Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Traite des personnes : COMPASS célèbre cinq ans d’engagement au Mali
La lutte contre la traite des personnes a été au cœur d’une cérémonie organisée le 20 août 2026 à l’hôtel Maeva Palace, à Bamako, pour marquer le cinquième anniversaire du programme COMPASS au Mali. L’événement était couplé à la clôture des activités nationales organisées dans le prolongement de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, célébrée chaque année le 30 juillet.
La rencontre s’est tenue en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, de représentants diplomatiques et de plusieurs acteurs engagés dans la protection des migrants. Le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, était représenté par le secrétaire général de son département, Dr Boubacar Sidiki Diarrah. Selon le rapport américain de 2025 sur la traite des personnes, couvrant la période d’avril 2024 à mars 2025, les autorités maliennes ont déclaré 68 enquêtes, 300 personnes poursuivies et trois condamnations.
Derrière ces chiffres se trouvent des femmes, des hommes et des enfants confrontés à l’exploitation sexuelle, au travail forcé, à la mendicité contrainte ou à d’autres formes d’asservissement. Durant la même période, les services maliens ont identifié et orienté vers une prise en charge 102 enfants victimes, tandis qu’une organisation internationale a accompagné 285 autres personnes. La prévention doit ainsi empêcher que la précarité, les déplacements ou les promesses frauduleuses d’emploi soient utilisés pour recruter et exploiter les plus vulnérables.
Dans ce cadre, la responsabilité des médias et la mobilisation de la jeunesse occupent une place importante. Une information rigoureuse peut aider à reconnaître les méthodes de recrutement, faire connaître les voies de signalement et protéger l’identité des victimes.
La lutte contre la traite doit s’inscrire dans la durée, a rappelé Sara El-Koundi, chargée de protection à l’Organisation internationale pour les migrations au Mali.
« Les programmes ont une durée. Les projets ont un calendrier. Mais la dignité humaine n’a pas d’expiration », a-t-elle déclaré, présentant la traite comme l’une des formes les plus cruelles d’exploitation.
Elle a appelé à maintenir l’assistance et la protection des personnes vulnérables après la fin des projets. Le dernier rapport disponible recense treize centres de transit au Mali, mais un seul hébergement spécialisé pour les femmes adultes victimes de traite, situé à Bamako. La prise en charge reste plus limitée en dehors de la capitale et les hommes victimes ne disposent pas encore de services spécialisés.
Le représentant de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas a, pour sa part, rappelé le rôle de COMPASS dans l’accompagnement des migrants. Il a présenté le programme comme le résultat d’une coopération entre l’OIM, les autorités maliennes, les collectivités, les associations et les partenaires engagés dans la protection des personnes en déplacement.
Au Mali, COMPASS est mis en œuvre par l’OIM avec le financement du Royaume des Pays-Bas. Lancé en 2021, le programme intervient dans la protection des migrants vulnérables, la lutte contre la traite, l’assistance au retour, la réintégration et le renforcement des capacités nationales. L’OIM indique avoir protégé et accompagné 340 victimes de traite dans le pays en 2025. La phase actuelle de COMPASS, commencée en 2024 dans quatorze pays, doit se poursuivre jusqu’à la fin de 2027.
Encourager la sensibilisation
La cérémonie a également été consacrée à la remise des prix du concours de productions journalistiques organisé après l’atelier de formation des 4 et 5 août 2026. Conduite par l’OIM avec le Comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées et l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication, cette formation avait réuni 30 élèves journalistes et communicateurs.
Les participants avaient été formés au traitement rigoureux et éthique de la traite, avec une attention particulière à la protection des victimes et à l’utilisation des termes appropriés. Le concours leur a ensuite permis de mettre en pratique les connaissances acquises. Mariam Aboubacar a été distinguée dans la catégorie télévision et journalisme mobile, Moussa Cissé en radio et Bagna Maïga pour la presse écrite et les médias en ligne.
Un autre moment de la cérémonie a été la remise du Prix feu Boubacar Touré, créé en hommage au premier président du Comité national de lutte contre la traite des personnes. La distinction a été décernée à l’Association pour la promotion des initiatives de développement, APID, pour sa contribution à la protection des victimes et à la prévention du phénomène.
Au nom du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar Sidiki Diarrah a félicité les lauréats du concours et les partenaires distingués. Il a salué leur contribution aux actions de prévention, d’identification et d’accompagnement des victimes.
