Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Paix et réconciliation : Bamako redessine les contours du dialogue
Le Mali crée une Agence nationale pour la Consolidation de la Paix dans le prolongement de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale. Cette relance intervient après la dénonciation de l’Accord issu du processus d’Alger et alors que plusieurs anciens acteurs du processus sont poursuivis ou sanctionnés.
Adoptée le 19 juin 2026, la création de cette agence prend la suite de l’Agence de Développement du Nord du Mali, créée en 2005 pour Tombouctou, Gao et Kidal. Le gouvernement justifie cette restructuration par les difficultés de l’ancienne structure dans l’exécution de sa mission et par l’appropriation nationale du processus de réconciliation. La nouvelle agence doit « contribuer durablement à la consolidation de la paix, à la réconciliation nationale et au renforcement de la cohésion sociale », notamment dans les zones fragiles ou affectées par les crises.
Cette réforme suit une chronologie assumée par Bamako. En 2015, l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger avait réuni l’État, la Plateforme et la Coordination des mouvements de l’Azawad autour du désarmement, de la réintégration des ex-combattants, de la décentralisation et du développement du Nord. Ses mécanismes avaient associé des responsables politico-militaires alors considérés comme des interlocuteurs nécessaires.
Rupture
Après la dénonciation de l’accord, en janvier 2024, les autorités ont lancé le Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale. Son Comité de pilotage, créé le 26 janvier 2024, avait été confié à l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. À son installation, celui-ci conditionnait la réussite de cette mission au « précieux concours de toutes les Maliennes et de tous les Maliens ».
Ousmane Issoufi Maïga avait ensuite présidé la Commission chargée de rédiger la Charte nationale, après des consultations avec autorités coutumières, responsables religieux, femmes, jeunes, partis, syndicats et universitaires. Remis au Président de la Transition en juillet 2025, le texte a été adopté le mois suivant par le CNT. Lors de sa remise, Assimi Goïta avait appelé les Maliens des groupes armés à « déposer les armes » et à « revenir dans la République ». Un Observatoire de la Paix et de la Réconciliation nationale, rattaché à la Présidence et présidé également par Ousmane Issoufi Maïga, assure depuis mars 2026 le suivi de cette Charte.
La nouvelle agence apparaît comme l’instrument administratif censé traduire cette orientation en actions concrètes. Mais ce nouveau cadre se met en place dans un paysage transformé. Des figures de l’ancien processus d’Alger sont visées. Certaines font l’objet de sanctions financières ciblées, avec gel des biens et ressources économiques pour six mois renouvelables. D’autres ont été citées dans l’enquête judiciaire ouverte en novembre 2023 contre des responsables proches des groupes signataires.
Interlocuteurs
Parmi les profils récemment visés figurent Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane, ancien Porte-parole de la CMA devenu voix du FLA, Ahmada Ag Bibi, ancien député d’Abeïbara et figure du HCUA, Almouzamil Ag Mohamed, ancien responsable de communication de la CMA, Boubacar Siddigh Ould Taleb, lié aux mouvements arabes du Nord, et Haballah Ag Hamzatta, passé par le GATIA avant de rejoindre les rangs de la rébellion. Alghabass Ag Intalla, figure du HCUA, Bilal Ag Acherif, figure du MNLA et de la CMA, et Achafagui Ag Bouhada, chef militaire du HCUA, avaient déjà été associés aux premières mesures.
Le volet judiciaire renvoie à Ibrahim Ould Handa, cadre du MAA – CMA, Hanoune Ould Ali, acteur d’arrangements locaux entre mouvements du Nord, Mohamed Ag Najim, ancien chef militaire du MNLA et de la CMA, et Housseine Ould Ghoulam, responsable militaire du MAA dans la région de Tombouctou. Fahad Ag Almahmoud, ancien Secrétaire général du GATIA, lui aussi poursuivi, a été tué en décembre 2024 à Tinzaouatène. Cette lecture sécuritaire des anciens acteurs du processus éclaire aussi la rupture politique autour du nouveau cadre, que Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane avait rejeté, y voyant un « simulacre ».
La question centrale reste celle de l’inclusion. Les initiatives nationales récentes se sont construites sans une partie des anciens interlocuteurs du Nord, alors que les attaques coordonnées du 25 avril 2026 ont rappelé que les anciens équilibres gardent une capacité de nuisance. La réussite de l’agence dépendra de relais crédibles dans les territoires et auprès des communautés. Pour Bamako, le défi est de refonder le dialogue sans revenir à l’ancien cadre, tout en évitant que l’exclusion des interlocuteurs d’hier ne devienne un blocage supplémentaire.
Modibo Fofana : « La rapidité ne doit jamais se faire au détriment de la rigueur »
Pour Modibo Fofana, Président de l’Association des professionnels de la presse en ligne (APPEL Mali), la presse en ligne doit rester un espace d’information fiable malgré la pression des réseaux sociaux. Il insiste sur la vérification, la modération et la responsabilité professionnelle face à la course au buzz.
Quel rôle les médias en ligne doivent-ils jouer dans le contexte actuel ?
Les médias en ligne ont une responsabilité majeure dans la qualité de l’information diffusée au public. Ils doivent vérifier les contenus avant publication et éviter de relayer des messages pouvant inciter à la violence ou à la discrimination. Leur rôle ne se limite pas à informer rapidement. Ils doivent aussi mettre en place des mécanismes de modération, promouvoir une information équilibrée et respecter la dignité humaine. Ils ont également une mission éducative, en aidant les citoyens à développer leur esprit critique et à participer à un débat public fondé sur le respect.
Quels sujets exigent le plus de prudence au Mali ?
Les sujets liés à la sécurité, à la politique et aux relations entre communautés sont particulièrement sensibles, parce qu’ils suscitent de fortes émotions. Les questions religieuses et diplomatiques demandent aussi beaucoup de précaution lorsqu’elles touchent à l’identité, à la souveraineté nationale ou aux valeurs sociales. Dans ces domaines, une rumeur ou une information mal traitée peut rapidement accentuer les tensions.
La vitesse imposée par les réseaux sociaux change-t-elle le métier ?
Oui, l’information circule aujourd’hui à une vitesse sans précédent. Mais la rapidité ne doit jamais se faire au détriment de la rigueur. Une information vérifiée, contextualisée et traitée avec sérieux peut prendre plus de temps à publier qu’un contenu brut. Sa crédibilité lui permettra toutefois de s’imposer durablement et de gagner la confiance du public.
Le buzz menace-t-il la crédibilité des médias ?
Le goût du buzz et la recherche d’audience peuvent pousser certains acteurs à privilégier l’émotion, la vitesse ou le sensationnel. Cette logique augmente le risque de diffuser des contenus inexacts ou trompeurs. Pour préserver la confiance, les médias doivent rester attachés aux règles déontologiques et aux procédures de vérification.
Que fait APPEL Mali pour accompagner les journalistes en ligne ?
APPEL Mali travaille au renforcement des capacités des journalistes afin de promouvoir un exercice plus professionnel du métier. Deux commissions ont été mises en place pour rappeler l’importance de l’éthique et de la déontologie. La Charte de la presse en ligne sert aussi de cadre de référence pour encourager la modération des contenus et une plus grande responsabilité dans la diffusion de l’information.
