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Côte d’Ivoire; Gbagbo, président malgré tous?

Gbagbo, seul contre le monde l'Union Africaine, à  travers son président, a apporté son soutien au candidat déclaré vainqueur par…

Gbagbo, seul contre le monde l’Union Africaine, à  travers son président, a apporté son soutien au candidat déclaré vainqueur par la Commission Electorale Indépendante (CEI) Alassane Ouattara. Ainsi le malawite Bingu Wa Mutharika et l’Afrique du Sud ont conjointement lancé un appel à  Laurent Gbagbo à  quitter le pouvoir le plus rapidement possible. A leur suite, le Conseil de Sécurité de l’ONU qui tardait à  se mettre d’accord sur une décision commune, a finalement apporté son soutien à  Ouattara. Il est donc reconnu comme président élu légitimement par les ivoiriens. La décision des 15 pays membres du Conseil survient quelques jours de tergiversations dues au refus de la Russie de rejoindre la position des autres. l’ONU menace à  présent de prendre des sanctions ciblées contre toute personne qui voudrait mettre en péril, la paix et la sécurité de la Côte d’Ivoire. Gbagbo qui se retrouve de plus en plus isolé, semble ne guère s’en soucier. Pour preuve, son gouvernement a commencé à  travailler, faisant fi de ce qu’il appelle « l’ingérence étrangère ». Quand à  Alassane Ouattara, il prend « son » pouvoir petit à  petit. Son Premier Ministre a annoncé qu’il prendrait d’ici quelques jours el contrôle des institutions financières du pays et a procédé à  des nominations à  la tête des principaux services de l’administration, à  commencer par la Radio-Télévision Ivoirienne(RTI). Le gouvernement devrait déménager dans les jours à  venir dans la capitale politique Yamoussoukro. Des risques majeurs pour l’économie La vie reprend petit à  petit dans le pays et particulièrement à  Abidjan. La capitale économique du pays est la plus touchée par la situation de crise politique car, regroupant la majorité des entreprises, sociétés, et marchés importants. Après l’ouverture des frontières aériennes, routières et maritimes, les populations retournent timidement à  leurs activités. Les rues restées désertes durant quelques jours par crainte d’affrontements, retrouvent des couleurs. La circulation infernale, les vendeurs ambulants se faufilant entre les véhicules…sont entre autres signes de la volonté de la population à  aller de l’avant et ne pas se laisser abattre par une situation qu’elle a du mal comprendre et maà®triser. Les opérateurs économiques ont lancé un cri d’alarme à  l’endroit des dirigeants. Pour eux, l’économie ivoirienne ne peut pas se permettre une nouvelle crise. Si les choses n’évoluent pas rapidement, de grosses difficultés sont à  prévoir comme l’impossibilité pour la plupart des sociétés de respecter leurs échéances fiscales. Des ivoiriens témoignent Marie Chantal Aké est commerçante au marché d’Adjamé (quartier populaire d’Abidjan). Elle explique que « nous,on croyait qu’après le 28 novembre, notre pays allait avoir un nouveau visage et repartir de l’avant mais on se trompait. Nos dirigeants se comportent comme des enfants et se foutent de nous. Ce qui les intéresse, C’’est leurs propres intérêts, C’’est tout. Nous on ne demande rien d’autre que la paix. Et qu’ils nous laissent vendre et nourrir nos familles qui ont faim». Alain Koda est quant à  lui, gérant du super marché Cash Center, au quartier de Cocody Palmeraies. Il déplore une chute importante de ses revenus depuis le début de la campagne du second tour de la présidentielle. « Avant, on pouvait vendre plus de 800 000 francs CFA par jour, mais depuis quelques semaines, on ne fait même pas 200 000 francs la journée. Les gens ont peur de sortir et nous, nous sommes obligés de travailler juste la demi-journée, de peur que des petits voyous ne viennent nous dévaliser. » Oscar a un master en marketing et communication mais, s’est reconverti dans le commerce faute d’emplois. Il est vendeur ambulant de carte de recharge, brosses à  dents…et quelques autres petites bricoles. Il explique que « je ne gagne plus assez d’argent comme il y a deux ans. J’ai été obligé de réduire ma quantité de marchandises pour ne pas perdre plus d’argent. Les policiers nous arrachent nos produits dans les rues sans raison et nous demandent de payer des sommes exorbitantes. J’espérais qu’avec ces élections, je verrais enfin le bout du tunnel mais, je me suis trompé. On est fatigués de la guerre, fatigués… » Jusqu’à  présent, personne ne sait comment se terminera la situation actuelle dans ce pays désormais divisé avec à  sa tête deux dirigeants.