Parmi les activités de la 13e édition nationale de la Journée mondiale figuraient des séances de mobilisation dans les écoles et les universités. Elles visaient à informer les jeunes sur les méthodes utilisées par les trafiquants, notamment les fausses offres d’emploi, les promesses de voyage et les recrutements liés aux escroqueries en ligne.
La rencontre a enfin rappelé que la réponse ne dépend pas seulement des institutions judiciaires et des organisations internationales. Elle repose aussi sur la vigilance des familles, le travail des médias, l’engagement des associations et la capacité des services compétents à identifier rapidement les victimes. La poursuite de COMPASS jusqu’en 2027 devra notamment contribuer à renforcer les mécanismes de signalement, d’orientation et de prise en charge dans les régions situées hors de Bamako.
Salimata Wagué
Accords locaux : entre survie des villages et refus de l’État
Le gouvernement exclut de soutenir les arrangements conclus entre des communautés et des groupes armés, tout en reconnaissant que certaines populations y adhèrent pour pouvoir cultiver, circuler ou échapper aux violences. Cette position remet au centre une réalité complexe du Centre : des villages composent avec les forces présentes sur le terrain lorsque leur survie quotidienne est en jeu.
Budget 2026 : 410 milliards pour la Défense et la Sécurité
Plus du quart des dépenses exécutées par l’État au premier semestre 2026 a concerné la Défense et la Sécurité. Cette concentration intervient au moment où les recettes progressent plus rapidement que les décaissements, avant l’application complète d’un budget rectificatif qui accroît encore les besoins de financement.
Goïta–Poutine : un échange au cœur de la nouvelle stratégie régionale de Moscou
Assimi Goïta et Vladimir Poutine ont réaffirmé le 19 août leur coordination sécuritaire au Mali et dans le Sahel. Cet échange intervient deux jours après l’annonce d’un futur mémorandum de coopération entre la Russie et la CEDEAO.
Santé mentale des jeunes : quand la souffrance passe pour de la paresse
Chez certains jeunes Maliens, la souffrance psychologique peut se dissimuler derrière des études poursuivies, des activités maintenues et même des sourires. Alors que les pouvoirs publics inscrivent progressivement la santé mentale parmi leurs priorités, reconnaître les signes et accéder à un accompagnement restent des défis.
« Pourquoi tu ne fais plus comme avant ? » Pour une personne qui traverse une période difficile, la question peut sembler banale. Pourtant, derrière une baisse de motivation, un retrait ou une difficulté à accomplir certaines tâches peut se trouver une réalité que l’entourage ne perçoit pas.
S.S. raconte avoir commencé à ressentir un changement lorsque des choses auparavant simples lui demandaient beaucoup plus d’énergie. Elle continuait pourtant à avancer dans son quotidien. « Je continuais à faire ce que j’avais à faire, mais intérieurement, je sentais que quelque chose n’allait plus », témoigne-t-elle. Dans ses études comme dans ses activités, elle remarque une baisse de motivation et d’énergie. Ses relations avec les autres changent également. Elle s’isole davantage et ressent moins l’envie de communiquer, sans que son entourage comprenne toujours ce qui se passe.
Une souffrance invisible
Certaines personnes pensent simplement que S.S. a changé ou qu’elle est devenue moins disponible. Son manque d’énergie est parfois interprété comme de la paresse ou un manque de volonté. Une perception qu’elle vit difficilement. « Lorsque tu es déjà en difficulté, entendre que tu es simplement paresseux ou que tu ne fais pas assez d’efforts peut renforcer le sentiment de culpabilité », confie-t-elle.
Son témoignage met en évidence un paradoxe. Une personne peut continuer à étudier, à participer à certaines activités, à discuter et même à rire tout en traversant une période de souffrance. « Le fait de réussir à fonctionner normalement par moments ne signifiait pas que je n’allais pas mal », explique-t-elle.
Cette capacité à maintenir certaines habitudes rend parfois le mal-être difficile à percevoir. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, environ un adolescent de 10 à 19 ans sur sept vit avec un trouble mental à l’échelle mondiale. Ces troubles restent souvent non reconnus et non traités, tandis que la stigmatisation et la discrimination peuvent éloigner les jeunes des services d’accompagnement.
Il ne s’agit cependant pas de transformer chaque fatigue ou baisse de motivation en dépression. Ces changements peuvent avoir de nombreuses causes et seule l’évaluation d’un professionnel qualifié permet d’établir un diagnostic. Ils méritent néanmoins d’être pris au sérieux lorsqu’ils persistent ou perturbent durablement les études, les relations et la vie quotidienne.
