Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Bamako mérite mieux
À Bamako, se déplacer relève encore trop souvent de l’improvisation. Sotrama, taxis jaunes, moto-taxis et véhicules particuliers assurent l’essentiel d’un service qui devrait pourtant relever d’une véritable politique publique de mobilité. Chacun comble un vide, mais l’ensemble produit embouteillages, arrêts anarchiques, concurrence désordonnée et insécurité pour les usagers.
COP31 : Financer l’adaptation au Mali
La COP31 s’ouvre le 9 novembre à Antalya, un mois après l’annonce de nouveaux objectifs climatiques par le Mali. Pour les producteurs et les communes, l’accès aux financements conditionne des réponses concrètes : mieux anticiper les pluies, protéger les récoltes et préserver les ressources en eau.
Mobile Money : Les plafonds relevés depuis le 2 novembre
Depuis le 2 novembre, les utilisateurs de Mobile Money au Mali sont soumis à de nouvelles règles. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a relevé les plafonds de monnaie électronique et renforcé l’encadrement des transferts entre particuliers via la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (PI-SPI).
Extrémisme violent : quel rôle pour les religieux
Remis au Premier ministre le 29 octobre, le Document de Bamako propose une contribution religieuse à la prévention de l’extrémisme violent. Formation des Imams, guides de prêches et radios constituent des relais déjà expérimentés au Mali, où l’insécurité complique les interventions auprès des populations.
Réformes UEMOA : 149 textes soumis à la revue annuelle
La phase technique de la douzième revue annuelle commence le 4 novembre à Bamako. L’exercice examinera l’application des règles communautaires et l’avancement des projets financés au niveau régional.
Kangaba : six morts dans l’effondrement d’une galerie
Six orpailleurs de nationalité burkinabè ont péri le 30 octobre sur un site de la commune de Nouga. Les autorités locales se sont rendues sur les lieux avec les services de sécurité, de secours et de protection de l’environnement.
Sommet Russie–Afrique : 146 textes et un nouveau plan d’action
Le troisième sommet Russie–Afrique s’est achevé le 29 octobre à Moscou avec l’adoption d’un plan d’action pour 2027-2029. Les documents publics montrent des avancées concrètes depuis 2019, mais aussi un objectif commercial resté hors d’atteinte.
Une Zahra : des cheveux crépus à l’entrepreneuriat culturel
Créatrice de contenu malienne installée au Canada, Nana Zahra Haidara, connue sous le nom d’Une Zahra, s’est fait connaître en parlant de cheveux crépus, de soins naturels et d’acceptation de soi. Quelques années plus tard, cet univers numérique s’étend à des programmes capillaires, des activités de transmission et une marque de bijoux inspirée des héritages africains.
Journalistes : le 2 novembre entre mémoire et attente de justice
La Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes trouve son origine dans l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal. Treize ans après les faits, leur dossier reste ouvert tandis que plusieurs journalistes maliens enlevés ou disparus attendent toujours que leur sort soit établi.
Journalisme en Afrique : précarité, menaces et autocensure
Précarité salariale, absence de protection sociale, menaces et autocensure pèsent sur l’exercice du journalisme en Afrique. Un rapport de la Fédération des journalistes africains (FAJ), présenté le 25 octobre à Addis-Abeba, dresse un état des lieux à partir d’une enquête menée auprès de 1 586 professionnels dans 45 pays.
Ligue 1 Pro Orange : Le championnat reprend ses droits
Initialement prévu le 10 octobre 2026, le coup d’envoi de la Ligue 1 Pro Orange 2026-2027 sera donné ce samedi 31 octobre. Après un premier report demandé par les clubs, les quatorze formations de l’élite s’apprêtent à retrouver la compétition, avec plusieurs affiches intéressantes dès la première journée.
Quatorze ans après la dernière participation d’un club de Kayes au championnat national, la ville retrouve l’élite du football malien. Cette fois, elle sera représentée par l’AS Kayes, qui découvre la Ligue 1 pour la première fois de son histoire. Le promu accueillera l’US Bougouba le 31 octobre en match d’ouverture de la saison.
La reprise intervient trois semaines après la date initialement retenue. Le report, officialisé le 6 octobre par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), avait été sollicité par les clubs, dont plusieurs joueurs étaient mobilisés pour le tournoi UFOA-A U20 organisé à Bamako.
