Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Corruption en Afrique : Une lutte entravée
En Afrique, la lutte contre la corruption repose sur des dispositifs nationaux, continentaux et internationaux. Malgré ces cadres, les faiblesses institutionnelles et les ingérences politiques freinent encore l’atteinte des résultats.
La protection des ressources publiques figure parmi les objectifs de cette lutte. Elle doit préserver les fonds destinés aux écoles, aux hôpitaux et aux autres services essentiels, en associant prévention, contrôle et sanctions.
Parmi les instruments continentaux figure la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée en 2003 à Maputo. Son Conseil consultatif recueille des informations sur la corruption, conseille les gouvernements et suit l’application des engagements des États parties.
Issu du NEPAD, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) permet également aux États volontaires d’examiner leur gouvernance politique, économique et institutionnelle.
À l’échelle internationale, la Convention des Nations unies contre la corruption encadre la prévention, l’incrimination des faits, la coopération entre États et la restitution des avoirs issus de la corruption.
Dans plusieurs pays, des autorités spécialisées conduisent des enquêtes et des actions de sensibilisation. La déclaration de patrimoine de certains responsables publics, le contrôle des marchés et la publication des informations budgétaires font partie des instruments de prévention.
Des résultats encore limités
Leur efficacité suppose toutefois une justice capable d’instruire les dossiers et de juger les infractions sans ingérence politique. Le contrôle citoyen, porté notamment par les médias et les organisations de la société civile, contribue aussi à signaler les abus et à demander des comptes. La protection des personnes qui dénoncent ces pratiques est également nécessaire pour prévenir les représailles et encourager les signalements.
L’ampleur des pertes est préoccupante. Dans son rapport de 2020, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement estimait à 88,6 milliards de dollars par an les sorties illicites de capitaux d’Afrique, soit 3,7% du PIB continental. Cette estimation couvre des pratiques plus larges que la seule corruption.
Selon Transparency International, l’Afrique subsaharienne obtient un score moyen de 32 sur 100 dans l’Indice de perception de la corruption 2025, contre 42 au niveau mondial. Elle est la région la moins bien classée. Plus le score est faible, plus la corruption du secteur public est perçue comme élevée.
Les obstacles demeurent nombreux. Le manque d’indépendance judiciaire réduit la portée des poursuites, tandis que l’insuffisance des moyens et de l’expertise affaiblit les institutions de contrôle. Les engagements politiques produisent peu d’effets lorsqu’ils restent sans application. Les conflits et l’instabilité compliquent également la continuité des réformes et le fonctionnement des administrations.
Ébola en RDC : le flou financier fragilise la riposte
La plus grave épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo a franchi les frontières du pays. Alors que le bilan dépasse 4 500 morts, Africa CDC réclame des explications sur plus de 700 millions de dollars dont l’utilisation est difficile à retracer.
Déclarée en mai dans l’Ituri, l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo continue de s’étendre malgré les moyens internationaux mobilisés. Selon les données arrêtées au 17 octobre, la RDC comptait 9 455 cas confirmés et 4 561 décès. Le virus touchait 66 zones de santé dans huit provinces, le Nord-Ubangi étant la dernière atteinte. Plus de 900 malades étaient hospitalisés en isolement.
Le passage du virus au Kenya a donné une dimension régionale à la crise. Le premier malade, arrivé de RDC par l’Ouganda, est décédé le 5 octobre à Nairobi. Sept autres contaminations ont ensuite été détectées parmi ses proches, des soignants et un accompagnant hospitalier. Toutes sont liées à ce premier cas et les autorités kenyanes n’ont pas signalé de transmission communautaire. Nairobi a renforcé les contrôles aux frontières, tandis que la Tanzanie surveille pendant 21 jours les voyageurs venant des pays à risque.
Plus de 700 millions de dollars à tracer
La progression de l’épidémie s’accompagne d’une controverse sur le financement de la riposte. Selon le Directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, les bailleurs déclarent avoir versé 962 millions de dollars aux organisations chargées des interventions. Mais une vérification menée avec les autorités congolaises n’aurait permis de documenter précisément qu’un peu plus de 200 millions. Plus de 700 millions de dollars restent ainsi insuffisamment renseignés dans les rapports financiers disponibles.
Ce constat ne prouve pas un détournement. Il révèle toutefois un sérieux déficit de transparence entre bailleurs, organisations internationales, ONG et autorités nationales. Le gouvernement congolais affirme ne pas avoir reçu directement ces fonds et a limité à 25 le nombre d’ONG autorisées à intervenir, sur près d’une centaine précédemment présentes.