Dans une salle de classe, certains signes peuvent être plus visibles. Un professeur de mathématiques au lycée Abdoulaye Maïga évoque les changements d’humeur, la baisse de participation aux cours et, dans certains cas, les pleurs. Selon lui, les difficultés d’un élève peuvent avoir plusieurs origines, notamment des problèmes sociaux, familiaux ou financiers. Il estime donc nécessaire d’observer la durée et l’évolution de ces changements avant de tirer des conclusions.
L’enseignant explique que la formation reçue à l’École normale supérieure comporte des modules consacrés à la pédagogie de l’enfant et de l’adolescent. L’expérience acquise sur le terrain peut ensuite renforcer la capacité d’observation. Lorsqu’un élève semble en difficulté, il essaie d’abord d’échanger avec lui afin de comprendre ce qui se passe.
Cette écoute repose toutefois largement sur l’initiative individuelle. « Pas à ma connaissance », répond-il lorsqu’il est interrogé sur l’existence d’un dispositif particulier d’accompagnement dans son établissement. Pour lui, une plus grande attention permettrait aux enseignants de repérer certains changements et d’alerter les personnes compétentes. Il estime surtout nécessaire de mettre en place « des structures spéciales » pour mieux accompagner les jeunes.
Pour A.C., le changement est apparu après son accouchement. Ses activités se poursuivent, mais elle constate une fermeture progressive dans ses relations avec les autres. Son entourage, dit-elle, a mal vécu cette transformation. Certaines personnes la considèrent comme « perdue » ou ne comprennent pas ses décisions. Elle-même n’a pas immédiatement mesuré ce qui lui arrivait.
A.C. explique avoir continué certaines activités parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix. Le plus difficile, selon elle, reste de faire comprendre à son entourage son changement intérieur et sa nouvelle manière de réfléchir. Son témoignage rappelle qu’un comportement n’est pas interprété de la même façon par celui qui le vit et par ceux qui l’observent. Là où la personne ressent une transformation profonde, l’entourage peut seulement voir quelqu’un devenu distant, moins disponible ou différent.
Des réponses à construire
La santé mentale des jeunes commence progressivement à apparaître dans les politiques publiques maliennes. Un atelier multisectoriel organisé du 2 au 7 avril 2025 a validé le Plan stratégique de la santé des adolescents et des jeunes pour la période 2025-2029. Le document mentionne les troubles mentaux parmi les défis nécessitant une attention urgente et prévoit de renforcer l’accès aux services, la sensibilisation et la prévention.
Le Mali dispose également d’un Plan stratégique national de santé mentale et de soutien psychosocial 2025-2029. Rendu public par le ministère de la Santé et du Développement social, il vise notamment à accompagner 80 % des personnes exposées à des événements traumatisants. Une Stratégie nationale multisectorielle de promotion de la santé et du bien-être 2026-2035 a par ailleurs été adoptée en novembre 2025.
Ces orientations témoignent d’une reconnaissance croissante de la santé mentale dans l’action publique. Entre les objectifs annoncés et l’expérience quotidienne des jeunes, la question de l’accès concret à des professionnels, à des cellules d’écoute et à des services de proximité reste cependant posée.
Les témoignages recueillis ne permettent pas de mesurer l’ampleur de la dépression chez les jeunes Maliens. Ils montrent surtout comment une souffrance peut être vécue, dissimulée et interprétée par l’entourage.
Une thèse de médecine soutenue en 2024 à la Faculté de médecine et d’odontostomatologie de Bamako apporte néanmoins un éclairage sur une population particulière. Réalisée auprès de 844 étudiants entre janvier 2023 et avril 2024, elle a rapporté une fréquence de dépression de 41,9 % selon l’outil utilisé.
Ce résultat doit être interprété avec prudence. Le questionnaire était auto-administré en ligne et diffusé de manière volontaire dans les groupes WhatsApp des différentes classes. Les auteurs reconnaissent que cette méthode ne permet pas d’établir un diagnostic clinique individuel et que l’étude, menée à un moment donné, ne démontre pas de relation de causalité. Le chiffre concerne uniquement les étudiants ayant participé à cette enquête et ne peut être appliqué à l’ensemble de la jeunesse malienne.
Les données nationales demeurent également incomplètes. Le profil malien de l’Atlas de la santé mentale 2020 indiquait déjà que les informations disponibles étaient principalement compilées dans les statistiques générales de santé et que la production scientifique restait faible. Un rapport régional de l’OMS publié en août 2025, fondé sur les premières données de l’Atlas 2024, place le Mali parmi les pays disposant d’un plan de santé mentale intégré à d’autres politiques. Le pays ne figure toutefois pas parmi ceux qui déclarent régulièrement un ensemble complet d’indicateurs ou une ligne budgétaire spécialement consacrée à la santé mentale.