Solaire : Prudence sur les toits
Les délestages ont poussé de nombreux Bamakois à chercher leur propre lumière. Dans les familles, les ateliers, les commerces et les immeubles, les panneaux solaires se multiplient, souvent comme une réponse de survie à une fourniture électrique devenue irrégulière. Ce choix est légitime. Quand le courant manque pendant de longues heures, il faut préserver la nourriture, travailler, étudier, communiquer et même tout simplement vivre.
Mais l’hivernage impose une autre urgence. Les vents violents accompagnant les orages peuvent arracher des tôles, déraciner des arbres et projeter des objets lourds à plusieurs mètres. Un panneau solaire mal fixé, installé sur une toiture fragile ou posé sans résistance, est un danger pour les habitants, les voisins et les passants.
Le solaire ne peut pas être seulement une affaire de vente rapide et de pose approximative. Il doit être mieux encadré, avec des installateurs identifiés, des règles minimales d’ancrage, des contrôles avant l’hivernage et une information claire des propriétaires. La solidité des bâtiments varie, les toitures n’ont pas toutes la même capacité de résistance et aucune installation ne devrait être posée sans vérification sérieuse.
L’État, les mairies, les services techniques et les professionnels ont ici une responsabilité partagée. Il ne s’agit pas de freiner le recours au solaire, mais de le sécuriser. À Bamako, cette énergie est devenue une nécessité. Elle peut alléger la souffrance des ménages et soutenir les petites activités.
Encore faut-il qu’elle ne crée pas d’autres risques. Sortir de l’obscurité ne doit pas signifier installer au-dessus de nos têtes des équipements capables de blesser ou de tuer au premier grand vent. Le solaire protège lorsqu’il est maîtrisé, mais il expose lorsqu’il est improvisé.
Deux et trois roues : Un encadrement renforcé en Afrique de l’Ouest
Du Sénégal à la Côte d’Ivoire, en passant par le Niger et le Burkina Faso, plusieurs pays ouest-africains ont renforcé ces dernières années l’encadrement des deux et trois roues. Une évolution qui traduit la volonté des États de mieux suivre un parc en pleine expansion.
Les motos occupent aujourd’hui une place centrale dans les déplacements quotidiens à travers l’Afrique de l’Ouest. Face à leur multiplication, plusieurs États ont engagé des réformes destinées à mieux identifier les engins en circulation et leurs propriétaires.
Au Sénégal, cette volonté s’est traduite, début 2025, par une vaste campagne de régularisation des deux-roues motorisés. Les propriétaires ont été invités à obtenir les documents nécessaires et à faire immatriculer leurs engins, sous peine de sanctions. Face à l’affluence, les délais accordés aux usagers ont même été prolongés afin de permettre au plus grand nombre de se conformer aux exigences réglementaires.
Du côté du Niger, les autorités nationales ont également renforcé les contrôles des engins circulant sans plaque ou sans documents réglementaires. Cette politique s’accompagne, depuis le 22 octobre 2024, de mesures destinées à faciliter les démarches administratives et à encourager la mise en règle des propriétaires.
Même logique d’encadrement
Le Burkina Faso s’inscrit lui aussi dans cette dynamique. Si l’immatriculation des motos y est obligatoire depuis plusieurs années, le gouvernement a renforcé depuis novembre dernier les mécanismes d’identification des engins. Les vendeurs sont notamment tenus d’accomplir certaines formalités administratives avant la remise des motos à leurs acquéreurs, limitant ainsi les risques de circulation sans identification.
Sur le littoral ouest-africain, la Côte d’Ivoire poursuit des objectifs similaires. Les motos doivent être enregistrées et disposer de documents permettant d’identifier clairement leurs propriétaires. Cette politique accompagne les efforts de formalisation d’un secteur en pleine croissance, notamment dans les grandes villes, où les deux-roues occupent une place croissante dans les activités de transport et de livraison.
D’un pays à l’autre, les modalités diffèrent, mais les objectifs poursuivis restent largement les mêmes. Les États cherchent à mieux connaître leur parc roulant, à faciliter l’identification des propriétaires en cas de vol ou d’infraction et à renforcer le suivi administratif d’un secteur longtemps marqué par l’informel.
À mesure que les motos et tricycles s’imposent dans les économies ouest-africaines, leur encadrement apparaît de plus en plus comme un enjeu de gouvernance, de mobilité et de modernisation des services publics.
Mohamed Kenouvi
Motos au Mali : Le défi de la traçabilité
Entre opération spéciale d’immatriculation et restrictions visant les grosses cylindrées, les autorités entendent mieux encadrer un parc de deux et trois roues devenu incontournable. Une démarche portée par des impératifs de sécurité, mais qui soulève aussi des enjeux de mobilité pour les populations.
Dans la cour de la Direction régionale des transports du District de Bamako, à Sogoniko, les motos occupent plusieurs espaces. En ce lundi 22 juin 2026, alors qu’il sonne 12h20, quelques dizaines d’engins sont garés, en attente d’expertise. Sous une tente, des usagers patientent ou s’informent sur l’état d’avancement de leur dossier. L’affluence est modérée à cette heure de la journée, mais les agents et bénévoles mobilisés assurent que les matinées sont généralement plus animées.
Parmi les usagers présents, Moussa Koné ne cache pas son impatience. « J’ai fait le dépôt mardi dernier et chaque jour je reviens, mais mon dossier n’est toujours pas sorti », confie-t-il.
Depuis le 15 juin, le ministère des Transports et des Infrastructures a lancé une opération spéciale d’immatriculation des motos et tricycles sur l’ensemble du territoire national. L’opération concerne les engins motorisés à deux et trois roues, pour un coût fixé à 12 000 francs CFA par engin, avec paiement via Trésor Pay. Elle intervient quelques jours seulement après l’annonce de mesures restrictives visant les motos de 125 cm³ et plus, désormais interdites de circulation hors des grandes agglomérations. Leur importation, leur transit, leur commercialisation, leur vente et leur distribution gratuite, ainsi que celles de leurs accessoires et composants, ont également été suspendus pour une durée d’un an renouvelable.
Derrière ces décisions se dessine une volonté plus large : mieux identifier les engins en circulation dans un contexte marqué par les défis sécuritaires.
Passage obligé
Au centre de Sogoniko, le processus suit un parcours bien défini. Les propriétaires doivent d’abord se présenter avec leur engin et les documents requis : copie de la carte biométrique, du passeport ou du permis de conduire, certificat de résidence, facture d’achat ou vignette en cours de validité.
Les experts procèdent ensuite à l’examen des motos. Certains sont affectés aux motos de faible cylindrée, en l’occurrence les motos « Jakarta », d’autres aux engins de 125 cm³ et plus ainsi qu’aux tricycles. Une déclaration de mise en circulation est établie avant la transmission du dossier aux services chargés du traitement.