Cette opacité devient aussi un problème sanitaire. Des agents mobilisés en première ligne ont protesté contre des retards de paiement et des conditions de travail difficiles. Dans des régions marquées par les violences armées et la méfiance envers les institutions, les zones d’ombre financières fragilisent la confiance des communautés. Publier les montants reçus, les dépenses et leurs bénéficiaires apparaît aussi nécessaire que renforcer le dépistage, l’isolement et le suivi des contacts. D’où l’urgence de faire toute la lumière sur cette affaire.
Rapports 2024 et 2025 du BVG : quelles suites pour les irrégularités relevées ?
Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a remis le 14 octobre ses rapports annuels 2024 et 2025 au Président de la Transition. Les constats dressés dans plusieurs secteurs relancent surtout la question des suites administratives, financières et judiciaires données aux irrégularités relevées.
Au total, 94 missions ont été réalisées au cours des deux années. Le rapport 2024 en réunit 44, dont 28 vérifications financières et de conformité, 3 vérifications de performance et 13 suivis de recommandations. Selon le Vérificateur général, environ 61 % des vérifications financières et de conformité ont été engagées à la suite de saisines.
Du développement rural à la santé en passant par les transports, le sport et la diplomatie, les missions ont concerné des secteurs très différents. Au 20 octobre, les versions intégrales des deux rapports annuels n’étaient toutefois pas encore accessibles sur le site du BVG, qui a annoncé leur publication après leur transmission aux autres institutions.
Le rapport 2025 recense 50 missions : 24 vérifications financières et de conformité, 10 vérifications de performance et 16 suivis de recommandations. Les saisines des autorités ou des citoyens ont représenté 58 % des vérifications financières et de conformité et 70 % de celles portant sur la performance.
Les travaux menés pendant les deux exercices ont permis de régulariser et de reverser au Trésor plus de 2,4 milliards de francs CFA. Ce montant correspond aux sommes effectivement régularisées et non à l’ensemble des irrégularités financières constatées. Parallèlement, 40 dossiers étaient en cours de traitement auprès du Procureur de la République financier et du Président de la Section des comptes de la Cour suprême.
Le suivi reste toutefois incomplet. En 2024, 49 % des 150 recommandations applicables avaient été entièrement mises en œuvre. En 2025, sur 161 recommandations applicables adressées à 16 entités, 55 % avaient été mises en œuvre, 17 % l’étaient partiellement et 27 % ne l’étaient pas. 11 des 16 structures concernées avaient atteint un taux d’application d’au moins 50 %.
Faiblesses récurrentes
Les difficultés dépassent la seule exécution des recommandations. En 2025, le BVG a constaté que 42 % des entités vérifiées tenaient mal leur Comptabilité Matières, 21 % ne respectaient pas la séparation entre ordonnateur et comptable public et 17 % ne disposaient pas d’un manuel de procédures validé. Sur le plan financier, 54 % des déperditions concernaient des recettes non recouvrées ou recouvrées mais non reversées, contre 46 % liées à l’exécution des dépenses. Ces lacunes fragilisent le contrôle interne et compliquent la correction durable des pratiques.
Parmi les rapports sectoriels récemment publiés, la vérification de performance consacrée à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) illustre ces difficultés. Rendue publique le 8 octobre et réalisée sur saisine, elle couvre la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025. Le BVG justifie ce contrôle par le rôle de l’Institut dans la protection sociale, l’importance des ressources qu’il gère et les insuffisances déjà relevées lors de précédentes missions.
Durant la période examinée, les recettes de l’INPS se sont élevées à 1 250,985 milliards de francs CFA et ses dépenses à 1 183,435 milliards. La mission a notamment évalué le cadre institutionnel, l’organisation, les ressources humaines et la capacité de l’Institut à assurer ses missions.
Sur le plan institutionnel, le BVG relève que la directive de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES) relative au socle juridique applicable aux organismes de prévoyance sociale n’a pas été transposée dans la législation nationale. Selon le rapport, cette situation limite l’efficacité du système et de la gestion de l’INPS.
La mission estime également que l’organisation interne ne permet pas une répartition suffisamment claire des responsabilités. Le manuel de procédures, qui date de 2004, n’intègre pas les évolutions intervenues depuis dans le fonctionnement de l’Institut.
La gestion des recrutements figure aussi parmi les principaux constats. Pour le BVG, elle « n’assure pas la qualité des ressources humaines mobilisées et la maîtrise des charges de personnel ».
Entre 2023 et 2025, l’INPS a recruté 2 926 agents. Les Inspecteurs de sécurité sociale représentaient 66,51 % de ces recrutements, devant les agents principaux, les agents divisionnaires et les gestionnaires de comptes. Environ 83 % des personnes recrutées ont été affectées à Bamako, contre 17 % dans les 7 directions régionales.
Une vérification financière distincte, publiée le 14 septembre et couvrant également les exercices 2021 à 2025, a évalué les irrégularités financières à 15,989 milliards de francs CFA. Sur ce montant, 64,45 millions avaient été régularisés pendant les travaux de contrôle, laissant un reliquat de 15,925 milliards.