Écouter avant de juger
Pour S.S., l’attitude qu’elle aurait souhaitée de son entourage tient finalement en une question simple : « Qu’est-ce qui se passe ? », plutôt que « Pourquoi tu ne fais plus comme avant ? » Cette différence résume une grande partie du problème. Lorsqu’un jeune cesse de participer, s’isole, perd de l’énergie ou semble moins investi, la première réaction peut être de juger son comportement. Comprendre ce qui se trouve derrière ce changement demande davantage d’attention.
L’OMS souligne que les environnements familiaux, scolaires et sociaux jouent un rôle important dans la santé mentale des adolescents. Elle recommande aussi de renforcer les services adaptés aux enfants et aux jeunes, alors que leur accès demeure insuffisant dans de nombreux contextes.
Au Mali, les politiques publiques accordent désormais davantage de place au bien-être mental. Dans les salles de classe, les familles et les groupes d’amis, la première forme d’aide peut cependant commencer bien avant une consultation : prendre au sérieux un changement, poser une question et écouter la réponse.
Car derrière celui que l’on croit simplement paresseux peut se trouver quelqu’un qui, comme S.S., continue d’avancer alors qu’il dépense déjà beaucoup d’énergie pour y parvenir.
Salimata Wagué
Mali-Mètre 2026 : le sentiment d’amélioration recule, l’espoir demeure
Plus d’une personne interrogée sur deux estime que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois. Cette perception recule toutefois de 14,2 points en un an, tandis que les attentes restent fortes en matière de sécurité, d’emploi et de services essentiels.
Los Angeles célèbre Angélique Kidjo
Angélique Kidjo, chanteuse franco-béninoise, a dévoilé mardi 18 août l’étoile à son nom sur le prestigieux Walk of Fame (l’allée des célébrités) de Los Angeles. Elle devient ainsi la première chanteuse africaine à inscrire son nom sur cette avenue mythique.
Situation sanitaire : l’insécurité et le sous-financement freinent la réponse
La réponse sanitaire aux besoins humanitaires reste entravée par l’insécurité et le manque de ressources, selon le bulletin de juillet du Cluster Santé publié le 13 août 2026. Les déplacements de populations, les difficultés d’accès aux soins et la circulation simultanée de plusieurs maladies accentuent la pression sur les services de santé.
Mutilations génitales féminines : des séquelles qui traversent les années
Les mutilations génitales féminines restent profondément ancrées dans de nombreuses communautés maliennes. Malgré les campagnes d’abandon, elles continuent d’exposer les filles et les femmes à de lourdes conséquences sanitaires et psychologiques.
18 août 2020 – 18 août 2026 Six ans après, ce que la transition a changé
Le 18 août 2020, un coup d’État mettait fin au second mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta et ouvrait une transition annoncée pour dix-huit mois. Six ans plus tard, le Mali a changé de Constitution, d’alliances, de cadre sécuritaire et de système politique, tandis que le retour à des institutions élues reste sans calendrier.
Kidal : six blessés évacués à Gao, le FLA parle de militaires libérés
Le CICR a transféré, dimanche 16 août, six blessés du Centre de santé de référence de Kidal vers l’hôpital de Gao. Ce nombre correspond aux six militaires maliens que le FLA affirme avoir remis à l’organisation humanitaire, ce qui porterait à 88 le nombre de soldats libérés en quatre jours.
Ras Bath/Rose Vie Chère : sept ans ferme chacun
Après plus de trois années passées en détention, Ras Bath et Rose Vie Chère connaissent désormais leur peine. La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako les a condamnés, lundi 17 août, à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu’à 240 000 FCFA d’amende
Le verdict laisse sept années ferme à Mohamed Youssouf Bathily et Rokia Doumbia, de leurs vrais noms. Le parquet avait réclamé dix ans ferme contre le chroniqueur. Pour l’activiste, il avait demandé la même peine, dont cinq années avec sursis. La Cour s’est donc montrée moins sévère envers Ras Bath que ne le souhaitait l’accusation, mais plus lourde envers Rose Vie Chère.
Le dossier porte principalement sur des faits qualifiés d’association de malfaiteurs et d’atteinte au crédit de l’État par les technologies de l’information et de la communication. Deux passages de Rose Vie Chère dans l’émission « Le Grand Dossier » se trouvaient au centre des débats. Elle y dénonçait la hausse des prix, les délestages et les difficultés des ménages.