Des affiches relevées d’entrée
Sur le plan sportif, le Djoliba AC abordera l’exercice dans la peau du Champion sortant. Sacrés avec 59 points la saison dernière, les Rouges tenteront de conserver leur couronne face à une concurrence emmenée par le Stade malien, deuxième avec 50 points, et l’AS Réal, troisième avec 49 unités. Le FC Diarra, quatrième du précédent championnat, voudra également confirmer sa progression.
Le calendrier de la première journée réserve d’ailleurs deux oppositions de premier plan. L’AS Réal accueillera le Stade malien le 1er novembre dans un duel entre prétendants au titre. Le lendemain, le FC Diarra sera opposé au Djoliba AC pour des retrouvailles après leur confrontation en Supercoupe, remportée par les Rouges début octobre.
Les autres rencontres mettront aux prises Binga FC et l’USFAS, ainsi que l’AS Bakaridjan et Afrique Football Élite, le 1er novembre. L’ASKO affrontera Derby Académie le 2, tandis que les Onze Créateurs de Niaréla recevront l’autre promu, le Centre sportif de Bamako.
Pour les deux promus, l’enjeu sera surtout de réussir leurs premiers pas dans l’élite. L’AS Kayes et le Centre sportif de Bamako devront rapidement trouver leurs repères face à des adversaires plus expérimentés, avec pour première ambition d’assurer leur maintien.
Outre les résultats, cette reprise s’accompagne de nouvelles attentes sur le plan organisationnel. La FEMAFOOT a porté de 25 à 40 millions de francs CFA la subvention annuelle accordée à chaque club. Ce soutien supplémentaire intervient alors que la professionnalisation continue de soulever des questions de financement, d’infrastructures et de gestion.
Mohamed Kenouvi
Pakenzy : Un rap métissé sur la scène malienne
De son vrai nom Moriba Coulibaly, Pakenzy a fait ses premiers pas dans la musique en 2016, au sein du groupe ACI Gang (AG), avant d’entamer une carrière solo en 2019. Depuis, il enchaîne les singles, de Société en mars 2024 à Loloni en octobre 2026, avec notamment Diarabi, Mankan, Kolo Kolo et Oh My Baby. Il construit ainsi son répertoire et son public.
Dans une scène malienne où les jeunes artistes doivent se distinguer face à une offre musicale abondante, Pakenzy mise sur un positionnement hybride. Ses titres naviguent entre hip-hop, rap et afrobeat sur les plateformes. Lui revendique aussi des influences R&B, amapiano, afro-mandingues et traditionnelles. Sa particularité tient à cette combinaison, pensée pour toucher un public jeune sans rompre avec les références maliennes.
Cette ouverture nourrit sa manière de composer. Pakenzy cherche des morceaux accessibles et dansants, mais attachés aux réalités de sa génération. Son titre Oh My Baby a même franchi les frontières maliennes en apparaissant en octobre dans le classement Shazam en Côte d’Ivoire. Une présence encore modeste, mais qui traduit un début d’audience hors du Mali.
Des collaborations pour avancer
Le rappeur s’est aussi rapproché d’autres artistes pour élargir son univers. Il a enregistré Diarabi avec Sadio Sidibé en juillet 2024, puis FAMA en janvier 2025. Il compte également des collaborations avec Dr Keb et MS2. « Cette expérience m’a appris la patience, la persévérance et l’importance de la constance. J’ai compris que construire une carrière demande du temps, de la passion et une véritable connexion avec les gens », confie-t-il.
Pakenzy évolue aujourd’hui de manière indépendante, sans être rattaché à un label. Il travaille étroitement avec le beatmaker Wippa Beat et son équipe. Cette autonomie lui laisse sa liberté artistique mais lui impose aussi de construire sa visibilité dans un secteur où les sorties se multiplient rapidement.
L’image et la scène comptent également dans son approche. Le jeune artiste soigne ses apparitions, privilégiant l’élégance et une attitude maîtrisée. À l’heure où clips, réseaux sociaux et performances participent à la carrière musicale, il cherche à installer une identité reconnaissable sans forcer son personnage.
Ses chansons parlent surtout de jeunesse, de relations amoureuses, de séduction, de passion et de trahison. Pakenzy veut y raconter les comportements et les contradictions de son époque. « Cela peut nous rendre heureux, nous faire rêver, mais aussi nous enseigner de grandes leçons de vie », résume-t-il.