Le rapport de performance relève en outre un taux d’encadrement, soit la part des cadres dans l’effectif total, de 73 % en 2024, alors que la norme de la CIPRES se situe entre 5 et 10 %.
Le poids des charges de personnel dans les cotisations a, de son côté, atteint 25,03 % en 2025, au-dessus du plafond de 15 % retenu par la CIPRES.
Le BVG signale enfin que l’attribution de plusieurs primes ne reposait pas sur une évaluation formelle de la performance des agents. Ces constats illustrent les conséquences concrètes d’un contrôle interne insuffisant sur les ressources et le fonctionnement d’un organisme public.
Garantir le suivi
La remise des rapports ouvre trois voies de suivi, explique le Pr Daman-Guilé Diawara, économiste du développement. Les faits susceptibles de constituer des infractions peuvent être transmis aux autorités judiciaires, tandis que les irrégularités relevant de la gestion appellent des corrections administratives et des mesures de recouvrement. La transmission d’un dossier ne préjuge toutefois ni de l’ouverture de poursuites ni de la culpabilité des personnes concernées.
Selon lui, les ministères de tutelle, les Conseils d’administration et les responsables des structures concernées doivent corriger les manquements, engager, lorsqu’elles sont justifiées, des procédures disciplinaires et recouvrer les sommes dues. Le BVG effectue ensuite des missions de suivi pour vérifier l’application de ses recommandations.
Pour le Pr Diawara, les contrôles contribuent à la bonne gestion, à la lutte contre la corruption et au recouvrement des fonds publics. Les plus de 2,4 milliards de francs CFA régularisés et versés au Trésor au titre des deux rapports montrent leur utilité financière, sans résumer à eux seuls leur portée.
La transmission des faits susceptibles de constituer des infractions peut aussi avoir un effet dissuasif, à condition que les procédures aboutissent dans des délais raisonnables et dans le respect de la présomption d’innocence.
La publication des constats permet en parallèle aux citoyens de suivre l’utilisation des ressources publiques. Cette transparence reste cependant limitée si les décisions administratives, les recouvrements et l’évolution des dossiers judiciaires ne sont pas rendus accessibles. Pour l’économiste, un suivi public devrait préciser, pour chaque recommandation, la structure responsable, l’action attendue, le délai fixé et l’état d’exécution.
La correction des défaillances dans les marchés publics, la comptabilité, le recouvrement des recettes et l’exécution budgétaire pourrait également réduire la répétition des mêmes irrégularités d’un contrôle à l’autre.
Pérenniser la bonne gouvernance
Pour transformer les contrôles ponctuels en pratiques durables, le Pr Diawara appelle à renforcer l’ensemble de la chaîne chargée de donner suite aux rapports.
Il estime nécessaire que chaque dossier transmis bénéficie d’un traitement documenté, sans interférence politique ni lenteur excessive. Il recommande également de dématérialiser davantage la passation des marchés et le paiement des taxes afin de réduire les contacts directs et les risques de corruption.
L’économiste propose enfin de renforcer la protection juridique des personnes qui signalent des pratiques illicites dans l’administration, d’associer davantage la société civile au suivi de la gestion publique et d’intégrer le civisme, ainsi que l’éthique, aux programmes de formation des fonctionnaires.
Fatoumata MAGUIRAGA
Réfugiés et déplacés : 78 % des besoins du HCR restent à financer
Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés a effectué une visite de terrain au Mali du 13 au 16 septembre 2026. À Bamako et dans les localités de Koro et Tombouctou, Birham Salih a réaffirmé l’engagement du HCR aux côtés du gouvernement malien et plaidé pour le renforcement des investissements en faveur des populations déplacées.
Koko Fashion Show : les traditions maliennes sur le podium
Prévue ce samedi 24 octobre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la 6e édition de Koko Fashion Show mettra en lumière le patrimoine vestimentaire malien sous le thème « Préserver les traditions ». Défilé de mode, valorisation des savoir-faire locaux et ouverture sur la sous-région et la diaspora seront au menu de la rencontre.
Macina accueille plus de 3 400 déplacés après les violences de septembre
Selon Médecins sans frontières, les familles arrivées de Touara, Souleye et d’autres villages vivent principalement chez des proches. La clinique mobile de l’organisation a reçu 2 131 patients en quinze jours.
CEDEAO–AES : des groupes de travail pour préparer un accord-cadre
Réunies à Dakar le 17 octobre, les deux organisations ont décidé d’engager des discussions techniques au sein de groupes de travail conjoints. Leurs conclusions seront examinées par les ministres avant une nouvelle session.
Route de Koulikoro : la circulation alternée reprend sur la RN27
Depuis ce lundi 19 octobre, les véhicules circulent de nouveau en alternance sur le tronçon urbain de la RN27. Le ministère des Transports explique cette mesure par la poursuite des travaux sur certaines parties de la voie.