L’accusation a vu dans ces interventions une action concertée contre les autorités de transition. Rose Vie Chère a répondu qu’elle parlait comme commerçante confrontée à la cherté de la vie. Ras Bath a défendu son travail de chroniqueur, tandis que leurs avocats ont contesté l’existence d’un projet commun et demandé leur acquittement.
Détenus depuis mars 2023, les deux condamnés ont déjà passé environ trois ans et cinq mois en prison. Cette période devrait être prise en compte dans l’exécution de leur peine.
Pour Rose Vie Chère, la sortie pourrait théoriquement intervenir autour de mars 2030. Le calcul de Ras Bath sera plus délicat, puisqu’une partie de sa détention se rapporte à une précédente condamnation et que le mandat concernant cette affaire date du 28 mars 2024. Les échéances exactes seront fixées par l’administration pénitentiaire.
La défense conserve la possibilité de saisir la Cour suprême. Elle n’avait pas encore annoncé, lundi, si elle formerait un pourvoi en cassation.
Grande Commission mixte Mali-Maroc : le développement au cœur de la 4e session
La capitale malienne accueillera, du 21 au 24 juillet 2026, la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Maroc. Ce mécanisme diplomatique bilatéral permettra aux deux pays d’évaluer les actions déjà engagées, de renforcer leur partenariat et de préparer la signature de nouveaux accords dans plusieurs secteurs stratégiques.
Foudre en hivernage : les gestes qui mettent des vies en danger
Plusieurs cas de foudre causant des victimes et des dégâts colossaux ont été enregistrés depuis le début de cet hivernage par le service de Prévision météorologique de Mali Météo. Avec une intensité électrique phénoménale, un coup de foudre est estimé à 30 000 ampères (A) en moyenne, de quoi être mortel. Au Mali, face à des gestes quotidiens qui augmentent le risque de foudroiement, plusieurs spécialistes tirent la sonnette d’alarme.
Mondial 2026 : Avant l’épilogue, les grandes leçons d’une édition inédite
À l’approche du dénouement de la Coupe du monde 2026, plusieurs enseignements se dégagent de cette première édition à 48 équipes, entre surprises, confirmation des favoris et bilan contrasté des sélections africaines.
Bien avant la finale, cette Coupe du monde a déjà bouleversé plusieurs repères. Pour la première fois, 48 nations étaient réunies dans un même tournoi, avec une phase de groupes élargie et l’apparition des seizièmes de finale.
Une formule qui a offert davantage de rencontres et permis à un plus grand nombre de sélections de goûter à la compétition, tout en imposant un parcours plus long aux candidats au titre.
Le tournoi a toutefois confirmé que l’élargissement du plateau n’avait pas réduit son intensité. Plusieurs outsiders ont bousculé les hiérarchies et chaque tour à élimination directe a réservé son lot de surprises.
Redistribution des cartes
Le passage à 48 équipes a multiplié les opportunités pour les sélections émergentes, tout en obligeant les grandes nations à gérer un calendrier plus dense. Cette évolution a favorisé des confrontations inédites et prolongé le suspense jusqu’aux derniers matchs de groupe.
Les grandes nations de l’histoire de la compétition ont rarement bénéficié d’un parcours tranquille. Les seizièmes de finale ont ajouté une étape supplémentaire, donnant davantage de poids à la profondeur des effectifs, à la récupération et à la gestion des temps faibles.
Des surprises sans véritable révolution
Ce Mondial aura offert plusieurs résultats marquants. L’élimination de l’Allemagne face au Paraguay ou encore celle du Brésil contre la Norvège, dans une moindre mesure, figurent parmi les principaux coups de théâtre de la phase à élimination directe.
À l’inverse, certaines nations ont confirmé leur statut. L’Espagne s’est montrée particulièrement convaincante, jusqu’à décrocher son billet pour la finale. La France a également confirmé sa régularité en atteignant le dernier carré, tandis que l’Angleterre et l’Argentine se sont elles aussi hissées en demi-finales au terme de parcours parfois plus laborieux.
Ces trajectoires rappellent que les surprises restent possibles, mais que la régularité, l’expérience et la maîtrise collective continuent de départager les équipes dans les moments décisifs.
L’Afrique hors du dernier carré
L’augmentation du nombre de participants a permis au continent africain de présenter davantage de représentants, avec des parcours parfois encourageants. Le Maroc s’est de nouveau affirmé comme la locomotive du football africain en atteignant les quarts de finale, après avoir déjà marqué les esprits en 2022.