Ali Sankaré
Dominique KOUADIO: « À la date du 23 octobre, le nombre de nouveaux déplacés enregistrés avait atteint environ 3 500 personnes ».
Environ 3 500 nouveaux déplacés avaient été enregistrés à Macina au 23 octobre, selon Médecins Sans Frontières (MSF). Dans cet entretien écrit daté du 26 octobre 2026, le chef de mission OCP de l’organisation, Dominique KOUADIO, décrit les conditions d’accueil, les besoins sanitaires et les interventions de ses équipes.
Dr Traoré Aminata Simpara : « Le sous-financement de la réponse humanitaire a des conséquences directes sur la capacité collective des acteurs à couvrir les besoins ».
Présente à Macina à travers une équipe mobile intégrée, AMSODE intervient auprès des personnes déplacées et des communautés d’accueil. Dans cet entretien à Journal du Mali, Dr Traoré Aminata Simpara, coordinatrice Santé et Nutrition de l’organisation, détaille les interventions menées, les contraintes de l’assistance humanitaire et les besoins qui restent à couvrir.
Consommer local : Entre prix élevés et faible transformation
Créer davantage de valeur en transformant sur place figure parmi les objectifs du Mois du consommer local, célébré en octobre dans l’espace UEMOA. Au Mali, cette campagne coïncide avec le Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Entre prix, disponibilité et accès aux produits, l’achat local peine encore à devenir un réflexe durable.
Les autorités veulent faire de cette campagne un levier de croissance et de souveraineté économique. Le potentiel est important avec le coton, les céréales, les fruits, les légumes et le bétail. Mais la transformation reste limitée. Selon une cartographie du PNUD publiée en 2025, la transformation agroalimentaire ne contribuait qu’à 6,1% du PIB en 2021, laissant une part de la valeur ajoutée hors du pays.
La dépendance aux achats extérieurs persiste. En 2025, les importations de produits alimentaires agricoles ont totalisé près de 495 milliards de francs CFA, d’après les bulletins de l’INSTAT. Une facture qui montre la marge disponible pour les producteurs et transformateurs maliens.
Manque à gagner
En septembre 2026, l’indice des prix à la consommation est resté stable à 109,5 par rapport à août, selon l’INSTAT. Sur trois mois, les prix ont progressé de 1,4% et de 3,4% sur un an.
La provenance fait apparaître des évolutions différentes. En septembre, les prix des produits locaux ont reculé de 0,2%, tandis que ceux des produits importés ont augmenté de 0,6%. Sur un an, la hausse atteint 3,9% pour les produits locaux, contre 2,5% pour les produits importés.
Le prix n’explique pas tout. Abdel Rahamane Sy, Président de l’Association des Jeunes pour la Valorisation du coton, cite la qualité, la présentation, la sensibilisation et les circuits de distribution parmi les conditions pour rendre les produits maliens accessibles et compétitifs.
Hélène N’Diaye, Présidente du Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne, récuse l’idée d’un produit local systématiquement plus cher. « Le produit local n’est pas cher, c’est le produit importé qui est faussement bon marché », affirme-t-elle.
Son réseau mise sur les marchés de proximité pour réduire les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. La transformation, la présentation et une meilleure valorisation des produits doivent aussi permettre d’élargir la clientèle.
Le coton résume ce décalage. Selon l’OMC, environ 98% du coton produit dans les pays du C-4+ est exporté sous forme de fibre brute. Le Mali ambitionne d’en transformer localement au moins 10% afin de conserver davantage de valeur ajoutée et d’emplois dans le pays.
Abdoulaye Yaro : « Il faut faire confiance aux jeunes »
Expert en management stratégique, en développement organisationnel et en conduite du changement, Abdoulaye Yaro vient de publier son ouvrage « Investir dans la jeunesse ». Il y défend une jeunesse plus engagée et responsabilisée. Dans cet entretien, il revient sur ses motivations, l’importance du leadership et la responsabilité des décideurs. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi
Pourquoi avoir consacré un livre à l’investissement dans la jeunesse ?
La jeunesse constitue l’essentiel de notre population. Plus de 74% des Maliens ont moins de 30 ans et l’âge moyen est de 21 ans et demi. Si nous voulons progresser, nous devons renforcer nos efforts en direction des jeunes. Ce livre s’appuie sur près de vingt ans d’engagement, d’abord comme leader d’organisations de jeunes, puis comme porteur d’initiatives destinées à valoriser leur place dans la société. L’objectif est de les encourager à construire le présent et à assumer des responsabilités pour l’avenir.