Dioïla : dix morts dans l’effondrement d’un bâtiment en construction
Un bâtiment à étage s’est effondré samedi 17 octobre à Tripanobougou, faisant dix morts et sept blessés selon l’Agence malienne de presse. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes du drame et situer les responsabilités.
Coupe CAF : Le Réal et FC Diarra à un tour des groupes
Le Mali conserve deux représentants en Coupe de la Confédération après le premier tour préliminaire. L’AS Réal de Bamako et le FC Diarra abordent, les 17 et 18 octobre, une double confrontation qui peut leur ouvrir les portes de la phase de groupes.
L’AS Réal sera le premier à entrer en lice, le 17 octobre en Tunisie, face à l’Espérance sportive de Zarzis. Le retour est programmé pour le 24 octobre à Bamako. Les Scorpions arrivent à ce rendez-vous après avoir éliminé Vitesse FC du Burkina Faso avec une victoire 2-1 à l’extérieur puis un nul 0-0 à domicile.
Cette qualification a montré l’un de leurs principaux atouts, à savoir la capacité à gérer une double confrontation. Classé parmi les clubs de niveau 2 par la CAF avant le tirage, le Réal possède aussi davantage d’expérience continentale que son compatriote. Sa solidité défensive et sa faculté à obtenir un résultat hors de Bamako seront précieuses face à Zarzis.
Le club tunisien, absent des compétitions continentales depuis 20 ans, a toutefois réussi son retour. Il a éliminé Diambars du Sénégal 3-2 sur l’ensemble des deux matches, une victoire 3-1 à domicile et une défaite 1-0 au retour.
Atouts
Le FC Diarra recevra de son côté ASKO de Kara le 18 octobre avant de se déplacer au Togo le 25. Pour sa première campagne africaine, le club de Sébénicoro a franchi un obstacle important en sortant Nations FC du Ghana. Vainqueur 1-0 à Bamako, il a ensuite obtenu le nul 1-1 à Accra.
Cette capacité à résister loin de ses bases constitue son meilleur argument. Les hommes de Hamidou Sangaré peuvent aussi s’appuyer sur leur jeunesse, leur discipline et l’enthousiasme d’un groupe qui découvre la compétition sans complexe. Finaliste de la Coupe du Mali 2026 après avoir notamment éliminé le Stade malien en demi-finale, FC Diarra a déjà montré qu’il pouvait tenir dans des matches fermés.
ASKO représente néanmoins un test supérieur. Le club togolais, lui aussi classé parmi les équipes de niveau 2 par la CAF, a balayé l’AS ZAM du Niger 6-0 sur l’ensemble des deux manches au tour précédent.
Pour les deux clubs maliens, ce 2ème tour préliminaire signifie entrer directement en phase de groupes. Celle-ci débutera du 27 au 29 novembre. Le Réal mise sur son vécu, Diarra sur son élan. Deux chemins différents pour tenter de maintenir le Mali présent dans la compétition.
Déchets ménagers : Les champs faute de dépôts
Faute de dépôts de transit accessibles, certains GIE de Bamako déversent les déchets collectés dans des champs périphériques, avec l’accord de leurs propriétaires. Présenté comme utile aux deux parties, cet arrangement révèle surtout les ruptures de la chaîne d’évacuation des ordures.
Pour Bamadou Sidibé, Président du Collectif des Groupements intervenant dans l’Assainissement au Mali (COGIAM), une gestion durable commence par une collecte régulière. Il préconise des poubelles fermées dans les ménages, le tri à la source et la transformation des matières organiques en compost, plutôt que leur mélange avec les plastiques, les métaux et les autres résidus. Les GIE assurent la pré-collecte, avant l’évacuation vers les sites de transit et de traitement. Toute rupture lors de l’une de ces étapes ralentit le ramassage dans les quartiers et favorise la création de dépôts sauvages.
« La ville des Trois caïmans ne dispose que d’un seul dépôt de transit aménagé, qui se trouve en Commune II », affirme-t-il. Un nouveau dépôt, inauguré en juillet 2026 dans le deuxième arrondissement pour plus de 356 millions de francs CFA, a renforcé les équipements existants. Pour le COGIAM, cette infrastructure demeure cependant insuffisante au regard des besoins des quartiers.
À Sogoniko, Faladiè, Banankabougou, Yirimadio et Sirakoro-Méguétana, des GIE transportent une partie des déchets vers des champs de la zone aéroportuaire. Selon Amadou Diadié Samassékou, membre d’un GIE, ces déversements reposent parfois sur un accord conclu avec les exploitants agricoles.
