Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Yelen : La plateforme qui met les petits commerçants francophones en ligne
Vendre sur WhatsApp, Tiktok ou Instagram est devenu courant en Afrique francophone, mais encaisser les paiements et suivre les commandes reste compliqué. C’est de ce constat qu’est née Yelen, une jeune entreprise lancée en juin 2025 par Ibrahima Sylla, avec son cofondateur Christian Okoth.
L’idée est venue de conversations avec des vendeurs qui évoquaient leurs difficultés à encaisser leurs paiements et à gérer leurs ventes entre WhatsApp, Tiktok et Instagram. Yelen propose donc de créer une boutique en ligne sans écrire une ligne de code. Le besoin est réel. En Afrique francophone, les PME représentent plus de 90% des entreprises, mais moins de la moitié vendent en ligne, selon TechCabal.
Pour la livraison, les commerçants gèrent eux-mêmes les envois locaux, tandis que l’expédition internationale passe par un partenariat avec DHL. La plateforme prend aussi en charge les paiements mobiles transfrontaliers et s’intègre aux systèmes de paiement locaux, un gage de confiance pour les acheteurs comme pour les vendeurs. Son modèle économique combine abonnements et frais sur les transactions.
Les premiers résultats sont encourageants. Depuis son lancement, Yelen affirme avoir intégré plus de 3 000 vendeurs et traité environ 40 000 dollars de transactions. Elle s’appuie surtout sur la Côte d’Ivoire, où le commerce en ligne a généré 534 millions de dollars de revenus en 2024 et où se concentrent 70% de ses utilisateurs.
Selon Techpoint Africa, la start-up opère dans des régions francophones comme le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Mali, le Bénin, le Niger et le Gabon, et ses utilisateurs se répartissent sur dix marchés, dont la République démocratique du Congo.
Ibrahima Sylla n’en est pas à son premier projet. Techpoint Africa le présente comme un ancien de Google et d’Anka, et rapporte qu’un produit précédent avait gagné une certaine traction avant qu’il ne juge le marché pas prêt. Le média décrit Yelen comme un Shopify pour les vendeurs des réseaux sociaux, mais le fondateur assure que la plateforme s’en distingue fondamentalement.
Son ambition affichée est de devenir l’infrastructure du commerce en ligne pour les vendeurs sociaux. Dans une région où le commerce passe beaucoup par les discussions en ligne, Yelen entend bâtir les rails qui soutiendront la croissance du secteur.
Ibrahim Baby
UFOA-A U20 : Un échec aux causes multiples pour les Aiglons
Éliminés après seulement deux rencontres du tournoi UFOA-A U20 2026, les Aiglons ne participeront pas à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de la catégorie. Au-delà des insuffisances constatées sur le terrain, cette désillusion suscite des interrogations sur les choix techniques et les critères de sélection des joueurs.
Deux matchs, deux défaites sur le même score (0-1) et aucun but inscrit. Le bilan des Aiglons dans le tournoi qualificatif organisé à Bamako est loin des ambitions affichées. Battus par la Guinée le 15 octobre, puis par la Gambie trois jours plus tard, les hommes de Mamoutou Kané dit Mourlé ont prématurément abandonné leurs espoirs de qualification.
Sur le terrain, les difficultés offensives ont particulièrement pesé. Face aux Guinéens comme face aux Gambiens, les Juniors maliens ont éprouvé des difficultés à construire leurs actions et à déséquilibrer les défenses adverses. Malgré les changements opérés par le staff technique, l’équipe n’a jamais réussi à trouver la solution.
Des choix qui interrogent
Outre les insuffisances techniques et tactiques, cette élimination ravive le débat sur la composition des sélections nationales de jeunes. Certains observateurs s’interrogent sur les critères de choix des joueurs et sur la place accordée aux performances individuelles en clubs et dans les académies.
Toutefois, les résultats décevants ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que les meilleurs éléments ont été écartés. La constitution d’une sélection répond également à des exigences de complémentarité, d’équilibre entre les postes et d’adaptation au projet de jeu du sélectionneur.
Après la défaite contre la Gambie, Mamoutou Kané a assumé sa responsabilité dans l’élimination, tout en défendant ses choix. « Oui, je suis le principal responsable de cette élimination du Mali. Je ne regrette pas mes choix, l’équipe avait toute ma confiance », a déclaré le technicien qui avait conduit le Mali au sacre à la CAN U20 2019.
Cette contre-performance lui a finalement coûté son poste. Dans un communiqué publié le 20 octobre, la FEMAFOOT a annoncé avoir reçu sa démission, à l’issue d’échanges avec le Président du Comité exécutif. L’instance prévoit également une réorganisation de l’encadrement technique et du processus de sélection des équipes nationales de jeunes.