Derrière les Lions de l’Atlas, plusieurs sélections ont montré de belles séquences sans parvenir à s’installer durablement dans la phase finale. Le Sénégal, la RDC, le Ghana, le Cap-Vert, l’Algérie ou encore la Côte d’Ivoire ont quitté la compétition dès les seizièmes, tandis que l’Égypte a atteint les huitièmes.
Cette édition confirme néanmoins que les sélections africaines sont capables de rivaliser avec des adversaires de premier plan sur une rencontre. Le défi est de maintenir ce niveau sur la durée et de mieux négocier les moments décisifs pour se rapprocher régulièrement du dernier carré.
La Coupe du monde 2026 aura ainsi élargi le champ des possibles sans rendre le titre plus accessible. Davantage de nations se sont mêlées à la compétition, mais le sommet demeure réservé aux sélections capables de conjuguer profondeur d’effectif, maîtrise tactique et constance.
Mohamed Kenouvi
Dr Cheick Oumar Soumano : « Il faut que les jeunes soient associés »
Dans le cadre de la Journée mondiale des compétences des jeunes, célébrée le 15 juillet, Dr Cheick Oumar Soumano, Président de l’Organisation des jeunes patrons et Coordinateur du Baromètre, analyse les politiques de formation et d’insertion au Mali.
Quel bilan faites-vous des politiques publiques de formation des jeunes ?
Nous pouvons être satisfaits de ce qui a été entrepris par les autorités. Le ministère chargé de la Jeunesse intervient surtout sur la citoyenneté et la sensibilisation, tandis que celui chargé de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle agit davantage sur la formation, l’insertion et la création d’entreprises. Ces actions couvrent plusieurs domaines. Mais les besoins restent énormes. Les politiques doivent donc être intensifiées afin qu’une plus grande partie de la jeunesse puisse en bénéficier.
Pourquoi l’inadéquation entre formation et emploi persiste-t-elle ?
Beaucoup de programmes ont été conçus sans associer les Directeurs des Ressources Humaines et sans tenir compte des tendances de l’économie pour les vingt prochaines années. Les cursus universitaires ont souvent été pensés sur une base théorique, sans correspondre aux besoins réels. Cette difficulté concerne le Mali, mais aussi d’autres pays de la sous-région et de l’AES. Les reconversions professionnelles apportent une réponse. Un diplômé en anglais destiné à l’enseignement peut, par exemple, devenir secrétaire bilingue grâce à une formation adaptée et à un stage. Ce n’est pas la faute des jeunes. Les autorités cherchent aujourd’hui à corriger une situation qui a fortement affecté leur insertion.
Quelle part de responsabilité les pouvoirs publics portent-ils ?
Je préfère parler d’une mauvaise perception plutôt que de responsabilité. Les programmes étaient élaborés au bénéfice des jeunes sans les associer suffisamment et sans consulter pleinement le secteur privé, qui utilise les compétences. L’État a joué son rôle de formation et d’éducation. Il doit désormais rassembler les acteurs, mettre leurs compétences en synergie et mieux prendre en compte les besoins des employeurs afin de rendre l’insertion plus efficace.
Quelles réformes attendez-vous ?
« Il faut que les jeunes soient associés », notamment à travers le Conseil national de la Jeunesse. Toutes les composantes du secteur privé doivent aussi être écoutées, de l’agriculture à l’artisanat, en passant par l’industrie, le commerce et les services. Ensemble, les acteurs doivent élaborer les curricula et instaurer un cadre permanent de concertation et d’évaluation. Les jeunes doivent participer au suivi des propositions et de leur impact sur l’insertion. Ce travail produira ses effets à moyen et long terme.
Bamako City Tour : Inscrire le tourisme local dans la durée
Du 18 juillet au 27 septembre 2026, l’Agence de promotion touristique du Mali organise la quatrième édition de Bamako City Tour. Porté par le département de la Culture, le programme vise à rapprocher les résidents des sites touristiques et à soutenir un secteur affaibli par la crise. Après trois éditions aux résultats jugés encourageants, l’enjeu est désormais de consolider l’élan.
Organisée en partenariat avec les agences de voyages et les guides touristiques, l’initiative s’installe progressivement dans l’agenda culturel du pays. Elle cherche à développer le tourisme intérieur et à rendre leur patrimoine plus accessible aux Maliens. Elle offre aux locaux l’occasion de découvrir des lieux souvent proches, mais encore absents de leurs habitudes de loisirs et de sorties.
« C’est un programme qui a révolutionné l’accessibilité et la promotion des sites touristiques auprès des résidents nationaux, majoritairement des enfants et adolescents, mais également des adultes », assure Sidy Keïta, Directeur général de l’APTM.