Solution précaire
« Pendant la saison sèche, les propriétaires des champs nous sollicitent pour aller déverser nos déchets chez eux. Non seulement ils estiment qu’ils fertilisent les terres, mais ils y trient aussi les sachets en plastique et le fer pour les revendre », explique-t-il. Mais l’épandage d’ordures ménagères non triées ne peut être assimilé à du compost et expose les sols à des matières potentiellement polluantes.
Pendant l’hivernage, cette solution devient plus difficile. Les cultures occupent les parcelles, l’humidité complique le tri et les véhicules doivent parcourir plusieurs kilomètres sur des routes dégradées pour trouver un autre lieu de déchargement. Ces contraintes ralentissent la collecte et favorisent l’accumulation des ordures dans les quartiers.
La capitale dispose de sites destinés à recevoir les déchets, notamment à Noumoubougou, mais leur accessibilité et la continuité de l’évacuation sont contestées par les GIE. L’augmentation du nombre de dépôts de transit ne suffira pas sans une chaîne fonctionnelle associant pré-collecte, transport, tri, compostage contrôlé, recyclage et traitement final.
Ali Sankaré
Masques et marionnettes : Un patrimoine vivant à transmettre
Porteurs de récits, de croyances et de valeurs sociales, les masques et marionnettes occupent une place essentielle dans le patrimoine culturel malien. Reconnue par l’UNESCO, la tradition de Markala reste toutefois confrontée au défi de la transmission.
Les masques et les marionnettes sont bien plus que des objets sculptés ou des personnages de spectacle. Ils racontent l’histoire des communautés, transmettent des valeurs et traduisent une vision du monde dans laquelle les êtres humains, les animaux et les forces invisibles sont étroitement liés.
Dans les sociétés traditionnelles, ces pratiques accompagnent les cérémonies et les rassemblements communautaires. Elles associent sculpture, danse, chant, musique et représentation théâtrale, tout en faisant circuler des connaissances héritées des générations précédentes.
Selon le maître marionnettiste Yaya Coulibaly, leurs origines remontent à l’ancienne relation entre les humains, les animaux sauvages et les esprits associés aux forêts, aux cours d’eau et aux collines sacrées. « La première marionnette est la jeune fille appelée mɛrɛn », explique-t-il.
Chaque masque et chaque marionnette possède une signification. Le lion symbolise la puissance et l’autorité, tandis que la vache, appelée misi, apparaît dans des représentations qui dénoncent certains travers de la société.
Transmission
Les marionnettes collectives, connues sous le nom de kalakakɔnɔ sogow, reproduisent les comportements humains à travers des scènes symboliques. Les spectacles rappellent l’importance de la solidarité, de l’honnêteté et du respect des règles sociales.
Pour Yaya Coulibaly, le recul de ces pratiques tient d’abord à la rupture de la transmission entre les générations. Autrefois, les anciens enseignaient aux jeunes les techniques de fabrication, les récits et la signification des représentations. « Aujourd’hui, cette transmission devient difficile, notamment à cause du désintérêt de certains jeunes, du manque de moyens financiers et de l’évolution des modes de vie », observe-t-il. Les changements religieux conduisent aussi à l’abandon de certaines traditions. L’insécurité empêche l’organisation de manifestations culturelles dans plusieurs localités, notamment à Markala.
Sans formation des jeunes, soutien aux artistes et sensibilisation des communautés, certains savoir-faire pourraient disparaître avec leurs détenteurs. L’inscription en 2014 de la sortie des masques et marionnettes de Markala sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité constitue une reconnaissance, mais elle ne suffit pas à assurer durablement leur continuité.
« Pour préserver ce patrimoine, il faut encourager la transmission, valoriser le travail des marionnettistes et donner davantage de place à ces expressions culturelles dans nos événements et nos espaces éducatifs », conclut Yaya Coulibaly.
Joseph Amara Dembélé
Financement public : L’option FMI se précise
Après la mission conduite du 5 au 9 octobre, le Mali et le Fonds monétaire international poursuivent leurs échanges en vue d’un programme appuyé par une Facilité élargie de crédit (FEC). Encore à préparer, cet accord pourrait permettre de diversifier les ressources et de réduire la pression du financement intérieur.
La visite du FMI n’a pas débouché sur l’ouverture de négociations. Le ministère de l’Économie et des Finances annonce la transmission d’informations complémentaires et des visioconférences. Aucun montant, calendrier ou engagement définitif n’a encore été arrêté.
Les besoins de financement de l’État restent élevés. Selon la Direction générale de la dette publique, le Trésor a mobilisé 724,23 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’UEMOA au premier semestre 2026. Fin juin, la dette intérieure représentait 52,9% de l’encours total, contre 47,1% pour la dette extérieure. Le taux d’endettement s’établissait à 38,3% du PIB.
Le niveau global est inférieur au plafond communautaire de 70%, mais la structure de la dette compte. Dans son dernier rapport sur le Mali, le FMI relevait qu’environ 1 285 milliards de francs CFA d’obligations régionales et de prêts syndiqués arrivaient à échéance en 2026, presque deux fois plus qu’en 2025. Le recours soutenu aux banques et au marché régional alourdit le service de la dette et peut réduire les ressources disponibles pour financer les entreprises.