Vous insistez sur le leadership. Comment les jeunes peuvent-ils le développer ?
Tout commence dans la famille, que je considère comme la première école du leadership. C’est là que l’on découvre l’autorité. Ensuite, les jeunes doivent développer leurs capacités sur le terrain, au sein des organisations de jeunesse et des associations, ainsi qu’à travers leurs initiatives communautaires. Ces expériences renforcent leur sens des responsabilités et leur permettent de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Votre livre, édité par Bandama Éditions, a été préfacé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Comment s’est faite cette collaboration ?
Les questions relatives à la jeunesse intéressent énormément Moussa Mara. Il a donc accepté de préfacer ce livre et de donner son avis sur cette problématique. Sa contribution nourrit la réflexion que nous souhaitons susciter autour de l’investissement dans la jeunesse et de son rôle dans le développement du Mali.
Ce livre constitue un plaidoyer pour la jeunesse. Quel message adressez-vous aux jeunes et aux décideurs ?
Je m’adresse d’abord aux jeunes, car ils sont les premiers acteurs de leur développement. Je les invite à accepter de prendre des responsabilités et à défendre les valeurs évoquées dans l’ouvrage. Mais j’interpelle également les décideurs. Il ne s’agit pas uniquement des autorités publiques, mais de tous ceux qui exercent des responsabilités : directeurs d’école, chefs de famille, chefs d’entreprise, entre autres. Je leur demande de faire confiance aux jeunes et de leur donner la possibilité d’assumer des responsabilités. C’est ainsi qu’ils pourront démontrer leurs capacités. Je reste convaincu qu’ils sont capables de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.
Algérie : Un tournant militaire au Niger
L’Algérie s’apprête à envoyer certaines unités de son armée au Niger, une première depuis plus d’un demi-siècle. Présentée par Alger comme une mission de protection d’intérêts énergétiques et économiques communs, la décision marque un tournant dans la manière dont le pays envisage sa sécurité hors de ses frontières.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a confirmé le 26 octobre l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à Madama, dans l’extrême nord du Niger, près de la frontière libyenne. Le Parlement algérien avait approuvé la veille cette projection militaire, demandée par Niamey. Les effectifs, la durée et le calendrier précis du déploiement n’ont pas été rendus publics.
Le choix de Madama ajoute au symbole. La France y avait installé en 2014 une base avancée de l’Opération Barkhane, destinée notamment à surveiller les routes reliant le sud libyen au Sahel. Cette position, mise en sommeil en 2019, permettait de contrôler des flux d’hommes, d’armes et de trafics dans une zone stratégique entre Libye, Niger, Mali et Algérie.
Située à une centaine de kilomètres de la Libye, elle donne accès aux routes qui descendent du Fezzan vers Agadez et les espaces sahéliens plus au sud.
Doctrine
Pendant des décennies, Alger a privilégié la défense de son territoire et s’est montrée réticente aux interventions militaires étrangères dans son voisinage sahélien. Sa Constitution, révisée en 2020, autorise toutefois l’envoi de troupes hors du pays après approbation des deux tiers de chaque Chambre. Le dispositif juridique existait. Madama lui donne une traduction militaire majeure.
Le rapprochement avec Niamey repose aussi sur des intérêts économiques précis. Sonatrach poursuit des activités d’exploration dans le bloc de Kafra, tandis que le projet de gazoduc transsaharien doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger. La sécurisation du nord nigérien touche ainsi directement des investissements et des corridors que l’Algérie considère comme stratégiques.
La décision intervient après une période de relations tendues avec Niamey, notamment après le coup d’État de 2023 et les différends régionaux liés à la sécurité sahélienne. Les échanges politiques et militaires ont depuis repris, jusqu’à cette nouvelle étape.
Le contraste est saisissant. Une ancienne base avancée française, symbole d’une présence militaire occidentale souvent regardée avec méfiance par Alger, pourrait servir aujourd’hui au premier déploiement extérieur algérien depuis 1973. La doctrine de retenue n’a pas disparu, mais elle s’accompagne désormais d’une capacité assumée à se projeter chez un voisin lorsque des intérêts sécuritaires, économiques et énergétiques sont directement concernés.