Bénévole sur le site, Modibo Bengaly participe à l’accompagnement des usagers. Une fois les dossiers traités, il contacte les propriétaires afin de leur permettre de récupérer leur référence de paiement via Trésor Pay.
« Toute personne ayant son numéro de dossier reçoit une référence lui permettant d’effectuer son paiement directement sur le site officiel du Trésor. Ici, nous n’encaissons aucun argent », explique-t-il.
Selon lui, l’opération connaît un intérêt réel de la part des propriétaires d’engins. Mais elle n’est pas exempte de difficultés. « Certains usagers s’énervent parce qu’ils ont déposé leur dossier depuis plusieurs jours sans recevoir la référence leur permettant de finaliser la procédure », indique-t-il.
Au lancement de l’opération, les délais de traitement étaient relativement courts. Avec l’afflux progressif des demandes, ils ont été rallongés, afin de permettre une meilleure gestion des dossiers, à en croire un technicien chargé de l’expertise des motos ayant requis l’anonymat.
Cadre formel
L’immatriculation des engins à deux et trois roues n’est pourtant pas une nouveauté au Mali. L’arrêté n°2023-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 fixant les conditions et modalités d’immatriculation de ces engins est venu renforcer une réglementation déjà en vigueur de longue date. Dans les faits toutefois, une part importante du parc roulait sans plaque.
L’opération actuellement en cours vise ainsi à accélérer la mise en conformité des propriétaires tout en renforçant la traçabilité des engins. Pour les usagers, l’immatriculation peut constituer une garantie supplémentaire en cas de vol ou de litige. Elle permet également d’établir un lien officiel entre le propriétaire et son engin.
Pour les services de l’État, les bénéfices attendus sont multiples. L’opération devrait contribuer à une meilleure connaissance du parc roulant national, à améliorer l’identification des propriétaires et à faciliter les enquêtes lorsqu’un engin est impliqué dans un accident ou une infraction.
Plus que la simple délivrance de plaques, l’objectif est aussi de faire entrer un secteur longtemps marqué par l’informel dans un cadre davantage structuré. Les commerçants disposant de stocks ou de commandes en cours de motos de 125 cm³ et plus ont quant à eux 90 jours pour les déclarer auprès de la DGCC ou de ses Directions régionales.
Sécurité, donc nouvelles règles
La dimension sécuritaire est toutefois au cœur des mesures récemment adoptées. Le 3 juin dernier, le gouvernement a annoncé l’interdiction de circulation des motos de 125 cm³ et plus hors des grandes agglomérations. Une décision qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre le terrorisme.
La mesure ne concerne pas le District de Bamako ni les chefs-lieux de région, de cercle et d’arrondissement. Le représentant de l’État peut toutefois l’étendre localement en cas de nécessité.
Pour l’analyste sécuritaire Yacouba Sogoré, ces engins occupent aujourd’hui une place centrale dans les modes opératoires des groupes armés. « Les motos sont considérées aujourd’hui comme emblématiques pour les groupes armés. Elles constituent leur moyen de déplacement privilégié et jouent un rôle stratégique dans leurs opérations », explique-t-il. Selon lui, leur maniabilité constitue l’un de leurs principaux atouts.
« Dans des zones où les véhicules ont du mal à circuler, les motos peuvent emprunter des pistes étroites et difficiles d’accès. Elles permettent également des déplacements rapides, des attaques éclairs et facilitent la fuite après les opérations ». Leur coût relativement faible et leur disponibilité sur les marchés locaux expliquent également leur popularité auprès des groupes armés.
Dans ce contexte, l’immatriculation généralisée apparaît comme un outil complémentaire. « Chaque moto enregistrée devient plus facile à identifier. Le propriétaire est connu et toute moto circulant sans plaque devient plus facilement repérable », souligne l’expert.
Sans constituer une réponse unique aux défis sécuritaires, la mesure pourrait ainsi renforcer les capacités de contrôle des forces de défense et de sécurité.
Entre sécurité et mobilité
L’application des nouvelles règles soulève cependant une autre question : celle de leurs conséquences sur les populations. Dans de nombreuses localités rurales, la moto constitue bien plus qu’un simple moyen de transport. Elle permet de rejoindre les champs, les marchés hebdomadaires, les centres de santé ou encore les établissements scolaires.
Les motos de forte cylindrée sont également utilisées pour transporter des produits agricoles, des intrants ou encore de petites marchandises sur des pistes parfois difficilement praticables.
L’interdiction de circulation des motos de 125 cm³ et plus hors des grandes agglomérations pourrait donc avoir des répercussions sur certaines habitudes de déplacement, notamment dans les zones où les alternatives demeurent limitées.
Les enseignants affectés en milieu rural, les agents de santé ou encore certaines organisations humanitaires utilisent eux aussi régulièrement ces engins pour accéder à des localités éloignées.
Pour Yacouba Sogoré, la recherche d’un équilibre sera déterminante. « Les motos de forte cylindrée sont essentielles pour la plupart de nos concitoyens. Tout se fait avec elles, qu’il s’agisse du transport des vivres ou des déplacements entre villages », rappelle-t-il.
Selon lui, la réussite des mesures passera notamment par la sensibilisation des populations, la collaboration avec les communautés locales et la mise en place de mécanismes permettant de signaler les engins circulant en violation des restrictions.
L’expert estime également que les autorités devront accompagner les populations dans cette phase d’adaptation afin de limiter les perturbations pour les activités quotidiennes.
Avec l’opération d’immatriculation et des restrictions visant les grosses cylindrées, le gouvernement cherche à reprendre le contrôle d’un secteur longtemps resté peu encadré. L’enjeu dépasse la simple question administrative : il touche à la sécurité, à la mobilité et à l’organisation d’un mode de transport indispensable pour des millions de Maliens.
Campagne agricole : Les producteurs attendent les moyens
Pour la campagne agricole 2026, le Mali vise près de 12 millions de tonnes de céréales, et environ 600 000 tonnes de coton. Une hausse respective de 4% et 34% par rapport à la campagne précédente. Des objectifs ambitieux dont la concrétisation reste confrontée à des défis importants.
La 16ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture tenue ce 9 juin 2026 sous la présidence du chef de l’Etat lance officiellement la campagne agricole. Elle prévoit notamment la production de 11 916 000 tonnes de céréales, 598 000 tonnes de coton ou encore 328 000 tonnes de pomme de terre. Mais la réalisation de ces objectifs ambitieux fait face à de nombreux défis.
Avec un coût estimé à 164 milliards 389 000 000 FCFA, la campagne maintient le prix du coton au producteur à 300 FCFA, celui de l’engrais minéral subventionné dont le sac de 50 Kg est à 15 000 FCFA, soit 1 000 Fcfa de plus que l’année dernière, et l’engrais organique à 3 000 FCFA.
Les « projections sont importantes, mais elles doivent être en adéquation avec les réalités du moment », note Abdrahamane Tamboura, économiste.