Un relais concessionnel
Une FEC offrirait des ressources à des conditions plus favorables et sur une durée plus longue que les émissions à court terme. Elle pourrait aussi compléter les financements déjà obtenus auprès de la Banque mondiale, de la BAD et de la BOAD. Selon la même source, sept accords totalisant 190,89 milliards de francs CFA ont été signés au premier semestre, dont 185,88 milliards sous forme de prêts.
Le futur programme prolongerait les réformes engagées dans le cadre du programme de référence achevé en 2026 : mobilisation des recettes intérieures, numérisation fiscale, contrôle des marchés publics, suivi des entreprises publiques et protection des dépenses sociales. Le FMI prévoit une croissance de 5,5% en 2026, contre 6,3% dans les projections officielles.
L’accord reste toutefois à construire. Son intérêt économique tiendra autant aux ressources mobilisées qu’à sa capacité à diminuer le coût du financement, préserver les investissements publics et éviter que les besoins de l’État ne pèsent davantage sur le crédit destiné au secteur privé.
Afrique de l’Ouest : Des prisons sous forte pression
Au-delà du cas malien, la pression sur les établissements pénitentiaires traverse plusieurs pays de la sous-région. Du Sénégal au Niger en passant par le Burkina Faso et la Guinée, surpopulation et poids des personnes en attente de jugement sont au cœur des difficultés carcérales.
Au Sénégal, la population carcérale atteignait 15 267 détenus au 18 août 2025, selon le ministère de la Justice. Parmi eux, 547 personnes étaient en détention provisoire depuis au moins trois ans. Face à la pression, l’administration pénitentiaire a également renforcé ses capacités d’accueil : 1 390 places supplémentaires ont été créées entre 2024 et 2025, tandis qu’un programme de modernisation prévoit la construction de plusieurs établissements.
La pression apparaît moins forte au Burkina Faso, mais reste réelle. Les dernières statistiques nationales disponibles, arrêtées au 31 décembre 2024, font état de 8 799 détenus pour 5 403 places, soit un taux d’occupation de 162,9%. Les personnes en détention avant jugement représentaient 29% de la population carcérale, soit 2 552 détenus.
Entre surpopulation et pistes de désengorgement
Au Niger, des données plus récentes montrent une situation particulièrement tendue dans certains établissements. À la maison d’arrêt de Niamey, 1 895 personnes étaient détenues au 8 mars 2026, dont 1 496 prévenus et 399 condamnés. L’établissement affichait alors un taux d’occupation de 416%. À Dosso, la prison civile accueillait au 15 avril 2026 329 détenus pour 250 places, dont 149 prévenus.
La question du désengorgement figure d’ailleurs parmi les préoccupations affichées par les autorités nigériennes. En avril 2026, le ministère de la Justice mettait notamment en avant la mise en œuvre des alternatives à l’incarcération comme l’un des moyens de lutter contre la surpopulation carcérale. Le recours au travail d’intérêt général et à la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité est également encouragé pour accélérer le traitement de certains dossiers.
En Guinée, les dernières données nationales disponibles remontent à mars 2024. Elles faisaient état de 5 549 détenus, dont 55,5% en détention préventive. Le niveau d’occupation du système pénitentiaire était alors estimé à 171,4%.
D’un pays à l’autre, les niveaux de surpopulation et le poids de la détention préventive varient, mais aucun des systèmes observés n’échappe totalement à la pression carcérale. Une réalité qui fait de la gestion des prisons un défi partagé à l’échelle ouest-africaine, avec des réponses encore très inégales selon les États.
Mohamed Kenouvi
Dr Ahmadou Touré : « Aucun développement durable n’est possible sans souveraineté effective »
Dans son nouvel ouvrage, « Souveraineté et refondation étatique au Mali (2020-2026) : vers l’Alliance des États du Sahel », Dr Ahmadou Touré analyse la trajectoire engagée au Mali depuis 2020. Maître-assistant et directeur du Centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, il revient sur les critères d’une souveraineté effective, les fragilités de la refondation et les défis de la Confédération AES. Propos recueillis par Massiré DIOP.
Quelle idée centrale relie les années 2020 à 2026 ?
Comment reconnaître une souveraineté effective ?
Quelle fragilité menace le plus la reconstruction de l’État ?
Que doit encore accomplir la Confédération AES ?
Kidal : Après l’armée, réinstaller l’État
Les FAMa ont repris Kidal le 6 octobre, près de six mois après leur retrait. La sécurisation de la ville ouvre un autre chantier : rétablir l’administration, ramener les services publics et renouer avec des populations dispersées, alors que les groupes armés restent actifs.
