre la corruption repose sur des dispositifs nationaux, continentaux et internationaux. Malgré ces cadres, les faiblesses institutionnelles et les ingérences politiques freinent encore l’atteinte des résultats.

La protection des ressources publiques figure parmi les objectifs de cette lutte. Elle doit préserver les fonds destinés aux écoles, aux hôpitaux et aux autres services essentiels, en associant prévention, contrôle et sanctions.

Parmi les instruments continentaux figure la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée en 2003 à Maputo. Son Conseil consultatif recueille des informations sur la corruption, conseille les gouvernements et suit l’application des engagements des États parties.

Issu du NEPAD, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) permet également aux États volontaires d’examiner leur gouvernance politique, économique et institutionnelle.

À l’échelle internationale, la Convention des Nations unies contre la corruption encadre la prévention, l’incrimination des faits, la coopération entre États et la restitution des avoirs issus de la corruption.

Dans plusieurs pays, des autorités spécialisées conduisent des enquêtes et des actions de sensibilisation. La déclaration de patrimoine de certains responsables publics, le contrôle des marchés et la publication des informations budgétaires font partie des instruments de prévention.

Des résultats encore limités

Leur efficacité suppose toutefois une justice capable d’instruire les dossiers et de juger les infractions sans ingérence politique. Le contrôle citoyen, porté notamment par les médias et les organisations de la société civile, contribue aussi à signaler les abus et à demander des comptes. La protection des personnes qui dénoncent ces pratiques est également nécessaire pour prévenir les représailles et encourager les signalements.

L’ampleur des pertes est préoccupante. Dans son rapport de 2020, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement estimait à 88,6 milliards de dollars par an les sorties illicites de capitaux d’Afrique, soit 3,7% du PIB continental. Cette estimation couvre des pratiques plus larges que la seule corruption.

Selon Transparency International, l’Afrique subsaharienne obtient un score moyen de 32 sur 100 dans l’Indice de perception de la corruption 2025, contre 42 au niveau mondial. Elle est la région la moins bien classée. Plus le score est faible, plus la corruption du secteur public est perçue comme élevée.

Les obstacles demeurent nombreux. Le manque d’indépendance judiciaire réduit la portée des poursuites, tandis que l’insuffisance des moyens et de l’expertise affaiblit les institutions de contrôle. Les engagements politiques produisent peu d’effets lorsqu’ils restent sans application. Les conflits et l’instabilité compliquent également la continuité des réformes et le fonctionnement des administrations.