Après trois éditions, l’Agence estime que Bamako City Tour a favorisé la valorisation des sites, le développement de parcours touristiques urbains et un nouveau regard des populations sur leur patrimoine. Le programme a aussi contribué à relancer l’activité des agences de voyages et des guides, dont le travail a été fortement touché par la crise.
Maintenir la dynamique
Selon le Directeur général de l’APTM, au moins une vingtaine de sites touristiques ont été valorisés à Bamako et dans les régions. Environ 40 000 personnes ont bénéficié de visites subventionnées à Bamako, Ségou, Sikasso, Mopti et Kayes. Les contenus réalisés autour de ces sites auraient, pour leur part, touché près de 15 millions de personnes.
Chaque année, le programme mobilise plus de quinze agences de voyages et une vingtaine de guides. Il leur a également permis de proposer et de vendre des circuits touristiques au-delà de la période consacrée au City Tour, prolongeant ainsi les retombées de l’opération.
La pérennisation de ces acquis exige cependant des investissements importants. La Phase II, centrée sur les parcours interurbains, suppose des routes praticables, des sites entretenus, une signalisation adaptée et de meilleures conditions d’accueil et de visite. Plusieurs lieux historiques restent encore méconnus ou difficilement accessibles.
Maintenir la dynamique passe enfin par l’élargissement des circuits et des expériences proposés aux visiteurs. Bamako City Tour peut contribuer à la relance du tourisme intérieur, à condition que l’initiative gagne en régularité, consolide les professionnels mobilisés et améliore durablement l’accès au patrimoine.
États-Unis – Iran : Ormuz au cœur de la reprise des hostilités
Les récentes frappes américaines et les ripostes iraniennes ont fragilisé l’accord intérimaire conclu en juin pour arrêter la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz. La crise menace désormais la navigation, les marchés énergétiques et l’équilibre régional bien au-delà du Golfe.
Les États-Unis et l’Iran ont repris leurs attaques, après plusieurs semaines de trêve précaire. Washington a frappé des sites de missiles, de drones et de surveillance, tandis que Téhéran a visé une base militaire américaine en Jordanie, Bahreïn et des pétroliers proches du détroit. Un marin indien a été tué et huit autres blessés lors d’attaques contre deux navires liés aux Émirats arabes unis.
Signé le 17 juin, le mémorandum intérimaire prévoyait l’arrêt des hostilités, la réouverture d’Ormuz et soixante jours de négociations sur le nucléaire iranien, les sanctions et la navigation. Le Pakistan et le Qatar avaient facilité l’entente, tandis qu’Oman intervenait sur les modalités maritimes. L’application du texte s’est heurtée à des lectures opposées, Washington exigeant un passage libre et Téhéran revendiquant l’organisation du trafic.
Ormuz sous pression
Donald Trump a annoncé le rétablissement d’un blocus sur les ports iraniens et proposé une contribution équivalant à 20% de la valeur des cargaisons protégées par les États-Unis. Les modalités restent à préciser et suscitent des réserves parmi les armateurs et les gouvernements, attachés à la liberté de navigation.
Près d’un cinquième du pétrole mondial transitait habituellement par Ormuz. Le Brent a dépassé 86 dollars le baril, tandis que le trafic commercial de pétroliers est tombé à son plus bas niveau depuis deux mois. Les assureurs ont relevé leurs primes de guerre, certains recommandant de suspendre les traversées, et les coûts d’affrètement ont fortement augmenté.
L’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, le Koweït, l’Irak et Bahreïn dépendent largement du détroit pour leurs exportations énergétiques. Le Qatar, grand fournisseur de gaz naturel liquéfié, cumule ainsi les rôles de médiateur et d’État exposé à toute fermeture prolongée.
La médiation continue
Malgré les frappes, les canaux diplomatiques restent actifs. Doha, Islamabad et Mascate cherchent à rétablir les discussions. Washington réclame un engagement public iranien garantissant la sécurité maritime, tandis que Téhéran conditionne l’apaisement à la fin des opérations américaines.
La crise dépasse le Golfe. La hausse du pétrole renchérit le transport, l’électricité, les engrais et les denrées importées. La stabilité d’Ormuz déterminera la solidité de la trêve, la reprise des flux énergétiques et la possibilité d’un règlement politique durable.
CEDEAO – AES : Les contours d’une coexistence régionale
À quelques jours du sommet du 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les contacts entre l’AES, l’Union africaine et la Russie redessinent les rapports régionaux. Libre circulation, commerce et sécurité deviennent les terrains concrets d’une coexistence encore provisoire.