L’armée malienne a consolidé sa présence après des opérations aériennes et terrestres menées dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui tenait Kidal avec le JNIM depuis les attaques du 25 avril, affirme avoir effectué un « repli stratégique et maîtrisé » afin de préserver ses hommes et ses moyens.
Le gouvernement annonce « le retour progressif de l’administration et des services sociaux de base ». L’État-major entend aussi sécuriser les populations, les frontières et la circulation des personnes et des biens.
La ville a toutefois changé de contrôle sans bataille terrestre décisive. Le FLA présente son retrait comme temporaire et les groupes armés conservent une capacité d’action dans la région. Le retour des FAMa constitue donc un succès, sans marquer la fin des menaces.
L’expérience récente incite à la prudence. Après la reprise de novembre 2023, le gouvernorat, la police, la gendarmerie, le Trésor, l’hôpital et l’Académie d’enseignement avaient repris leurs activités. Les axes restaient cependant dangereux. Les attaques d’avril 2026 ont ensuite provoqué le départ de l’armée, de l’administration et d’une partie des habitants.
Sécurité
Tenir Kidal suppose de protéger la ville et ses accès. La route de Gao, les liaisons avec Anéfis, Tessalit et Aguelhoc ainsi que les circuits d’approvisionnement sont essentiels aux services publics et au retour des familles. Une présence limitée au chef-lieu laisserait les agents, les commerçants et les transporteurs exposés dès leur sortie de la localité.
Réfugié à Gao depuis juillet, l’enseignant Almoustapha Maïga souhaite rentrer, mais évoque l’insécurité et le mauvais état de la route. « Beaucoup de mes collègues veulent aussi retourner, mais nous ne savons pas comment, avec le manque de ressources », a-t-il confié à la Deutsche Welle. Il demande un appui au transport pour ceux qui ont tout laissé derrière eux.
Le renseignement de proximité et le traitement des alertes comptent autant que les patrouilles. Une population qui craint des représailles ou ne dispose d’aucun interlocuteur fiable transmet difficilement les informations nécessaires pour empêcher la reconstitution des réseaux armés.
Services
Le retour des services part d’une situation dégradée. Après le 25 avril, l’alimentation scolaire avait été suspendue dans 16 écoles de la région, touchant 2 913 élèves, dont au moins la moitié de filles. Fin juin, l’UNICEF signalait encore des établissements endommagés ou occupés et un accès très réduit aux cours.
La Direction régionale de la Santé avait aussi été prise pour cible. Trois cliniques mobiles assuraient une partie des soins. En août, le CICR a transféré six blessés du Centre de santé de référence de Kidal vers l’hôpital de Gao. Le réseau urbain d’eau, qui desservait environ 1 004 ménages, avait également été affecté.
Le retour des déplacés réclame une organisation concrète. Certaines familles ont perdu leur logement, leurs revenus ou leurs moyens de transport. Sidi Mohamed Ag Almoctar, Président du Conseil régional de Kidal, espère que « cette fois-ci, c’est la bonne ». Cet espoir reste lié à la possibilité de rentrer sans s’exposer à un nouvel abandon.
Confiance
La gouvernance locale forme le troisième volet. Élus, autorités traditionnelles, organisations de femmes et de jeunes, éleveurs, commerçants et déplacés doivent être associés aux décisions sur la reconstruction et les services. Dans un climat où la parole publique demeure prudente, des consultations régulières peuvent faire remonter les besoins sans confondre critique, désaccord politique et soutien aux groupes armés.
L’universitaire Pierre Claver Bakoroba Traoré plaide pour une décentralisation plus poussée et pour le dialogue. « Il ne faut surtout pas fermer la porte », estime également un habitant interrogé par Studio Tamani. La concertation n’exclut ni l’autorité de l’État ni la lutte contre les violences. Elle peut réduire les frustrations dont les groupes armés tirent parti.
Une administration présente, des routes praticables, des services ouverts et des habitants revenus durablement donneront un contenu concret à la reprise de Kidal. Sans ces relais civils, la ville risque de rester une position militaire disputée et de connaître encore les changements de contrôle qui ont rythmé son histoire récente.
Massiré Diop
Droits humains : Les voix du Sahel à Dakar
La 89ème session publique de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples se tient à Dakar du 12 au 21 octobre. Les préoccupations du Sahel, sans constituer un thème officiel, y sont portées par des organisations citoyennes et des défenseurs des droits humains.
Les onze commissaires examinent la situation des droits humains sur le continent, les rapports des États, les communications reçues et les activités des mécanismes spéciaux. La rencontre coïncide avec le 40ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, le 21 octobre 1986.
Le Forum des ONG, organisé du 8 au 10 octobre, a précédé la session. Ses travaux ont abordé l’espace civique, la liberté d’expression, l’accès à l’information, la protection des défenseurs, les conflits, les déplacements ainsi que l’eau et l’assainissement, thème de l’Union africaine pour 2026.