Coton en recul
Concernant la production de coton, « le constat est que les producteurs ne sont pas très motivés ». Le retard dans le paiement des producteurs et l’accès aux intrants ont entravé le déroulement serein de la campagne. Une situation qui n’encouragera pas les producteurs, attirés vers d’autres spéculations plus « rentables », comme le maïs, l’arachide ou encore le sésame dont la demande reste forte. En outre, le prix au producteur qui stagne ne pousse pas davantage les producteurs à maintenir le niveau de production ou même à motiver d’autres acteurs. Une stratégie plus incitative serait donc appréciée.
L’autre défi est la disponibilité à temps des engrais. Si la campagne est officiellement lancée, elle tarde à se mettre en place, relève Monsieur Tamboura. Pour une saison annoncée « irrégulière » par la météo, il faut une anticipation, or la distribution de l’engrais subventionné n’a pas encore démarré, alors que l’hivernage est déjà en cours.
Scepticisme
Cette campagne ambitieuse, démarre dans un contexte particulier marqué par l’interdiction de certains engins, notamment dans les zones de production, ce qui va provoquer des restrictions de mouvement et jouer sur la mobilité et la performance des producteurs, note M. Abdoulaye Koureissy, coordinateur national de la plateforme nationale des producteurs de riz du Mali. L’accès difficile aux engrais dont la quantité subventionnée a drastiquement diminué depuis 5 ans fait aussi partie des contraintes à regarder de près au cours de cette campagne.
Si des « efforts louables » sont à reconnaître, sur le plan sécuritaire, il faut dire que le rendement reste l’une des faiblesses de « notre agriculture », ajoute M. Koureissy.
En effet, alors que l’engrais subventionné coûte 15 000 FCFA le sac, il faut compter le triple pour un producteur qui n’a accès qu’à un sac sur six, normalement pour un hectare. A cela s’ajoute, le retard récurrent pour disposer de l’engrais.
Même si elle ne fait pas partie intégrante de la campagne de production, la commercialisation, reste un goulot d’étranglement pour les producteurs. Les acteurs de la filière riz, ont dû mener « un fort plaidoyer », ayant conduit à l’achat d’urgence par les autorités de 26 030 tonnes de riz invendu de la précédente campagne.
Aussi, pour faire du Mali un pays producteur et exportateur de céréales, selon les objectifs, il faut se donner les moyens, en assurant davantage la sécurité et en garantissant l’accès à temps opportun des facteurs de production dont l’engrais.
Arrivées de réfugiés vers Koro : Moins de nouveaux arrivants
Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) et le Gouvernement du Mali , à travers la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR) avaient recensé depuis juin, 1 419 ménages soit 4 257 personnes arrivées du Burkina Faso vers le cercle de Koro, dans la région de Bandiagara. Depuis, certaines d’entre elles sont retournées au Burkina Faso et d’autres se sont rendues dans d’autres villes du Mali, mais le nombre de nouvelles arrivées est en baisse, selon le HCR.
Dans une note publiée ce 18 juin 2026, le HCR indique que certains réfugiés ont quitté la ville de Koro pour le Burkina Faso, notamment vers Dédougou et Bobo-Dioulasso, alors que
d’autres ont choisi différentes localités du Mali, dont Bankass, Mopti, Ségou et Sikasso.
« De nouvelles arrivées continuent d’être enregistrées à Koro, mais à un rythme inférieur à celui observé fin mai et début juin », ajoute le HCR.
Pour les nouveaux arrivants, ce sont des contraintes liées au transport qui avaient retardé leur arrivée dans la ville de Koro. Ils sont aussi nombreux à ne pas vouloir quitter leurs localités d’accueil (Mopti, Koro) à court terme. La plupart d’entre eux, ayant été dépouillés de leurs biens, ce qui souligne l’importance des besoins de protection et d’assistance.
Au 16 juin 2026, l’exercice de préenregistrement effectué par le HCR et le Gouvernement a permis de dénombrer 1 008 ménages soit 3 336 personnes, indique le HCR. Ces données partagées avec les partenaires, permettent d’établir la planification des besoins prioritaires, notamment dans les domaines de l’eau, l’hygiène, l’assainissement, la santé et l’assistance alimentaire.
Par ailleurs, les sites initialement occupés par les réfugiés ont été libérés, suite au retour vers le Burkina Faso et le départ vers d’autres villes du Mali, ainsi que l’accueil des nouveaux arrivants dans les familles hôtes, à Koro et environs.
Messi, Mbappé, Maroc : Les fait marquants du début du Mondial
Après les vingt premières rencontres disputées depuis le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, plusieurs tendances se dégagent : des favoris au rendez-vous, quelques résultats inattendus, des stars qui marquent l’histoire et des statistiques révélatrices.
Plusieurs prétendants au titre ont réussi leur entrée en matière. Championne du monde en titre, l’Argentine a parfaitement lancé sa campagne en dominant l’Algérie (3-0), portée par un Lionel Messi toujours aussi influent. La France a également assuré l’essentiel face au Sénégal (3-1), tandis que la Norvège s’est montrée particulièrement convaincante contre l’Irak (4-1).
Mais la prestation la plus spectaculaire est venue de l’Allemagne. La Mannschaft a infligé un sévère 7-1 à Curaçao, signant au passage la plus large victoire enregistrée depuis le début du tournoi. La Suède a elle aussi marqué les esprits en corrigeant la Tunisie (5-1), confirmant ses ambitions dans un groupe F qui s’annonce disputé.
L’Afrique entre résistance et occasions manquées
Si les sélections africaines n’ont pas toutes obtenu les résultats espérés, plusieurs d’entre elles ont démontré leur capacité à rivaliser avec des adversaires de premier plan.
Le Maroc a ainsi décroché un nul remarqué face au Brésil (1-1), le pays le plus titré de la compétition. Le Cap-Vert a créé une autre surprise en neutralisant l’Espagne (0-0), tandis que l’Égypte a tenu la Belgique en échec (1-1). Ces performances témoignent de la montée en puissance de plusieurs nations africaines sur la scène mondiale.
La Côte d’Ivoire demeure toutefois la seule sélection du continent à avoir remporté son premier match, grâce à son succès face à l’Équateur (1-0). À l’inverse, le Sénégal et l’Algérie ont cédé face à la France et à l’Argentine, deux des principaux candidats au sacre. L’Afrique du Sud a également perdu lors du match d’ouverture contre le Mexique.
Les stars répondent présentes
Les grands noms du football mondial n’ont pas tardé à se mettre en évidence. À 39 ans, Lionel Messi continue d’enrichir un palmarès déjà exceptionnel. Auteur d’un triplé contre l’Algérie, l’Argentin, qui dispute sa sixième Coupe du monde, a égalé le record du meilleur buteur en Coupe du monde détenu par l’Allemand Miroslav Klose avec 16 buts.
Kylian Mbappé a lui aussi marqué les esprits. Buteur face au Sénégal, le capitaine des Bleus est devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avec 58 réalisations. Il compte désormais 14 buts inscrits en Coupe du monde.
De son côté, Erling Haaland a confirmé son statut de redoutable finisseur en inscrivant un doublé lors de la victoire de la Norvège contre l’Irak. Un signal fort envoyé à la concurrence dès son entrée en lice.