Cette 69ème session demeure un rendez-vous interne à la CEDEAO. Aucune rencontre officielle avec l’AES n’est annoncée. Le programme rendu public met en avant la paix, la gouvernance, le commerce et l’intégration, des dossiers liés aux rapports avec les voisins sahéliens.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la Communauté le 29 janvier 2025. Pour prévenir une rupture, la CEDEAO a maintenu, « jusqu’à nouvel ordre », la reconnaissance des passeports, la circulation sans visa, les droits de résidence et d’établissement et le régime préférentiel des biens et services.
Le sommet suit plusieurs gestes diplomatiques récents. Les ministres de l’AES ont reçu Sergueï Lavrov à Niamey, Bamako et Alger ont rétabli leurs ambassadeurs et rouvert leurs espaces aériens, puis Mahmoud Ali Youssouf de l’UA a effectué une visite au Mali les 12 et 13 juillet.
Dégel
D’ailleurs, le communiqué Russie – AES du 8 juillet saluait la « dynamique positive du dialogue » avec la CEDEAO et l’Union africaine. Moscou confirmait aussi son soutien militaire et diplomatique à la Confédération. Toutefois, le partenariat russe n’exclut pas la reprise des contacts africains.
À Bamako, Mahmoud Ali Youssouf a qualifié ses échanges de « francs, approfondis et constructifs ». À sa sortie d’audience avec le chef de l’État, il a reconnu l’AES comme « une réalité du paysage régional » et plaidé pour le dialogue, le bon voisinage et une réponse collective au terrorisme.
Le dégel entre le Mali et l’Algérie complète ce tableau. Pour l’heure, aucun élément public n’établit une médiation russe. Le retour des canaux facilite les consultations, mais le contentieux du drone abattu et les divergences sur les groupes armés demeurent.
Passerelles
L’AES a déclaré son territoire sans visa pour les ressortissants de la CEDEAO et leur reconnaît les droits d’entrée, de circulation, de résidence et d’établissement. Ces décisions réciproques ont limité les perturbations, sans constituer encore un accord commun durable.
Pour les voyageurs et les opérateurs, les incertitudes concernent les contrôles, les assurances, les diplômes, la protection sociale, les titres de séjour et les documents de l’AES. Des réglementations divergentes compliqueraient des pratiques jusque-là encadrées par les protocoles communautaires.
L’économie impose aussi des passerelles. Les pays de l’AES, sans accès maritime, dépendent des corridors vers les ports côtiers. Les États littoraux profitent du transit et des débouchés sahéliens. Des écarts tarifaires ou douaniers augmenteraient les délais, les coûts de transport et les prix.
Sécurité
La coopération sécuritaire constitue le dossier le plus urgent. Groupes armés, trafics et réseaux criminels franchissent les frontières entre le Sahel et les pays côtiers. Le renseignement, les alertes précoces et la coordination locale restent nécessaires, malgré des doctrines militaires et des partenariats extérieurs différents.
Pourtant, la confiance politique demeure fragile. Les sanctions, la menace d’intervention militaire au Niger et les désaccords sur les transitions ont laissé des contentieux. Les autorités sahéliennes placent l’égalité souveraine, la non-ingérence et la reconnaissance de leur Confédération au centre de leurs relations extérieures.
Le dialogue ne possède pas encore de cadre conjoint stabilisé. En juin, des experts du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis à Ouagadougou pour préparer une position commune avant de futures consultations avec la CEDEAO sur la sécurité, le commerce et la stabilité régionale.
Horizon
Lungi peut préciser la position des Douze et leur mandat pour les négociations futures. Des interlocuteurs désignés, un calendrier et des groupes techniques permettraient de passer des mesures unilatérales à des arrangements négociés sur la circulation, les échanges et la sécurité transfrontalière.
Les limites restent visibles. Le programme public du sommet ne garantit aucune décision spécifique sur l’AES. La visite de Mahmoud Ali Youssouf n’a été accompagnée d’aucune annonce levant la suspension du Mali par l’Union africaine. Le rapprochement entre Bamako et Alger a rétabli le dialogue sans régler les différends.
La recomposition régionale se joue moins dans un retour à l’ancienne CEDEAO que dans l’organisation d’une coexistence prévisible. Son contenu se mesurera aux garanties offertes aux citoyens, aux commerçants et aux transporteurs, ainsi qu’à la capacité des institutions séparées à coopérer face aux menaces communes, dans un cadre clairement défini et durable.




