Cette nouvelle désillusion, quelques semaines après l’élimination des U17, appelle une réflexion sur les méthodes de détection et de sélection, mais aussi sur la capacité des encadrements techniques à tirer le meilleur parti des talents maliens disponibles.
Finances publiques : le budget 2026 ajusté pour soutenir la santé
Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté à l’unanimité, ce jeudi 22 octobre 2026, le projet de loi modifiant le budget de l’État pour l’exercice 2026. Le texte doit notamment contribuer au financement du programme de construction et de transformation de 15 infrastructures sanitaires à travers le pays.
AES – CEDEAO : Quel avenir pour la coopération ?
Le dialogue engagé à Dakar le 17 octobre doit donner un cadre durable aux relations entre l’AES et la CEDEAO. La circulation des personnes, le commerce et la sécurité appellent des engagements concrets entre les deux ensembles.
La séparation institutionnelle n’a pas effacé les interdépendances. Depuis le retrait effectif du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, le 29 janvier 2025, les pays des deux ensembles continuent de partager des corridors commerciaux, des mouvements de populations et des défis sécuritaires. Il s’agit désormais d’organiser cette proximité dans un cadre différent de celui qui prévalait avant la rupture.
Dans le prolongement des consultations du 22 mai 2025 à Bamako, les ministres réunis à Dakar le 17 octobre ont décidé de constituer des groupes de travail thématiques conjoints, chargés de préparer un accord-cadre de coopération. Leurs conclusions seront soumises aux Exécutifs. Le communiqué conjoint renvoie la date et le lieu de la prochaine rencontre à des consultations diplomatiques.
Changement de méthode
Pour l’analyste politique Amadou Haidara, cette évolution marque le passage progressif « d’une logique de rupture et de confrontation politique à une logique de coexistence institutionnelle et de coopération pragmatique ». Il y voit aussi un changement dans l’approche de la CEDEAO, désormais appelée à définir ses relations avec une organisation distincte.
Cette analyse est partagée par Bakary Sambe, Président-fondateur du Timbuktu Institute. Le chercheur évoque « un tournant de méthode plus que de fond ». À ses yeux, les divergences sur les transitions politiques, l’architecture sécuritaire et les questions monétaires demeurent, mais le dialogue s’inscrit désormais dans un processus formalisé.
Des divergences à surmonter
Les obstacles sont d’abord politiques et institutionnels. La CEDEAO est attachée à la défense de l’ordre constitutionnel et aux règles communautaires, tandis que l’AES met en avant la souveraineté des États et l’autonomie des choix stratégiques.
Selon M. Haidara, ces orientations « ne sont pas nécessairement incompatibles », mais elles peuvent compliquer les discussions sur la gouvernance régionale, la sécurité et les partenariats internationaux.
S’y ajoute la question du statut de la Confédération. Lors des concertations préparatoires du 16 octobre à Ouagadougou, l’AES a insisté sur la reconnaissance de sa personnalité juridique et institutionnelle. La reconstruction de la confiance, affectée par les tensions autour des transitions politiques et des sanctions, constitue un autre défi.
Intérêts convergents
Les interdépendances économiques et humaines offrent un terrain d’entente. Les échanges avec les États côtiers restent essentiels aux économies sahéliennes. Le 18 octobre à Dakar, des représentants de la diaspora de l’AES ont évoqué les difficultés liées aux documents administratifs et aux passages aux frontières. Pour Amadou Haidara, les facilités de circulation et de commerce maintenues après le retrait doivent être transformées en engagements réciproques, stables et juridiquement encadrés.
La sécurité offre également un terrain de coopération. « La sécurité de l’un est indissociable de celle de l’autre », souligne Bakary Sambe, qui préconise notamment une coordination des États-majors et un meilleur partage du renseignement.
À Dakar, Mamadou Tangara, Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a défendu une « coopération fonctionnelle » concernant notamment la sécurité, le commerce, la transhumance et le climat.
Perspectives de rapprochement
Trois trajectoires se dessinent pour l’après Dakar, selon Amadou Haidara. La première repose sur une coopération sectorielle, avec des accords pratiques sur la mobilité, le transit ou la sécurité frontalière. Les deux organisations pourraient ainsi répondre aux besoins immédiats des populations sans attendre de surmonter l’ensemble de leurs désaccords politiques.
Le deuxième scénario serait celui d’un partenariat plus structuré, encadré par un accord-cadre instituant des mécanismes permanents de concertation, de suivi et des réunions régulières. Une telle formule permettrait, selon M. Haidara, de stabiliser les relations tout en préservant l’autonomie des deux ensembles.
Enfin, l’analyste n’exclut pas un ralentissement des négociations, en raison des divergences sur les compétences respectives, les engagements sécuritaires ou la gouvernance régionale. Les groupes de travail pourraient alors prolonger les discussions sans parvenir rapidement à des décisions applicables.