Chiffres à retenir
Les vingt premiers matchs du tournoi ont produit 62 buts, soit une moyenne de 3,1 réalisations par rencontre. Une statistique qui traduit un début de compétition animé, marqué par plusieurs démonstrations offensives.
Huit rencontres se sont terminées sur un score de parité, illustrant également l’équilibre observé dans plusieurs groupes. Avec sept buts inscrits, l’Allemagne possède pour l’instant la meilleure attaque du tournoi devant la Suède (5) et la Norvège (4). Quatre matchs restaient à disputer avant la fin de la première journée de la phase de groupes au moment où nous mettions sous presse.
Par ailleurs, plusieurs favoris ont déjà été accrochés. Le Brésil, l’Espagne, la Belgique et l’Uruguay ont tous concédé un match nul lors de leur entrée en lice. Autant de résultats qui rappellent qu’aucune sélection ne semble à l’abri dans cette Coupe du monde 2026, déjà riche en enseignements et en promesses pour la suite.
Mohamed Kenouvi
Radikal : Une startup pour moderniser les PME
Au Mali, trois jeunes de la diaspora ont lancé Radikal pour aider les PME à se moderniser numériquement. La startup veut automatiser certaines tâches et accompagner les entreprises dans leur transformation.
Diplômés au Canada, ils auraient pu poursuivre leur carrière à l’étranger. Pourtant, ils ont choisi de revenir à Bamako pour lancer Radikal, une startup spécialisée dans l’optimisation des opérations d’entreprise par la technologie. Leur ambition est d’accompagner les structures maliennes dans leur transformation numérique grâce à des solutions conçues pour les réalités locales.
Automatisation des tâches répétitives, développement d’applications sur mesure et tableaux de bord décisionnels en temps réel figurent parmi les services proposés. Dans un environnement où les PME maliennes restent encore peu digitalisées, l’arrivée d’outils adaptés peut accélérer leur passage vers des pratiques de gestion plus rigoureuses et plus lisibles. Selon les fondateurs, les logiciels importés peinent souvent à répondre aux besoins spécifiques des entreprises africaines.
Tremplin
Le contexte est révélateur. D’après l’INSTAT, le taux de chômage officiel au Mali s’élevait à 3,5% en 2024. Derrière cette statistique se cache une réalité plus complexe : près de 300 000 jeunes arrivent chaque année sur un marché du travail incapable de les absorber. Dans un pays où 60% de la population a moins de 40 ans, les diplômés font face à une inadéquation persistante entre leur formation et les besoins du secteur privé.
Du côté des entreprises, la situation n’est guère plus favorable. En 2025, seulement 38% des PME de l’UEMOA disposaient d’une stratégie numérique structurée. Beaucoup continuent de fonctionner sans outils de suivi performants ni données fiables pour orienter leurs décisions.
C’est précisément cet espace que Radikal souhaite investir, en confiant certaines tâches chronophages à des solutions automatisées afin de libérer du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée.
Pour les fondateurs, les défis sont nombreux, notamment dans un environnement encore peu familiarisé avec les nouvelles technologies. L’un des enjeux majeurs sera aussi de rendre ces solutions compatibles avec les contraintes locales, notamment la connectivité, la disponibilité énergétique et les exigences réglementaires de l’espace UEMOA.
Selon la Banque mondiale, les pays engagés dans la numérisation progressent plus rapidement vers leurs objectifs de développement. Pour le Mali, le chantier est immense, pour Radikal, il représente une opportunité d’avenir. Reste désormais à convaincre un tissu économique souvent prudent face aux innovations technologiques et au changement.
Ibrahim Baby
Sanctions financières ciblées : Bamako élargit son outil de pression sécuritaire
L’arrêté du 18 juin signé par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, dépasse la seule inscription de douze personnes sur la liste nationale des sanctions financières ciblées. Il confirme l’installation progressive du gel administratif des avoirs comme instrument de sécurité intérieure, mais aussi comme moyen de pression contre des réseaux d’influence, des relais politiques et des figures liées aux anciens mouvements armés du Nord.
FEMAFOOT : Moustaph Maïga mise sur la modernisation
Moustaph Maïga veut mettre son expérience de terrain au service de l’administration fédérale. Le président de la Ligue régionale de football de Ségou postule au poste de secrétaire général de la FEMAFOOT avec une vision axée sur la modernisation, la digitalisation et la transparence.
Souveraineté numérique : Le Mali renforce ses lignes de défense
Face à la multiplication des cybermenaces et à l’essor des usages numériques, le Mali poursuit la consolidation de son dispositif de cybersécurité. De la répression des infractions à la protection des infrastructures stratégiques, l’État renforce ses outils pour sécuriser son cyberespace.
La transformation numérique s’accélère au Mali. Paiement de services administratifs en ligne, mobile money, plateformes publiques, dématérialisation de certaines procédures : le numérique occupe une place croissante dans l’État et la vie quotidienne des citoyens.
Mais cette évolution s’accompagne de nouveaux risques. Piratage de données, escroqueries en ligne, phishing, rançongiciels et campagnes de désinformation figurent parmi les principales menaces numériques.
C’est dans ce cadre que le Conseil des ministres du 10 juin 2026 a adopté les projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et au fonctionnement de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information. Cette structure aura pour mission d’assurer la cybersécurité, la sécurité des systèmes d’information et des communications électroniques, ainsi que la coordination de la réponse aux cyberattaques.
Pour Alou Traoré, consultant en cybersécurité et expert en innovation, cette initiative répond à une nécessité devenue incontournable. « Le pays se numérise vite. Les services publics en ligne, le mobile money, les administrations connectées ou encore les nouvelles plateformes numériques créent de nouvelles failles », explique-t-il.
Une architecture en construction
La création de l’ANSSI s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années. En 2019, le Mali s’est doté d’une loi portant répression de la cybercriminalité, destinée à prévenir et sanctionner les infractions commises à travers les technologies de l’information et de la communication.
L’État a ensuite renforcé le volet judiciaire avec la mise en place du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, chargé des enquêtes et des poursuites liées aux infractions numériques. Plusieurs affaires impliquant des utilisateurs des réseaux sociaux ou des auteurs présumés de cybercriminalité ont été traitées par cette juridiction spécialisée.
La nouvelle agence vient compléter cet édifice. Contrairement au Pôle judiciaire, dont la mission est surtout répressive, l’ANSSI sera attendue sur la prévention, la veille, l’alerte et la protection des infrastructures critiques.
Sa création découle de la Stratégie nationale de cybersécurité du Mali et de son Plan d’actions 2026-2030, adoptés par décret le 25 février 2026. Ce document vise à renforcer la résilience numérique du pays et à mieux coordonner la réponse nationale face aux incidents du cyberespace.
La souveraineté des données
Outre la cybersécurité, la souveraineté numérique renvoie aussi à la maîtrise des données. L’inauguration d’un data center Tier III à Bamako en 2026 constitue un signal fort. Cette infrastructure permet d’héberger localement des données stratégiques, administratives et institutionnelles, tout en réduisant la dépendance extérieure.
Cette dimension est essentielle. Un pays qui ne maîtrise ni ses données ni ses infrastructures reste vulnérable, même lorsqu’il dispose d’un arsenal juridique. La cybersécurité implique donc aussi le contrôle des flux, la localisation des informations sensibles et la continuité des services publics.