AfricTivistes a recueilli des contributions de citoyens, d’activistes et de défenseurs à travers ses réseaux Sahel Activistes, Sahel Résilience et CitizenLabs. Leur synthèse doit porter sur les libertés publiques, les droits numériques, la protection des populations et l’accès aux mécanismes africains.
Libertés
Le rétrécissement de l’espace civique figure parmi les préoccupations relevées à l’échelle du continent par le Forum des ONG. Dans plusieurs pays sahéliens, des organisations de défense des droits et des associations de presse documentent aussi des suspensions de médias, des poursuites ou interpellations de journalistes et d’activistes ainsi que des difficultés d’accès à l’information. Les autorités concernées invoquent la sécurité nationale, l’ordre public et la lutte contre la désinformation.
La Commission doit entendre, les 12, 13, 14, 18 et 19 octobre, des déclarations d’États, d’institutions nationales et d’ONG. Ses rapporteurs présenteront leurs travaux sur la liberté d’expression, les défenseurs des droits humains, les prisons, la torture, les réfugiés, les déplacés et les migrants.
Les examens périodiques portent sur le Cameroun, la Guinée-Bissau, Maurice et la Zambie et non sur le Sahel central. Les préoccupations sahéliennes passeront par les déclarations, les échanges avec les commissaires et les documents transmis par la société civile.
« L’objectif n’est pas seulement de documenter les problèmes, mais également d’identifier les réponses existantes », explique AfricTivistes. La CADHP peut adopter des résolutions et adresser des recommandations aux États, sans prononcer des jugements comparables à ceux de la Cour africaine. Les conclusions de Dakar préciseront la place accordée aux alertes venues du Sahel même.
Agir contre « Apollo »
Depuis plusieurs jours, les yeux rougis se multiplient autour de nous. Dans les familles, les quartiers et les lieux de travail, la conjonctivite communément appelée « Apollo » circule visiblement. La rentrée scolaire y ajoute désormais un espace particulièrement sensible avec des classes souvent chargées où les enfants partagent tables, fournitures et jeux.
Le ministère de la Santé a reconnu le 30 septembre une multiplication des cas, tout en jugeant la situation peu alarmante. Ce message doit aujourd’hui sortir des communiqués pour entrer dans les écoles. Attendre une forte progression des consultations avant d’organiser la prévention ferait perdre un temps précieux.
Les gestes recommandés sont pourtant simples. Se laver régulièrement les mains, éviter de se frotter les yeux et garder pour soi serviettes, mouchoirs et autres effets personnels réduisent les risques de transmission. Les remèdes improvisés, notamment le citron, le savon ou les collyres utilisés sans prescription, peuvent aggraver l’irritation.
Chaque établissement devrait consacrer quelques minutes à cette sensibilisation. Les enseignants peuvent reconnaître les premiers signes, prévenir les parents et orienter les enfants concernés vers un professionnel de santé. Encore faut-il mettre à leur disposition de l’eau, du savon et des consignes claires.
Une remontée régulière des cas observés dans les écoles permettrait aussi aux services sanitaires de suivre l’évolution de la maladie et de concentrer leurs actions sur les zones les plus touchées.
Il ne s’agit pas d’alarmer, encore moins de stigmatiser les malades. Il s’agit tout simplement d’empêcher qu’une affection très contagieuse gagne rapidement les salles de classe. Face à « Apollo », la prévention doit commencer maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
CPI : Washington menace de paralyser la Cour
Les États-Unis ont placé le 9 octobre la Cour pénale internationale sous sanctions. Les entreprises américaines ont six mois pour cesser leurs transactions avec l’institution, qui risque de perdre l’accès au dollar, aux services financiers et à certains fournisseurs technologiques.
Washington exige l’annulation des mandats visant Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant, l’arrêt des enquêtes concernant des ressortissants américains et la limitation de la compétence de la Cour envers les États non membres.
La décision est intervenue quelques heures après l’attribution du Nobel de la Paix à Navi Pillay, juriste sud-africaine et ancienne juge de la CPI. Elle fut aussi Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Donald Trump, qui revendiquait ce prix, a vivement critiqué ce choix. Pillay a présidé une commission de l’ONU ayant accusé Israël de génocide à Gaza, ce qu’Israël rejette.
La CPI a dénoncé une tentative « d’entraver le cours de la justice » et appelé ses 125 États membres à préserver son fonctionnement. À Bruxelles, l’Union européenne a regretté les sanctions. Londres s’est aussi démarquée de Washington : le Royaume-Uni et sept autres alliés ont exprimé leur « ferme désaccord ».
Cette offensive place désormais les alliés des États-Unis devant leurs engagements envers la justice internationale.




