Pour notre interlocuteur, la mise en place de ces groupes de travail ne préjuge pas de l’issue des négociations. « C’est une avancée procédurale, mais les véritables compromis restent à construire », souligne-t-il.
Mohamed Kenouvi
Microfinance : Financer l’économie au plus près
Ouverte le 20 octobre au CICB, la 9ème Semaine de la Microfinance se poursuit jusqu’au 23. Derrière les chiffres se pose la question concrète du financement d’une boutique, d’une campagne agricole ou d’un petit atelier lorsque les banques classiques restent difficiles d’accès.
Kafa Traoré, Directeur général de Nyeta Musow Mopti, résume l’ambition du secteur en affirmant que « toute personne qui a une bonne idée peut se faire financer ». Dans la pratique, l’idée doit aussi devenir un projet viable, capable de supporter les échéances, le coût du crédit et les garanties demandées.
Le secteur pèse déjà dans l’économie. Fin 2025, le Mali comptait 116 systèmes financiers décentralisés et environ 1,6 million de clients. Les dépôts avaient atteint 184,4 milliards de francs CFA, en hausse de 11,7% sur un an, tandis que l’encours des crédits s’était établi à 209,9 milliards, en progression de 2,4%, selon les données présentées par l’APSFD-Mali. Les créances en souffrance avaient reculé de 13,7%, à 13,2 milliards. En 2025, plus de 40 000 nouveaux membres avaient rejoint ces institutions financières.
Cette évolution révèle un contraste. L’épargne augmente près de cinq fois plus vite que le crédit. L’écart ne signifie pas que l’argent reste immobile, puisque les institutions utilisent aussi des ressources de refinancement. Cet écart invite à examiner comment les institutions de microfinance peuvent transformer davantage de ressources en crédits productifs sans se fragiliser.
Des produits adaptés aux activités
Le panel du 21 octobre devait précisément examiner le financement de l’agriculture, des PME-PMI et du secteur informel. Pour un producteur, un crédit utile doit suivre le calendrier de la campagne. Pour une commerçante, les remboursements doivent rester compatibles avec des recettes souvent irrégulières.
Aïssata Dicko Diallo, Directrice générale de Nyogondèmè Soba, souhaite que la rencontre permette de « trouver des solutions » et des « produits adaptés » avec les clients. Cette écoute peut aider à éviter des offres standardisées, mal ajustées aux revenus ruraux ou aux petites activités.
Les discussions du 22 octobre porteront sur la continuité des services dans les zones d’insécurité et sur la digitalisation. Les opérations mobiles peuvent réduire les déplacements et les coûts, mais nécessitent réseau, sécurité informatique et accompagnement des usagers.
La feuille de route attendue devra répondre aux questions de refinancement, de garanties et de tarification. Son utilité se vérifiera dans la capacité des institutions à rendre le crédit plus accessible sans exposer l’épargne de leurs clients.
Octobre Rose : des réseaux sociaux au dépistage
Après une campagne numérique consacrée aux cancers féminins, Solidaris223 a réuni professionnels de santé et associations à Bamako. La rencontre a également permis de dépister 48 femmes et de vacciner 30 filles contre le HPV.
Corruption en Afrique : Une lutte entravée
En Afrique, la lutte contre la corruption repose sur des dispositifs nationaux, continentaux et internationaux. Malgré ces cadres, les faiblesses institutionnelles et les ingérences politiques freinent encore l’atteinte des résultats.
La protection des ressources publiques figure parmi les objectifs de cette lutte. Elle doit préserver les fonds destinés aux écoles, aux hôpitaux et aux autres services essentiels, en associant prévention, contrôle et sanctions.
Parmi les instruments continentaux figure la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée en 2003 à Maputo. Son Conseil consultatif recueille des informations sur la corruption, conseille les gouvernements et suit l’application des engagements des États parties.
Issu du NEPAD, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) permet également aux États volontaires d’examiner leur gouvernance politique, économique et institutionnelle.
À l’échelle internationale, la Convention des Nations unies contre la corruption encadre la prévention, l’incrimination des faits, la coopération entre États et la restitution des avoirs issus de la corruption.
Dans plusieurs pays, des autorités spécialisées conduisent des enquêtes et des actions de sensibilisation. La déclaration de patrimoine de certains responsables publics, le contrôle des marchés et la publication des informations budgétaires font partie des instruments de prévention.
Des résultats encore limités
Leur efficacité suppose toutefois une justice capable d’instruire les dossiers et de juger les infractions sans ingérence politique. Le contrôle citoyen, porté notamment par les médias et les organisations de la société civile, contribue aussi à signaler les abus et à demander des comptes. La protection des personnes qui dénoncent ces pratiques est également nécessaire pour prévenir les représailles et encourager les signalements.