Des menaces réelles
Selon Alou Traoré, les risques auxquels le Mali est confronté sont multiples. « Les fraudes liées au mobile money, les faux messages, le phishing, les vols de données ou encore les attaques contre les sites institutionnels constituent des menaces réelles », souligne-t-il.
À cela s’ajoutent les rançongiciels, capables de paralyser une administration ou une entreprise en bloquant l’accès à ses données, ainsi que les campagnes de désinformation qui prospèrent sur les plateformes numériques.
Pour l’expert, la question dépasse le simple cadre technique. Elle touche à la souveraineté même de l’État. « On ne peut pas dépendre uniquement de l’extérieur pour protéger nos infrastructures sensibles », affirme-t-il.
L’épreuve du terrain
Si la création de l’ANSSI marque une nouvelle étape, plusieurs défis restent à relever. Le recrutement d’experts qualifiés, leur maintien dans l’administration, la mobilisation de ressources suffisantes, la coordination entre services et le renforcement du cadre juridique figurent parmi les principaux chantiers.
La sensibilisation des citoyens apparaît également comme un enjeu majeur. « Tant que le facteur humain reste le maillon faible, les meilleures technologies ne suffiront pas », rappelle Alou Traoré.
L’enjeu n’est donc pas seulement de créer des institutions, mais de les rendre opérationnelles, coordonnées et durables. C’est à ce prix que le Mali pourra transformer sa défense numérique en véritable souveraineté.
Kenya : La paix surveillée sur les réseaux
Après les violences postélectorales de 2007-2008, le Kenya a fait de la lutte contre les discours de haine un pilier de sa prévention des crises. Sans les faire disparaître, le pays a construit une réponse mêlant loi, veille numérique, alerte citoyenne, médiation et pression sur les plateformes.
La crise de 2007-2008 reste le point de départ. Le scrutin contesté avait provoqué plus de 1 000 morts et environ 600 000 déplacés, dans un climat où les messages politiques, les références ethniques, les rumeurs et certains médias locaux avaient contribué à attiser les tensions. En 2008, Nairobi a créé la National Cohesion and Integration Commission, chargée de promouvoir la cohésion nationale, de surveiller les propos d’incitation et de rappeler les responsables publics à l’ordre.
Le modèle kenyan repose surtout sur la coordination. Avec la plateforme Uwiano for Peace, mise en place avant le référendum constitutionnel de 2010, les autorités, la société civile, les acteurs de paix et les partenaires internationaux ont développé un système d’alerte précoce. Les citoyens peuvent signaler des incidents ou contenus dangereux par SMS, courriel, réseaux sociaux ou rapports en ligne. Ces informations servent à détecter rapidement les foyers de tension, à mobiliser les médiateurs locaux et à prévenir les violences avant leur propagation.
Numérique
Le dispositif s’est adapté au numérique. Avant les élections de 2022, la Commission kényane de cohésion avait signalé une hausse des discours haineux sur Twitter, Facebook et TikTok. En juin 2022, elle avait recensé 31 cas de discours de haine en ligne, dont 16 sur Twitter, 7 sur Facebook et 5 sur TikTok, souvent liés aux rassemblements de campagne. La Commission a également interpellé Meta après des alertes sur des contenus et publicités susceptibles d’alimenter des tensions ethniques.
L’exemple kényan n’est pas parfait. Des contenus dangereux continuent de circuler, notamment dans les périodes électorales, et la modération des contenus en langues locales est difficile. Mais le pays a montré qu’une réponse efficace ne repose pas uniquement sur la répression. Elle combine surveillance, signalement citoyen, fact-checking, éducation, dialogue communautaire, responsabilisation des médias, action judiciaire et échanges avec les plateformes. Cette méthode demande des moyens, de la confiance entre institutions et citoyens, ainsi qu’une vigilance constante face aux usages changeants des réseaux sociaux. Pour un pays confronté à la viralité des rumeurs et aux fractures sociales, cette approche offre surtout une leçon, celle d’agir avant que les mots ne deviennent violence réelle collective.
États-Unis – Iran : Un préaccord sous haute surveillance
Washington et Téhéran avancent vers une désescalade majeure, mais encore fragile. Selon des responsables américains, un mémorandum d’entente a été signé électroniquement avant son annonce publique le lundi 15 juin 2026. La signature officielle ouvrant la voie à une paix durable est attendue ce vendredi 19 juin en Suisse, avant une possible publication du texte.
Présenté par Donald Trump comme un accord déjà conclu, le document doit encadrer la fin des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, après près de quatre mois de conflit ouvert et de fortes perturbations dans le Golfe. Côté américain, le texte a été signé par le Président Trump et son Vice-Président JD Vance. Côté iranien, il l’a été par le Président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le texte ouvre une période de négociations de soixante jours. Elles doivent porter sur le programme nucléaire iranien, la levée éventuelle de sanctions, la reconstruction des infrastructures touchées et les garanties demandées par Washington à Téhéran.
Ouverture
Le Détroit d’Ormuz est au centre du dispositif. Trump affirme que le passage, essentiel au commerce mondial du pétrole, sera totalement rouvert d’ici vendredi. Des responsables américains parlent toutefois d’une reprise graduelle du trafic, avec des détails techniques encore à régler. Washington dit aussi attendre un passage durablement libre et sans péage, alors que des discussions restent nécessaires sur les modalités de navigation.
Le dossier a provoqué des échanges tendus avec les Européens. Réunis au sommet du G7 à Évian, plusieurs dirigeants ont demandé des garanties écrites sur l’accord, notamment sur Ormuz et le nucléaire iranien. Trump a écarté à ce stade l’idée d’une mission navale franco-britannique pour sécuriser le Détroit, préférant garder la main sur le processus.
Le volet libanais est l’autre point sensible. L’Iran affirme que l’arrêt des combats au Liban fait partie du mémorandum. Les États-Unis nuancent, indiquant qu’un retrait israélien ne constitue pas une condition directe de l’accord. Cette divergence place Israël dans une position délicate.
Pour Benyamin Netanyahu, l’accord apparaît comme un revers. Le Premier ministre israélien avait misé sur la pression militaire pour affaiblir le régime iranien, considéré comme la principale menace régionale. Or Washington privilégie désormais la désescalade, au risque d’alimenter la méfiance entre les deux alliés.
À quelques mois d’élections prévues d’ici fin octobre en Israël, cette évolution complique aussi la position politique de Netanyahu, déjà fragilisé par les critiques internes et par les incertitudes sur la solidité du soutien américain à venir.
Ambulances bloquées : Quand l’incivisme menace la vie
À Bamako, une sirène d’ambulance ne devrait jamais être une simple nuisance sonore dans les embouteillages. Elle devrait être comprise pour ce qu’elle est : le signal d’une urgence, parfois d’une vie suspendue à quelques minutes. Pourtant, trop d’usagers refusent encore de céder le passage, doutent de la présence d’un malade à bord ou collent au véhicule de secours pour profiter de l’ouverture créée dans la circulation.