Foncier : Mettre fin au désordre
La dissolution du Conseil communal de la Commune I remet une vieille plaie au centre de l’actualité : le foncier. Morcellements irréguliers, reconnaissances contestées de droits, documents délivrés en dehors des règles, chevauchements de titres… Les griefs reviennent avec une constance inquiétante.
Le problème dépasse pourtant cette seule mairie. Depuis des années, le foncier figure parmi les principales sources de réclamations adressées au Médiateur de la République. Il mobilise maires, services des Domaines, autorités administratives, tribunaux et citoyens, souvent au terme de procédures longues, coûteuses et éprouvantes.
Les textes existent pourtant. Les compétences des collectivités sont encadrées, le Titre foncier demeure la référence en matière de propriété et les abus peuvent être sanctionnés. Le Mali vient même de franchir une nouvelle étape avec la mise en place d’un Pôle spécialisé en matière foncière, conçu pour mieux traiter des contentieux dispersés entre plusieurs juridictions.
Il faudra maintenant que cet outil fasse la différence sur le terrain. Car le vrai problème n’est plus seulement l’absence de règles. C’est leur application, leur respect par les administrations concernées et la capacité de la justice à trancher au plus vite.
Le citoyen qui achète une parcelle ne devrait pas découvrir des années plus tard qu’elle a été attribuée deux fois, qu’elle empiète sur un domaine public ou que le document qui lui a été remis n’a pas la valeur qu’il croyait.
Mettre fin au désordre foncier, c’est d’abord rendre la règle claire, la décision traçable et la responsabilité effective. À ce prix, la confiance pourra revenir dans un secteur où trop de familles ont tout perdu.
Ouganda : Aider aussi ceux qui accueillent
En Ouganda, le programme DRDIP a financé des écoles, des centres de santé et des activités économiques pour les réfugiés et leurs communautés d’accueil. Une seconde phase, annoncée pour octobre 2026, doit prolonger ces investissements.
Dans le district de Moyo, Leya, réfugiée sud-soudanaise et mère de cinq enfants, a développé une activité de couture grâce à une formation et à une subvention de 6 000 dollars. Ses revenus lui ont ensuite permis d’acheter une terre agricole pour contribuer à nourrir sa famille, rapporte la Banque mondiale.
Son parcours s’inscrit dans le programme DRDIP, lancé en 2017 par le gouvernement avec l’appui de l’institution. Déployé dans quinze districts accueillant des réfugiés, le dispositif associe les réfugiés et les communautés locales au choix des investissements et au suivi des réalisations.
Les activités soutenues comprennent l’agriculture, l’élevage, la formation professionnelle et les petites entreprises. Des groupes d’épargne et des fonds villageois facilitent également l’accès aux ressources. Selon le bilan publié le 19 mars 2026, les ménages participants ont enregistré des revenus annuels supérieurs de plus de 17% à ceux des non-participants.
Services sociaux de base
Les investissements concernent aussi les équipements utilisés quotidiennement. Entre 2017 et 2024, 290 écoles ont été construites ou améliorées, au bénéfice de plus de 490 000 élèves. La construction ou la réhabilitation de 130 centres de santé a également renforcé l’offre de soins.
La Banque mondiale rapporte une progression de 47% des inscriptions dans le primaire dans les zones ciblées et une diminution de 36% des dépenses annuelles de santé des bénéficiaires. Les infrastructures servent aux réfugiés comme aux populations locales.
D’autres financements ont accompagné l’intégration des services dans les dispositifs publics. Un programme de transferts budgétaires aux collectivités a notamment permis de rattacher 51 écoles primaires et 15 centres de santé, auparavant gérés par des partenaires humanitaires, aux systèmes nationaux. Les populations réfugiées ont été intégrées à la formule de financement local de ces services.
Un mécanisme suit aussi les nouveaux afflux de réfugiés pour financer les écoles, les centres de santé et les points d’eau les plus sollicités.
Des chantiers restent toutefois inachevés, ont souligné des parlementaires le 15 septembre. Le pays subit également les coupes de l’aide alimentaire rappelées par le Programme alimentaire mondial le 2 octobre.
Prévue sur cinq ans, la deuxième phase du DRDIP dispose d’une enveloppe annoncée de 328 millions de dollars. Elle cible trois millions de réfugiés et de membres des communautés d’accueil dans quatorze districts, avec des investissements dans les services publics, les activités économiques et l’environnement.




