L’ampleur des pertes est préoccupante. Dans son rapport de 2020, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement estimait à 88,6 milliards de dollars par an les sorties illicites de capitaux d’Afrique, soit 3,7% du PIB continental. Cette estimation couvre des pratiques plus larges que la seule corruption.
Selon Transparency International, l’Afrique subsaharienne obtient un score moyen de 32 sur 100 dans l’Indice de perception de la corruption 2025, contre 42 au niveau mondial. Elle est la région la moins bien classée. Plus le score est faible, plus la corruption du secteur public est perçue comme élevée.
Les obstacles demeurent nombreux. Le manque d’indépendance judiciaire réduit la portée des poursuites, tandis que l’insuffisance des moyens et de l’expertise affaiblit les institutions de contrôle. Les engagements politiques produisent peu d’effets lorsqu’ils restent sans application. Les conflits et l’instabilité compliquent également la continuité des réformes et le fonctionnement des administrations.
Ébola en RDC : le flou financier fragilise la riposte
La plus grave épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo a franchi les frontières du pays. Alors que le bilan dépasse 4 500 morts, Africa CDC réclame des explications sur plus de 700 millions de dollars dont l’utilisation est difficile à retracer.
Déclarée en mai dans l’Ituri, l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo continue de s’étendre malgré les moyens internationaux mobilisés. Selon les données arrêtées au 17 octobre, la RDC comptait 9 455 cas confirmés et 4 561 décès. Le virus touchait 66 zones de santé dans huit provinces, le Nord-Ubangi étant la dernière atteinte. Plus de 900 malades étaient hospitalisés en isolement.
Le passage du virus au Kenya a donné une dimension régionale à la crise. Le premier malade, arrivé de RDC par l’Ouganda, est décédé le 5 octobre à Nairobi. Sept autres contaminations ont ensuite été détectées parmi ses proches, des soignants et un accompagnant hospitalier. Toutes sont liées à ce premier cas et les autorités kenyanes n’ont pas signalé de transmission communautaire. Nairobi a renforcé les contrôles aux frontières, tandis que la Tanzanie surveille pendant 21 jours les voyageurs venant des pays à risque.
Plus de 700 millions de dollars à tracer
La progression de l’épidémie s’accompagne d’une controverse sur le financement de la riposte. Selon le Directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, les bailleurs déclarent avoir versé 962 millions de dollars aux organisations chargées des interventions. Mais une vérification menée avec les autorités congolaises n’aurait permis de documenter précisément qu’un peu plus de 200 millions. Plus de 700 millions de dollars restent ainsi insuffisamment renseignés dans les rapports financiers disponibles.
Ce constat ne prouve pas un détournement. Il révèle toutefois un sérieux déficit de transparence entre bailleurs, organisations internationales, ONG et autorités nationales. Le gouvernement congolais affirme ne pas avoir reçu directement ces fonds et a limité à 25 le nombre d’ONG autorisées à intervenir, sur près d’une centaine précédemment présentes.
Cette opacité devient aussi un problème sanitaire. Des agents mobilisés en première ligne ont protesté contre des retards de paiement et des conditions de travail difficiles. Dans des régions marquées par les violences armées et la méfiance envers les institutions, les zones d’ombre financières fragilisent la confiance des communautés. Publier les montants reçus, les dépenses et leurs bénéficiaires apparaît aussi nécessaire que renforcer le dépistage, l’isolement et le suivi des contacts. D’où l’urgence de faire toute la lumière sur cette affaire.
Rapports 2024 et 2025 du BVG : quelles suites pour les irrégularités relevées ?
Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a remis le 14 octobre ses rapports annuels 2024 et 2025 au Président de la Transition. Les constats dressés dans plusieurs secteurs relancent surtout la question des suites administratives, financières et judiciaires données aux irrégularités relevées.
Au total, 94 missions ont été réalisées au cours des deux années. Le rapport 2024 en réunit 44, dont 28 vérifications financières et de conformité, 3 vérifications de performance et 13 suivis de recommandations. Selon le Vérificateur général, environ 61 % des vérifications financières et de conformité ont été engagées à la suite de saisines.
Du développement rural à la santé en passant par les transports, le sport et la diplomatie, les missions ont concerné des secteurs très différents. Au 20 octobre, les versions intégrales des deux rapports annuels n’étaient toutefois pas encore accessibles sur le site du BVG, qui a annoncé leur publication après leur transmission aux autres institutions.
Le rapport 2025 recense 50 missions : 24 vérifications financières et de conformité, 10 vérifications de performance et 16 suivis de recommandations. Les saisines des autorités ou des citoyens ont représenté 58 % des vérifications financières et de conformité et 70 % de celles portant sur la performance.