Cette pratique est plus qu’une mauvaise habitude. Elle révèle une faiblesse grave de civisme routier dans une ville déjà éprouvée par les accidents, la congestion et les difficultés d’accès rapide aux soins. Les statistiques routières récentes rappellent l’ampleur du risque. En 2025, le Mali a enregistré 648 morts et 8 863 blessés sur les routes. Dans une telle réalité, chaque minute perdue entre le lieu de l’accident et l’hôpital peut peser lourd. Le passage d’une ambulance devrait donc être considéré comme une priorité absolue, non comme une occasion de gagner quelques mètres dans la circulation.
Une ambulance ne transporte pas toujours un patient visible. Elle peut aller chercher un blessé, une femme en détresse, un enfant en danger, une personne en arrêt respiratoire ou un malade dont l’état se dégrade. Contester son urgence depuis son guidon ou son volant, c’est prendre une responsabilité que personne ne devrait s’autoriser.
Le respect du passage des ambulances doit devenir un réflexe collectif. Il faut sensibiliser, sanctionner si nécessaire et rappeler que la route n’est pas seulement un espace de circulation, mais aussi un lieu où se mesure notre rapport à la vie des autres.
Discours de haine : Le piège de la parole virale
À l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine, célébrée le 18 juin, rappelons que le Mali demeure confronté à une parole publique fragilisée par l’insécurité, les tensions sociales et la viralité numérique. Entre rumeurs, faux documents, vidéos sorties de leur contexte et appels à la vindicte, l’enjeu est de protéger le débat public sans laisser prospérer les discours qui divisent.
La date du 18 juin renvoie au lancement en 2019 de la Stratégie et du Plan d’action des Nations unies contre les discours de haine, puis à la proclamation de cette Journée internationale par l’Assemblée générale en 2021. L’ONU définit le discours de haine comme toute communication orale, écrite, visuelle ou numérique qui attaque ou emploie un langage discriminatoire contre une personne ou un groupe en raison de son identité réelle ou supposée. Cette définition ne vise pas la critique, le désaccord ou la dénonciation citoyenne. Le basculement intervient lorsque la parole ne vise plus un acte, une décision ou une responsabilité, mais une identité collective, une origine ou une appartenance.
Viralité
Le phénomène prend une dimension plus large avec l’essor du numérique. Fin 2025, le pays comptait 8,91 millions d’internautes, soit 35,1% de la population, selon DataReportal. Il enregistrait aussi 23,2 millions de connexions mobiles et 2,40 millions d’identités actives sur les réseaux sociaux. Ces chiffres montrent l’importance du téléphone mobile, des messageries et des plateformes dans la circulation de l’information.
Les contenus les plus sensibles ne circulent pas seulement sur les pages publiques. Les groupes WhatsApp, Telegram ou Messenger, les audios anonymes, les captures d’écran et les vidéos courtes jouent un rôle important. Dans ces espaces fermés, la vérification est plus difficile. Une image ancienne peut être présentée comme récente, un document fabriqué peut imiter les codes de l’administration et un commentaire émotionnel peut transformer un doute en certitude.
Dérives
Plusieurs faits récents illustrent cette fragilité. Après les attaques coordonnées du 25 avril 2026 contre plusieurs localités, les réseaux sociaux ont été traversés par des rumeurs, des vidéos sensibles et des contenus jugés susceptibles de troubler l’ordre public. Le 28 avril, le Procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a mis en garde contre des appels à la haine et à la justice populaire, des messages de désinformation relayés sans fondement, des informations tendancieuses et la circulation de vidéos sensibles ou malveillantes.
Le 6 mai 2026, la Commission nationale des droits de l’Homme a, à son tour, signalé des discours de haine, des appels à la violence et à la vindicte populaire sur les réseaux sociaux. Un autre cas récent concerne un faux communiqué attribué au Procureur général près la Cour d’appel de Bamako, diffusé fin mai 2026 sur WhatsApp. Le document annonçait de prétendues enquêtes visant plusieurs Imams et prédicateurs après les événements du 25 avril. BenbereVerif a relevé plusieurs incohérences juridiques et administratives permettant d’établir qu’il s’agissait d’un faux.
Ces exemples montrent que le discours de haine est souvent lié à la désinformation. Une rumeur désigne une cible, une fausse image donne une preuve apparente, un faux document donne une impression d’officialité et un commentaire violent oriente la réaction. Dans les zones déjà fragilisées par les violences armées, les déplacements ou les tensions locales, ce mécanisme peut nourrir la peur, la colère et la méfiance.
Abdoulaye Guindo, de la plateforme Benbere, insiste sur la difficulté de traiter certains vocaux en langues locales. D’après lui, certains peuvent être vérifiés lorsqu’ils contiennent des éléments factuels, mais d’autres, notamment ceux attribués à une personnalité ou à une localité difficile d’accès, exigeraient des outils d’authentification que les rédactions ne possèdent pas toujours. Il rappelle aussi que la critique légitime vise « les actes, les choix politiques ou les responsabilités institutionnelles », tandis que le discours de haine s’en prend à l’identité, à l’origine, à la religion, au genre ou à l’existence même d’un groupe. À l’en croire, ces contenus peuvent installer « un climat de suspicion » entre des groupes qui vivaient jusque-là dans la confiance, amplifier des conflits latents et renforcer la marginalisation des personnes visées. Pour y faire face, il plaide pour une réponse graduée, combinant fact-checking, éducation aux médias, dialogue communautaire et application de la loi, notamment lorsque les auteurs récidivent malgré les rappels à l’ordre.
Prévention
Pour autant, le cadre juridique existe. La loi de 2019 portant répression de la cybercriminalité encadre plusieurs infractions liées aux technologies de l’information et de la communication. Le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a traité en 2025, 1 338 soit-transmis, dont 1 130 plaintes et 208 auto-saisines. Environ 834 procédures étaient en enquête. Ces données traduisent la pression croissante sur la justice spécialisée.
Mais la responsabilité publique ne se limite pas à l’existence des textes ni au traitement judiciaire des dérives. Avec la progression prévisible du mobile et des réseaux sociaux, la prévention devait aussi occuper une place centrale. La sensibilisation des jeunes internautes, la vulgarisation des lois, l’éducation aux médias, le travail avec les administrateurs de pages, les blogueurs, les influenceurs et les radios locales sont des leviers nécessaires pour éviter que l’État n’intervienne seulement qu’après la propagation des contenus dangereux. Cette prévention existe déjà par endroits, notamment à travers des formations de jeunes aux usages responsables du numérique, mais elle reste à élargir.
Responsabilités
Cette exigence de prudence concerne d’abord les médias numériques. Modibo Fofana, Président de l’Association des professionnels de la presse en ligne du Mali, rappelle qu’ils ont « une responsabilité majeure » dans la prévention des discours de haine. Les sujets liés à la sécurité, à la politique, aux relations communautaires, à la religion ou à la diplomatie sont, selon lui, les plus exposés aux dérapages en ligne. Dans ce climat, « la rapidité ne doit jamais se faire au détriment de la rigueur », insiste-t-il. Il rappelle aussi que la Charte de la presse en ligne doit servir de cadre de référence pour renforcer la modération, l’éthique et la responsabilité dans la diffusion des contenus.
