Politique




De la Conférence nationale au Dialogue national

Comme dans le Mali de 1991, l’idée d’une Conférence nationale a été évoquée par certains acteurs pour juguler la crise…

Comme dans le Mali de 1991, l’idée d’une Conférence nationale a été évoquée par certains acteurs pour juguler la crise que vit le pays depuis 2012. C’est finalement un dialogue national inclusif qui a été choisi pour mettre les Maliens autour d’une même table. Même si ce dialogue ne fait pas l’unanimité, il semble mieux adapté au contexte.

« La différence n’est pas que sémantique. Depuis 2012, tout le monde est d’accord sur la nécessité pour les acteurs politiques de se parler. Mais depuis cette date ils se sont surtout battus pour savoir quel nom donner à cette rencontre », note le Professeur Doulaye Konaté, historien. Une « bataille » qui s’est poursuivie jusqu’à l’adoption des termes de référence de cette rencontre.

Pour le Pr Konaté, les contextes sont très différents. La conférence nationale se tient dans un contexte de rupture de légalité, or, dans la situation actuelle, il y a un Président élu et une Assemblée nationale, même si sa légitimité est contestée. Il y avait un vide en 1991, ce qui rendait la conférence nationale souveraine, puisque ce qu’elle décidait devait s’appliquer.

Mêmes objectifs

Des contextes différents donc, mais une même finalité, car l’important  est que « tout le monde participe et qu’il n’y ait pas de sujets tabous », note M. Nouhoum Konaté, de la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD), qui a pris part aux travaux de validation des termes de référence du dialogue.

La principale inquiétude, à son avis, était que les « politiciens voulaient s’emparer de la question ». Avec l’adoption du dialogue national à la place du dialogue politique, cet obstacle a été levé. Ce sont « des problèmes maliens qui vont être débattus par tous les Maliens ».

Alors que la Constitution était suspendue en 1991, ce n’est pas le cas et ce n’est pas souhaitable actuellement, ajoute M. Nouhoum Konaté. Et la discussion de l’Accord pour la paix, qui était exclue auparavant, est désormais un sujet comme les autres. « Il faut mener les débats en se mettant en tête qu’il existe une Constitution et des institutions. C’est l’Accord qui doit s’adapter à la Constitution et non l’inverse », note M. N. Konaté. C’est dans ces conditions, lorsque « tout le monde participe, que les conclusions seront des résolutions pour le Mali ».

La situation est certes compliquée, mais « il faut que ceux qui ont voulu ces assises restent ouverts », ajoute le Pr Konaté. Même si la méfiance des politiciens les uns envers les autres peut rendre la situation difficile, « il faut rester optimiste, car il est possible de faire des concessions de part et d’autre », conclut-il.