Les travaux menés pendant les deux exercices ont permis de régulariser et de reverser au Trésor plus de 2,4 milliards de francs CFA. Ce montant correspond aux sommes effectivement régularisées et non à l’ensemble des irrégularités financières constatées. Parallèlement, 40 dossiers étaient en cours de traitement auprès du Procureur de la République financier et du Président de la Section des comptes de la Cour suprême.
Le suivi reste toutefois incomplet. En 2024, 49 % des 150 recommandations applicables avaient été entièrement mises en œuvre. En 2025, sur 161 recommandations applicables adressées à 16 entités, 55 % avaient été mises en œuvre, 17 % l’étaient partiellement et 27 % ne l’étaient pas. 11 des 16 structures concernées avaient atteint un taux d’application d’au moins 50 %.
Faiblesses récurrentes
Les difficultés dépassent la seule exécution des recommandations. En 2025, le BVG a constaté que 42 % des entités vérifiées tenaient mal leur Comptabilité Matières, 21 % ne respectaient pas la séparation entre ordonnateur et comptable public et 17 % ne disposaient pas d’un manuel de procédures validé. Sur le plan financier, 54 % des déperditions concernaient des recettes non recouvrées ou recouvrées mais non reversées, contre 46 % liées à l’exécution des dépenses. Ces lacunes fragilisent le contrôle interne et compliquent la correction durable des pratiques.
Parmi les rapports sectoriels récemment publiés, la vérification de performance consacrée à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) illustre ces difficultés. Rendue publique le 8 octobre et réalisée sur saisine, elle couvre la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025. Le BVG justifie ce contrôle par le rôle de l’Institut dans la protection sociale, l’importance des ressources qu’il gère et les insuffisances déjà relevées lors de précédentes missions.
Durant la période examinée, les recettes de l’INPS se sont élevées à 1 250,985 milliards de francs CFA et ses dépenses à 1 183,435 milliards. La mission a notamment évalué le cadre institutionnel, l’organisation, les ressources humaines et la capacité de l’Institut à assurer ses missions.
Sur le plan institutionnel, le BVG relève que la directive de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES) relative au socle juridique applicable aux organismes de prévoyance sociale n’a pas été transposée dans la législation nationale. Selon le rapport, cette situation limite l’efficacité du système et de la gestion de l’INPS.
La mission estime également que l’organisation interne ne permet pas une répartition suffisamment claire des responsabilités. Le manuel de procédures, qui date de 2004, n’intègre pas les évolutions intervenues depuis dans le fonctionnement de l’Institut.
La gestion des recrutements figure aussi parmi les principaux constats. Pour le BVG, elle « n’assure pas la qualité des ressources humaines mobilisées et la maîtrise des charges de personnel ».
Entre 2023 et 2025, l’INPS a recruté 2 926 agents. Les Inspecteurs de sécurité sociale représentaient 66,51 % de ces recrutements, devant les agents principaux, les agents divisionnaires et les gestionnaires de comptes. Environ 83 % des personnes recrutées ont été affectées à Bamako, contre 17 % dans les 7 directions régionales.
Une vérification financière distincte, publiée le 14 septembre et couvrant également les exercices 2021 à 2025, a évalué les irrégularités financières à 15,989 milliards de francs CFA. Sur ce montant, 64,45 millions avaient été régularisés pendant les travaux de contrôle, laissant un reliquat de 15,925 milliards.
Le rapport de performance relève en outre un taux d’encadrement, soit la part des cadres dans l’effectif total, de 73 % en 2024, alors que la norme de la CIPRES se situe entre 5 et 10 %.
Le poids des charges de personnel dans les cotisations a, de son côté, atteint 25,03 % en 2025, au-dessus du plafond de 15 % retenu par la CIPRES.
Le BVG signale enfin que l’attribution de plusieurs primes ne reposait pas sur une évaluation formelle de la performance des agents. Ces constats illustrent les conséquences concrètes d’un contrôle interne insuffisant sur les ressources et le fonctionnement d’un organisme public.
Garantir le suivi
La remise des rapports ouvre trois voies de suivi, explique le Pr Daman-Guilé Diawara, économiste du développement. Les faits susceptibles de constituer des infractions peuvent être transmis aux autorités judiciaires, tandis que les irrégularités relevant de la gestion appellent des corrections administratives et des mesures de recouvrement. La transmission d’un dossier ne préjuge toutefois ni de l’ouverture de poursuites ni de la culpabilité des personnes concernées.
Selon lui, les ministères de tutelle, les Conseils d’administration et les responsables des structures concernées doivent corriger les manquements, engager, lorsqu’elles sont justifiées, des procédures disciplinaires et recouvrer les sommes dues. Le BVG effectue ensuite des missions de suivi pour vérifier l’application de ses recommandations.