Le même enjeu se pose pour les blogueurs et créateurs de contenus, très suivis par les jeunes internautes. Boureima Soulo, Président de l’Association des Blogueurs du Mali, estime que la frontière entre liberté d’expression, critique légitime et discours de haine est aujourd’hui « très fine ». Il pointe surtout les contenus audio, « très difficiles à vérifier et authentifier », qui circulent facilement sur WhatsApp, Facebook, TikTok ou Instagram, avec parfois de fausses informations, des messages incendiaires ou des appels à la haine. L’ABM mise, dit-il, sur la formation et la sensibilisation des jeunes. Il cite notamment la formation d’une centaine de jeunes à travers le pays entre novembre et décembre 2025 dans le cadre du projet Mara Ni Kunafoni.
Depuis Gao, Yehia Ben Salah, journaliste et influenceur communautaire, décrit une situation « préoccupante » dans l’espace numérique local. Il observe surtout la circulation de vocaux WhatsApp visant des personnes, des groupes ou des communautés, parfois avec des insultes, des messages de stigmatisation ou des appels à la haine. Selon lui, une forme « d’intolérance de l’espace numérique » gagne du terrain lorsque des sujets liés à la religion, aux communautés, à l’État ou aux dirigeants provoquent des réactions violentes. Il plaide pour plus de sensibilisation, mais aussi pour des sanctions contre les auteurs identifiés afin de lutter contre l’impunité.
Ainsi donc, la lutte contre les discours de haine ne peut donc pas reposer uniquement sur la sanction. L’application de la loi est nécessaire face aux appels à la violence, à la vindicte ou à la stigmatisation. Mais la prévention passe aussi par le fact-checking, en français et en langues nationales, la responsabilisation des influenceurs, le dialogue communautaire et la prudence avant tout partage. Le 18 juin rappelle que les mots ne sont pas de simples opinions lorsqu’ils servent à exclure, humilier ou menacer.
Mali-Inde : Bamako accueille un premier forum pour renforcer les exportations
Le premier Forum Inde-Mali pour la promotion des exportations se tient les 18 et 19 juin 2026 au Radisson Collection Hotel de Bamako. L’événement vise à structurer les échanges commerciaux entre les deux pays, dans une dynamique bilatérale portée par plus de 326 millions de dollars d’échanges sur l’exercice 2025-2026.
L’ambassadeur de l’Inde au Mali, Dr N. Nandakumar, et le chef de chancellerie, Dr Praveen Kumar, ont présenté, mercredi 17 juin, les grandes lignes du premier Forum Inde-Mali pour la promotion des exportations. La conférence de presse, organisée dans les locaux de la chancellerie indienne à Badalabougou Est, a également porté sur la 12e Journée internationale du yoga et sur les résultats de l’Enquête nationale sur la santé familiale du gouvernement indien.
Le forum, placé sous le haut patronage du président de la Transition, Assimi Goïta, et sous la direction du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, est organisé par le ministère malien de l’Industrie et du Commerce, en collaboration avec l’ambassade de l’Inde. L’Agence malienne de promotion des exportations, APEX-Mali, assure la coordination du côté malien.
Forum
New Delhi sera représentée par une délégation gouvernementale conduite par Sunil Kumar, secrétaire conjoint chargé du commerce de l’Inde avec l’Afrique, dont le Mali. Une trentaine d’opérateurs économiques indiens sont également attendus dans une dizaine de secteurs, notamment l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, les énergies renouvelables, le textile, l’industrie manufacturière, l’automobile, la construction, la pharmacie, la santé, le tourisme, les mines, les minéraux, le commerce et la distribution.
La rencontre prévoit une cérémonie d’ouverture officielle, des présentations sur les politiques commerciales et les cadres réglementaires des deux pays, des rencontres B2B, B2G et G2G, ainsi que des échanges entre la délégation indienne et les autorités maliennes. L’objectif est de favoriser des partenariats concrets, d’encourager le transfert de technologies et de compétences, mais aussi d’aborder la maîtrise des flux financiers liés aux exportations.
Échanges
Les chiffres présentés traduisent une progression des échanges. Entre avril 2025 et mars 2026, le commerce bilatéral a dépassé 326 millions de dollars. Les exportations maliennes vers l’Inde ont atteint 198 millions de dollars, un niveau supérieur aux exportations indiennes vers le Mali. En septembre 2025, elles se sont élevées à 16,5 millions de dollars, contre 7,47 millions de dollars un an plus tôt, soit une hausse de 121 %.
Cette dynamique s’explique notamment par l’accès en franchise de droits accordé par l’Inde à certains produits maliens dans le cadre de son schéma de préférences tarifaires. Les exportations maliennes vers le marché indien portent principalement sur le coton, la gomme arabique, la noix de cajou, le sésame et le plomb. Les ventes indiennes vers le Mali concernent surtout les produits pharmaceutiques, les machines, les équipements, le riz, ainsi que des produits industriels et technologiques.
Débouchés
Côté malien, l’enjeu est de diversifier les débouchés, de mieux valoriser les produits exportables et d’attirer des investissements dans des secteurs productifs. Du côté indien, le forum traduit une volonté d’approfondir la présence économique au Mali, à un moment où les partenariats Sud-Sud prennent davantage de poids dans les choix commerciaux et diplomatiques des États sahéliens.
Les organisateurs attendent de cette première édition la signature de contrats commerciaux ou de protocoles d’accord, la mise en place d’un comité conjoint Mali-Inde de suivi des partenariats commerciaux, ainsi que l’implication de banques maliennes et indiennes dans le financement de projets d’exportation. Le forum doit aussi permettre d’identifier des mécanismes pour mieux contrôler les flux financiers liés aux transactions commerciales.
Yoga
La conférence de presse a aussi permis d’annoncer la célébration de la 12e Journée internationale du yoga, prévue le 21 juin 2026 au Palais des Sports de Bamako, à partir de 8 heures, en partenariat avec le ministère malien de la Jeunesse et des Sports. Le thème retenu cette année est « Le yoga pour un vieillissement actif et en bonne santé ». Des activités préparatoires ont déjà eu lieu à la Tour de l’Afrique, à la chancellerie et à la résidence de l’ambassade.
L’ambassade de l’Inde a enfin présenté des résultats de la sixième Enquête nationale sur la santé familiale. Les données évoquent notamment 90,6 % d’accouchements en milieu hospitalier, 91,3 % de naissances assistées par du personnel qualifié, 87,1 % d’enfants de 12 à 23 mois entièrement vaccinés, une couverture électrique de 98,3 % et un accès à l’eau potable de 96,5 %.
À Bamako, New Delhi cherche ainsi à articuler diplomatie économique, coopération culturelle et partage d’expérience sociale. Le forum des 18 et 19 juin dira si cette dynamique peut déboucher sur des contrats, des partenariats durables et des circuits d’exportation plus solides entre le Mali et l’Inde.




















