Le Sénégal a remporté la 35e Coupe d’Afrique des nations au terme d’une finale éprouvante face au Maroc. Un succès acquis en prolongation, après un temps réglementaire exceptionnellement long, marqué par une suite de décisions arbitrales qui ont profondément pesé sur le scénario du match.

La finale de la Coupe d’Afrique des nations disputée le 18 janvier 2026 à Rabat a longtemps ressemblé à un bras de fer. Devant un stade acquis au Maroc, les deux équipes se sont neutralisées pendant près d’une heure et demie, sans qu’aucune ne parvienne à prendre le dessus. Le Sénégal a misé sur son bloc compact et sa solidité, tandis que le Maroc cherchait à imposer sa maîtrise technique, sans toutefois trouver la faille.
À l’approche de la fin du temps réglementaire, la tension est montée d’un cran. À la 90e+2 minute, sur un ballon aérien envoyé dans la surface marocaine, une situation confuse se crée devant le but. Plusieurs joueurs se disputent le ballon, qui finit au fond des filets. Mais l’arbitre avait déjà sifflé une faute sur Achraf Hakimi avant la conclusion de l’action. Le jeu étant interrompu par le coup de sifflet, le but est automatiquement annulé, sans possibilité d’intervention de la VAR, conformément au règlement.
La décision provoque une vive réaction du banc sénégalais, d’autant que l’action semblait se poursuivre naturellement pour les joueurs. Le match reprend néanmoins, dans une atmosphère devenue lourde.
Trois minutes plus tard, à la 90e+5 minute, une attaque marocaine se développe dans la surface sénégalaise. Un contact implique Brahim Díaz. Cette fois, l’arbitre est appelé par la VAR. Après plusieurs minutes de visionnage, il décide d’accorder un penalty au Maroc.
La rencontre s’interrompt alors longuement. Les joueurs sénégalais contestent la décision et quittent momentanément la pelouse. Les discussions se multiplient entre arbitres, officiels et capitaines. Le jeu reste arrêté pendant plus de dix minutes, faisant basculer le temps réglementaire bien au-delà de ce qui avait été initialement annoncé.
Le penalty n’est finalement exécuté qu’aux alentours de la 90e+24 minute. Brahim Díaz s’élance et tente une frappe piquée, mais Édouard Mendy reste parfaitement calme et capte le ballon. L’arrêt du gardien sénégalais maintient le score à zéro partout et permet au Sénégal de rester en vie.
Peu après, l’arbitre met fin au temps réglementaire, étiré par les interruptions successives. Les deux équipes s’engagent dans les prolongations dans un climat encore tendu, marqué par la fatigue et les émotions accumulées.
Dès la quatrième minute de la première période supplémentaire, à la 94e minute, le Sénégal trouve l’ouverture. À la suite d’une attaque marocaine repoussée dans la surface sénégalaise, le ballon remonte rapidement. Sadio Mané effectue une talonnade au niveau du rond central vers Idrissa Gana Gueye, qui transmet aussitôt à Pape Gueye. Sur une action presque individuelle, ce dernier avance vers la surface et déclenche une frappe puissante du pied gauche à l’entrée de la zone. Le ballon vient se loger dans la lucarne gauche de Yassine Bounou, laissant le stade sans voix.
Ce but change définitivement la physionomie du match. Le Maroc tente de réagir, pousse durant le reste des prolongations, mais se heurte à une défense sénégalaise disciplinée et solidaire. Malgré quelques centres et situations arrêtées, les Lions de l’Atlas ne parviennent pas à revenir.
Au coup de sifflet final, le Sénégal est sacré champion d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire, après son premier titre remporté en 2022 au Cameroun. Ce nouveau sacre vient confirmer la constance d’une génération qui a disputé trois finales de Coupe d’Afrique des nations depuis 2019, une performance rare sur le continent.
Cette 35e édition restera marquée par une finale longue, éprouvante et disputée jusqu’au bout. Si la polémique autour des décisions arbitrales continuera d’alimenter les débats, le Sénégal, lui, a su rester concentré dans les moments les plus difficiles et faire la différence lorsque l’occasion s’est présentée.
Dans une rencontre où la lucidité a parfois manqué autour du terrain, les Lions de la Téranga ont su la conserver sur le terrain. Et c’est sans doute là que s’est joué ce nouveau titre continental.