Pour le Pr Diawara, les contrôles contribuent à la bonne gestion, à la lutte contre la corruption et au recouvrement des fonds publics. Les plus de 2,4 milliards de francs CFA régularisés et versés au Trésor au titre des deux rapports montrent leur utilité financière, sans résumer à eux seuls leur portée.
La transmission des faits susceptibles de constituer des infractions peut aussi avoir un effet dissuasif, à condition que les procédures aboutissent dans des délais raisonnables et dans le respect de la présomption d’innocence.
La publication des constats permet en parallèle aux citoyens de suivre l’utilisation des ressources publiques. Cette transparence reste cependant limitée si les décisions administratives, les recouvrements et l’évolution des dossiers judiciaires ne sont pas rendus accessibles. Pour l’économiste, un suivi public devrait préciser, pour chaque recommandation, la structure responsable, l’action attendue, le délai fixé et l’état d’exécution.
La correction des défaillances dans les marchés publics, la comptabilité, le recouvrement des recettes et l’exécution budgétaire pourrait également réduire la répétition des mêmes irrégularités d’un contrôle à l’autre.
Pérenniser la bonne gouvernance
Pour transformer les contrôles ponctuels en pratiques durables, le Pr Diawara appelle à renforcer l’ensemble de la chaîne chargée de donner suite aux rapports.
Il estime nécessaire que chaque dossier transmis bénéficie d’un traitement documenté, sans interférence politique ni lenteur excessive. Il recommande également de dématérialiser davantage la passation des marchés et le paiement des taxes afin de réduire les contacts directs et les risques de corruption.
L’économiste propose enfin de renforcer la protection juridique des personnes qui signalent des pratiques illicites dans l’administration, d’associer davantage la société civile au suivi de la gestion publique et d’intégrer le civisme, ainsi que l’éthique, aux programmes de formation des fonctionnaires.
Fatoumata MAGUIRAGA
Réfugiés et déplacés : 78 % des besoins du HCR restent à financer
Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés a effectué une visite de terrain au Mali du 13 au 16 septembre 2026. À Bamako et dans les localités de Koro et Tombouctou, Birham Salih a réaffirmé l’engagement du HCR aux côtés du gouvernement malien et plaidé pour le renforcement des investissements en faveur des populations déplacées.
Koko Fashion Show : les traditions maliennes sur le podium
Prévue ce samedi 24 octobre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la 6e édition de Koko Fashion Show mettra en lumière le patrimoine vestimentaire malien sous le thème « Préserver les traditions ». Défilé de mode, valorisation des savoir-faire locaux et ouverture sur la sous-région et la diaspora seront au menu de la rencontre.
Macina accueille plus de 3 400 déplacés après les violences de septembre
Selon Médecins sans frontières, les familles arrivées de Touara, Souleye et d’autres villages vivent principalement chez des proches. La clinique mobile de l’organisation a reçu 2 131 patients en quinze jours.
CEDEAO–AES : des groupes de travail pour préparer un accord-cadre
Réunies à Dakar le 17 octobre, les deux organisations ont décidé d’engager des discussions techniques au sein de groupes de travail conjoints. Leurs conclusions seront examinées par les ministres avant une nouvelle session.
Route de Koulikoro : la circulation alternée reprend sur la RN27
Depuis ce lundi 19 octobre, les véhicules circulent de nouveau en alternance sur le tronçon urbain de la RN27. Le ministère des Transports explique cette mesure par la poursuite des travaux sur certaines parties de la voie.
Dioïla : dix morts dans l’effondrement d’un bâtiment en construction
Un bâtiment à étage s’est effondré samedi 17 octobre à Tripanobougou, faisant dix morts et sept blessés selon l’Agence malienne de presse. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes du drame et situer les responsabilités.
Coupe CAF : Le Réal et FC Diarra à un tour des groupes
Le Mali conserve deux représentants en Coupe de la Confédération après le premier tour préliminaire. L’AS Réal de Bamako et le FC Diarra abordent, les 17 et 18 octobre, une double confrontation qui peut leur ouvrir les portes de la phase de groupes.
L’AS Réal sera le premier à entrer en lice, le 17 octobre en Tunisie, face à l’Espérance sportive de Zarzis. Le retour est programmé pour le 24 octobre à Bamako. Les Scorpions arrivent à ce rendez-vous après avoir éliminé Vitesse FC du Burkina Faso avec une victoire 2-1 à l’extérieur puis un nul 0-0 à domicile.
Cette qualification a montré l’un de leurs principaux atouts, à savoir la capacité à gérer une double confrontation. Classé parmi les clubs de niveau 2 par la CAF avant le tirage, le Réal possède aussi davantage d’expérience continentale que son compatriote. Sa solidité défensive et sa faculté à obtenir un résultat hors de Bamako seront précieuses face à Zarzis.
