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Côte d’Ivoire : la CDVR lance les audiences publiques

Les victimes de la crise post-électorale vont pouvoir prendre la parole publiquement. En tout, ce sont 130 personnes qui sont censées témoigner alors que 64 000 personnes ont été auditionnées par les commissions locales entre mai et août 2014. Ces auditions « n’ont pas vocation à  condamner ou à  absoudre », mais « promouvoir une société qui refuse la violence, l’esprit de vengeance et l’impunité », a déclaré Charles Konan Banny, le président de la CDVR. Le mandat de la Commission, a-t-il rappelé, est de faire la lumière sur les violations des droits humains survenues en Côte d’Ivoire dans le passé, d’établir une typologie de ces violations et de faire des propositions de réparation au profit des victimes. Lors de ces audiences, la victime doit répondre aux questions du commissaire, citer les bourreaux si elle les connaà®t. Une rencontre et une tentative de conciliation seront alors entreprises si d’aventure le bourreau a fait le déplacement. Il devra présenter ses excuses et les commissaires sont censés encourager la victime à  pardonner pour faire la promotion du vivre ensemble. Les sessions sont interdites aux médias qui se contenteront seulement d’un résumé qui sera diffusé sur la télévision nationale. Ce qui fait douter de la capacité du dispositif à  provoquer le phénomène recherché de « pardon national ». Ce qui ressort depuis quelques semaines, C’’est l’improvisation de ce processus d’audiences publiques. Son ouverture a été mainte fois repoussée et beaucoup d’ONG partenaires n’ont pas été informées de son lancement ce lundi. La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise politico-militaire, durant laquelle des milliers de personnes périrent, depuis l’élection de l’ex-président Laurent Gbagbo en 2000, marquée par des dizaines de morts et la découverte d’un premier charnier, à  celle de son adversaire Alassane Ouattara fin 2010, finalement investi en mai 2011 au terme de cinq mois de violences ayant fait plus de 3.000 victimes.

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