Le club tunisien, absent des compétitions continentales depuis 20 ans, a toutefois réussi son retour. Il a éliminé Diambars du Sénégal 3-2 sur l’ensemble des deux matches, une victoire 3-1 à domicile et une défaite 1-0 au retour.
Atouts
Le FC Diarra recevra de son côté ASKO de Kara le 18 octobre avant de se déplacer au Togo le 25. Pour sa première campagne africaine, le club de Sébénicoro a franchi un obstacle important en sortant Nations FC du Ghana. Vainqueur 1-0 à Bamako, il a ensuite obtenu le nul 1-1 à Accra.
Cette capacité à résister loin de ses bases constitue son meilleur argument. Les hommes de Hamidou Sangaré peuvent aussi s’appuyer sur leur jeunesse, leur discipline et l’enthousiasme d’un groupe qui découvre la compétition sans complexe. Finaliste de la Coupe du Mali 2026 après avoir notamment éliminé le Stade malien en demi-finale, FC Diarra a déjà montré qu’il pouvait tenir dans des matches fermés.
ASKO représente néanmoins un test supérieur. Le club togolais, lui aussi classé parmi les équipes de niveau 2 par la CAF, a balayé l’AS ZAM du Niger 6-0 sur l’ensemble des deux manches au tour précédent.
Pour les deux clubs maliens, ce 2ème tour préliminaire signifie entrer directement en phase de groupes. Celle-ci débutera du 27 au 29 novembre. Le Réal mise sur son vécu, Diarra sur son élan. Deux chemins différents pour tenter de maintenir le Mali présent dans la compétition.
Déchets ménagers : Les champs faute de dépôts
Faute de dépôts de transit accessibles, certains GIE de Bamako déversent les déchets collectés dans des champs périphériques, avec l’accord de leurs propriétaires. Présenté comme utile aux deux parties, cet arrangement révèle surtout les ruptures de la chaîne d’évacuation des ordures.
Pour Bamadou Sidibé, Président du Collectif des Groupements intervenant dans l’Assainissement au Mali (COGIAM), une gestion durable commence par une collecte régulière. Il préconise des poubelles fermées dans les ménages, le tri à la source et la transformation des matières organiques en compost, plutôt que leur mélange avec les plastiques, les métaux et les autres résidus. Les GIE assurent la pré-collecte, avant l’évacuation vers les sites de transit et de traitement. Toute rupture lors de l’une de ces étapes ralentit le ramassage dans les quartiers et favorise la création de dépôts sauvages.
« La ville des Trois caïmans ne dispose que d’un seul dépôt de transit aménagé, qui se trouve en Commune II », affirme-t-il. Un nouveau dépôt, inauguré en juillet 2026 dans le deuxième arrondissement pour plus de 356 millions de francs CFA, a renforcé les équipements existants. Pour le COGIAM, cette infrastructure demeure cependant insuffisante au regard des besoins des quartiers.
À Sogoniko, Faladiè, Banankabougou, Yirimadio et Sirakoro-Méguétana, des GIE transportent une partie des déchets vers des champs de la zone aéroportuaire. Selon Amadou Diadié Samassékou, membre d’un GIE, ces déversements reposent parfois sur un accord conclu avec les exploitants agricoles.
Solution précaire
« Pendant la saison sèche, les propriétaires des champs nous sollicitent pour aller déverser nos déchets chez eux. Non seulement ils estiment qu’ils fertilisent les terres, mais ils y trient aussi les sachets en plastique et le fer pour les revendre », explique-t-il. Mais l’épandage d’ordures ménagères non triées ne peut être assimilé à du compost et expose les sols à des matières potentiellement polluantes.
Pendant l’hivernage, cette solution devient plus difficile. Les cultures occupent les parcelles, l’humidité complique le tri et les véhicules doivent parcourir plusieurs kilomètres sur des routes dégradées pour trouver un autre lieu de déchargement. Ces contraintes ralentissent la collecte et favorisent l’accumulation des ordures dans les quartiers.
La capitale dispose de sites destinés à recevoir les déchets, notamment à Noumoubougou, mais leur accessibilité et la continuité de l’évacuation sont contestées par les GIE. L’augmentation du nombre de dépôts de transit ne suffira pas sans une chaîne fonctionnelle associant pré-collecte, transport, tri, compostage contrôlé, recyclage et traitement final.
Ali Sankaré
Masques et marionnettes : Un patrimoine vivant à transmettre
Porteurs de récits, de croyances et de valeurs sociales, les masques et marionnettes occupent une place essentielle dans le patrimoine culturel malien. Reconnue par l’UNESCO, la tradition de Markala reste toutefois confrontée au défi de la transmission.
Les masques et les marionnettes sont bien plus que des objets sculptés ou des personnages de spectacle. Ils racontent l’histoire des communautés, transmettent des valeurs et traduisent une vision du monde dans laquelle les êtres humains, les animaux et les forces invisibles sont étroitement liés.
Dans les sociétés traditionnelles, ces pratiques accompagnent les cérémonies et les rassemblements communautaires. Elles associent sculpture, danse, chant, musique et représentation théâtrale, tout en faisant circuler des connaissances héritées des générations précédentes.
Selon le maître marionnettiste Yaya Coulibaly, leurs origines remontent à l’ancienne relation entre les humains, les animaux sauvages et les esprits associés aux forêts, aux cours d’eau et aux collines sacrées. « La première marionnette est la jeune fille appelée mɛrɛn », explique-t-il.
Chaque masque et chaque marionnette possède une signification. Le lion symbolise la puissance et l’autorité, tandis que la vache, appelée misi, apparaît dans des représentations qui dénoncent certains travers de la société.
Transmission
Les marionnettes collectives, connues sous le nom de kalakakɔnɔ sogow, reproduisent les comportements humains à travers des scènes symboliques. Les spectacles rappellent l’importance de la solidarité, de l’honnêteté et du respect des règles sociales.
Pour Yaya Coulibaly, le recul de ces pratiques tient d’abord à la rupture de la transmission entre les générations. Autrefois, les anciens enseignaient aux jeunes les techniques de fabrication, les récits et la signification des représentations. « Aujourd’hui, cette transmission devient difficile, notamment à cause du désintérêt de certains jeunes, du manque de moyens financiers et de l’évolution des modes de vie », observe-t-il. Les changements religieux conduisent aussi à l’abandon de certaines traditions. L’insécurité empêche l’organisation de manifestations culturelles dans plusieurs localités, notamment à Markala.
Sans formation des jeunes, soutien aux artistes et sensibilisation des communautés, certains savoir-faire pourraient disparaître avec leurs détenteurs. L’inscription en 2014 de la sortie des masques et marionnettes de Markala sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité constitue une reconnaissance, mais elle ne suffit pas à assurer durablement leur continuité.
« Pour préserver ce patrimoine, il faut encourager la transmission, valoriser le travail des marionnettistes et donner davantage de place à ces expressions culturelles dans nos événements et nos espaces éducatifs », conclut Yaya Coulibaly.
Joseph Amara Dembélé
Financement public : L’option FMI se précise
Après la mission conduite du 5 au 9 octobre, le Mali et le Fonds monétaire international poursuivent leurs échanges en vue d’un programme appuyé par une Facilité élargie de crédit (FEC). Encore à préparer, cet accord pourrait permettre de diversifier les ressources et de réduire la pression du financement intérieur.
La visite du FMI n’a pas débouché sur l’ouverture de négociations. Le ministère de l’Économie et des Finances annonce la transmission d’informations complémentaires et des visioconférences. Aucun montant, calendrier ou engagement définitif n’a encore été arrêté.
Les besoins de financement de l’État restent élevés. Selon la Direction générale de la dette publique, le Trésor a mobilisé 724,23 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’UEMOA au premier semestre 2026. Fin juin, la dette intérieure représentait 52,9% de l’encours total, contre 47,1% pour la dette extérieure. Le taux d’endettement s’établissait à 38,3% du PIB.
Le niveau global est inférieur au plafond communautaire de 70%, mais la structure de la dette compte. Dans son dernier rapport sur le Mali, le FMI relevait qu’environ 1 285 milliards de francs CFA d’obligations régionales et de prêts syndiqués arrivaient à échéance en 2026, presque deux fois plus qu’en 2025. Le recours soutenu aux banques et au marché régional alourdit le service de la dette et peut réduire les ressources disponibles pour financer les entreprises.
Un relais concessionnel
Une FEC offrirait des ressources à des conditions plus favorables et sur une durée plus longue que les émissions à court terme. Elle pourrait aussi compléter les financements déjà obtenus auprès de la Banque mondiale, de la BAD et de la BOAD. Selon la même source, sept accords totalisant 190,89 milliards de francs CFA ont été signés au premier semestre, dont 185,88 milliards sous forme de prêts.
Le futur programme prolongerait les réformes engagées dans le cadre du programme de référence achevé en 2026 : mobilisation des recettes intérieures, numérisation fiscale, contrôle des marchés publics, suivi des entreprises publiques et protection des dépenses sociales. Le FMI prévoit une croissance de 5,5% en 2026, contre 6,3% dans les projections officielles.
L’accord reste toutefois à construire. Son intérêt économique tiendra autant aux ressources mobilisées qu’à sa capacité à diminuer le coût du financement, préserver les investissements publics et éviter que les besoins de l’État ne pèsent davantage sur le crédit destiné au secteur privé.




















